RÉFLEXIONS pour Is 9:1
À nous qui savons comment s'est accomplie la prophétie de la grande lumière manifestée en Galilée, il est difficile d'imaginer comment elle pouvait résonner aux jours d'Isaïe. Pourtant, il suffit de devenir pour un instant l'un de ses auditeurs pour éprouver de la perplexité. En effet, nous venions d'entendre des dénonciations de péchés païens, accompagnées de descriptions détaillées du châtiment qui les attendait, et soudain, de la même bouche, retentissent des paroles disant que précisément cette terre, si longtemps plongée dans les ténèbres païennes, le Seigneur entend la marquer glorieusement. Il devait être difficile aux auditeurs d'accepter aussi que la délivrance vienne d'un Enfant, car ils étaient habitués à se représenter les envoyés du Seigneur comme redoutables et puissants. Le bien qu'il apporte aux hommes, ils ne le comparaient pas par hasard à une victoire sur les ennemis, joyeuse, mais aussi difficile, acquise au prix du sang et des souffrances.
Mais voici que le prophète annonce que les temps des effusions de sang doivent prendre fin. Même les guerriers, contraints de verser le sang, seront lavés et purifiés de lui, ce qui signifie que les blessures infligées à l'humanité par une violence multiséculaire seront guéries. Mais elles ne seront pas guéries par une violence nouvelle, car la vraie force se manifeste très souvent justement dans ce qui, à un regard superficiel, paraît faible.
Et même les dures paroles prophétiques qui suivent celles sur l'Enfant, au sujet de la colère ardente du Seigneur qui embrase la terre, ne contredisent pas cela. Encore et encore, le prophète répète l'avertissement que les malheurs à venir seront la conséquence des propres transgressions du peuple. L'iniquité est comparée à un feu allumé par les impies eux-mêmes. La flamme, née de l'étincelle qu'ils ont fait jaillir, les consume eux-mêmes.
