1 Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, sur les habitants du sombre pays, une lumière a resplendi. |
À nous qui savons comment s'est accomplie la prophétie de la grande lumière manifestée en Galilée, il est difficile d'imaginer comment elle pouvait résonner aux jours d'Isaïe. Pourtant, il suffit de devenir pour un instant l'un de ses auditeurs pour éprouver de la perplexité. En effet, nous venions d'entendre des dénonciations de péchés païens, accompagnées de descriptions détaillées du châtiment qui les attendait, et soudain, de la même bouche, retentissent des paroles disant que précisément cette terre, si longtemps plongée dans les ténèbres païennes, le Seigneur entend la marquer glorieusement. Il devait être difficile aux auditeurs d'accepter aussi que la délivrance vienne d'un Enfant, car ils étaient habitués à se représenter les envoyés du Seigneur comme redoutables et puissants. Le bien qu'il apporte aux hommes, ils ne le comparaient pas par hasard à une victoire sur les ennemis, joyeuse, mais aussi difficile, acquise au prix du sang et des souffrances.
Mais voici que le prophète annonce que les temps des effusions de sang doivent prendre fin. Même les guerriers, contraints de verser le sang, seront lavés et purifiés de lui, ce qui signifie que les blessures infligées à l'humanité par une violence multiséculaire seront guéries. Mais elles ne seront pas guéries par une violence nouvelle, car la vraie force se manifeste très souvent justement dans ce qui, à un regard superficiel, paraît faible.
Et même les dures paroles prophétiques qui suivent celles sur l'Enfant, au sujet de la colère ardente du Seigneur qui embrase la terre, ne contredisent pas cela. Encore et encore, le prophète répète l'avertissement que les malheurs à venir seront la conséquence des propres transgressions du peuple. L'iniquité est comparée à un feu allumé par les impies eux-mêmes. La flamme, née de l'étincelle qu'ils ont fait jaillir, les consume eux-mêmes.
1 Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, sur les habitants du sombre pays, une lumière a resplendi. |
La lecture d'aujourd'hui comprend un hymne messianique (v. 1-7) qui lie le ministère terrestre du Messie à la Galilée, lieu sans rien de remarquable du point de vue religieux. Il n'y avait pas ici de grands centres religieux yahvistes semblables à ceux qui existaient plus au sud, en Samarie; et Jérusalem, avec son Temple, était, selon les mesures locales, assez loin. Mais tout cela n'empêcha pas la Galilée d'entendre la prédication du Messie-Christ, ne l'empêcha pas de devenir le lieu où passa l'enfance du Sauveur.
La grandeur extérieure et la tradition ancienne ne favorisent pas toujours l'œuvre de Dieu. Qui sait ce qu'aurait été l'enfance de Jésus s'il l'avait passée non dans la tranquille Nazareth, mais à Jérusalem? Le dessein de Dieu exige souvent silence et discrétion, surtout au début, lorsque sa réalisation ne fait que commencer. Les desseins humains, au contraire, supposent souvent dès le début le bruit, la renommée et cette grandeur terrestre que l'homme déchu aime tant (v. 8-10).
La lecture d'aujourd'hui n'oppose pas par hasard au royaume d'Israël la Galilée méprisée de tous. L'ironie de la situation était que la Galilée appartenait, même si ce n'était pas entièrement, à cet État, mais y était considérée comme une périphérie reculée, sans intérêt pour personne et sans rien de remarquable. Toutes les grandes villes, tous les centres politiques et religieux importants du pays se trouvaient plus au sud, en Samarie. La Galilée, elle, était une région frontalière, déjà partiellement peuplée de païens, et c'est pourquoi le prophète l'appelle « païenne » (v. 1). Mais les siècles passèrent, et du royaume d'Israël, dont les dirigeants étaient fiers de la grandeur de leur pays, au fond tout petit, il ne resta que des souvenirs. Et la ville la plus connue sur cette terre aujourd'hui n'est même pas Béthel, qui fut la capitale religieuse du Nord et l'un des plus anciens centres religieux yahvistes, mais Nazareth, qui n'existait pas encore à l'époque de la prospérité du Royaume du Nord et qui, par la suite, ne se distinguait nullement par sa renommée, jusqu'à ce qu'elle soit glorifiée par Celui dont Isaïe rendait témoignage.
1 Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, sur les habitants du sombre pays, une lumière a resplendi. |
La prophétie d'Isaïe au sujet du Fils-Messie ressemble au soleil qui surgit soudain derrière les nuages. Elle fut donnée à Israël comme consolation au moment où les ténèbres qui s'étaient abattues paraissaient impénétrables. Cette promesse témoigne une fois de plus que le Seigneur est fidèle à Sa parole et qu'Il ne laisse pas Son peuple sans sollicitude aux moments les plus difficiles de sa vie. Tous les noms qui dévoilent en partie l'essence du Messie et parlent de Sa sagesse, de Sa puissance, de Son éternité et de Sa paix disent que personne, dans ce monde, ne peut Lui résister. Tout ce qui est demandé au peuple, c'est la fidélité à l'Alliance.
Si le peuple, ou du moins une petite partie de celui-ci, le reste, se montre fidèle, alors le Seigneur Lui-même combattra les ennemis d'Israël, et peu importera désormais quelles forces s'opposeront à Lui. Le jour de Madian, où l'adversaire combattait contre lui-même, peut toujours se reproduire.
Mais sinon, si le peuple ne revient pas, si son cœur reste fier et hautain, tout se produira exactement à l'inverse : les ennemis extérieurs « dévoreront Israël à pleine bouche », et les luttes fratricides deviendront son fléau. Alors « nul n'épargnera son frère... chacun dévorera la chair de son propre bras : Manassé dévorera Éphraïm, et Éphraïm Manassé ; ensemble, ils se tourneront contre Juda ».
1 Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, sur les habitants du sombre pays, une lumière a resplendi. |
2 Tu as multiplié la nation, tu as fait croître sa joie ; ils se réjouissent devant toi comme on se réjouit à la moisson, comme on exulte au partage du butin. |
3 Car le joug qui pesait sur elle, la barre posée sur ses épaules, le bâton de son oppresseur, tu les as brisés comme au jour de Madiân. |
4 Car toute chaussure qui résonne sur le sol, tout manteau roulé dans le sang, seront mis à brûler, dévorés par le feu. |
5 Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné, il a reçu le pouvoir sur ses épaules et on lui a donné ce nom : Conseiller-merveilleux, Dieu-fort, Père-éternel, Prince-de-paix, |
6 pour que s’étende le pouvoir dans une paix sans fin sur le trône de David et sur son royaume, pour l’établir et pour l’affermir dans le droit et la justice. Dès maintenant et à jamais, l’amour jaloux de Yahvé Sabaot fera cela. |
7 Le Seigneur a jeté une parole en Jacob, elle est tombée en Israël. |
8 Tout le peuple l’a su, Éphraïm et l’habitant de Samarie qui disent dans l’orgueil de leur cœur altier : |
9 « Les briques sont tombées, nous construirons en pierre de taille, les sycomores ont été abattus, nous les remplacerons par des cèdres. » |
10 Mais Yahvé a soutenu contre ce peuple son adversaire Raçôn, il a excité ses ennemis, |
11 Aram à l’orient, les Philistins à l’occident : ils ont dévoré Israël à belles dents. Avec tout cela sa colère ne s’est pas détournée, sa main reste levée. |
12 Mais le peuple n’est pas revenu à celui qui le frappait, il n’a pas cherché Yahvé Sabaot. |
13 Aussi Yahvé a retranché d’Israël tête et queue, palme et jonc, en un jour. |
14 (L’ancien et le dignitaire, c’est la tête, le prophète qui enseigne le mensonge, c’est la queue.) |
15 Les guides de ce peuple l’ont égaré, et ceux qu’ils guident se sont fourvoyés. |
16 C’est pourquoi en ses jeunes gens le Seigneur ne trouvera plus sa joie, de ses orphelins et de ses veuves il n’aura plus pitié, car tous sont impies et malfaisants, toute bouche profère l’insanité. Avec tout cela sa colère ne s’est pas détournée, sa main reste levée. |
17 Oui, la méchanceté a brûlé comme le feu, elle dévore ronces et épines, elle a incendié les halliers de la forêt, ils se sont élevés en tourbillons de fumée. |
18 Par l’emportement de Yahvé Sabaot la terre a été brûlée et le peuple est comme la proie du feu. Nul n’a pitié de son frère, |
19 on a coupé à droite et on a eu faim, on a mangé à gauche et on n’a pas été rassasié. Chacun dévore la chair de son bras, |
20 Manassé dévore Éphraïm, et Éphraïm Manassé, ensemble ils s’attaquent à Juda. Avec tout cela sa colère ne s’est pas détournée, sa main reste levée. |
Dans cette prophétie, le reproche adressé à Israël et à Juda résonne par contraste : ils ne veulent pas se tourner vers Dieu même au moment des épreuves ; et, en même temps, vient l’annonce de l’élévation de la Galilée païenne, où cesseront les oppressions et les guerres, parce qu’y resplendira le Prince de la paix, de la paix comme état d’harmonie entre Dieu et les hommes. Il est paradoxal que la promesse du Fils survienne sur fond d’incrédulité et d’oubli de Dieu dans Son peuple. Mais, outre l’infidélité humaine et le péché, une autre force agit dans le monde : le zèle du Seigneur, Son amour ardent pour les hommes, qui ne recule devant rien.
1 Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, sur les habitants du sombre pays, une lumière a resplendi. |
2 Tu as multiplié la nation, tu as fait croître sa joie ; ils se réjouissent devant toi comme on se réjouit à la moisson, comme on exulte au partage du butin. |
3 Car le joug qui pesait sur elle, la barre posée sur ses épaules, le bâton de son oppresseur, tu les as brisés comme au jour de Madiân. |
4 Car toute chaussure qui résonne sur le sol, tout manteau roulé dans le sang, seront mis à brûler, dévorés par le feu. |
5 Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné, il a reçu le pouvoir sur ses épaules et on lui a donné ce nom : Conseiller-merveilleux, Dieu-fort, Père-éternel, Prince-de-paix, |
6 pour que s’étende le pouvoir dans une paix sans fin sur le trône de David et sur son royaume, pour l’établir et pour l’affermir dans le droit et la justice. Dès maintenant et à jamais, l’amour jaloux de Yahvé Sabaot fera cela. |
7 Le Seigneur a jeté une parole en Jacob, elle est tombée en Israël. |
8 Tout le peuple l’a su, Éphraïm et l’habitant de Samarie qui disent dans l’orgueil de leur cœur altier : |
9 « Les briques sont tombées, nous construirons en pierre de taille, les sycomores ont été abattus, nous les remplacerons par des cèdres. » |
10 Mais Yahvé a soutenu contre ce peuple son adversaire Raçôn, il a excité ses ennemis, |
11 Aram à l’orient, les Philistins à l’occident : ils ont dévoré Israël à belles dents. Avec tout cela sa colère ne s’est pas détournée, sa main reste levée. |
12 Mais le peuple n’est pas revenu à celui qui le frappait, il n’a pas cherché Yahvé Sabaot. |
13 Aussi Yahvé a retranché d’Israël tête et queue, palme et jonc, en un jour. |
14 (L’ancien et le dignitaire, c’est la tête, le prophète qui enseigne le mensonge, c’est la queue.) |
15 Les guides de ce peuple l’ont égaré, et ceux qu’ils guident se sont fourvoyés. |
16 C’est pourquoi en ses jeunes gens le Seigneur ne trouvera plus sa joie, de ses orphelins et de ses veuves il n’aura plus pitié, car tous sont impies et malfaisants, toute bouche profère l’insanité. Avec tout cela sa colère ne s’est pas détournée, sa main reste levée. |
17 Oui, la méchanceté a brûlé comme le feu, elle dévore ronces et épines, elle a incendié les halliers de la forêt, ils se sont élevés en tourbillons de fumée. |
18 Par l’emportement de Yahvé Sabaot la terre a été brûlée et le peuple est comme la proie du feu. Nul n’a pitié de son frère, |
19 on a coupé à droite et on a eu faim, on a mangé à gauche et on n’a pas été rassasié. Chacun dévore la chair de son bras, |
20 Manassé dévore Éphraïm, et Éphraïm Manassé, ensemble ils s’attaquent à Juda. Avec tout cela sa colère ne s’est pas détournée, sa main reste levée. |
Don merveilleux que la prophétie. Quelques siècles après la rédaction de ces paroles, l'apôtre Paul dira qu'il faut rechercher tout particulièrement ce don, parce qu'il nous ouvre les chemins du Seigneur.
À première vue, Isaïe prophétise simplement la naissance du Messie terrestre, le Roi issu de la lignée de David, mais il énumère des noms qui ne peuvent se rapporter qu'à Dieu Lui-même. Or, pour l'homme du temps d'Isaïe, le nom n'est pas une désignation conventionnelle, mais ce qui exprime l'essence de celui qui le porte.
Ainsi, le Roi issu de la lignée de David se révèle d'une manière étonnante être Dieu Lui-même, établissant Son Royaume pour toujours. Et tout cela, c'est le zèle de Dieu qui l'accomplit, ou, comme le précisera plus tard le Nouveau Testament, l'amour de Dieu.
Il n’y a pas de lecture pour dimanche
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