RÉFLEXIONS. Lectures orthodoxes.

RÉFLEXIONS pour Mc 14:43-15:1

Dans notre méditation sur la lecture évangélique d'aujourd'hui, concentrons-nous sur le reniement de Pierre. Essayons de vivre cet événement avec Pierre. Ne nous hâtons pas de dire qu'il ne nous serait même pas venu à l'esprit de renier le Christ, car nous l'aimons plus que tout au monde. En parlant ainsi, nous montrons que nous ne savons pas ce qu'est l'amour. Il semble que, si quelqu'un veut comprendre les paroles de la première épître de Jean (1 Jn 4,8), selon lesquelles Dieu est amour, il lui faut d'abord réfléchir à ce que Pierre a ressenti et vécu aux minutes du reniement et durant les trois jours qui ont suivi. Pourquoi en est-il ainsi ?

Qu'y a-t-il de plus terrible pour nous lorsque nous aimons ? Le plus terrible, c'est que la personne aimée meure. Et lorsqu'elle meurt, littéralement aussitôt après que sa vie s'est éteinte, nous commençons à comprendre combien de choses nous n'avons pas faites pour elle, que nous aurions pu faire, mais qu'il est désormais impossible de faire, car elle n'est plus là. On ne peut plus aller vers elle, l'embrasser et implorer son pardon pour tout le mal qui a existé, et pour tout le bien qui n'a pas existé.

Qu'a vécu Pierre, qui ne sait pas encore la Résurrection ? Une douleur sauvage du repentir et l'impossibilité de demander pardon. Et, si l'on y pense, son reniement n'est guère meilleur que la trahison de Judas. Mais Judas ne supporte pas le sentiment de culpabilité, tandis que Pierre le supporte. Quelle est la différence ? Peut-être qu'en comprenant cette différence, nous comprendrons ce qu'est l'amour.