31 Et il commença de leur enseigner : " Le Fils de l'homme doit beaucoup souffrir, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, après trois jours, ressusciter ; |
32 et c'est ouvertement qu'il disait ces choses. Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner. |
Pierre aimait beaucoup Jésus. Mais cet amour ne devint parfait qu'après la Croix. Avant cela, il était naïf comme un enfant, égoïste et faible. Nous pensons trop souvent que nous aimons, alors qu'en pratique il s'agit de la satisfaction de nos propres besoins. Regardez les funérailles. Les gens pleurent, mais s'ils croyaient vraiment, ils éprouveraient une tristesse lumineuse. Il pourrait y avoir des larmes, mais il n'y aurait pas d'angoisse en elles. L'angoisse concerne toujours soi-même. Nous ne voulons pas que l'être aimé meure. Nous en avons peur. Presque tout le monde vous dira qu'il n'y a rien de plus effrayant pour nous ; même notre propre mort ne nous effraie pas autant que la mort d'un proche.
Et à cette chose précisément, la plus effrayante du monde, le Seigneur dit par la bouche de l'apôtre : « il n'y a pas de crainte dans l'amour, mais l'amour parfait chasse la crainte » (1 Jn 4:18). Pierre a peur pour Jésus, il ne veut pas qu'il lui arrive quoi que ce soit, mais cette peur vient d'un manque de foi et, par conséquent, entrave les chemins providentiels du Seigneur.
Il est très difficile d'atteindre l'amour parfait. Pour Pierre, il fallut pour cela passer par l'épreuve de la Croix de la personne aimée, et c'est sans doute pourquoi les paroles sur Pierre dans la lecture d'aujourd'hui sont suivies des paroles sur la croix. Et plus précisément sur sa propre croix, car la croix de l'être aimé devient ta croix.
30 Alors il leur enjoignit de ne parler de lui à personne. |
31 Et il commença de leur enseigner : " Le Fils de l'homme doit beaucoup souffrir, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, après trois jours, ressusciter ; |
32 et c'est ouvertement qu'il disait ces choses. Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner. |
33 Mais lui, se retournant et voyant ses disciples, admonesta Pierre et dit : " Passe derrière moi, Satan ! car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! " |
34 Appelant à lui la foule en même temps que ses disciples, il leur dit : " Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. |
La lecture d’aujourd’hui nous donne l’occasion de réfléchir à l’essence de l’amour comme type le plus élevé de relation possible entre les hommes et entre l’homme et Dieu. Qu’est-ce qui est pour nous le plus terrible dans l’amour ? Que quelque chose arrive à l’être aimé, qu’il tombe malade ou qu’il meure : voilà ce qui est le plus terrible pour nous.
Mais n’est-ce pas parce que nous nous identifions simplement à l’être aimé au point d’avoir peur et mal pour nous-mêmes ? Nous-mêmes ne sommes pas prêts à accomplir l’exploit de porter toute la douleur de l’être aimé comme notre propre croix. Quand l’être aimé meurt, nous ne nous réjouissons pas de ce qu’enfin il a été libéré et qu’il est maintenant avec le Christ ; nous pleurons parce que la place qu’il occupait dans notre vie est désormais vide, et que nous n’avons pas appris le lien de la prière. Nous n’avons pas appris à discerner, dans nos relations, ce qui n’est pas soumis à la corruption.
D’un autre côté, sommes-nous toujours prêts, lorsque nous aimons quelqu’un, à lui dire s’il commet quelque chose de contraire aux commandements du Christ ? Nous craignons qu’il ne nous comprenne pas, qu’il se vexe, etc. ; autrement dit, nous plaçons souvent nos relations au-dessus de la vérité de Dieu. Or il n’y a rien au-dessus d’elle. Et si l’être aimé doit traverser une épreuve, il faut se tenir à côté de lui, en regardant cette épreuve en face. Mais nous, nous voulons fuir et l’emmener avec nous. Et cela nous paraît même noble : comme si nous sauvions quelqu’un. Nous ne sauvons personne ; nous incitons à la fuite.
Encore un point lié à la lecture d’aujourd’hui. Le débutant dans la foi peut être surpris de voir que dans la traduction synodale figurent les mots : « éloigne-toi de Moi, Satan », tandis que dans la traduction de l’évêque Cassien (Bezobrazov) il est écrit : « derrière Moi, Satan ». Cela devient un peu plus compréhensible si l’on regarde une traduction, par exemple en anglais. Là, dans différentes traductions, nouvelles et anciennes, on trouve la même expression : get behind me, c’est-à-dire tiens-toi derrière moi, si l’on traduit littéralement, ou ne te mets pas sur mon chemin, place-toi de telle sorte que je ne te voie pas. Nous soulignons spécialement ces trois traductions ; à partir d’elles, tout ce que nous avons essayé de vous dire aujourd’hui devient d’un coup très clair et très concret.
30 Alors il leur enjoignit de ne parler de lui à personne. |
31 Et il commença de leur enseigner : " Le Fils de l'homme doit beaucoup souffrir, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, après trois jours, ressusciter ; |
32 et c'est ouvertement qu'il disait ces choses. Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner. |
33 Mais lui, se retournant et voyant ses disciples, admonesta Pierre et dit : " Passe derrière moi, Satan ! car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! " |
34 Appelant à lui la foule en même temps que ses disciples, il leur dit : " Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. |
« Prends ta croix et suis-moi… » Cela rappelle une histoire d’enfance, ou plutôt de demi-enfance. Un homme se trouva dans une situation désespérée, soit à cause de tragédies et de désordres familiaux, soit à cause du manque d’argent, au point de manquer même du nécessaire. Alors il implora Dieu avec reproche, disant que sa croix était trop lourde. Et le Seigneur lui dit : bien, qu’il en soit selon toi ; je t’inviterai au Ciel, et tu choisiras toi-même la croix qui sera à ta mesure. Il fit ainsi. Voilà donc cet homme qui marche, et tout autour se dressent des croix différentes, comme dans nos cimetières : il y en a de petites en bois, d’autres en métal, et d’autres encore, énormes, de pierre, plus hautes qu’un homme. Il marche, il marche, puis il voit une croix qui lui plaît : c’est celle-là, dit-il, que je choisis. Et le Seigneur, souriant, lui dit : mais c’est précisément ta croix.
En réalité, il est dit ici quelque chose de simple, simple mais important. Nous nous plaignons souvent de notre vie ; mais qu’on nous oblige à porter la croix d’un autre, et nous crierons aussitôt. Parce que nous sommes faibles et infirmes. Seul le Seigneur a pu faire en sorte que toutes nos petites croix se fondent en une seule, Sa Croix, par la puissance de Sa toute-bonne majesté. C’est pourquoi : « et je répète : si je vais mal, mon Dieu a connu pire, et la Mère de Dieu a souffert davantage » (N. S. Goumilev)
Mais pourquoi faut-il donc souffrir, pourquoi devons-nous porter ces maudites croix ? Pourquoi ne pouvait-on pas s’en passer ? Cette question n’a pas de réponse. Mais n’est-ce pas une joie d’être avec le Seigneur, n’est-ce pas une joie de faire en sorte qu’Il soit au moins un peu soulagé ? N’est-ce pas vrai ? Si c’est ainsi, il nous faut seulement le voir, comprendre qu’en portant notre croix, nous participons à la souffrance de Dieu et l’allégeons. Comment le voir ? Simplement en priant, et alors tu verras. Prier en se présentant à Dieu non sous une forme quelconque, mais dans toute simplicité, en Le remerciant pour cette joie suprême au monde : être nécessaire à quelqu’un.
27 Jésus s'en alla avec ses disciples vers les villages de Césarée de Philippe, et en chemin il posait à ses disciples cette question : " Qui suis-je, au dire des gens ? " |
28 Ils lui dirent : " Jean le Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres, un des prophètes. " - |
29 " Mais pour vous, leur demandait-il, qui suis-je ? " Pierre lui répond : " Tu es le Christ. " |
30 Alors il leur enjoignit de ne parler de lui à personne. |
31 Et il commença de leur enseigner : " Le Fils de l'homme doit beaucoup souffrir, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, après trois jours, ressusciter ; |
32 et c'est ouvertement qu'il disait ces choses. Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner. |
33 Mais lui, se retournant et voyant ses disciples, admonesta Pierre et dit : " Passe derrière moi, Satan ! car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! " |
34 Appelant à lui la foule en même temps que ses disciples, il leur dit : " Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. |
35 Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi et de l'Évangile la sauvera. |
Jésus demande deux fois pour qui on Le tient. Apparemment, la première fois, Il s'adresse à ceux qui sont simplement venus L'écouter, et la seconde à Ses disciples les plus proches. S'appuyant sur tout ce qu'il a déjà entendu du Maître, Pierre répond : « Tu es le Christ. » Mais dès que le Seigneur explique à l'apôtre ce qui L'attend en tant que Sauveur du monde, Pierre commence à protester et à s'indigner. Sa conception du Messie s'est formée et fixée depuis longtemps. Il n'est plus très jeune et n'a nullement l'intention de changer sa façon de penser. Pourtant, c'est précisément ce que le Seigneur exige de lui lorsqu'Il dit : « Si quelqu'un veut venir à Ma suite, qu'il renonce à lui-même et prenne sa croix. » Il ne promet pas de nous délivrer des souffrances ; au contraire, Il insiste sur la nécessité de les accepter. Il nous arrive souvent de venir à Dieu avec nos propres idées déjà formées et d'attendre de Lui quelque chose d'« humain », tandis que Lui-même veut pour nous « ce qui est de Dieu ».
27 Jésus s'en alla avec ses disciples vers les villages de Césarée de Philippe, et en chemin il posait à ses disciples cette question : " Qui suis-je, au dire des gens ? " |
28 Ils lui dirent : " Jean le Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres, un des prophètes. " - |
29 " Mais pour vous, leur demandait-il, qui suis-je ? " Pierre lui répond : " Tu es le Christ. " |
30 Alors il leur enjoignit de ne parler de lui à personne. |
31 Et il commença de leur enseigner : " Le Fils de l'homme doit beaucoup souffrir, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, après trois jours, ressusciter ; |
32 et c'est ouvertement qu'il disait ces choses. Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner. |
33 Mais lui, se retournant et voyant ses disciples, admonesta Pierre et dit : " Passe derrière moi, Satan ! car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! " |
L’évangéliste Marc, dans le récit de la confession de Pierre, nous révèle aujourd’hui ce que signifie être chrétien. Trois points sont importants dans le récit extrêmement bref de l’évangéliste. Le Seigneur demande: «pour qui me prenez-vous». C’est une question adressée pour toujours à chacun de ceux qui veulent être Son disciple. Pierre répond au nom de tous: «Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant» (Marc, par souci de brièveté, omet les derniers mots). Le disciple du Christ, le chrétien, croit donc que ce Jésus de Nazareth n’est pas simplement un prophète (le Coran le reconnaît aussi), ni simplement un maître de justice (cela, sans doute, tous le reconnaissent). Il est le Messie d’Israël, le Fils du Dieu vivant, le Dieu-homme Jésus-Christ. Et ce dialogue est couronné par la réponse du Christ, la révélation de Sa mort et de Sa résurrection. C’est précisément sur la Croix et dans la Résurrection que s’accomplit le salut des hommes; être disciple du Christ signifie non seulement accomplir Ses commandements, mais adorer Sa Croix et Sa Résurrection.
En confessant Jésus comme Fils de Dieu, comme Christ, nous ne pouvons pas, en ce jour, ne pas nous incliner avec gratitude devant la Vierge grâce à qui Son incarnation s’est accomplie. La foi de la Vierge toute pure, Son amour pour Dieu et Sa compassion pour nous, toute Sa vie, chaque regard et Son nom même sont la joie des disciples de Jésus, parce qu’Elle a obéi à Dieu et L’a enfanté.
27 Jésus s'en alla avec ses disciples vers les villages de Césarée de Philippe, et en chemin il posait à ses disciples cette question : " Qui suis-je, au dire des gens ? " |
28 Ils lui dirent : " Jean le Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres, un des prophètes. " - |
29 " Mais pour vous, leur demandait-il, qui suis-je ? " Pierre lui répond : " Tu es le Christ. " |
30 Alors il leur enjoignit de ne parler de lui à personne. |
31 Et il commença de leur enseigner : " Le Fils de l'homme doit beaucoup souffrir, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, après trois jours, ressusciter ; |
La confession de Pierre. Que signifie-t-elle pour nous maintenant, alors que nous nous tenons au pied de la Croix et que Pâques est encore si loin ? Pâques est loin, et la Croix est toujours devant les yeux ; combien il nous est nécessaire, en ce moment, d'entendre : « Tu es le Christ ». Parce que nous sommes fatigués, parce que nous sommes faibles, parce qu'en ce moment le jeûne nous paraît infiniment long et la joie promise si peu méritée. Mais cette confession de Pierre, qui nous est si généreusement donnée aujourd'hui, nous soutient et nous affermit, et, prononcée en un temps si difficile, elle nous oblige à nous souvenir d'une autre confession. De la confession de Marie.
Comme il fut difficile pour Marie de vivre la Bonne Nouvelle, comme il Lui fut lourd de porter ce fardeau, et Elle alla chez Élisabeth. Non pour partager ce fardeau avec elle. Non, car c'était Son fardeau à Elle seule. Elle accomplit ce chemin parce qu'Elle avait simplement grand besoin de voir une personne proche. Pour que quelqu'un de cher soit simplement auprès d'Elle. Et voici que nous est donnée cette autre confession de foi. « Et Marie dit : Mon âme magnifie le Seigneur » (Lc 1:46). Le jeûne a passé son milieu, le temps le plus difficile ; nous avons déjà eu le temps de nous fatiguer, et Pâques est encore si loin ; et voici que nous sont données deux merveilleuses confessions de foi en Jésus. « Vierge sans époux et Mère très pure, ayant reçu de l'Archange l'Annonciation, tu es montée en hâte vers les montagnes, et ayant embrassé ta parente, la très honorable Élisabeth, tu fus appelée par elle Mère du Seigneur, et tu as magnifié le Seigneur qui t'a magnifiée : Tu es bénie entre les femmes, et béni est le Fruit de ton sein » (tropaire du jour de la louange de la Très Sainte Mère de Dieu, c'est-à-dire aujourd'hui). Magnifions nous aussi le Seigneur, et, bien que Pâques soit encore loin, elle viendra : chacun sera magnifié.
27 Jésus s'en alla avec ses disciples vers les villages de Césarée de Philippe, et en chemin il posait à ses disciples cette question : " Qui suis-je, au dire des gens ? " |
28 Ils lui dirent : " Jean le Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres, un des prophètes. " - |
29 " Mais pour vous, leur demandait-il, qui suis-je ? " Pierre lui répond : " Tu es le Christ. " |
30 Alors il leur enjoignit de ne parler de lui à personne. |
31 Et il commença de leur enseigner : " Le Fils de l'homme doit beaucoup souffrir, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, après trois jours, ressusciter ; |
32 et c'est ouvertement qu'il disait ces choses. Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner. |
33 Mais lui, se retournant et voyant ses disciples, admonesta Pierre et dit : " Passe derrière moi, Satan ! car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! " |
34 Appelant à lui la foule en même temps que ses disciples, il leur dit : " Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. |
35 Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi et de l'Évangile la sauvera. |
36 Que sert donc à l'homme de gagner le monde entier, s'il ruine sa propre vie? |
37 Et que peut donner l'homme en échange de sa propre vie? |
38 Car celui qui aura rougi de moi et de mes paroles dans cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l'homme aussi rougira de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges. " |
1 Et il leur disait : " En vérité je vous le dis, il en est d'ici présents qui ne goûteront pas la mort avant d'avoir vu le Royaume de Dieu venu avec puissance. " |
Les représentations messianiques des temps évangéliques supposaient que le Messie devait prendre la tête du mouvement de Ses partisans, qui s’achèverait par Sa victoire complète sur tous Ses ennemis et par la restauration d’un État juif indépendant, lequel devait devenir le fondement du Royaume messianique.
On supposait que Dieu interviendrait et soutiendrait Son Élu si quelque chose tournait mal. Bien sûr, il s’agissait d’une guerre tout à fait réelle, physique, au cours de laquelle le Messie courait aussi le danger très réel de périr, mais on supposait que Dieu ne le permettrait pas. Certes, le Messie pouvait souffrir d’une manière ou d’une autre pendant la guerre messianique, mais Il ne pouvait pas périr : alors Sa mission serait restée inaccomplie. Les disciples de Jésus partageaient eux aussi ces représentations, car ils étaient des hommes de leur temps.
Ce n’est pas par hasard qu’en réponse aux paroles du Sauveur sur Sa mort, Pierre commence à discuter avec Lui : il était convaincu que la mort du Maître signifiait la fin, l’échec, l’effondrement non seulement de leurs propres attentes, mais aussi du plan de Dieu, ce qui était absolument impossible. Jésus venait justement de confirmer Lui-même qu’Il était le Messie; donc Il ne pouvait pas périr, cela ne pouvait tout simplement pas arriver. Or Il parle de Sa perte comme de quelque chose non seulement de possible, mais de directement inévitable.
Comment comprendre tout cela et le mettre en relation? Jésus, bien sûr, sait parfaitement que toutes ces vérités sur Sa mort et Sa résurrection, qui nous paraissent aujourd’hui aller de soi, ne rentrent en réalité absolument pas dans la conscience de l’homme déchu; et elles ne nous paraissent aller de soi aujourd’hui qu’en raison de leur reconnaissance générale et donc de l’habitude. C’est pourquoi Il commence à parler de ce qu’est la vraie vie et de ce qu’elle est. Sans comprendre ces choses fondamentales, sans en prendre conscience, parler de mort et de résurrection, non seulement du Messie mais de tout homme en général, devient tout à fait dépourvu de sens.
Jésus rappelle à Ses disciples que la vie (« l’âme ») n’est pas l’appartenance d’un individu, ni sa propriété. La vie est donnée à l’homme par Dieu comme ce courant dans lequel l’homme est plongé et où il demeure, tandis que ce courant demeure en même temps mystérieusement dans l’homme. Le corps n’est que l’enveloppe extérieure et passagère du courant de la vie; mais à l’homme déchu il semble que c’est lui qui conserve la vie dans son propre corps comme dans un vase, et que, si le vase se brise, la vie disparaîtra, se répandra et s’en ira comme l’eau dans le sable.
En réalité, la mort et la destruction du corps ne sont qu’une transformation, si du moins l’homme ne tente pas réellement de retenir le courant de la vie, de l’arrêter et de le boucher à l’intérieur de son propre corps physique. Dans ce cas, en voulant sauver sa vie (« son âme »), l’homme perd vraiment tout. Mais s’il renonce à de telles tentatives, il peut acquérir la vie du Royaume dans toute la plénitude qui lui est accessible, comme ce fleuve inépuisable d’eau vive dont parlaient les prophètes.
27 Jésus s'en alla avec ses disciples vers les villages de Césarée de Philippe, et en chemin il posait à ses disciples cette question : " Qui suis-je, au dire des gens ? " |
28 Ils lui dirent : " Jean le Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres, un des prophètes. " - |
29 " Mais pour vous, leur demandait-il, qui suis-je ? " Pierre lui répond : " Tu es le Christ. " |
30 Alors il leur enjoignit de ne parler de lui à personne. |
31 Et il commença de leur enseigner : " Le Fils de l'homme doit beaucoup souffrir, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, après trois jours, ressusciter ; |
32 et c'est ouvertement qu'il disait ces choses. Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner. |
33 Mais lui, se retournant et voyant ses disciples, admonesta Pierre et dit : " Passe derrière moi, Satan ! car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! " |
34 Appelant à lui la foule en même temps que ses disciples, il leur dit : " Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. |
35 Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi et de l'Évangile la sauvera. |
36 Que sert donc à l'homme de gagner le monde entier, s'il ruine sa propre vie? |
37 Et que peut donner l'homme en échange de sa propre vie? |
38 Car celui qui aura rougi de moi et de mes paroles dans cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l'homme aussi rougira de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges. " |
1 Et il leur disait : " En vérité je vous le dis, il en est d'ici présents qui ne goûteront pas la mort avant d'avoir vu le Royaume de Dieu venu avec puissance. " |
La confession de Pierre est un moment très important dans tout l'Évangile, car on y voit une manifestation étonnante du Saint-Esprit, qui descend sur un homme et parle par sa bouche. Mais malgré toute l'inspiration divine de cette scène, elle est en même temps étonnamment humaine, étonnamment vivante. Elle ressemble à un élan du cœur. Et pourtant ce ne pouvait pas être seulement un élan du cœur, car ce sont les paroles sur lesquelles l'Église est édifiée. C'est une Révélation.
Dans la culture biblique, nous sommes habitués à des révélations d'un tout autre genre, complexes, pleines de symboles. Et pourtant les paroles brèves et simples de la confession de Pierre sont aussi une révélation, une sorte d'apocalypse, car dans les mots: Tu es le Christ, il y a la reconnaissance que ce qui se passe autour est la fin, l'accomplissement des temps. Car le voici, lui, le commencement et la fin, l'Alpha et l'Oméga.
La signification particulière de ce texte se voit aussi au fait que ces paroles, devenues prière, retentissent au moment le plus tremblant de la Liturgie. «Quand, à la fin de la Liturgie, le prêtre sort des portes royales avec le saint Calice, nous tous ensemble, les clercs et les laïcs participant à l'office, lisons la prière composée au IVe siècle par Jean Chrysostome: «Je crois, Seigneur, et je confesse que tu es en vérité le Christ, le Fils du Dieu vivant, venu dans le monde pour sauver les pécheurs, dont je suis le premier...»», comme l'écrit le prêtre Gueorgui Tchistiakov dans son livre «Au-dessus des lignes du Nouveau Testament».
27 Jésus s'en alla avec ses disciples vers les villages de Césarée de Philippe, et en chemin il posait à ses disciples cette question : " Qui suis-je, au dire des gens ? " |
28 Ils lui dirent : " Jean le Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres, un des prophètes. " - |
29 " Mais pour vous, leur demandait-il, qui suis-je ? " Pierre lui répond : " Tu es le Christ. " |
30 Alors il leur enjoignit de ne parler de lui à personne. |
31 Et il commença de leur enseigner : " Le Fils de l'homme doit beaucoup souffrir, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, après trois jours, ressusciter ; |
32 et c'est ouvertement qu'il disait ces choses. Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner. |
33 Mais lui, se retournant et voyant ses disciples, admonesta Pierre et dit : " Passe derrière moi, Satan ! car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! " |
34 Appelant à lui la foule en même temps que ses disciples, il leur dit : " Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. |
35 Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi et de l'Évangile la sauvera. |
36 Que sert donc à l'homme de gagner le monde entier, s'il ruine sa propre vie? |
37 Et que peut donner l'homme en échange de sa propre vie? |
38 Car celui qui aura rougi de moi et de mes paroles dans cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l'homme aussi rougira de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges. " |
1 Et il leur disait : " En vérité je vous le dis, il en est d'ici présents qui ne goûteront pas la mort avant d'avoir vu le Royaume de Dieu venu avec puissance. " |
Si nous sommes liés au Christ par la foi et l’amour — et tous Ses disciples y sont appelés — alors la question: «Pour qui me tenez-vous?», en un certain sens, signifie: «Pour qui vous tenez-vous vous-mêmes?». Car tel est Jésus, tels doivent être aussi Ses disciples; les chrétiens — viennent du mot «Christ». Et c’est ici — notre divergence la plus triste entre la théorie et la pratique. Nous croyons qu’Il s’est incarné et est devenu Homme pour nous, mais nous-mêmes ne pouvons ni ne voulons devenir plus proches de ceux que nous appelons nos «prochains». Nous disons qu’Il est mort sur la croix pour les péchés de l’humanité, mais nous-mêmes «ne voulons pas remuer le petit doigt» pour des buts beaucoup plus modestes. Nous enseignons qu’Il est ressuscité, mais nous continuons à vivre d’une vie ancienne, non illuminée, non ressuscitée. Eh bien, pour un tel christianisme, on peut tout à fait mériter le nom de «renégat», de «satan».À l’exemple des apôtres, il est temps pour nous (qui, pour la plupart, pensons avoir la foi la plus juste) de commencer à mettre notre vie en accord avec notre foi.
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