42 Ils se montraient assidus à l'enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. |
43 La crainte s'emparait de tous les esprits : nombreux étaient les prodiges et signes accomplis par les apôtres. |
44 Tous les croyants ensemble mettaient tout en commun; |
45 ils vendaient leurs propriétés et leurs biens et en partageaient le prix entre tous selon les besoins de chacun. |
46 Jour après jour, d'un seul cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple et rompaient le pain dans leurs maisons, prenant leur nourriture avec allégresse et simplicité de cœur. |
47 Ils louaient Dieu et avaient la faveur de tout le peuple. Et chaque jour, le Seigneur adjoignait à la communauté ceux qui seraient sauvés. |
Dans le Livre des Actes, on rencontre des passages particuliers qui semblent résumer tout ce qui a été dit auparavant, et à la fin du deuxième chapitre du livre nous voyons précisément un tel passage. On pourrait croire que, vu tout ce qui s’est produit pendant le temps décrit dans les premiers chapitres du livre, ce bilan devrait toucher à des choses d’une importance fondamentale — par exemple l’Ascension ou la Pentecôte, car, en fin de compte, ce sont justement ces événements qui ont déterminé l’existence même de l’Église.
Mais l’auteur du livre parle d’autre chose : il raconte simplement la vie de l’Église en ce temps-là, le processus de son existence, de sa présence dans le monde — et de sa présence dans le Royaume. Ce n’est pas par hasard que le passage parle de la fraction du pain, de la prière et de la communion avec les apôtres. Telle était, dans l’Église des premiers chrétiens, la vie du Royaume, et telle elle demeure aujourd’hui. Rien de nouveau n’a été inventé, et cela ne pouvait pas l’être : car c’est ainsi que le Sauveur lui-même a défini cette vie lors de la Cène.
Quant à la vie communautaire, elle était plus étroite que chez nous aujourd’hui. Il ne s’agissait certes guère d’une vie commune du type de celle qui caractérisait les monastères médiévaux, souvent organisés comme de grands foyers collectifs. De telles formes de vie commune étaient peu propres au judaïsme.
Mais il y avait autre chose : une caisse communautaire, alimentée par les dons généreux des frères riches, une caisse dans laquelle chaque personne dans le besoin pouvait recevoir de l’aide. Bien sûr, la Synagogue a toujours connu la bienfaisance. Mais ici, il s’agit apparemment de plus que de simple bienfaisance : il s’agit de pauvreté au sens où les prophètes en parlaient, de pauvreté comme état spirituel et non comme situation matérielle. La conscience de ce fait simple : tout ce qui t’appartient n’est à toi que de façon conditionnelle, jusqu’au moment où cela devient plus nécessaire à l’un de tes frères. La compréhension qu’il n’existe pas sur terre de propriété absolue : il n’y a ici qu’un droit d’usage, déterminé par des circonstances concrètes, des circonstances qui exigent de ne rien considérer comme sien et d’user de tout ce qui est nécessaire. Or c’est bien la projection de la vie du Royaume dans la société, une vie où il n’y a rien à soi, et s’il y en a, c’est une vie perdue. Celui qui veut garder sa vie pour lui-même la perd, comme le dit le Sauveur lui-même, tandis que celui qui la donne au Christ, en la faisant entrer dans le Royaume, la reçoit au contraire en retour dans une plénitude impensable dans le monde non transfiguré.
La vie communautaire des premiers chrétiens était une sorte de pratique de la vie du Royaume. Car il vaut mieux s’habituer à la vie nouvelle le plus tôt possible, afin qu’ensuite, lorsque le Royaume se révélera dans toute sa plénitude, on y entre aussi naturellement que cela est possible à l’homme déchu.
42 Ils se montraient assidus à l'enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. |
Luc donne ici une définition de la plénitude de la vie chrétienne. En effet, si l’essence de cette vie est l’union avec Dieu, l’accueil de Sa présence et de Son action dans chacun de nos jours, alors où, en quoi nous a-t-Il laissé cette présence et cette action? Vous direz: partout? C’est vrai, mais une telle présence de Sa part est « diffuse », impersonnelle; elle n’implique pas de relations personnelles avec Lui. Alors vous direz: en Jésus-Christ? Oui, car Il est avec nous « tous les jours jusqu’à la fin du monde ». Il est le Verbe de Dieu venu dans la chair, et Il demeure avec nous dans la Parole de Dieu, dans la Bible. Luc appelle cela « l’enseignement des Apôtres », parce que c’est précisément la perception apostolique de l’Ancien Testament et le témoignage apostolique au sujet du Christ qui constituent notre Bible.
Où encore rencontrons-nous le Christ? Bien sûr, dans la prière. Dans la prière qui Lui est adressée, et dans la prière au Père que nous partageons avec le Fils. Et il y a une présence particulière du Christ dans Son Corps et Son Sang, dans le repas eucharistique, la « fraction du pain ». Enfin, souvenons-nous des paroles de Jésus: « dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de Mes frères, c’est à Moi que vous l’avez fait ». Il y a donc Sa présence en chacun des hommes que nous rencontrons; il y a Son action particulière chez ceux qui « ont reçu l’Esprit Saint en croyant ». Et c’est pourquoi la « communion », l’amour fraternel, l’entraide sont aussi une rencontre avec le Christ et l’accueil de Lui dans notre vie.
Faisons attention à tous ces « canaux de communication », sans chercher à en « mettre en avant » certains au détriment des autres; essayons de vivre non pas dans le « ou bien-ou bien », mais dans le « et-et ».
38 Pierre leur répondit : " Repentez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez alors le don du Saint Esprit. |
39 Car c'est pour vous qu'est la promesse, ainsi que pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. " |
40 Par beaucoup d'autres paroles encore, il les adjurait et les exhortait : " Sauvez-vous, disait-il, de cette génération dévoyée. " |
41 Eux donc, accueillant sa parole, se firent baptiser. Il s'adjoignit ce jour-là environ trois mille âmes. |
42 Ils se montraient assidus à l'enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. |
43 La crainte s'emparait de tous les esprits : nombreux étaient les prodiges et signes accomplis par les apôtres. |
L’Église est jeune et pleine de forces, des forces que l’Esprit du Seigneur a insufflées en elle. Les sauvés s’ajoutent par milliers, de nombreux signes s’accomplissent, tous les croyants ont reçu le don de l’Esprit Saint et demeurent dans la crainte de Dieu ; leur vie est le modèle d’une vie chrétienne pleinement accomplie (voir Ac 2:42). Vraiment, ce n’est plus une vie, c’est un rêve… Mais un rêve, c’est tout de même quelque chose de généralement inaccessible, quelque chose que l’on invente pour soulager sa conscience. On se dit : c’est un idéal incompatible avec la réalité. Or ce dont vivent les premiers chrétiens, c’est justement la vraie réalité. Plus réelle que celle dans laquelle nous vivons maintenant.
Et dans l’entretien avec Nicodème, le Seigneur parle précisément de cet être nouveau, du Royaume de Dieu qui est au-dedans d’eux et au milieu d’eux (voir Lc 17:21, Mt 18:20). Par le repentir, par le baptême d’eau et d’Esprit, par la naissance d’en haut, nous pouvons entrer, ou plus exactement nous donnons au Christ la possibilité de nous conduire dans cette autre vie (voir Jn 3:13). Peut-être ne l’avons-nous pas encore remarqué nous-mêmes, mais Lui a déjà tout fait. Il ne nous reste qu’à y croire comme à rien d’autre. Croire, afin de prendre progressivement conscience de ce qui nous est arrivé…
1 Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils se trouvaient tous ensemble dans un même lieu, |
2 quand, tout à coup, vint du ciel un bruit tel que celui d'un violent coup de vent, qui remplit toute la maison où ils se tenaient. |
3 Ils virent apparaître des langues qu'on eût dites de feu; elles se partageaient, et il s'en posa une sur chacun d'eux. |
4 Tous furent alors remplis de l'Esprit Saint et commencèrent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer. |
5 Or il y avait, demeurant à Jérusalem, des hommes dévots de toutes les nations qui sont sous le ciel. |
6 Au bruit qui se produisit, la multitude se rassembla et fut confondue : chacun les entendait parler en son propre idiome. |
7 Ils étaient stupéfaits, et, tout étonnés, ils disaient : " Ces hommes qui parlent, ne sont-ils pas tous Galiléens ? |
8 Comment se fait-il alors que chacun de nous les entende dans son propre idiome maternel? |
9 Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de Mésopotamie, de Judée et de Cappadoce, du Pont et d'Asie, |
10 de Phrygie et de Pamphylie, d'Égypte et de cette partie de la Libye qui est proche de Cyrène, Romains en résidence, |
11 tant Juifs que prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons publier dans notre langue les merveilles de Dieu ! " |
12 Tous étaient stupéfaits et se disaient, perplexes, l'un à l'autre : " Que peut bien être cela ? " |
13 D'autres encore disaient en se moquant : " Ils sont pleins de vin doux ! " |
14 Pierre alors, debout avec les Onze, éleva la voix et leur adressa ces mots : " Hommes de Judée et vous tous qui résidez à Jérusalem, apprenez ceci, prêtez l'oreille à mes paroles. |
15 Non, ces gens ne sont pas ivres, comme vous le supposez; ce n'est d'ailleurs que la troisième heure du jour. |
16 Mais c'est bien ce qu'a dit le prophète : |
17 Il se fera dans les derniers jours, dit le Seigneur, que je répandrai de mon Esprit sur toute chair. Alors vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions et vos vieillards des songes. |
18 Et moi, sur mes serviteurs et sur mes servantes je répandrai de mon Esprit. |
19 Et je ferai paraître des prodiges là-haut dans le ciel et des signes ici-bas sur la terre. |
20 Le soleil se changera en ténèbres et la lune en sang, avant que vienne le Jour du Seigneur, ce grand Jour. |
21 Et quiconque alors invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. |
22 " Hommes d'Israël, écoutez ces paroles. Jésus le Nazôréen, cet homme que Dieu a accrédité auprès de vous par les miracles, prodiges et signes qu'il a opérés par lui au milieu de vous, ainsi que vous le savez vous-mêmes, |
23 cet homme qui avait été livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l'avez pris et fait mourir en le clouant à la croix par la main des impies, |
24 mais Dieu l'a ressuscité, le délivrant des affres de l'Hadès. Aussi bien n'était-il pas possible qu'il fût retenu en son pouvoir; |
25 car David dit à son sujet : Je voyais sans cesse le Seigneur devant moi, car il est à ma droite, pour que je ne vacille pas. |
26 Aussi mon cœur s'est-il réjoui et ma langue a-t-elle jubilé ; ma chair elle-même reposera dans l'espérance |
27 que tu n'abandonneras pas mon âme à l'Hadès et ne laisseras pas ton saint voir la corruption. |
28 Tu m'as fait connaître des chemins de vie, tu me rempliras de joie en ta présence. |
29 " Frères, il est permis de vous le dire en toute assurance : le patriarche David est mort et a été enseveli, et son tombeau est encore aujourd'hui parmi nous. |
30 Mais comme il était prophète et savait que Dieu lui avait juré par serment de faire asseoir sur son trône un descendant de son sang, |
31 il a vu d'avance et annoncé la résurrection du Christ qui, en effet, n'a pas été abandonné à l'Hadès, et dont la chair n'a pas vu la corruption : |
32 Dieu l'a ressuscité, ce Jésus; nous en sommes tous témoins. |
33 Et maintenant, exalté par la droite de Dieu, il a reçu du Père l'Esprit Saint, objet de la promesse, et l'a répandu. C'est là ce que vous voyez et entendez. |
34 Car David, lui, n'est pas monté aux cieux ; or il dit lui-même : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Siège à ma droite, |
35 jusqu'à ce que j'aie fait de tes ennemis un escabeau pour tes pieds. |
36 " Que toute la maison d'Israël le sache donc avec certitude : Dieu l'a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous avez crucifié. " |
37 D'entendre cela, ils eurent le cœur transpercé, et ils dirent à Pierre et aux apôtres : " Frères, que devons nous faire ? " |
38 Pierre leur répondit : " Repentez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez alors le don du Saint Esprit. |
39 Car c'est pour vous qu'est la promesse, ainsi que pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. " |
40 Par beaucoup d'autres paroles encore, il les adjurait et les exhortait : " Sauvez-vous, disait-il, de cette génération dévoyée. " |
41 Eux donc, accueillant sa parole, se firent baptiser. Il s'adjoignit ce jour-là environ trois mille âmes. |
42 Ils se montraient assidus à l'enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. |
43 La crainte s'emparait de tous les esprits : nombreux étaient les prodiges et signes accomplis par les apôtres. |
44 Tous les croyants ensemble mettaient tout en commun; |
45 ils vendaient leurs propriétés et leurs biens et en partageaient le prix entre tous selon les besoins de chacun. |
46 Jour après jour, d'un seul cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple et rompaient le pain dans leurs maisons, prenant leur nourriture avec allégresse et simplicité de cœur. |
47 Ils louaient Dieu et avaient la faveur de tout le peuple. Et chaque jour, le Seigneur adjoignait à la communauté ceux qui seraient sauvés. |
Le jour de la Pentecôte commence un temps nouveau : le temps de la prédication apostolique et de l’action du Saint-Esprit dans l’Église. On a sans doute dit et écrit davantage sur ce chapitre que sur tout le reste des Actes, mais nous ne pouvons nous arrêter ici que sur quelques points. Lorsque nous parlons de l’Esprit, nous devons comprendre comment Lui, invisible et incompréhensible, se manifeste dans la vie de l’homme et dans celle de l’Église. Tout d’abord, le feu de leur cœur pousse les apôtres, qui auparavant craignaient de se montrer en public, à sortir sur les places de Jérusalem et à prêcher le Royaume manifesté en Jésus. Dans la prédication de Pierre, nous voyons une audace extraordinaire — certains diraient sans doute une « originalité » — dans l’interprétation de l’Écriture, en particulier des psaumes de David. Cela aussi est un don de l’Esprit : voir et percevoir la révélation de Dieu dans l’Écriture et dans les événements contemporains. Enfin, dans la dernière partie du chapitre, nous voyons comment l’Esprit a multiplié et transformé la communauté apostolique. Il vaut la peine de relire attentivement ces versets (41–47) afin de comprendre sur quels principes le Seigneur commence à bâtir Son Église.
1 Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils se trouvaient tous ensemble dans un même lieu, |
2 quand, tout à coup, vint du ciel un bruit tel que celui d'un violent coup de vent, qui remplit toute la maison où ils se tenaient. |
3 Ils virent apparaître des langues qu'on eût dites de feu; elles se partageaient, et il s'en posa une sur chacun d'eux. |
4 Tous furent alors remplis de l'Esprit Saint et commencèrent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer. |
5 Or il y avait, demeurant à Jérusalem, des hommes dévots de toutes les nations qui sont sous le ciel. |
6 Au bruit qui se produisit, la multitude se rassembla et fut confondue : chacun les entendait parler en son propre idiome. |
7 Ils étaient stupéfaits, et, tout étonnés, ils disaient : " Ces hommes qui parlent, ne sont-ils pas tous Galiléens ? |
8 Comment se fait-il alors que chacun de nous les entende dans son propre idiome maternel? |
9 Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de Mésopotamie, de Judée et de Cappadoce, du Pont et d'Asie, |
10 de Phrygie et de Pamphylie, d'Égypte et de cette partie de la Libye qui est proche de Cyrène, Romains en résidence, |
11 tant Juifs que prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons publier dans notre langue les merveilles de Dieu ! " |
12 Tous étaient stupéfaits et se disaient, perplexes, l'un à l'autre : " Que peut bien être cela ? " |
13 D'autres encore disaient en se moquant : " Ils sont pleins de vin doux ! " |
14 Pierre alors, debout avec les Onze, éleva la voix et leur adressa ces mots : " Hommes de Judée et vous tous qui résidez à Jérusalem, apprenez ceci, prêtez l'oreille à mes paroles. |
15 Non, ces gens ne sont pas ivres, comme vous le supposez; ce n'est d'ailleurs que la troisième heure du jour. |
16 Mais c'est bien ce qu'a dit le prophète : |
17 Il se fera dans les derniers jours, dit le Seigneur, que je répandrai de mon Esprit sur toute chair. Alors vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions et vos vieillards des songes. |
18 Et moi, sur mes serviteurs et sur mes servantes je répandrai de mon Esprit. |
19 Et je ferai paraître des prodiges là-haut dans le ciel et des signes ici-bas sur la terre. |
20 Le soleil se changera en ténèbres et la lune en sang, avant que vienne le Jour du Seigneur, ce grand Jour. |
21 Et quiconque alors invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. |
22 " Hommes d'Israël, écoutez ces paroles. Jésus le Nazôréen, cet homme que Dieu a accrédité auprès de vous par les miracles, prodiges et signes qu'il a opérés par lui au milieu de vous, ainsi que vous le savez vous-mêmes, |
23 cet homme qui avait été livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l'avez pris et fait mourir en le clouant à la croix par la main des impies, |
24 mais Dieu l'a ressuscité, le délivrant des affres de l'Hadès. Aussi bien n'était-il pas possible qu'il fût retenu en son pouvoir; |
25 car David dit à son sujet : Je voyais sans cesse le Seigneur devant moi, car il est à ma droite, pour que je ne vacille pas. |
26 Aussi mon cœur s'est-il réjoui et ma langue a-t-elle jubilé ; ma chair elle-même reposera dans l'espérance |
27 que tu n'abandonneras pas mon âme à l'Hadès et ne laisseras pas ton saint voir la corruption. |
28 Tu m'as fait connaître des chemins de vie, tu me rempliras de joie en ta présence. |
29 " Frères, il est permis de vous le dire en toute assurance : le patriarche David est mort et a été enseveli, et son tombeau est encore aujourd'hui parmi nous. |
30 Mais comme il était prophète et savait que Dieu lui avait juré par serment de faire asseoir sur son trône un descendant de son sang, |
31 il a vu d'avance et annoncé la résurrection du Christ qui, en effet, n'a pas été abandonné à l'Hadès, et dont la chair n'a pas vu la corruption : |
32 Dieu l'a ressuscité, ce Jésus; nous en sommes tous témoins. |
33 Et maintenant, exalté par la droite de Dieu, il a reçu du Père l'Esprit Saint, objet de la promesse, et l'a répandu. C'est là ce que vous voyez et entendez. |
34 Car David, lui, n'est pas monté aux cieux ; or il dit lui-même : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Siège à ma droite, |
35 jusqu'à ce que j'aie fait de tes ennemis un escabeau pour tes pieds. |
36 " Que toute la maison d'Israël le sache donc avec certitude : Dieu l'a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous avez crucifié. " |
37 D'entendre cela, ils eurent le cœur transpercé, et ils dirent à Pierre et aux apôtres : " Frères, que devons nous faire ? " |
38 Pierre leur répondit : " Repentez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez alors le don du Saint Esprit. |
39 Car c'est pour vous qu'est la promesse, ainsi que pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. " |
40 Par beaucoup d'autres paroles encore, il les adjurait et les exhortait : " Sauvez-vous, disait-il, de cette génération dévoyée. " |
41 Eux donc, accueillant sa parole, se firent baptiser. Il s'adjoignit ce jour-là environ trois mille âmes. |
42 Ils se montraient assidus à l'enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. |
43 La crainte s'emparait de tous les esprits : nombreux étaient les prodiges et signes accomplis par les apôtres. |
44 Tous les croyants ensemble mettaient tout en commun; |
45 ils vendaient leurs propriétés et leurs biens et en partageaient le prix entre tous selon les besoins de chacun. |
46 Jour après jour, d'un seul cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple et rompaient le pain dans leurs maisons, prenant leur nourriture avec allégresse et simplicité de cœur. |
47 Ils louaient Dieu et avaient la faveur de tout le peuple. Et chaque jour, le Seigneur adjoignait à la communauté ceux qui seraient sauvés. |
La lecture d’aujourd’hui nous parle de ce triomphe du Royaume que Jésus avait promis à Ses disciples. Et ce triomphe ne fut rien d’autre que la descente de l’Esprit Saint sur les apôtres, décrite avec tant de détail par l’évangéliste (v. 1-4). Au premier regard, cette description contient tous les éléments traditionnels propres à la tradition prophétique de l’Ancien Testament: car, dans l’Antiquité aussi, l’action de l’esprit de Dieu se manifestait parfois par un souffle de vent (2 S 5:22-24), et la présence de Dieu, habituellement appelée dans la Bible « gloire », rappelait souvent le feu ou la lumière (Ex 40:34-38). Mais maintenant cette présence ne touche pas seulement ceux qui se trouvaient dans la chambre. Elle s’étend aussi à ceux qui écoutaient les apôtres dans les rues de Jérusalem. Et ils perçoivent la prédication des apôtres comme si ceux-ci parlaient dans la langue maternelle des pèlerins venus à Jérusalem pour la fête depuis des pays très divers (v. 5-13).
Et il ne s’agit évidemment pas du fait que les apôtres auraient soudain reçu des capacités surnaturelles pour les langues étrangères. Car, même si c’était le cas, dans les rues de Jérusalem aux jours de la fête de Chavouot (la Pentecôte), il y avait tant de nations et de langues représentées que les apôtres n’auraient pas pu prêcher simultanément à tous, même si chacun d’eux avait réellement parlé une langue étrangère: dans la liste donnée par l’évangéliste, manifestement incomplète, il y en a nettement plus que douze. Il s’agit, semble-t-il, du fait que ceux qui écoutaient les apôtres se sont eux aussi trouvés dans le Royaume, où il n’existe aucune barrière linguistique. Ici, les sens sont perçus non par le mot, mais directement, de cœur à cœur; leur incarnation se fait déjà dans l’âme de l’auditeur, qui exprime naturellement ce qu’il a reçu avec les mots de sa langue maternelle. Ainsi s’accomplirent les paroles du Sauveur sur le Royaume et sur l’Esprit, dites aux apôtres au moment de l’Ascension (Ac 1:8).
Mais la Pentecôte n’était que le commencement de l’histoire du Royaume entrant dans le monde, et maintenant les apôtres l’ont parfaitement compris. Ainsi Pierre, d’une part, parle de la fin des temps, qui est déjà venue (v. 14-21), et d’autre part de cette époque nouvelle qui a commencé après la résurrection du Sauveur (v. 25-36). Le sens principal de sa prédication est que, malgré tout, il n’est pas trop tard pour se convertir et recevoir le Messie crucifié et ressuscité; bien que le dernier jour soit déjà arrivé, les portes du Royaume ne sont pas du tout fermées, au contraire, elles s’ouvrent toutes grandes pour quiconque est prêt à entrer (v. 37-40).
Un tel témoignage était extrêmement inhabituel: car, selon les représentations traditionnelles, on associait à la fin des temps seulement le Jugement; il n’était déjà plus question d’aucune conversion, on estimait qu’il était trop tard pour se repentir au jour du Jugement. Or maintenant il apparaissait que l’histoire du salut, au fond, ne faisait que commencer, et que chacun avait une chance de salut, même ceux qui se trouvaient directement ou indirectement impliqués dans cette mort que le Sauveur dut subir sur la croix (v. 36-38). Ainsi s’acheva l’histoire terrestre et commença l’histoire du Royaume entrant dans le monde.
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