7 Jésus avec ses disciples se retira vers la mer et une grande multitude le suivit de la Galilée; et de la Judée, |
8 de Jérusalem, de l'Idumée, de la Transjordane, des environs de Tyr et de Sidon, une grande multitude, ayant entendu tout ce qu'il faisait, vint à lui. |
9 Et il dit à ses disciples qu'une petite barque fût tenue à sa disposition, à cause de la foule, pour qu'ils ne l'écrasent pas. |
10 Car il en guérit beaucoup, si bien que tous ceux qui avaient des infirmités se jetaient sur lui pour le toucher. |
11 Et les esprits impurs, lorsqu'ils le voyaient, se jetaient à ses pieds et criaient en disant : " Tu es le Fils de Dieu ! " |
12 Et il leur enjoignait avec force de ne pas le faire connaître. |
Dans cette lecture, nous voyons trois attitudes différentes envers Jésus, trois rencontres différentes avec Dieu. Sûrs de leur vertu, les maîtres religieux du peuple, les pharisiens, éprouvent non pas simplement de l'irritation, mais de la haine envers Jésus; ils se disposent à Le tuer, parce qu'Il a transgressé les règles religieuses, plus exactement parce qu'Il a placé le besoin d'un homme vivant au-dessus de la lettre de la loi. Incompréhensible: les maîtres de la loi de Dieu ne reconnaissent pas Dieu! Les démons, eux, reconnaissent très bien Dieu et, lors de la rencontre, tombent devant Lui avec crainte; ils voudraient manifestement se trouver plus loin. Leur attitude envers Jésus est la peur.
La grande multitude des malades épuisés, elle, Le presse, cherchant à Le toucher. Toucher Dieu, c'est croire; seule la foi permet de toucher le Christ, d'entrer dans une relation personnelle avec Lui. Et nous voyons la réponse de Dieu à la foi des hommes: une force sort de Lui et les guérit tous, comme il est dit dans la lecture parallèle en Lc 6:19.
7 Jésus avec ses disciples se retira vers la mer et une grande multitude le suivit de la Galilée; et de la Judée, |
8 de Jérusalem, de l'Idumée, de la Transjordane, des environs de Tyr et de Sidon, une grande multitude, ayant entendu tout ce qu'il faisait, vint à lui. |
9 Et il dit à ses disciples qu'une petite barque fût tenue à sa disposition, à cause de la foule, pour qu'ils ne l'écrasent pas. |
10 Car il en guérit beaucoup, si bien que tous ceux qui avaient des infirmités se jetaient sur lui pour le toucher. |
11 Et les esprits impurs, lorsqu'ils le voyaient, se jetaient à ses pieds et criaient en disant : " Tu es le Fils de Dieu ! " |
12 Et il leur enjoignait avec force de ne pas le faire connaître. |
Après avoir étudié les déplacements de Jésus en Palestine, certains chercheurs de l’Évangile ont conclu qu’Il faisait ses trajets au moment le plus difficile de la journée – au plus fort de la chaleur. Parce que c’était précisément à ce moment de la journée qu’il aurait été le plus difficile de recevoir Sa Parole. Il est évident que, durant les trois dernières années de Sa vie, le Seigneur s’est entièrement consacré aux hommes qui avaient besoin de Ses paroles et de guérison. Mais, en prenant soin des autres, le Christ voyait aussi les limites de Ses possibilités humaines. Nous voyons comment Il alterne le don total de Lui-même au milieu de la foule bruyante des nécessiteux et la prière silencieuse au Père dans un lieu retiré.
Dans ce passage, Jésus demande aux disciples de préparer une barque dans laquelle Il pourrait s’éloigner un peu de ceux qui L’écoutaient, afin qu’ils ne Le pressent pas autant. Ce moment frappe par l’étonnante humanité de notre Seigneur qui, fatigué par la multitude, en prend conscience et trouve un moyen de prêcher tout en restant à l’écart du peuple.
11 Et les esprits impurs, lorsqu'ils le voyaient, se jetaient à ses pieds et criaient en disant : " Tu es le Fils de Dieu ! " |
12 Et il leur enjoignait avec force de ne pas le faire connaître. |
Chez C. S. Lewis, dans « Les Lettres de Screwtape », il y a un moment où le démon plus âgé écrit à son élève pour qu'il tâche de suggérer à l'homme dont il a la charge que les démons n'existent pas du tout, et que ce serait pour lui une grande victoire. Les gens modernes à orientation matérialiste regardent réellement avec scepticisme l'existence des esprits impurs, même s'ils reconnaissent le plus souvent qu'il y a « quelque chose » dans la magie noire et la sorcellerie. Mais si l'homme soudain « ouvre les yeux », il tombe dans l'autre extrême : une peur incontrôlable des démons. Cela concerne aussi des personnes qui se considèrent croyantes, ce qui, en général, est étrange : car si par la foi nous sommes unis au Christ, que les démons craignent, d'où vient la peur ? Peut-être quelque chose ne va-t-il pas dans la foi ?
Maintenant, autre chose. Les esprits impurs reconnaissent en Jésus le Fils de Dieu : « les démons croient aussi, et ils tremblent » (Jc 2,19). Faut-il expliquer pourquoi Jésus leur interdit de parler de Lui ? Imaginez que vous ayez une connaissance dont vous êtes sûr qu'elle est un menteur invétéré et un vaurien. Et voilà que vous apprenez qu'elle fait votre éloge à tous les carrefours. Que penseront les gens de vous ? Une telle situation vous plairait-elle ? Jésus non plus ne veut pas d'un tel « témoignage » sur Lui. Le temps viendra où Ses disciples seront appelés à témoigner du Christ ; mais alors leurs paroles et leurs actes ne devront pas diverger.
7 Jésus avec ses disciples se retira vers la mer et une grande multitude le suivit de la Galilée; et de la Judée, |
8 de Jérusalem, de l'Idumée, de la Transjordane, des environs de Tyr et de Sidon, une grande multitude, ayant entendu tout ce qu'il faisait, vint à lui. |
9 Et il dit à ses disciples qu'une petite barque fût tenue à sa disposition, à cause de la foule, pour qu'ils ne l'écrasent pas. |
10 Car il en guérit beaucoup, si bien que tous ceux qui avaient des infirmités se jetaient sur lui pour le toucher. |
11 Et les esprits impurs, lorsqu'ils le voyaient, se jetaient à ses pieds et criaient en disant : " Tu es le Fils de Dieu ! " |
12 Et il leur enjoignait avec force de ne pas le faire connaître. |
13 Puis il gravit la montagne et il appelle à lui ceux qu'il voulait. Ils vinrent à lui, |
14 et il en institua Douze pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher, |
15 avec pouvoir de chasser les démons. |
16 Il institua donc les Douze, et il donna à Simon le nom de Pierre, |
17 puis Jacques, le fils de Zébédée, et Jean, le frère de Jacques, auxquels il donna le nom de Boanergès, c'est-à-dire fils du tonnerre, |
18 puis André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques, le fils d'Alphée, Thaddée, Simon le Zélé, |
19 et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra. |
Le choix des apôtres chez Marc est présenté comme une partie du ministère terrestre du Sauveur, de Son chemin terrestre. L'accent principal est alors mis sur les guérisons et les purifications, ce qui n'a rien d'étonnant : car la guérison et la libération des forces obscures sont précisément les principales manifestations, dans le monde déchu, du Royaume, de son souffle, de sa force. Sur un tel fond, le sens de l'appel des apôtres et le sens de leur ministère deviennent particulièrement évidents.
« Apôtre » signifie littéralement « envoyé ». Aux temps évangéliques, le ministère des apôtres était communautaire : il s'agissait en règle générale de représentants de telle ou telle communauté envoyés vers d'autres afin de témoigner de quelque chose d'important arrivé dans la communauté qui avait envoyé les apôtres. Il pouvait s'agir d'un miracle, d'une prophétie importante, ou en général d'un événement dont la portée spirituelle dépassait les limites de la communauté où il s'était produit.
Dans le cas présent, cet événement était la venue du Messie et le fait que le Royaume, selon Sa propre parole, « s'était approché ». Ce Royaume approché, prêt à entrer dans notre monde, était le principal événement que devaient annoncer les apôtres envoyés par Jésus. Des paroles seules, toutefois, ne suffisaient pas : il fallait témoigner par des actes que le Royaume était réellement proche.
Ces actes furent les guérisons accomplies par les apôtres avec la force de leur Maître : elles témoignaient que la force du Royaume n'appartient pas seulement à Celui qui l'a apporté dans le monde, qu'elle peut se manifester à travers chacun de ceux qui ont rapport au Royaume et à sa vie. Si seul le Sauveur Lui-même avait pu accomplir des miracles et des guérisons, cela aurait signifié que Lui, comme Dieu-homme possédant une nature tout à fait particulière, avait apporté dans le monde quelque chose qui ne peut véritablement appartenir qu'à Lui et à personne d'autre.
Mais si Ses disciples peuvent accomplir les mêmes miracles et les mêmes guérisons, cela signifie qu'eux aussi peuvent devenir habitants du Royaume, qu'ils peuvent devenir, bien sûr à la mesure de leur plénitude humaine, semblables à Lui, vivre d'une même vie avec Lui, qui ne sera pas qualitativement différente de Sa vie. Une telle perspective ouvrait la possibilité non seulement d'une participation temporaire de l'homme à la vie du Royaume, mais de la transfiguration complète de la nature humaine elle-même, qui fera de l'homme un habitant du Royaume non seulement par participation, mais aussi par nature ; et donc le Royaume et sa vie seront donnés à l'homme non pour un temps, mais pour toujours.
6 Étant sortis, les Pharisiens tenaient aussitôt conseil avec les Hérodiens contre lui, en vue de le perdre. |
7 Jésus avec ses disciples se retira vers la mer et une grande multitude le suivit de la Galilée; et de la Judée, |
8 de Jérusalem, de l'Idumée, de la Transjordane, des environs de Tyr et de Sidon, une grande multitude, ayant entendu tout ce qu'il faisait, vint à lui. |
9 Et il dit à ses disciples qu'une petite barque fût tenue à sa disposition, à cause de la foule, pour qu'ils ne l'écrasent pas. |
10 Car il en guérit beaucoup, si bien que tous ceux qui avaient des infirmités se jetaient sur lui pour le toucher. |
11 Et les esprits impurs, lorsqu'ils le voyaient, se jetaient à ses pieds et criaient en disant : " Tu es le Fils de Dieu ! " |
12 Et il leur enjoignait avec force de ne pas le faire connaître. |
Parfois, comme on le voit dans la lecture d'aujourd'hui, l'évangéliste nous présente l'image du Royaume qui se déplace sur la terre avec Jésus, Celui qui a apporté ce Royaume dans le monde. Et le monde réagit à cette réalité nouvelle qui s'est soudain ouverte à lui, il réagit sans toujours se rendre compte de ce à quoi et à Qui il a affaire. Mais toujours, quel que soit le tour que prennent les événements, on voit comment fuit devant le souffle du Royaume le mal dans lequel gît le monde. Nous avons de nouveau devant nous la description de guérisons de masse, et nous voyons comment même les esprits des ténèbres rendent témoignage à Celui qui ne leur laisse pas de repos. Mais Il n'a pas besoin de tels témoignages.
En effet, à quoi Jésus aurait-Il pu avoir besoin d'une gloire de thaumaturge, de héros populaire derrière lequel se presse une foule avide de guérison ou de libération du pouvoir des forces obscures ? Et d'un autre côté, ceux qui n'ont pas besoin de guérison, ou du moins qui pensent ne pas en avoir besoin : les pharisiens et les gens d'Hérode, qui ne désirent qu'une chose, que cet Homme qui ne leur laisse pas de repos disparaisse, même s'il faut pour cela Le tuer. Et entre eux, une foule de gens qui comprennent peu ou ne comprennent rien du tout, qui suivent Jésus sans toujours comprendre qui Il est, mais qui ont constaté par leur propre expérience qu'Il peut guérir et libérer du pouvoir des forces obscures. Et tous, d'une manière ou d'une autre, chacun à sa façon, voient le Royaume.
Les esprits des ténèbres le voient clairement, et ce spectacle leur est douloureux : ils comprennent Qui est devant eux et ne veulent qu'une chose, qu'Il s'en aille. Les pharisiens, des gens profondément religieux, et les politiciens locaux du côté du pouvoir établi ne s'accordent entre eux sur rien, sauf sur une chose : ils ne veulent pas d'un Royaume tel que cet Homme en témoigne.
Ils ne comprennent peut-être pas très bien ce qu'il est, mais ils comprennent très bien que ni le pouvoir terrestre ni une religiosité absolutisée ne sont compatibles avec lui et ne tiendront devant lui. Et ils veulent tuer Celui qui menace leur pouvoir et leurs valeurs religieuses. Quant à la foule qui suit Jésus, elle ne comprend sans doute pas très bien non plus ce qu'est le Royaume, mais elle sait tout de même une chose : quoi qu'il soit, et qui que soit Jésus, Il peut les aider, et donc Son Royaume est sans doute une bonne chose. Quel que soit ce Royaume, pourvu seulement qu'il aide à guérir, à se délivrer de la maladie ou du pouvoir des forces obscures ; et ensuite... ensuite on verra s'il vaut la peine de suivre plus loin ce Prédicateur inhabituel. Pendant ce temps, Jésus s'approche de Jérusalem, où tout doit se décider. Et reprendre sa juste place.
1 Il entra de nouveau dans une synagogue, et il y avait là un homme qui avait la main desséchée. |
2 Et ils l'épiaient pour voir s'il allait le guérir, le jour du sabbat, afin de l'accuser. |
3 Il dit à l'homme qui avait la main sèche : " Lève-toi, là, au milieu. " |
4 Et il leur dit : " Est-il permis, le jour du sabbat, de faire du bien plutôt que de faire du mal, de sauver une vie plutôt que de la tuer ? " Mais eux se taisaient. |
5 Promenant alors sur eux un regard de colère, navré de l'endurcissement de leur cœur, il dit à l'homme : " Étends la main. " Il l'étendit et sa main fut remise en état. |
6 Étant sortis, les Pharisiens tenaient aussitôt conseil avec les Hérodiens contre lui, en vue de le perdre. |
7 Jésus avec ses disciples se retira vers la mer et une grande multitude le suivit de la Galilée; et de la Judée, |
8 de Jérusalem, de l'Idumée, de la Transjordane, des environs de Tyr et de Sidon, une grande multitude, ayant entendu tout ce qu'il faisait, vint à lui. |
9 Et il dit à ses disciples qu'une petite barque fût tenue à sa disposition, à cause de la foule, pour qu'ils ne l'écrasent pas. |
10 Car il en guérit beaucoup, si bien que tous ceux qui avaient des infirmités se jetaient sur lui pour le toucher. |
11 Et les esprits impurs, lorsqu'ils le voyaient, se jetaient à ses pieds et criaient en disant : " Tu es le Fils de Dieu ! " |
12 Et il leur enjoignait avec force de ne pas le faire connaître. |
Comment expliquer le comportement des pharisiens dans ce passage ? C'est la première question. En parallèle vient la seconde : comment expliquer le comportement de Jésus ? Pour le lecteur moderne de l'Évangile, formé aux valeurs de l'humanisme, il est facile de voir dans les pharisiens de véritables « fils de l'enfer ». Nous, nous sommes sans réserve du côté de Jésus, et cela ne signifie-t-il pas que nous sommes bien meilleurs qu'eux, même si, dans la vie, nous ne nous souvenons pas très souvent de Dieu ? Réfléchissons...
Les pharisiens formaient un parti religieux avec une tradition fondée sur l'étude scrupuleuse de la Loi de Moïse. Beaucoup de choses leur paraissaient évidentes, par exemple qu'un homme à la main desséchée était puni par Dieu pour quelque chose. Accepter que la spiritualité puisse provenir d'une autre source revenait à tout perdre. Et si le miracle d'une guérison le jour du sabbat est évident, il était le fruit d'une « autre » spiritualité... ne serait-elle pas satanique ?
Regardons maintenant encore une fois notre épisode. Me voici témoin d'un miracle évident... Il fait irruption dans mon monde habituel et explicable, et le détruit. Qu'est-ce qui m'est le plus facile : m'incliner dans la joie du cœur devant ce qui est arrivé, avec une humble reconnaissance, ou me détourner en marmonnant que le miracle a été accompli « par la puissance de Béelzéboul » ?
D'un autre côté, que signifiait pour l'homme à la main desséchée, qui souffrait depuis de nombreuses années, d'attendre encore un jour ? Que coûtait-il à Jésus d'attendre encore un jour et de ne pas mettre les pharisiens à l'épreuve ? En effet, un délai d'un jour, sur le fond de toute une vie, ne joue aucun rôle. Mais, manifestement, il n'en va pas ainsi pour l'amour de Dieu. Peut-on remettre à plus tard une rencontre inattendue ? Et attendre pour aimer ? Le Médecin et le malade qui se sont rencontrés dans ce texte évangélique pouvaient-ils tarder à s'ouvrir l'un à l'autre ? Il ne s'agit pas du caractère révolutionnaire de Jésus, ni d'une provocation délibérée dans son comportement. Il s'agit seulement du fait que son amour est véritable.
1 Il entra de nouveau dans une synagogue, et il y avait là un homme qui avait la main desséchée. |
2 Et ils l'épiaient pour voir s'il allait le guérir, le jour du sabbat, afin de l'accuser. |
3 Il dit à l'homme qui avait la main sèche : " Lève-toi, là, au milieu. " |
4 Et il leur dit : " Est-il permis, le jour du sabbat, de faire du bien plutôt que de faire du mal, de sauver une vie plutôt que de la tuer ? " Mais eux se taisaient. |
5 Promenant alors sur eux un regard de colère, navré de l'endurcissement de leur cœur, il dit à l'homme : " Étends la main. " Il l'étendit et sa main fut remise en état. |
6 Étant sortis, les Pharisiens tenaient aussitôt conseil avec les Hérodiens contre lui, en vue de le perdre. |
7 Jésus avec ses disciples se retira vers la mer et une grande multitude le suivit de la Galilée; et de la Judée, |
8 de Jérusalem, de l'Idumée, de la Transjordane, des environs de Tyr et de Sidon, une grande multitude, ayant entendu tout ce qu'il faisait, vint à lui. |
9 Et il dit à ses disciples qu'une petite barque fût tenue à sa disposition, à cause de la foule, pour qu'ils ne l'écrasent pas. |
10 Car il en guérit beaucoup, si bien que tous ceux qui avaient des infirmités se jetaient sur lui pour le toucher. |
11 Et les esprits impurs, lorsqu'ils le voyaient, se jetaient à ses pieds et criaient en disant : " Tu es le Fils de Dieu ! " |
12 Et il leur enjoignait avec force de ne pas le faire connaître. |
Parfois le comportement de Jésus peut paraître franchement provocateur. Pourquoi, semble-t-il, Lui fallait-il guérir un homme à la main desséchée précisément le shabbat et précisément dans la synagogue ? C'était en effet un défi direct et évident non seulement aux pharisiens en particulier, mais aussi, plus généralement, aux représentations déjà établies à cette époque des normes et des règles du shabbat, notamment des interdits rituels qui y étaient liés.
La règle habituelle était la suivante : l'aide apportée à une personne le shabbat, y compris l'aide médicale, était donnée sous la forme et dans la mesure nécessaires pour des raisons vitales. Si, par exemple, la main desséchée de l'homme guéri avait menacé directement sa vie, personne n'aurait reproché à Jésus cette guérison.
Mais s'il n'y avait pas de menace directe et immédiate pour la vie, on ne soignait pas le shabbat et l'on remettait le traitement à la fin du shabbat. On peut remarquer, d'ailleurs, que dans les établissements médicaux d'Israël, par exemple, ces règles sont encore suivies aujourd'hui : le shabbat, on n'effectue que les actes médicaux planifiés nécessaires et l'on fournit l'aide d'urgence nécessaire pour des raisons vitales.
La situation de l'homme guéri par Jésus était manifestement différente : sa main desséchée ne menaçait en rien sa vie, et la guérison pouvait donc tout à fait être reportée à la fin du shabbat. Mais Jésus, comme nous le voyons, ne le fait pas et guérit l'homme précisément le shabbat. À première vue, une telle guérison peut sembler une violation démonstrative et donc provocatrice du shabbat.
En réalité, tout est exactement inverse. Dans ce cas, il ne s'agit pas d'une aide médicale, mais d'une guérison. De la manifestation du Royaume et de sa puissance. C'est-à-dire précisément de ce pour quoi le shabbat existe en tant que tel. Aux temps évangéliques, on discutait beaucoup des normes et des prescriptions rituelles liées au shabbat, et derrière les restrictions on oubliait souvent l'essentiel : le shabbat n'est pas un jour d'interdits rituels, mais un jour à passer dans la présence de Dieu.
Jésus, justement, cherche à rendre au shabbat son sens véritable. En effet : le shabbat peut-il être davantage lui-même, non par la forme mais par l'essence, quelque part ailleurs que dans le Royaume ? Entrer dans le Royaume signifie entrer dans le repos du shabbat, et cela dans une plénitude impensable nulle part ailleurs. C'est précisément ce que Jésus propose à ceux qui ont été témoins de la guérison qu'Il a accomplie : ils se sont trouvés de fait au seuil du Royaume, tous autant qu'ils étaient là. Mais beaucoup de ceux qui étaient présents n'ont pas du tout remarqué le Royaume ; en revanche, ils ont très bien remarqué la violation des prescriptions religieuses liées au shabbat. Cet accent mis sur l'extérieur au détriment de l'essentiel, sur la religion au détriment du Royaume, était le principal obstacle sur le chemin du Royaume pour les personnes religieuses. Un obstacle qu'il fallait surmonter, ou bien renoncer entièrement au chemin vers le Royaume. Là, chacun fait son choix. Et porte toutes les conséquences de ce choix.
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