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RÉFLEXIONS pour Mc 14:43-15:1

43 Et aussitôt, comme il parlait encore, survient Judas, l’un des Douze, et avec lui une bande armée de glaives et de bâtons, venant de la part des grands prêtres, des scribes et des anciens.
44 Or, le traître leur avait donné ce signe convenu : « Celui à qui je donnerai un baiser, c’est lui ; arrêtez-le et emmenez-le sous bonne garde. »
45 Et aussitôt arrivé, il s’approcha de lui en disant : « Rabbi », et il lui donna un baiser.
46 Les autres mirent la main sur lui et l’arrêtèrent.
47 Alors l’un des assistants, dégainant son glaive, frappa le serviteur du Grand Prêtre et lui enleva l’oreille.
48 S’adressant à eux, Jésus leur dit : « Suis-je un brigand, que vous vous soyez mis en campagne avec des glaives et des bâtons pour me saisir !
49 Chaque jour j’étais auprès de vous dans le Temple, à enseigner, et vous ne m’avez pas arrêté. Mais c’est pour que les Écritures s’accomplissent. »
50 Et, l’abandonnant, ils prirent tous la fuite.
51 Un jeune homme le suivait, n’ayant pour tout vêtement qu’un drap, et on le saisit ;
52 mais lui, lâchant le drap, s’enfuit tout nu.
53 Ils emmenèrent Jésus chez le Grand Prêtre, et tous les grands prêtres, les anciens et les scribes se rassemblent.
54 Pierre l’avait suivi de loin jusqu’à l’intérieur du palais du Grand Prêtre et, assis avec les valets, il se chauffait à la flambée.
55 Or, les grands prêtres et tout le Sanhédrin cherchaient un témoignage contre Jésus pour le faire mourir et ils n’en trouvaient pas.
56 Car plusieurs déposaient faussement contre lui et leurs témoignages ne concordaient pas.
57 Quelques-uns se levèrent pour porter contre lui ce faux témoignage :
58 « Nous l’avons entendu qui disait : Je détruirai ce Sanctuaire fait de main d’homme et en trois jours j’en rebâtirai un autre qui ne sera pas fait de main d’homme. »
59 Et sur cela même leurs dépositions n’étaient pas d’accord.
60 Se levant alors au milieu, le Grand Prêtre interrogea Jésus : « Tu ne réponds rien ? Qu’est-ce que ces gens attestent contre toi ? »
61 Mais lui se taisait et ne répondit rien. De nouveau le Grand Prêtre l’interrogeait, et il lui dit : « Tu es le Christ, le Fils du Béni ? » —
62 « Je le suis, dit Jésus, et vous verrez le Fils de l’homme siégeant à la droite de la Puissance et venant avec les nuées du ciel. »
63 Alors le Grand Prêtre déchira ses tuniques et dit : « Qu’avons-nous encore besoin de témoins ?
64 Vous avez entendu le blasphème ; que vous en semble ? » Tous prononcèrent qu’il était passible de mort.
65 Et quelques-uns se mirent à lui cracher au visage, à le gifler et à lui dire : « Fais le prophète ! » Et les valets le bourrèrent de coups.
66 Comme Pierre était en bas dans la cour, arrive une des servantes du Grand Prêtre.
67 Voyant Pierre qui se chauffait, elle le dévisagea et dit : « Toi aussi, tu étais avec le Nazarénien Jésus. »
68 Mais lui nia en disant : « Je ne sais pas, je ne comprends pas ce que tu dis. » Puis il se retira dehors vers le vestibule et un coq chanta.
69 La servante, l’ayant vu, recommença à dire aux assistants : « Celui-là en est ! »
70 Mais de nouveau il niait. Peu après, à leur tour, les assistants disaient à Pierre : « Vraiment tu en es ; et d’ailleurs tu es Galiléen. »
71 Mais il se mit à jurer avec force imprécations : « Je ne connais pas cet homme dont vous parlez. »
72 Et aussitôt, pour la seconde fois, un coq chanta. Et Pierre se ressouvint de la parole que Jésus lui avait dite : « Avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois. » Et il éclata en sanglots.
Et aussitôt, le matin, les grands prêtres préparèrent un conseil avec les anciens, les scribes, et tout le Sanhédrin ; puis, après avoir ligoté Jésus, ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate.
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Dans notre méditation sur la lecture évangélique d'aujourd'hui, concentrons-nous sur le reniement de Pierre. Essayons de vivre cet événement avec Pierre. Ne nous hâtons pas de dire qu'il ne nous serait même pas venu à l'esprit de renier le Christ, car nous l'aimons plus que tout au monde. En parlant ainsi, nous montrons que nous ne savons pas ce qu'est l'amour. Il semble que, si quelqu'un veut comprendre les paroles de la première épître de Jean (1 Jn 4,8), selon lesquelles Dieu est amour, il lui faut d'abord réfléchir à ce que Pierre a ressenti et vécu aux minutes du reniement et durant les trois jours qui ont suivi. Pourquoi en est-il ainsi ?

Qu'y a-t-il de plus terrible pour nous lorsque nous aimons ? Le plus terrible, c'est que la personne aimée meure. Et lorsqu'elle meurt, littéralement aussitôt après que sa vie s'est éteinte, nous commençons à comprendre combien de choses nous n'avons pas faites pour elle, que nous aurions pu faire, mais qu'il est désormais impossible de faire, car elle n'est plus là. On ne peut plus aller vers elle, l'embrasser et implorer son pardon pour tout le mal qui a existé, et pour tout le bien qui n'a pas existé.

Qu'a vécu Pierre, qui ne sait pas encore la Résurrection ? Une douleur sauvage du repentir et l'impossibilité de demander pardon. Et, si l'on y pense, son reniement n'est guère meilleur que la trahison de Judas. Mais Judas ne supporte pas le sentiment de culpabilité, tandis que Pierre le supporte. Quelle est la différence ? Peut-être qu'en comprenant cette différence, nous comprendrons ce qu'est l'amour.

Autres réflexions

 
Pour Mc 14:43-51
43 Et aussitôt, comme il parlait encore, survient Judas, l’un des Douze, et avec lui une bande armée de glaives et de bâtons, venant de la part des grands prêtres, des scribes et des anciens.
44 Or, le traître leur avait donné ce signe convenu : « Celui à qui je donnerai un baiser, c’est lui ; arrêtez-le et emmenez-le sous bonne garde. »
45 Et aussitôt arrivé, il s’approcha de lui en disant : « Rabbi », et il lui donna un baiser.
46 Les autres mirent la main sur lui et l’arrêtèrent.
47 Alors l’un des assistants, dégainant son glaive, frappa le serviteur du Grand Prêtre et lui enleva l’oreille.
48 S’adressant à eux, Jésus leur dit : « Suis-je un brigand, que vous vous soyez mis en campagne avec des glaives et des bâtons pour me saisir !
49 Chaque jour j’étais auprès de vous dans le Temple, à enseigner, et vous ne m’avez pas arrêté. Mais c’est pour que les Écritures s’accomplissent. »
50 Et, l’abandonnant, ils prirent tous la fuite.
51 Un jeune homme le suivait, n’ayant pour tout vêtement qu’un drap, et on le saisit ;
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La trahison a eu lieu; contre Jésus, comme contre un brigand, une battue est organisée. La tentative de l'un des disciples de défendre...  Lire la suite

La trahison a eu lieu; contre Jésus, comme contre un brigand, une battue est organisée. La tentative de l'un des disciples de défendre le Christ selon les règles de ce monde est arrêtée par Lui-même.

Ceux qui L'arrêtaient ne croyaient pas que le Christ commencerait à résister activement. Mais les mesures de précaution trahissent une autre peur: la peur de l'inconnu, la peur d'une autre vie apportée par ce prédicateur incompréhensible, enfin la peur de regarder en soi et d'y voir la conscience de son propre tort. Une peur qui pousse à attribuer à sa victime les absurdités les plus monstrueuses, pourvu que soit étouffée la voix de la conscience.

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Pour Mc 14:50
50 Et, l’abandonnant, ils prirent tous la fuite.
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On explique d’ordinaire la fuite des apôtres lors de l’arrestation de Jésus par la peur et la lâcheté. Pourtant, nous n’avons pas de raisons de penser qu’ils étaient tous à ce point lâches, du moins...  Lire la suite

On explique d’ordinaire la fuite des apôtres lors de l’arrestation de Jésus par la peur et la lâcheté. Pourtant, nous n’avons pas de raisons de penser qu’ils étaient tous à ce point lâches, du moins les récits évangéliques n’en témoignent pas. Bien au contraire: certains d’entre eux, et d’abord Pierre, étaient disposés de manière très résolue; ce même Pierre, par exemple, au moment de l’arrestation du Maître, saisit une épée, et si Jésus l’avait approuvé, il est tout à fait possible que, sinon tous, du moins la plupart des disciples auraient soutenu Pierre d’une manière ou d’une autre. Les apôtres étaient prêts à l’insurrection et à la guerre; ils étaient prêts à combattre pour défendre leur Maître, et dans cette guerre ils étaient prêts à mourir pour Lui.

Le problème était qu’aucune guerre ne se profilait. Jésus n’allait pas faire la guerre; Il n’allait même pas se défendre contre les hommes venus L’arrêter. La guerre messianique à laquelle les apôtres se préparaient intérieurement n’existait que dans leur imagination, et c’était le principal problème. Ils se préparaient à une chose, et en réalité il leur est arrivé tout autre chose; dans une telle situation, une rupture spirituelle est non seulement possible, mais presque inévitable.

Plus précisément, elle est inévitable dans la mesure où l’homme est plongé dans sa réalité imaginaire, dans la mesure où il dépense beaucoup, ou au contraire relativement peu, d’efforts spirituels pour y exister. Pour les disciples, l’image de la guerre messianique qu’ils avaient peinte était si réelle qu’ils ne pouvaient même pas imaginer un autre développement des événements. Pierre saisit l’épée précisément parce que son image de la réalité, dans la situation donnée, ne supposait qu’une seule option d’action possible. Pourtant, Jésus agit tout autrement, non comme les apôtres l’attendent.

C’est alors qu’ils se perdent: que reste-t-il à faire aux soldats lorsque leur commandant non seulement ne tente pas de résister, mais se livre lui-même, absolument volontairement, comme prisonnier? Se livrer avec lui? C’est absurde, cela ne tient pas dans la conscience. La réalité construite par les apôtres s’effondre sous leurs yeux, et ils fuient, parce qu’en une telle situation il ne leur reste rien d’autre. Jésus, voyant leur état spirituel, ne doutait pas dès la Cène que tout se passerait exactement ainsi; car dans le monde déchu, tout cela est si compréhensible, si humain.

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Pour Mc 14:53-72
53 Ils emmenèrent Jésus chez le Grand Prêtre, et tous les grands prêtres, les anciens et les scribes se rassemblent.
54 Pierre l’avait suivi de loin jusqu’à l’intérieur du palais du Grand Prêtre et, assis avec les valets, il se chauffait à la flambée.
55 Or, les grands prêtres et tout le Sanhédrin cherchaient un témoignage contre Jésus pour le faire mourir et ils n’en trouvaient pas.
56 Car plusieurs déposaient faussement contre lui et leurs témoignages ne concordaient pas.
57 Quelques-uns se levèrent pour porter contre lui ce faux témoignage :
58 « Nous l’avons entendu qui disait : Je détruirai ce Sanctuaire fait de main d’homme et en trois jours j’en rebâtirai un autre qui ne sera pas fait de main d’homme. »
59 Et sur cela même leurs dépositions n’étaient pas d’accord.
60 Se levant alors au milieu, le Grand Prêtre interrogea Jésus : « Tu ne réponds rien ? Qu’est-ce que ces gens attestent contre toi ? »
61 Mais lui se taisait et ne répondit rien. De nouveau le Grand Prêtre l’interrogeait, et il lui dit : « Tu es le Christ, le Fils du Béni ? » —
62 « Je le suis, dit Jésus, et vous verrez le Fils de l’homme siégeant à la droite de la Puissance et venant avec les nuées du ciel. »
63 Alors le Grand Prêtre déchira ses tuniques et dit : « Qu’avons-nous encore besoin de témoins ?
64 Vous avez entendu le blasphème ; que vous en semble ? » Tous prononcèrent qu’il était passible de mort.
65 Et quelques-uns se mirent à lui cracher au visage, à le gifler et à lui dire : « Fais le prophète ! » Et les valets le bourrèrent de coups.
66 Comme Pierre était en bas dans la cour, arrive une des servantes du Grand Prêtre.
67 Voyant Pierre qui se chauffait, elle le dévisagea et dit : « Toi aussi, tu étais avec le Nazarénien Jésus. »
68 Mais lui nia en disant : « Je ne sais pas, je ne comprends pas ce que tu dis. » Puis il se retira dehors vers le vestibule et un coq chanta.
69 La servante, l’ayant vu, recommença à dire aux assistants : « Celui-là en est ! »
70 Mais de nouveau il niait. Peu après, à leur tour, les assistants disaient à Pierre : « Vraiment tu en es ; et d’ailleurs tu es Galiléen. »
71 Mais il se mit à jurer avec force imprécations : « Je ne connais pas cet homme dont vous parlez. »
72 Et aussitôt, pour la seconde fois, un coq chanta. Et Pierre se ressouvint de la parole que Jésus lui avait dite : « Avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois. » Et il éclata en sanglots.
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Le récit évangélique du procès de Jésus est intéressant non pas tant par son caractère inhabituel que, hélas, par sa banalité...  Lire la suite

Le récit évangélique du procès de Jésus est intéressant non pas tant par son caractère inhabituel que, hélas, par sa banalité. L'histoire connaît nombre de procès mis en scène et motivés politiquement, et, à cet égard, le procès de Jésus n'a rien de nouveau ni d'étonnant. Mais pourquoi les sommets du Temple avaient-ils besoin de ce procès? Sans leur participation, il n'aurait pas pu avoir lieu du tout. Il semblerait que Jésus ait donné bien des motifs de haine aux orthodoxes religieux, et le sacerdoce du Temple était manifestement préoccupé par Son activité. Et pourtant cette inquiétude seule n'aurait pas suffi: en ces années-là, en Judée, la décision d'une condamnation à mort n'était pas si fréquente, et il aurait fallu soumettre la sentence à l'approbation des autorités romaines, connues pour leur minutie juridique. Ce n'était pas du tout la même chose qu'un attentat organisé en secret: l'affaire devenait publique et politique. De plus, l'hostilité du sacerdoce du Temple envers Jésus ne pouvait guère avoir une coloration proprement religieuse: ces hommes avaient traditionnellement une attitude réservée, et même sceptique, envers les livres prophétiques en général et les prophéties sur le Messie en particulier, et ils ne considéraient comme Écriture sainte que la Torah proprement dite (le Pentateuque). Les attentes messianiques de la Synagogue étaient en grande partie étrangères au Temple. C'est pourquoi ils considéraient tout mouvement messianique d'un point de vue exclusivement religieux et politique, ce qui n'a rien d'étonnant: c'est en effet au Temple (plus précisément, au Grand Prêtre) qu'appartenait alors en Judée le pouvoir politique suprême; au-dessus de lui, il n'y avait que le représentant de Rome, le procurateur (celui-là même qui, à cette époque, était Ponce Pilate, mentionné dans l'Évangile). Et du point de vue de la grande politique, tout mouvement messianique était indésirable; le procurateur et le Grand Prêtre s'accordaient là-dessus, car un tel mouvement pouvait facilement se transformer en révolte contre Rome, ce qui finit par se produire en 70 apr. J.-C. Mais les représentants du Temple, et surtout le Grand Prêtre lui-même, jouaient leur propre jeu, utilisant les attentes messianiques répandues dans le peuple et la tension religieuse et politique qui leur était liée en Judée pour faire pression sur le pouvoir romain et obtenir des concessions politiques. Ils considéraient ce jeu politique comme un bien pour la Judée et pour le peuple juif, et leur tâche principale était de garder le processus sous contrôle afin, d'une part, d'obtenir le plus possible de Rome et, d'autre part, de ne pas lui donner de prétexte à une intervention militaire directe. Et Jésus ne fut dans ce jeu qu'une monnaie d'échange: Sa prédication pouvait moins que toute autre chose représenter une menace pour Rome, mais, à travers Son exemple, on pouvait démontrer au pouvoir romain une lutte active contre les fauteurs de troubles en Judée. Et en même temps se débarrasser d'une figure qui irritait à la fois le Temple et la Synagogue. Ainsi, en passant, en jouant à la politique, les sommets du Temple livrèrent à la mort le Messie-Christ envoyé par Dieu.

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Pour Mc 14:53-72
53 Ils emmenèrent Jésus chez le Grand Prêtre, et tous les grands prêtres, les anciens et les scribes se rassemblent.
54 Pierre l’avait suivi de loin jusqu’à l’intérieur du palais du Grand Prêtre et, assis avec les valets, il se chauffait à la flambée.
55 Or, les grands prêtres et tout le Sanhédrin cherchaient un témoignage contre Jésus pour le faire mourir et ils n’en trouvaient pas.
56 Car plusieurs déposaient faussement contre lui et leurs témoignages ne concordaient pas.
57 Quelques-uns se levèrent pour porter contre lui ce faux témoignage :
58 « Nous l’avons entendu qui disait : Je détruirai ce Sanctuaire fait de main d’homme et en trois jours j’en rebâtirai un autre qui ne sera pas fait de main d’homme. »
59 Et sur cela même leurs dépositions n’étaient pas d’accord.
60 Se levant alors au milieu, le Grand Prêtre interrogea Jésus : « Tu ne réponds rien ? Qu’est-ce que ces gens attestent contre toi ? »
61 Mais lui se taisait et ne répondit rien. De nouveau le Grand Prêtre l’interrogeait, et il lui dit : « Tu es le Christ, le Fils du Béni ? » —
62 « Je le suis, dit Jésus, et vous verrez le Fils de l’homme siégeant à la droite de la Puissance et venant avec les nuées du ciel. »
63 Alors le Grand Prêtre déchira ses tuniques et dit : « Qu’avons-nous encore besoin de témoins ?
64 Vous avez entendu le blasphème ; que vous en semble ? » Tous prononcèrent qu’il était passible de mort.
65 Et quelques-uns se mirent à lui cracher au visage, à le gifler et à lui dire : « Fais le prophète ! » Et les valets le bourrèrent de coups.
66 Comme Pierre était en bas dans la cour, arrive une des servantes du Grand Prêtre.
67 Voyant Pierre qui se chauffait, elle le dévisagea et dit : « Toi aussi, tu étais avec le Nazarénien Jésus. »
68 Mais lui nia en disant : « Je ne sais pas, je ne comprends pas ce que tu dis. » Puis il se retira dehors vers le vestibule et un coq chanta.
69 La servante, l’ayant vu, recommença à dire aux assistants : « Celui-là en est ! »
70 Mais de nouveau il niait. Peu après, à leur tour, les assistants disaient à Pierre : « Vraiment tu en es ; et d’ailleurs tu es Galiléen. »
71 Mais il se mit à jurer avec force imprécations : « Je ne connais pas cet homme dont vous parlez. »
72 Et aussitôt, pour la seconde fois, un coq chanta. Et Pierre se ressouvint de la parole que Jésus lui avait dite : « Avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois. » Et il éclata en sanglots.
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Ayant saisi Jésus, on le conduisit dans la maison de Caïphe. Pour le livrer à la mort, il fallait le témoignage concordant d'au moins deux...  Lire la suite

Ayant saisi Jésus, on le conduisit dans la maison de Caïphe. Pour le livrer à la mort, il fallait le témoignage concordant d'au moins deux personnes, mais ce n'était pas simple. Enfin, il s'en trouva qui, déformant les paroles du Christ, dirent: "Nous l'avons entendu dire: Je détruirai ce temple fait de main d'homme et, en trois jours, j'en bâtirai un autre qui ne sera pas fait de main d'homme» (cf. Jn 2.19).

Mais cela non plus ne suffit pas. L'accusé ne répondait rien, comme Isaïe l'avait prophétisé (Is 53.7). Le grand prêtre s'étonnait: «Tu ne réponds rien?» (v. 60). En réponse, le silence. «Es-tu le Christ, le Fils du Béni?» Que dira-t-il? Cette fois, la réponse retentit ferme et sûre: «Je le suis; et vous verrez le Fils de l'homme siégeant à la droite de la Puissance et venant avec les nuées du ciel».

C'était plus que suffisant. En se reconnaissant Messie, Jésus se condamnait lui-même à mort. Le blasphème est un crime qui, selon les lois juives, mérite la mort. Le grand prêtre, déchirant ses vêtements, comme le faisaient les Juifs en signe de douloureuse affliction ou lorsqu'ils devenaient témoins d'un sacrilège, dit: «Qu'avons-nous encore besoin de témoins?». Jésus fut déclaré passible de mort.

Pierre était pendant tout ce temps dans la cour; une des servantes le reconnut: «Toi aussi, tu étais avec Jésus de Nazareth», dit-elle. Pierre aimait le Maître de toute son âme. Poussé par cet amour, il avait suivi le Maître jusqu'à la maison du grand prêtre. Pierre était prêt même à mourir pour lui (Mc 14.31). Mais maintenant celui qui deviendra le premier des apôtres céda à la peur. Tout n'était pas comme Pierre l'avait attendu. «Je ne sais pas, je ne comprends pas ce que tu dis», répondit-il à la servante. Deux fois encore ce jour-là il renia le Maître. Deux fois le coq chanta, et lui, se souvenant de la prophétie du Christ, sortit et pleura amèrement.

Combien souvent nous aussi cédons à la peur et sommes prêts à renier le Seigneur, en grande partie parce que ses actes n'entrent pas dans nos représentations de lui.

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Pour Mc 14:53-65
53 Ils emmenèrent Jésus chez le Grand Prêtre, et tous les grands prêtres, les anciens et les scribes se rassemblent.
54 Pierre l’avait suivi de loin jusqu’à l’intérieur du palais du Grand Prêtre et, assis avec les valets, il se chauffait à la flambée.
55 Or, les grands prêtres et tout le Sanhédrin cherchaient un témoignage contre Jésus pour le faire mourir et ils n’en trouvaient pas.
56 Car plusieurs déposaient faussement contre lui et leurs témoignages ne concordaient pas.
57 Quelques-uns se levèrent pour porter contre lui ce faux témoignage :
58 « Nous l’avons entendu qui disait : Je détruirai ce Sanctuaire fait de main d’homme et en trois jours j’en rebâtirai un autre qui ne sera pas fait de main d’homme. »
59 Et sur cela même leurs dépositions n’étaient pas d’accord.
60 Se levant alors au milieu, le Grand Prêtre interrogea Jésus : « Tu ne réponds rien ? Qu’est-ce que ces gens attestent contre toi ? »
61 Mais lui se taisait et ne répondit rien. De nouveau le Grand Prêtre l’interrogeait, et il lui dit : « Tu es le Christ, le Fils du Béni ? » —
62 « Je le suis, dit Jésus, et vous verrez le Fils de l’homme siégeant à la droite de la Puissance et venant avec les nuées du ciel. »
63 Alors le Grand Prêtre déchira ses tuniques et dit : « Qu’avons-nous encore besoin de témoins ?
64 Vous avez entendu le blasphème ; que vous en semble ? » Tous prononcèrent qu’il était passible de mort.
65 Et quelques-uns se mirent à lui cracher au visage, à le gifler et à lui dire : « Fais le prophète ! » Et les valets le bourrèrent de coups.
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Les ténèbres se sont épaissies et une succession de faux témoignages a commencé. Pierre témoigne faussement en Le reniant. Beaucoup...  Lire la suite

Les ténèbres se sont épaissies et une succession de faux témoignages a commencé. Pierre témoigne faussement en Le reniant. Beaucoup témoignent faussement devant le Sanhédrin. Pourtant, personne ne s'est trouvé pour donner un témoignage fiable qui L'aurait convaincu de mauvaises actions.

Lorsque la calomnie et les déformations se sont tues, Son témoignage sur Lui-même a retenti. Il n'a pas été donné au tout début de l'interrogatoire, mais seulement lorsque toutes les versions avaient déjà été exposées et qu'il fallait faire un choix : accepter ou rejeter la vérité venue de Dieu.

Nous pouvons construire des théories, envisager différentes situations et nous entourer d'un petit monde inventé, mais tôt ou tard vient l'heure d'un choix auquel on ne peut se dérober. Celui qui espère s'y soustraire rejette la vérité par le fait même d'esquiver ce choix.

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Pour Mc 14:53
53 Ils emmenèrent Jésus chez le Grand Prêtre, et tous les grands prêtres, les anciens et les scribes se rassemblent.
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Le « procès » de Jésus ne peut être appelé procès qu'entre guillemets. Il est tout à fait évident que personne au Sanhédrin n'avait l'intention d'examiner le fond ni de comprendre quoi que ce soit...  Lire la suite

Le « procès » de Jésus ne peut être appelé procès qu'entre guillemets. Il est tout à fait évident que personne au Sanhédrin n'avait l'intention d'examiner le fond ni de comprendre quoi que ce soit. L'évangéliste le dit directement : le Sanhédrin s'est réuni pour condamner Jésus, pour Le condamner à tout prix, même s'il fallait pour cela recourir à de faux témoignages. D'où vient une telle haine ? Et est-ce bien de la haine ?

En un certain sens, sans aucun doute : tous ceux qui étaient alors rassemblés dans la maison de Caïphe voulaient que l'Homme qui se tenait devant eux disparaisse de la surface de la terre. Cependant la haine était ici froide et calculatrice ; elle n'avait rien de personnel, il n'y avait que la politique et des intérêts religieux et politiques. On se représente souvent, à soi-même et aux autres, les dirigeants du Temple comme des scélérats infernaux. Si c'était le cas, nous serions plus tranquilles aujourd'hui, car nous ne pouvons guère être qualifiés de scélérats infernaux.

En réalité, malheureusement pour nous, tout est plus terrible : Jésus est tué par des gens tout à fait ordinaires, quoique haut placés, pour des motifs tout à fait ordinaires, terrestres, et non pour des intérêts « d'outre-monde » : des intérêts de politique religieuse et de politique tout court, que l'on appelle d'ordinaire « supérieurs », mais qui, sous ce nom, ne cessent pas d'être parfaitement terrestres. Il gênait simplement les dirigeants du Temple, Il gênait dans le jeu complexe qu'ils menaient avec le pouvoir romain, avec la Synagogue, avec les zélotes. Dans ce jeu, Jésus était devenu le facteur extérieur au système qui pouvait tout gâcher, et il fallait faire quelque chose de Lui. Toute l'horreur de la situation tenait au fait que les « juges » de Jésus se moquaient absolument de savoir qui se tenait devant eux. Cela aurait très bien pu être un maître ou un prédicateur tout à fait ordinaire, à qui aurait été réservé le même sort.

Personne au Sanhédrin n'avait l'intention de tuer le Messie ; ils voulaient seulement écarter de la route un homme qui gênait la grande politique, et ils ont finalement « écarté » le Messie Lui-même. Cela se comprend : un meurtre est un meurtre, et le meurtre de tout innocent est le même péché que le meurtre du Messie. C'est dans le monde déchu que la vie d'un homme éminent est évaluée autrement que celle d'un homme obscur ; dans le Royaume, l'arithmétique est autre. Le Messie meurt comme l'homme le plus ordinaire parce que chaque homme a pour Dieu autant de prix que Lui.

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Pour Mc 14:71-72
71 Mais il se mit à jurer avec force imprécations : « Je ne connais pas cet homme dont vous parlez. »
72 Et aussitôt, pour la seconde fois, un coq chanta. Et Pierre se ressouvint de la parole que Jésus lui avait dite : « Avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois. » Et il éclata en sanglots.
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Pierre ne s'est pas limité à nier connaître Jésus; il s'est mis à jurer, et il a ainsi aggravé son reniement par le blasphème d'un faux serment. Dans de nombreux épisodes évangéliques, les paroles prononcées par Pierre se sont trouvées...  Lire la suite

Pierre ne s'est pas limité à nier connaître Jésus; il s'est mis à jurer, et il a ainsi aggravé son reniement par le blasphème d'un faux serment. Dans de nombreux épisodes évangéliques, les paroles prononcées par Pierre se sont trouvées dites au nom de tous les apôtres. Il en fut ainsi, par exemple, lorsqu'au nom de tous il confessa Jésus comme le Christ, le Fils du Dieu vivant.

Faut-il considérer qu'il prononça aussi les paroles du reniement non seulement en son nom? Si c'est le cas, cela signifie que, dans diverses situations, il exprimait non seulement la foi et la sagesse données d'en haut aux apôtres, mais aussi leurs anciennes faiblesses humaines. Alors il apparaît qu'il a aussi reçu la honte pour tous ceux qui ont tremblé, pour tous ceux qui ont eu honte de leur foi, et pas seulement pour sa propre faiblesse. Mais il lui a aussi été donné, semble-t-il, de prendre conscience de sa chute plus profondément que les autres. Et donc les paroles pénitentes d'amour pour le Christ, Pierre les prononça par la suite non seulement pour lui-même. Peut-être même pas seulement pour les apôtres...

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Pour Mc 15:1-15
Et aussitôt, le matin, les grands prêtres préparèrent un conseil avec les anciens, les scribes, et tout le Sanhédrin ; puis, après avoir ligoté Jésus, ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate.
Pilate l’interrogea : « Tu es le roi des Juifs ? » Jésus lui répond : « Tu le dis. »
Et les grands prêtres multipliaient contre lui les accusations.
Et Pilate de l’interroger à nouveau : « Tu ne réponds rien ? Vois tout ce dont ils t’accusent ! »
Mais Jésus ne répondit plus rien, si bien que Pilate était étonné.
À chaque Fête, il leur relâchait un prisonnier, celui qu’ils demandaient.
Or, il y avait en prison le nommé Barabbas, arrêté avec les émeutiers qui avaient commis un meurtre dans la sédition.
La foule, étant montée, se mit à demander la grâce accoutumée.
Pilate leur répondit : « Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? »
10 Il se rendait bien compte que c’était par jalousie que les grands prêtres l’avaient livré.
11 Cependant, les grands prêtres excitèrent la foule à demander qu’il leur relâchât plutôt Barabbas.
12 Pilate, prenant de nouveau la parole, leur disait : « Que ferai-je donc de celui que vous appelez le roi des Juifs ? »
13 Mais eux crièrent de nouveau : « Crucifie-le ! »
14 Et Pilate de leur dire : « Qu’a-t-il donc fait de mal ? » Mais ils n’en crièrent que plus fort : « Crucifie-le ! »
15 Pilate alors, voulant contenter la foule, leur relâcha Barabbas et, après avoir fait flageller Jésus, il le livra pour être crucifié.
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Le procès de Pilate est l'un des moments les plus terribles du récit évangélique. Le sort de Jésus de Nazareth ne dépend déjà plus du tout de Son enseignement ni de l'attitude des autorités juives envers Lui. Ce qu'Il a fait et ce qu'Il a dit, tout cela...  Lire la suite

Le procès de Pilate est l'un des moments les plus terribles du récit évangélique. Le sort de Jésus de Nazareth ne dépend déjà plus du tout de Son enseignement ni de l'attitude des autorités juives envers Lui. Ce qu'Il a fait et ce qu'Il a dit, tout cela n'a déjà plus d'importance. Le Seigneur se heurte ici à une machine impersonnelle créée par les hommes, construite à partir de l'équilibre de leurs intérêts du moment et de leurs calculs de carrière. Même la question de la responsabilité de Pilate paraît pâle et peu intelligible... Et, bien sûr, ce qui frappe, c'est l'incompatibilité de Dieu avec cette machine impersonnelle.

Le comportement de tous les participants au procès, sauf le Seigneur Jésus Lui-même, nous donne un exemple très vif de ce qu'est la non-liberté. Même Pilate, qui fait semblant que tout dépend de sa décision, n'est pas libre. Car ses actes sont déterminés par les circonstances. Juste devant lui se tient le Fils de Dieu, et lui fonctionne au lieu de vivre. En un certain sens, c'est un moment très instructif, parce que la plupart d'entre nous participent d'une manière ou d'une autre au fonctionnement effrayant de cette machine sociale.

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Pour Mc 15:1-15
Et aussitôt, le matin, les grands prêtres préparèrent un conseil avec les anciens, les scribes, et tout le Sanhédrin ; puis, après avoir ligoté Jésus, ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate.
Pilate l’interrogea : « Tu es le roi des Juifs ? » Jésus lui répond : « Tu le dis. »
Et les grands prêtres multipliaient contre lui les accusations.
Et Pilate de l’interroger à nouveau : « Tu ne réponds rien ? Vois tout ce dont ils t’accusent ! »
Mais Jésus ne répondit plus rien, si bien que Pilate était étonné.
À chaque Fête, il leur relâchait un prisonnier, celui qu’ils demandaient.
Or, il y avait en prison le nommé Barabbas, arrêté avec les émeutiers qui avaient commis un meurtre dans la sédition.
La foule, étant montée, se mit à demander la grâce accoutumée.
Pilate leur répondit : « Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? »
10 Il se rendait bien compte que c’était par jalousie que les grands prêtres l’avaient livré.
11 Cependant, les grands prêtres excitèrent la foule à demander qu’il leur relâchât plutôt Barabbas.
12 Pilate, prenant de nouveau la parole, leur disait : « Que ferai-je donc de celui que vous appelez le roi des Juifs ? »
13 Mais eux crièrent de nouveau : « Crucifie-le ! »
14 Et Pilate de leur dire : « Qu’a-t-il donc fait de mal ? » Mais ils n’en crièrent que plus fort : « Crucifie-le ! »
15 Pilate alors, voulant contenter la foule, leur relâcha Barabbas et, après avoir fait flageller Jésus, il le livra pour être crucifié.
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Dans la situation qui mena à la crucifixion de Jésus, ce qui nous effraie le plus est peut-être précisément qu'elle...  Lire la suite

Dans la situation qui mena à la crucifixion de Jésus, ce qui nous effraie le plus est peut-être précisément qu'elle se soit produite de manière assez ordinaire. Ordinaire en ce sens que le Christ ne fut pas crucifié par d'horribles malfaiteurs ou par des serviteurs du diable poursuivant des buts mystérieux connus d'eux seuls, mais par des gens tout à fait ordinaires, mus par des mobiles et des intérêts tout à fait ordinaires, humains. Si les choses avaient été autrement, nous pourrions nous sentir étrangers à la mort du Sauveur; mais il apparaît qu'en principe n'importe lequel d'entre nous aurait pu y prendre part, si nous avions fait le mauvais choix dans telle ou telle situation de vie très concrète. Qu'est-ce qui poussait ceux qui voulaient se débarrasser de Jésus? Pour certains, comme par exemple une partie de la confrérie pharisienne, Il était un destructeur des fondements et des traditions religieuses, et pour cela déjà Il méritait la mort. Pour d'autres (pour les sommets du Temple, par exemple), Il était une menace pour la paix et le bien-être nationaux; et s'il en était ainsi, qu'Il meure pour le bien et la tranquillité du peuple (Jn 11:50). Pour Ponce Pilate, Il n'était qu'une menace pour son bien-être personnel et sa carrière: quel sens y a-t-il à « se brouiller avec le peuple » s'il est plus simple de faire ce que réclame la foule hurlante et, par là même, de l'apaiser (v. 5-15)? Et les représentants du Temple sont là aussi: l'affaire peut arriver jusqu'à Rome, et alors il ne sera peut-être pas si facile de se laver des accusations (Jn 19:12)... Tous ces mobiles et considérations ont poussé les hommes de tous les temps; il n'y a là rien de nouveau. Mais dans une situation où il faut choisir entre le Christ et quelque chose qui Le masque, ces mobiles et considérations humains deviennent un véritable instrument du diable, et cet instrument agit d'autant plus efficacement qu'il passe inaperçu. Il devient particulièrement dangereux lorsqu'il ne s'agit pas d'un simple égoïsme humain, mais de notions aussi élevées, quoique quelque peu abstraites, que le « bien du peuple » ou la « tradition religieuse ». Bien sûr, ni le souci du bien du peuple ni la conservation de la tradition religieuse ne sont mauvais en eux-mêmes. Le malheur arrive lorsqu'ils passent au premier plan et deviennent une fin en soi. Il suffit de placer le bien du peuple avant Dieu et le Christ pour perdre l'un et l'autre (le destin de la Judée et de Jérusalem en 70 apr. J.-C. en est un témoignage éclatant). Et on ne peut conserver la religiosité en en faisant l'unique but: elle dégénérera spirituellement et mourra. Mais le plus terrible n'est même pas la mort de la religion ni la catastrophe sociale. Le plus terrible, c'est ce qui les précède: le refus de Dieu et du Christ. Ce refus même qui condamne le Sauveur à la croix.

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Pour Mc 15:1-15
Et aussitôt, le matin, les grands prêtres préparèrent un conseil avec les anciens, les scribes, et tout le Sanhédrin ; puis, après avoir ligoté Jésus, ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate.
Pilate l’interrogea : « Tu es le roi des Juifs ? » Jésus lui répond : « Tu le dis. »
Et les grands prêtres multipliaient contre lui les accusations.
Et Pilate de l’interroger à nouveau : « Tu ne réponds rien ? Vois tout ce dont ils t’accusent ! »
Mais Jésus ne répondit plus rien, si bien que Pilate était étonné.
À chaque Fête, il leur relâchait un prisonnier, celui qu’ils demandaient.
Or, il y avait en prison le nommé Barabbas, arrêté avec les émeutiers qui avaient commis un meurtre dans la sédition.
La foule, étant montée, se mit à demander la grâce accoutumée.
Pilate leur répondit : « Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? »
10 Il se rendait bien compte que c’était par jalousie que les grands prêtres l’avaient livré.
11 Cependant, les grands prêtres excitèrent la foule à demander qu’il leur relâchât plutôt Barabbas.
12 Pilate, prenant de nouveau la parole, leur disait : « Que ferai-je donc de celui que vous appelez le roi des Juifs ? »
13 Mais eux crièrent de nouveau : « Crucifie-le ! »
14 Et Pilate de leur dire : « Qu’a-t-il donc fait de mal ? » Mais ils n’en crièrent que plus fort : « Crucifie-le ! »
15 Pilate alors, voulant contenter la foule, leur relâcha Barabbas et, après avoir fait flageller Jésus, il le livra pour être crucifié.
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Debout devant Pilate, Jésus ne se justifie pas. Cela ne surprend pas, car ce que les membres du sanhédrin ont rejeté, Pilate a encore plus de mal à le percevoir...  Lire la suite

Debout devant Pilate, Jésus ne se justifie pas. Cela ne surprend pas, car ce que les membres du sanhédrin ont rejeté, Pilate a encore plus de mal à le percevoir.

N’ayant trouvé aucune faute en Christ, Pilate n’amnistie pourtant pas Lui, mais Barabbas, que réclame le peuple. À vrai dire, Pilate n’a que faire des désirs de provinciaux conquis, mais la conjoncture exigea alors de les flatter. Jusqu’à présent, même beaucoup de chrétiens répètent le proverbe païen: «La voix du peuple est la voix de Dieu», oubliant ou ignorant cette autre sagesse populaire: «La voix du peuple a crucifié le Christ». Ce jour-là, Pilate, païen manifeste, et la foule juive qui semblait connaître l’Écriture s’unirent dans le refus du vrai Dieu au nom d’intérêts immédiats et fragiles.

L’Écriture ne dit rien du destin ultérieur de Barabbas libéré. Pourtant, il devint le premier des pécheurs que le Christ sauva en mourant à sa place. Barabbas reçut le salut non pour la vie éternelle, mais pour une vie terrestre temporaire, et nous ne savons pas s’il profita de cette chance en vue du salut complet. Mais après Barabbas, cette chance est désormais donnée à chacun de nous par le sacrifice de Jésus. La manière dont nous l’utiliserons dépend de nous.

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Pour Mc 15:1-15
Et aussitôt, le matin, les grands prêtres préparèrent un conseil avec les anciens, les scribes, et tout le Sanhédrin ; puis, après avoir ligoté Jésus, ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate.
Pilate l’interrogea : « Tu es le roi des Juifs ? » Jésus lui répond : « Tu le dis. »
Et les grands prêtres multipliaient contre lui les accusations.
Et Pilate de l’interroger à nouveau : « Tu ne réponds rien ? Vois tout ce dont ils t’accusent ! »
Mais Jésus ne répondit plus rien, si bien que Pilate était étonné.
À chaque Fête, il leur relâchait un prisonnier, celui qu’ils demandaient.
Or, il y avait en prison le nommé Barabbas, arrêté avec les émeutiers qui avaient commis un meurtre dans la sédition.
La foule, étant montée, se mit à demander la grâce accoutumée.
Pilate leur répondit : « Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? »
10 Il se rendait bien compte que c’était par jalousie que les grands prêtres l’avaient livré.
11 Cependant, les grands prêtres excitèrent la foule à demander qu’il leur relâchât plutôt Barabbas.
12 Pilate, prenant de nouveau la parole, leur disait : « Que ferai-je donc de celui que vous appelez le roi des Juifs ? »
13 Mais eux crièrent de nouveau : « Crucifie-le ! »
14 Et Pilate de leur dire : « Qu’a-t-il donc fait de mal ? » Mais ils n’en crièrent que plus fort : « Crucifie-le ! »
15 Pilate alors, voulant contenter la foule, leur relâcha Barabbas et, après avoir fait flageller Jésus, il le livra pour être crucifié.
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La grande politique ne remarque pas le petit homme: il en a toujours été ainsi, et cela est connu depuis longtemps. Dans le monde déchu, le chemin du Messie ne pouvait être que le chemin du petit homme. Cela se comprend: il disait lui-même...  Lire la suite

La grande politique ne remarque pas le petit homme: il en a toujours été ainsi, et cela est connu depuis longtemps. Dans le monde déchu, le chemin du Messie ne pouvait être que le chemin du petit homme. Cela se comprend: il disait lui-même que son Royaume «n'est pas de ce monde». Et s'il en est ainsi, pour le monde déchu il n'est personne, et son Royaume n'est rien. On le traite donc en conséquence: non comme un grand personne, mais comme un personne tout à fait ordinaire. Comme on aurait traité n'importe quel petit homme en ce temps-là et en ce lieu.

Et ailleurs aussi: dans la forme, peut-être autrement, mais dans le fond de la même façon. L'arrestation de Jésus, la sentence du Sanhédrin, la confirmation de la sentence par Pilate comme représentant de Rome, l'exécution honteuse elle-même: tout cela était ordinaire, typique; cela pouvait arriver en Judée à n'importe qui en ces temps-là dans des circonstances semblables. Pilate n'a personnellement rien contre Jésus; celui-ci lui est même, par quelque côté, sympathique. Mais pour un haut fonctionnaire, il y a bien sûr des choses plus importantes que les sympathies et antipathies personnelles.

Il comprend que Jésus n'est coupable de rien; mais quelle importance cela a-t-il lorsqu'il s'agit des intérêts... sinon de Rome, du moins de sa propre carrière, celle de Ponce Pilate? Se brouiller avec l'élite du Temple, aller contre la foule excitée par elle? Pour quelle raison? Au nom de la justice? Pilate, à ce qu'il paraît, était sceptique et cynique, comme la plupart de la haute société romaine à cette époque. À la justice suprême, il ne croyait manifestement pas plus qu'il ne croyait à la vérité: l'une et l'autre étaient pour lui relatives.

Il aurait pu, si cela avait été sans danger, briller d'une noblesse et d'une fermeté de principes ostentatoires; peut-être savait-il même être bon et généreux tant que l'une et l'autre ne le chargeaient pas trop et ne le menaçaient en rien. Ici pourtant il y avait une menace: le grand prêtre et son entourage pouvaient avoir leurs relations à Rome, et qui sait comment on y regarderait un procurateur favorisant de dangereux prédicateurs... Mieux valait se couvrir, et le sort d'un quelconque maître errant, qui s'en soucie? Ainsi passe le chemin vers la croix: par la haine des uns et l'indifférence des autres.

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Pour Mc 14:32-52
32 Ils parviennent à un domaine du nom de Gethsémani, et il dit à ses disciples : « Restez ici tandis que je prierai. »
33 Puis il prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il commença à ressentir effroi et angoisse.
34 Et il leur dit : « Mon âme est triste à en mourir ; demeurez ici et veillez. »
35 Étant allé un peu plus loin, il tombait à terre, et il priait pour que, s’il était possible, cette heure passât loin de lui.
36 Et il disait : « Abba (Père) ! tout t’est possible : éloigne de moi cette coupe ; pourtant, pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! »
37 Il vient et les trouve en train de dormir ; et il dit à Pierre : « Simon, tu dors ? Tu n’as pas eu la force de veiller une heure ?
38 Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l’esprit est ardent, mais la chair est faible. »
39 Puis il s’en alla de nouveau et pria, en disant les mêmes paroles.
40 De nouveau il vint et les trouva endormis, car leurs yeux étaient alourdis ; et ils ne savaient que lui répondre.
41 Une troisième fois il vient et leur dit : « Désormais vous pouvez dormir et vous reposer. C’en est fait. L’heure est venue : voici que le Fils de l’homme va être livré aux mains des pécheurs.
42 Levez-vous ! Allons ! Voici que celui qui me livre est tout proche. »
43 Et aussitôt, comme il parlait encore, survient Judas, l’un des Douze, et avec lui une bande armée de glaives et de bâtons, venant de la part des grands prêtres, des scribes et des anciens.
44 Or, le traître leur avait donné ce signe convenu : « Celui à qui je donnerai un baiser, c’est lui ; arrêtez-le et emmenez-le sous bonne garde. »
45 Et aussitôt arrivé, il s’approcha de lui en disant : « Rabbi », et il lui donna un baiser.
46 Les autres mirent la main sur lui et l’arrêtèrent.
47 Alors l’un des assistants, dégainant son glaive, frappa le serviteur du Grand Prêtre et lui enleva l’oreille.
48 S’adressant à eux, Jésus leur dit : « Suis-je un brigand, que vous vous soyez mis en campagne avec des glaives et des bâtons pour me saisir !
49 Chaque jour j’étais auprès de vous dans le Temple, à enseigner, et vous ne m’avez pas arrêté. Mais c’est pour que les Écritures s’accomplissent. »
50 Et, l’abandonnant, ils prirent tous la fuite.
51 Un jeune homme le suivait, n’ayant pour tout vêtement qu’un drap, et on le saisit ;
52 mais lui, lâchant le drap, s’enfuit tout nu.
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Le passage d'aujourd'hui est consacré à ce à quoi il ne nous est d'ordinaire pas du tout joyeux de penser et qu'il n'est nullement agréable de rappeler...  Lire la suite

Le passage d'aujourd'hui est consacré à ce à quoi il ne nous est d'ordinaire pas du tout joyeux de penser et qu'il n'est nullement agréable de rappeler: la faiblesse humaine. Car la prière de Jésus à Gethsémani a révélé non seulement les souffrances de l'âme de Jésus lui-même, mais aussi la faiblesse de ses disciples, qui se sont trouvés tout à fait incapables de le soutenir (v. 33-41). Il est remarquable qu'à la fin ils se soient tous dispersés (v. 50-52), alors que tout récemment encore ils exprimaient unanimement leur disposition à mourir avec leur Maître (v. 27-31).

Bien sûr, le plus simple serait d'expliquer tout cela par l'emportement et peut-être par un maximalisme juvénile, qui trahit souvent celui qui en est possédé au moment le plus inopportun. Mais parmi les apôtres il y avait des hommes d'âges et de tempéraments divers, et beaucoup d'entre eux n'étaient déjà plus des garçons. De toute évidence, la résolution exprimée par les apôtres de suivre Jésus, si nécessaire jusqu'à la mort, n'était pas le fruit des seules émotions. Et pourtant, au moment où le Maître avait tant besoin de soutien, les disciples, même les plus proches, n'ont pas tenu et se sont endormis.

Mais à quoi n'ont-ils pas résisté? À la tension de l'attente? À une nuit sans sommeil? Sans doute aussi à cela. Mais il y avait autre chose: ici, au jardin de Gethsémani, ils ont vu pour la première fois leur Maître ainsi: souffrant, épuisé par l'angoisse, suppliant le Père d'avoir pitié, demandant que la coupe préparée pour lui s'éloigne de lui d'une manière ou d'une autre, par quelque miracle invraisemblable. Ils avaient toujours et partout vu le Maître fort; et soudain, de façon tout à fait inattendue, ils le virent faible. Ils étaient habitués à toujours espérer en lui, à s'appuyer sur lui dans toutes les vicissitudes qui leur étaient arrivées jusque-là; et voilà que maintenant le Maître lui-même leur demande de l'aide et cherche auprès d'eux un appui.

À cela les apôtres n'étaient manifestement pas préparés. Ils étaient certes prêts à mourir près de lui, mais ils pensaient sans doute que ce serait une mort héroïque dans la lutte pour le triomphe de ce Royaume dont le Maître avait tant et si souvent parlé, et non une perte absurde dans une guerre qui n'avait même pas encore commencé. Il n'est pas étonnant que la seule réaction de l'un des disciples à l'apparition de ceux qui venaient arrêter Jésus ait été un coup d'épée (v. 47): s'il faut périr, que ce soit tout de même au combat. Et lorsqu'il s'avéra qu'il n'y aurait pas de combat, tous se dispersèrent aussitôt, ne voyant plus de sens à rester là, sur le lieu de ce qui leur semblait alors une catastrophe totale et définitive.

Et c'est maintenant, lorsque les apôtres se dispersent, que devient compréhensible la raison pour laquelle aucun des trois n'a pu tenir sans s'endormir pendant la prière du Maître: ils ont évidemment compris, pas moins que Jésus lui-même, que ce qui les attendait n'était pas du tout ce qu'ils avaient attendu. C'était impossible à supporter, et, comme il arrive souvent en de telles minutes, leur conscience s'est simplement éteinte, incapable de soutenir la tension. Les apôtres ont peut-être même fui d'une manière tout à fait inattendue pour eux-mêmes, comme cela arrive parfois à un homme en état de choc, lorsqu'il ne sait tout simplement pas comment réagir à une situation survenue de façon absolument inattendue.

Et nous avons ici devant nous un exemple très instructif, qui révèle la cause principale de toute faiblesse humaine: l'absence de préparation spirituelle à accepter la situation telle qu'elle est. En règle générale, nous sommes prêts à ce que nous attendons, et tout à fait démunis devant l'inattendu. Or la disponibilité à l'inattendu suppose précisément une préparation spirituelle, et non seulement psychologique. À ce que nous attendons, nous nous préparons d'avance: nous élaborons des modèles de conduite possibles, nous préparons des réponses aux questions possibles. Parfois cela fonctionne, mais il importe de se souvenir que notre psychisme est une partie de la nature au même titre que notre corps. Et notre «moi» spirituel, le centre véritable de notre personnalité, ce que la Bible appelle le coeur, se manifeste lorsque toutes les préparations domestiques, tous les plans et toutes les attentes se révèlent inconsistants et inutiles.

Et c'est ici que commence pour nous l'essentiel: car ce n'est que lorsque la décision est prise par notre «moi» spirituel qu'elle peut être juste dans n'importe quelle situation, même la plus inattendue. Alors deviennent impossibles les situations de trahison «accidentelle» et de perfidie irréfléchie, «automatique».

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Pour Mc 14:32-52
32 Ils parviennent à un domaine du nom de Gethsémani, et il dit à ses disciples : « Restez ici tandis que je prierai. »
33 Puis il prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il commença à ressentir effroi et angoisse.
34 Et il leur dit : « Mon âme est triste à en mourir ; demeurez ici et veillez. »
35 Étant allé un peu plus loin, il tombait à terre, et il priait pour que, s’il était possible, cette heure passât loin de lui.
36 Et il disait : « Abba (Père) ! tout t’est possible : éloigne de moi cette coupe ; pourtant, pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! »
37 Il vient et les trouve en train de dormir ; et il dit à Pierre : « Simon, tu dors ? Tu n’as pas eu la force de veiller une heure ?
38 Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l’esprit est ardent, mais la chair est faible. »
39 Puis il s’en alla de nouveau et pria, en disant les mêmes paroles.
40 De nouveau il vint et les trouva endormis, car leurs yeux étaient alourdis ; et ils ne savaient que lui répondre.
41 Une troisième fois il vient et leur dit : « Désormais vous pouvez dormir et vous reposer. C’en est fait. L’heure est venue : voici que le Fils de l’homme va être livré aux mains des pécheurs.
42 Levez-vous ! Allons ! Voici que celui qui me livre est tout proche. »
43 Et aussitôt, comme il parlait encore, survient Judas, l’un des Douze, et avec lui une bande armée de glaives et de bâtons, venant de la part des grands prêtres, des scribes et des anciens.
44 Or, le traître leur avait donné ce signe convenu : « Celui à qui je donnerai un baiser, c’est lui ; arrêtez-le et emmenez-le sous bonne garde. »
45 Et aussitôt arrivé, il s’approcha de lui en disant : « Rabbi », et il lui donna un baiser.
46 Les autres mirent la main sur lui et l’arrêtèrent.
47 Alors l’un des assistants, dégainant son glaive, frappa le serviteur du Grand Prêtre et lui enleva l’oreille.
48 S’adressant à eux, Jésus leur dit : « Suis-je un brigand, que vous vous soyez mis en campagne avec des glaives et des bâtons pour me saisir !
49 Chaque jour j’étais auprès de vous dans le Temple, à enseigner, et vous ne m’avez pas arrêté. Mais c’est pour que les Écritures s’accomplissent. »
50 Et, l’abandonnant, ils prirent tous la fuite.
51 Un jeune homme le suivait, n’ayant pour tout vêtement qu’un drap, et on le saisit ;
52 mais lui, lâchant le drap, s’enfuit tout nu.
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Après le repas pascal, Jésus se rendit avec Ses disciples au village de Gethsémani. Là, Il demanda aux disciples d’attendre pendant...  Lire la suite

Après le repas pascal, Jésus se rendit avec Ses disciples au village de Gethsémani. Là, Il demanda aux disciples d’attendre pendant qu’Il priait. Jésus se retirait souvent pour prier, mais cette fois, pour Le soutenir, Il prit avec Lui Ses disciples les plus proches : Pierre, Jacques et Jean. Sur la montagne de la Transfiguration, ils avaient été témoins de la gloire divine du Maître (Mc 9:3-8). Cette fois leur est pleinement révélée la nature humaine du Sauveur ; pour la première fois, le Maître leur apparaît comme ayant besoin d’un soutien humain ordinaire. Mais ils furent incapables de le Lui donner : la somnolence les enchaîna.

Jésus savait ce qui L’attendait. Son heure approchait, et tout ce qui était humain se révolta. Tombé à genoux, Il pria pour que, si possible, cette heure s’éloigne de Lui. Le poids du combat vécu par le Sauveur entre les sentiments humains et la volonté divine restera pour toujours un mystère. « Cependant, non pas ce que Je veux, mais ce que Tu veux », put dire Jésus. Revenant vers les trois disciples, Il les trouve endormis et dit : « Veillez et priez, afin de ne pas entrer en tentation : l’esprit est ardent, mais la chair est faible ». S’éloignant des disciples, Il pria de nouveau, prononçant les mêmes paroles, jusqu’à ce que l’amour du Père Le fortifie.

Ensuite, l’Évangile raconte comment l’un des Douze trahit le Maître par un baiser, comment, en disant « mais que les Écritures s’accomplissent », Jésus Se livra aux mains des soldats venus L’arrêter, et comment tous les disciples s’enfuirent dans une confusion totale. Mais d’une manière particulière nous parviennent les paroles du Christ, dites aussi pour nous : « Veillez et priez, l’esprit est ardent, mais la chair est faible ». Ce n’est qu’en veillant et en priant que nous pourrons, en surmontant toutes nos peurs devant l’avenir et devant l’incompréhensible, dire avec le Christ à notre Père céleste : « Cependant, non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux ».

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