Bible-Centre

La réflexion principale pour le 25 janvier 2026

En lisant les Livres de Samuel, on ne peut manquer de remarquer l'attitude attentive et, pourrait-on dire, révérencieuse de David envers le fait de l'onction de Saül, c'est-à-dire de sa bénédiction pour gouverner le peuple de Dieu. Le plus simple serait bien sûr d'y voir la sacralisation traditionnelle, propre à l'ancien Proche-Orient, du souverain, qui, dans des pays comme l'Égypte ou la Babylonie, par exemple, était honoré comme une personne sacrée particulière, participant au monde des dieux. L'ancien Israël n'a jamais connu une telle sacralisation : nulle part dans la Bible il n'est question d'une « nature sacrée » du pouvoir royal. D'ailleurs, même dans les pays où une telle sacralisation existait, on pouvait parler plutôt du caractère sacré du trône lui-même que des personnes concrètes qui l'occupaient, lesquelles n'étaient honorées comme sacrées que dans la mesure où elles occupaient une place sacrée.

David avait sans doute aussi des considérations d'ordre strictement politique (et il n'était nullement un poète « hors de ce monde », comme on le représente parfois ; il était un homme politique et un guerrier, donc un réaliste pleinement et jusqu'au bout) : s'il s'était décidé à tuer Saül, il aurait trouvé en ses parents de sang, car Saül appartenait à la même tribu que lui, quoique à un autre clan, des vengeurs implacables, et cette inimitié aurait très bien pu durer des siècles. Pourtant, l'affaire ne tient pas à la sacralisation du pouvoir royal, dont Saül rêvait d'ailleurs, ni à la seule opportunité politique. Elle tient à l'attitude même de David envers les desseins de Dieu, dont il n'est sûr que dans la mesure où ils le concernent personnellement. Une seule chose lui était claire : dans la vie de Saül, devenu pour lui, David, un rival, il y avait eu un moment d'intervention directe et immédiate de Dieu, qui, fût-ce pour un très court temps, avait fait de lui, selon le mot du Livre de Samuel, « un autre homme ». Que le contact ait été fugitif, que Saül ne soit devenu autre que pour quelques heures, cet événement détermine désormais pour David son attitude envers Saül comme envers l'oint de Dieu.

David n'est nullement un idéaliste ; il voit parfaitement ce qu'est devenu Saül, ce qu'ont fait de lui la mégalomanie et la manie de persécution. Il comprend qu'à partir du moment où Dieu a touché le coeur de Saül, son destin n'est plus entre des mains humaines. Même si Saül a oublié depuis longtemps ce qui lui est arrivé au moment de l'initiation prophétique, c'est désormais Dieu lui-même qui doit disposer de sa vie et de sa mort, sans l'intervention de David. David attend la décision de Dieu. Quand Saül meurt, il ne se réjouit pas : car la mort de Saül est pour lui moins un triomphe sur son adversaire politique et son ennemi personnel qu'une chance donnée par Dieu et perdue par l'homme. Une chance qu'on ne retrouvera plus. Jamais.

RÉFLEXIONS

 

Le messager qui annonça à David la mort de Saül et de Jonathan expose cet événement douloureux tout autrement qu'il n'est raconté dans le dernier chapitre du Premier livre de Samuel... 

 

À la lecture du Livre de Samuel il est impossible de ne pas remarquer cette relation soignée et, on pourrait même dire pieuse de David au fait que Saul soit oint, c'est-à-dire ses bénédictions pour gouverner le peuple de Dieu. Il aurait été bien sur plus simple de voir ici la traditionnelle pour le Proche-Orient antique, sacralisation... 

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