11 Comme il ne lâchait pas Pierre et Jean, tous, hors d'eux-mêmes, accoururent vers eux au portique dit de Salomon. |
12 A cette vue, Pierre s'adressa au peuple : " Hommes d'Israël, pourquoi vous étonner de cela ? Qu'avez-vous à nous regarder, comme si c'était par notre propre puissance ou grâce à notre piété que nous avons fait marcher cet homme ? |
13 Le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères a glorifié son serviteur Jésus que vous, vous avez livré et que vous avez renié devant Pilate, alors qu'il était décidé à le relâcher. |
14 Mais vous, vous avez chargé le Saint et le Juste; vous avez réclamé la grâce d'un assassin, |
15 tandis que vous faisiez mourir le prince de la vie. Dieu l'a ressuscité des morts : nous en sommes témoins. |
16 Et par la foi en son nom, à cet homme que vous voyez et connaissez, ce nom même a rendu la force, et c'est la foi en lui qui, devant vous tous, l'a rétabli en pleine santé. |
Aujourd'hui, nous avons devant nous deux situations de témoignage. Dans les deux cas, ceux qui témoignent désignent le Christ comme Celui qui est plus grand qu'eux. Les disciples accourent vers Jean le Baptiste, contrariés de voir que, pour le repentir, tous vont non pas vers leur maître bien-aimé, mais vers quelqu'un d'autre, vers Quelqu'un d'autre. Mais Jean leur explique que tout se passe comme il faut. Il est le héraut qui cède la route au Seigneur venu. Il est l'ami de l'époux, dont le rôle est de se retirer humblement lorsque l'Époux rencontre face à face son Épouse, celle pour qui il est venu: chaque personne qui vient à lui…
Lorsque les apôtres Pierre et Jean prêchent dans le portique de Salomon du Temple de Jérusalem, eux aussi «se mettent de côté», car tous accourent vers eux après avoir entendu parler du miracle qu'ils ont accompli. Et il se peut que les apôtres, pour arrêter une gloire qui grandit dans une mauvaise direction, doivent un peu «secouer» ceux qui les écoutent. Ainsi devient-il parfois nécessaire de prendre par les épaules et presque de soulever de terre un enfant qui se précipite follement quelque part. Les apôtres montrent à la foule rassemblée autour d'eux que l'affaire n'est pas du tout en eux, mais en Celui que cette foule avait non seulement vu, mais même crucifié. Et que c'est précisément son nom qui guérit et ressuscite. Et que c'est à lui que revient la gloire, non à eux…
Telle est l'humilité des saints, qui sont prêts à «se déplacer» et qui «se réjouissent de joie» lorsque les hommes se tournent vers Celui dont ils sont les amis (voir Jn 3,29).
22 Après cela, Jésus vint avec ses disciples au pays de Judée et il y séjourna avec eux, et il baptisait. |
23 Jean aussi baptisait, à Aenon, près de Salim, car les eaux y abondaient, et les gens se présentaient et se faisaient baptiser. |
24 Jean, en effet, n'avait pas encore été jeté en prison. |
25 Il s'éleva alors une discussion entre les disciples de Jean et un Juif à propos de purification: |
26 ils vinrent trouver Jean et lui dirent : " Rabbi, celui qui était avec toi de l'autre côté du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise et tous viennent à lui ! " |
27 Jean répondit : " Un homme ne peut rien recevoir, si cela ne lui a été donné du ciel. |
28 Vous-mêmes, vous m'êtes témoins que j'ai dit : "Je ne suis pas le Christ, mais je suis envoyé devant lui. " |
29 Qui a l'épouse est l'époux; mais l'ami de l'époux qui se tient là et qui l'entend, est ravi de joie à la voix de l'époux. Telle est ma joie, et elle est complète. |
30 Il faut que lui grandisse et que moi je décroisse. |
31 Celui qui vient d'en haut est au-dessus de tous; celui qui est de la terre est terrestre et parle en terrestre. Celui qui vient du ciel |
32 témoigne de ce qu'il a vu et entendu, et son témoignage, nul ne l'accueille. |
33 Qui accueille son témoignage certifie que Dieu est véridique; |
Jean le Baptiste, comme Jésus, avait sa propre communauté, son cercle de disciples et de fidèles. Jésus lavait ceux qui venaient à Lui ; Jean faisait la même chose. Aux yeux de ceux qui les entouraient, et même, comme on le voit, aux yeux de certains disciples de Jean, leur activité était sinon identique, du moins très semblable. Apparemment, certains disciples de Jean considéraient leur maître comme le Messie, qui, tout comme Jésus, cachait pour un temps Sa messianité.
Alors Jean doit mettre les points sur les « i ». Il rappelle à ses fidèles qu’il n’a jamais revendiqué pour lui-même la moindre prétention à la messianité. Mais l’essentiel, selon Jean, est ailleurs : la messianité n’est pas du tout une affaire humaine, c’est l’affaire de Dieu, et si cela « n’est pas donné d’en haut », il ne peut être question d’aucune messianité. Jean, comme Jésus Lui-même, essaie de faire comprendre à ses auditeurs qu’on ne devient pas Messie : on naît Messie. Et il ne peut y avoir ici ni concours, ni rivalité, ni choix. Lui, Jean, n’est pas né Messie ; il ne le deviendra donc jamais. Il a une autre mission.
En effet, si le Royaume messianique était vraiment tel que beaucoup voulaient le voir alors, et à d’autres époques, s’il était un phénomène terrestre, religieux et politique, tout serait différent : la vocation messianique serait alors quelque chose qui rappellerait la vocation prophétique, quelque chose qui pourrait être donné à n’importe qui, si Dieu le choisissait. Mais le Royaume dont Jésus témoigne est avant tout une réalité spirituelle, et elle est indissolublement liée à Sa propre personne : Il le porte en Lui, Il le porte depuis le commencement. Il est né Messie, et il ne peut y avoir d’alternative à Lui. Jean le comprend et le reconnaît. Et il essaie d’expliquer la même chose à ses disciples et à ses fidèles.
22 Après cela, Jésus vint avec ses disciples au pays de Judée et il y séjourna avec eux, et il baptisait. |
23 Jean aussi baptisait, à Aenon, près de Salim, car les eaux y abondaient, et les gens se présentaient et se faisaient baptiser. |
24 Jean, en effet, n'avait pas encore été jeté en prison. |
25 Il s'éleva alors une discussion entre les disciples de Jean et un Juif à propos de purification: |
26 ils vinrent trouver Jean et lui dirent : " Rabbi, celui qui était avec toi de l'autre côté du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise et tous viennent à lui ! " |
27 Jean répondit : " Un homme ne peut rien recevoir, si cela ne lui a été donné du ciel. |
28 Vous-mêmes, vous m'êtes témoins que j'ai dit : "Je ne suis pas le Christ, mais je suis envoyé devant lui. " |
29 Qui a l'épouse est l'époux; mais l'ami de l'époux qui se tient là et qui l'entend, est ravi de joie à la voix de l'époux. Telle est ma joie, et elle est complète. |
30 Il faut que lui grandisse et que moi je décroisse. |
31 Celui qui vient d'en haut est au-dessus de tous; celui qui est de la terre est terrestre et parle en terrestre. Celui qui vient du ciel |
32 témoigne de ce qu'il a vu et entendu, et son témoignage, nul ne l'accueille. |
33 Qui accueille son témoignage certifie que Dieu est véridique; |
Pour les apôtres, surtout pour ceux d’entre eux qui avaient été disciples de Jean le Baptiste, le témoignage de Jean sur Jésus avait une importance primordiale. Il est également significatif, bien sûr, que Jean le Baptiste ait été l’un des premiers — après la Très Sainte Mère de Dieu, Joseph le Fiancé et le vieillard Syméon — à confesser Jésus comme le Messie, le Fils du Béni. Mais aujourd’hui, alors que nous avons, selon l’expression de l’apôtre Paul, une telle nuée de témoins, nous pouvons porter notre attention sur l’exemple saisissant que nous donne Jean le Baptiste.
Le fait est que nous sommes tous très préoccupés par notre propre importance et notre proximité avec Dieu. Même les apôtres, qui connaissaient Jésus de près, discutent entre eux peu avant la Passion pour savoir qui est le plus grand. Dans ce contexte, les paroles de Jean le Baptiste retiennent l’attention : « Il faut qu’Il croisse et que je diminue... Celui qui est de la terre est terrestre... Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous. » Ce n’est pas seulement la manifestation d’une humilité étonnante : c’est pour chaque personne l’exemple de la juste manière de se tenir devant Dieu.
28 Vous-mêmes, vous m'êtes témoins que j'ai dit : "Je ne suis pas le Christ, mais je suis envoyé devant lui. " |
29 Qui a l'épouse est l'époux; mais l'ami de l'époux qui se tient là et qui l'entend, est ravi de joie à la voix de l'époux. Telle est ma joie, et elle est complète. |
Le témoignage de Jean au sujet de Jésus est le sens principal de son ministère. Cela vaut aussi, et d’abord, pour son ministère de prophète. En effet : un prophète est avant tout un témoin. Un témoin de Dieu. Un témoin du Royaume. Un homme qui, en lui-même, aussi paradoxal que cela puisse paraître au premier abord, a moins d’importance que n’importe qui d’autre. Du moins pour ce qui concerne son ministère. En effet : demande-t-on beaucoup à un témoin ?
Au fond, une seule chose : ne rien déformer. Raconter tout exactement comme il l’a vu. De telle sorte que le narrateur lui-même soit totalement absent du récit. Ou qu’il y soit si peu présent que sa présence n’ait aucune incidence sur le récit. S’il s’agit d’un témoignage ordinaire, humain, cela signifie que le témoin doit être aussi impartial que le permet sa nature humaine.
Aucune émotion, aucun accent de sens placé selon sa propre vision de la situation. Seulement les faits, avec le plus de précision possible. Bien sûr, un tel témoignage est un idéal inaccessible, mais un témoin consciencieux y tend toujours. Et s’il s’agit d’un témoignage prophétique ? Là, tout est plus complexe : car on ne peut pas communiquer avec Dieu de manière détachée, et l’on ne peut pas parler de ce que Dieu révèle comme d’une chose extérieure. Ici, la personnalité du témoin est incontestablement importante.
Mais avec la personnalité arrive ce problème de l’observateur si familier aux physiciens : l’observation est aussi une forme d’interaction avec l’objet, et il arrive que cette interaction modifie par elle-même l’état de l’objet observé. L’expérience pure n’a pas lieu. Dans la relation de l’homme avec Dieu, il se produit parfois quelque chose de semblable, mais en un autre sens. En touchant la nature humaine, la révélation donnée par Dieu change du fait même de ce contact. Comment alors rester un témoin sans parti pris ? Dieu trouve le moyen : Il prend entièrement sous Son contrôle la conscience de l’homme.
Bien entendu, pour un temps et avec son consentement. Et Il parle avec sa langue, la langue du témoin. Littéralement. Le problème de la nature humaine est résolu. Mais que faire s’il s’agit du Messie ? De Celui pour qui le témoignage devient le fait même de Son existence ? Ici, une seule chose est possible : Le désigner, puis disparaître. Se mettre de côté. Devenir un homme tout à fait ordinaire, sans rien de remarquable quant au ministère. Et Jean agit précisément ainsi. « Il faut qu’Il croisse, et que moi je diminue ».
11 Comme il ne lâchait pas Pierre et Jean, tous, hors d'eux-mêmes, accoururent vers eux au portique dit de Salomon. |
12 A cette vue, Pierre s'adressa au peuple : " Hommes d'Israël, pourquoi vous étonner de cela ? Qu'avez-vous à nous regarder, comme si c'était par notre propre puissance ou grâce à notre piété que nous avons fait marcher cet homme ? |
13 Le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères a glorifié son serviteur Jésus que vous, vous avez livré et que vous avez renié devant Pilate, alors qu'il était décidé à le relâcher. |
14 Mais vous, vous avez chargé le Saint et le Juste; vous avez réclamé la grâce d'un assassin, |
15 tandis que vous faisiez mourir le prince de la vie. Dieu l'a ressuscité des morts : nous en sommes témoins. |
16 Et par la foi en son nom, à cet homme que vous voyez et connaissez, ce nom même a rendu la force, et c'est la foi en lui qui, devant vous tous, l'a rétabli en pleine santé. |
17 " Cependant, frères, je sais que c'est par ignorance que vous avez agi, ainsi d'ailleurs que vos chefs. |
18 Dieu, lui, a ainsi accompli ce qu'il avait annoncé d'avance par la bouche de tous les prophètes, que son Christ souffrirait. |
19 Repentez-vous donc et convertissez-vous, afin que vos péchés soient effacés, |
20 et qu'ainsi le Seigneur fasse venir le temps du répit. Il enverra alors le Christ qui vous a été destiné, Jésus, |
21 celui que le ciel doit garder jusqu'aux temps de la restauration universelle dont Dieu a parlé par la bouche de ses saints prophètes. |
22 Moïse, d'abord, a dit : Le Seigneur Dieu vous suscitera d'entre vos frères un prophète semblable à moi ; vous l'écouterez en tout ce qu'il vous dira. |
23 Quiconque n'écoutera pas ce prophète sera exterminé du sein du peuple. |
24 Tous les prophètes, ensuite, qui ont parlé depuis Samuel et ses successeurs, ont pareillement annoncé ces jours-ci. |
25 " Vous êtes, vous, les fils des prophètes et de l'alliance que Dieu a conclue avec nos pères quand il a dit à Abraham : Et en ta postérité seront bénies toutes les familles de la terre. |
26 C'est pour vous d'abord que Dieu a ressuscité son Serviteur et l'a envoyé vous bénir, du moment que chacun de vous se détourne de ses perversités. " |
Pierre ne doute pas que la guérison accomplie par lui et Jean ait été un témoignage de la réalité du Royaume entré dans le monde par le Christ et dans le Christ. Dès le début, il détourne l'attention des auditeurs de lui-même vers Lui. Ce n'est pas de la modestie ni une tentative de s'effacer, comme le pensent parfois les lecteurs du livre des Actes. Il s'agit simplement de reconnaître la réalité. La réalité de la manière dont le Royaume est organisé. Or le Royaume, c'est avant tout des relations. La relation avec le Christ en premier lieu, car c'est Lui le Roi de Son Royaume. Mais aussi avec Son Père céleste. Et avec les autres hommes. Il y a là tout un système de relations, qui forme ce tissu délicat que l'on peut appeler la vie spirituelle.
C'est ce tissu qui forme la structure du Royaume et lui donne sa forme. Et l'homme doit être extrêmement prudent dans ce qui concerne ses intentions et ses desseins, lorsqu'il s'agit de la vie spirituelle en général et de la vie du Royaume en particulier. Non pas au sens où il faudrait observer une étiquette particulière. L'étiquette n'est pas nécessaire dans le Royaume. Mais la capacité d'accueillir la volonté du Christ comme prioritaire par rapport à la sienne propre est absolument nécessaire. Et cela non pas au niveau des déclarations, mais dans la vie quotidienne. C'est précisément l'expérience de la vie dans le Royaume qui aide à apprendre la vraie humilité.
Car l'humilité, c'est bien cela: apprendre à chaque instant de sa vie à mettre la volonté de Dieu, la volonté du Christ, avant la sienne propre. Et l'expérience de la vie du Royaume fait vite sentir que la force du Royaume et son souffle, sans lequel il n'y a pas de vie, n'entrent dans le coeur de l'homme que lorsqu'il devient totalement transparent à toute action de Dieu. Transparent au point que Dieu ne rencontre dans ton coeur aucune résistance à aucune de Ses intentions, et dans ta vie aucune contradiction avec aucun de Ses desseins.
On pourrait croire que, dans ce cas, l'homme devrait disparaître, se dissoudre, devenir une enveloppe vide que Dieu remplirait à Sa guise. Mais en réalité tout se passe autrement: plus l'homme se donne au Christ, plus il trouve son vrai soi. Les apôtres le savent parfaitement par leur propre expérience. Ils savent à Qui ils doivent leurs capacités et leur vie. Et ils témoignent auprès de ceux qui les entourent de Celui qui, s'ils Le laissent faire, entrera aussi dans leur vie. Et, en y entrant, leur ouvrira les portes du Royaume. Et le chemin du salut.
11 Comme il ne lâchait pas Pierre et Jean, tous, hors d'eux-mêmes, accoururent vers eux au portique dit de Salomon. |
12 A cette vue, Pierre s'adressa au peuple : " Hommes d'Israël, pourquoi vous étonner de cela ? Qu'avez-vous à nous regarder, comme si c'était par notre propre puissance ou grâce à notre piété que nous avons fait marcher cet homme ? |
13 Le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères a glorifié son serviteur Jésus que vous, vous avez livré et que vous avez renié devant Pilate, alors qu'il était décidé à le relâcher. |
14 Mais vous, vous avez chargé le Saint et le Juste; vous avez réclamé la grâce d'un assassin, |
15 tandis que vous faisiez mourir le prince de la vie. Dieu l'a ressuscité des morts : nous en sommes témoins. |
16 Et par la foi en son nom, à cet homme que vous voyez et connaissez, ce nom même a rendu la force, et c'est la foi en lui qui, devant vous tous, l'a rétabli en pleine santé. |
17 " Cependant, frères, je sais que c'est par ignorance que vous avez agi, ainsi d'ailleurs que vos chefs. |
18 Dieu, lui, a ainsi accompli ce qu'il avait annoncé d'avance par la bouche de tous les prophètes, que son Christ souffrirait. |
19 Repentez-vous donc et convertissez-vous, afin que vos péchés soient effacés, |
20 et qu'ainsi le Seigneur fasse venir le temps du répit. Il enverra alors le Christ qui vous a été destiné, Jésus, |
21 celui que le ciel doit garder jusqu'aux temps de la restauration universelle dont Dieu a parlé par la bouche de ses saints prophètes. |
22 Moïse, d'abord, a dit : Le Seigneur Dieu vous suscitera d'entre vos frères un prophète semblable à moi ; vous l'écouterez en tout ce qu'il vous dira. |
23 Quiconque n'écoutera pas ce prophète sera exterminé du sein du peuple. |
24 Tous les prophètes, ensuite, qui ont parlé depuis Samuel et ses successeurs, ont pareillement annoncé ces jours-ci. |
25 " Vous êtes, vous, les fils des prophètes et de l'alliance que Dieu a conclue avec nos pères quand il a dit à Abraham : Et en ta postérité seront bénies toutes les familles de la terre. |
26 C'est pour vous d'abord que Dieu a ressuscité son Serviteur et l'a envoyé vous bénir, du moment que chacun de vous se détourne de ses perversités. " |
Expliquant la guérison accomplie, Pierre revient de nouveau à ce dont il avait déjà parlé le jour de la Pentecôte. Il désigne encore Jésus comme le Messie glorifié par Dieu. Et il relie tout ce qui arrive à cette glorification. Il s'agit toujours de la même chose : du processus spirituel que nous appelons d'ordinaire le salut. Pour nous, pourtant, le salut apparaît souvent comme quelque chose de profondément personnel, qui nous touche, sinon exclusivement, du moins avant tout nous-mêmes. Bien sûr, nous comprenons que nous ne sommes pas les seuls à être sauvés ; mais nous voyons tout de même habituellement le salut comme une affaire individuelle. Or Pierre et les autres apôtres le considéraient comme un processus universel, cosmique. Il inclut d'abord le peuple de Dieu, puis toute l'humanité.
Tous les prophètes désignent le Messie, et celui qui écoute les prophètes ne peut pas ne pas reconnaître le Messie : telle est la pensée de l'apôtre. Mais les prophètes parlaient de ce que Dieu leur révélait ; et s'il leur révélait quelque chose qui forme un tableau cohérent, au centre duquel se trouve le Messie, alors nos relations avec le Messie, avec le Christ, ne sont pas seulement notre affaire personnelle et ne nous concernent pas seuls. Elles font partie du plan de Dieu et sont l'un des éléments de sa réalisation.
Nous pouvons, bien sûr, ignorer tout ce qui concerne le Christ et le Royaume ; mais si nous voulons y participer, il faut prendre conscience que nous ne participons pas à une expérience dont le résultat ne concernerait que nous. Le Royaume entre dans le monde, et notre salut est lié à ce mouvement. Quant à savoir si nous sommes sauvés ou non, cela ne sera connu que lorsque le Royaume se manifestera en plénitude, à la fin des temps. Mais ce ne sont pas des peuples ou des collectivités qui sont sauvés, ce sont des personnes concrètes.
Le processus du salut est réellement universel, mais chacun y participe personnellement. C'est pourquoi l'apôtre parle du meurtre du Christ en disant que ceux qui l'écoutent l'ont fait « par ignorance ». Bien sûr, dans toute société il y a toujours des personnes qui agissent en pleine conscience ; leur faute n'est pas levée, du moins jusqu'au repentir. Mais dans chaque société il y a aussi ceux qui ne comprennent pas ce qui se passe et participent aux événements sans en saisir le sens et la portée, en suivant la majorité.
Là encore, bien sûr, il y a un choix, mais souvent sans comprendre exactement ce qui est choisi. Dans ce cas, le repentir est lui aussi nécessaire, mais non pour un péché conscient comme chez ceux qui comprennent tout jusqu'au bout. Pourtant, sans repentir pour le péché inconscient ou, plus exactement, pour le péché du refus de prendre conscience, c'est impossible : car la vie dans le Royaume exige une pleine conscience de toute la vie et de tous les actes. Et donc la plénitude de la responsabilité, sans laquelle on n'entre pas dans le Royaume.
11 Comme il ne lâchait pas Pierre et Jean, tous, hors d'eux-mêmes, accoururent vers eux au portique dit de Salomon. |
12 A cette vue, Pierre s'adressa au peuple : " Hommes d'Israël, pourquoi vous étonner de cela ? Qu'avez-vous à nous regarder, comme si c'était par notre propre puissance ou grâce à notre piété que nous avons fait marcher cet homme ? |
13 Le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères a glorifié son serviteur Jésus que vous, vous avez livré et que vous avez renié devant Pilate, alors qu'il était décidé à le relâcher. |
14 Mais vous, vous avez chargé le Saint et le Juste; vous avez réclamé la grâce d'un assassin, |
15 tandis que vous faisiez mourir le prince de la vie. Dieu l'a ressuscité des morts : nous en sommes témoins. |
16 Et par la foi en son nom, à cet homme que vous voyez et connaissez, ce nom même a rendu la force, et c'est la foi en lui qui, devant vous tous, l'a rétabli en pleine santé. |
17 " Cependant, frères, je sais que c'est par ignorance que vous avez agi, ainsi d'ailleurs que vos chefs. |
18 Dieu, lui, a ainsi accompli ce qu'il avait annoncé d'avance par la bouche de tous les prophètes, que son Christ souffrirait. |
19 Repentez-vous donc et convertissez-vous, afin que vos péchés soient effacés, |
20 et qu'ainsi le Seigneur fasse venir le temps du répit. Il enverra alors le Christ qui vous a été destiné, Jésus, |
21 celui que le ciel doit garder jusqu'aux temps de la restauration universelle dont Dieu a parlé par la bouche de ses saints prophètes. |
22 Moïse, d'abord, a dit : Le Seigneur Dieu vous suscitera d'entre vos frères un prophète semblable à moi ; vous l'écouterez en tout ce qu'il vous dira. |
23 Quiconque n'écoutera pas ce prophète sera exterminé du sein du peuple. |
24 Tous les prophètes, ensuite, qui ont parlé depuis Samuel et ses successeurs, ont pareillement annoncé ces jours-ci. |
25 " Vous êtes, vous, les fils des prophètes et de l'alliance que Dieu a conclue avec nos pères quand il a dit à Abraham : Et en ta postérité seront bénies toutes les familles de la terre. |
26 C'est pour vous d'abord que Dieu a ressuscité son Serviteur et l'a envoyé vous bénir, du moment que chacun de vous se détourne de ses perversités. " |
Ainsi, Pierre et Jean ont accompli une guérison au nom de Jésus. La réaction du peuple se comprend : enthousiasme, émerveillement... Pierre s’efforce aussitôt de remettre chaque chose à sa place. Il dit : « Pourquoi nous regardez-vous comme si c’était par notre propre puissance ou notre piété que nous avions fait marcher cet homme ? » Il est vraiment très important pour Pierre que les gens comprennent qui accomplit la guérison, qu’ils sachent que Jean et lui ne sont que des instruments entre Ses mains. La gloire et l’action de grâce doivent revenir au Seigneur seul.
1 Pierre et Jean montaient au Temple pour la prière de la neuvième heure. |
2 Or on apportait un impotent de naissance qu'on déposait tous les jours à la porte du Temple appelée la Belle, pour demander l'aumône à ceux qui y entraient. |
3 Voyant Pierre et Jean sur le point de pénétrer dans le Temple, il leur demanda l'aumône. |
4 Alors Pierre fixa les yeux sur lui, ainsi que Jean, et dit : " Regarde-nous. " |
5 Il tenait son regard attaché sur eux, s'attendant à en recevoir quelque chose. |
6 Mais Pierre dit : " De l'argent et de l'or, je n'en ai pas, mais ce que j'ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ le Nazôréen, marche ! " |
7 Et le saisissant par la main droite, il le releva. À l'instant ses pieds et ses chevilles s'affermirent; |
8 d'un bond il fut debout, et le voilà qui marchait. Il entra avec eux dans le Temple, marchant, gambadant et louant Dieu. |
9 Tout le peuple le vit marcher et louer Dieu; |
10 on le reconnaissait : c'était bien lui qui demandait l'aumône, assis à la Belle Porte du Temple. Et l'on fut rempli d'effroi et de stupeur au sujet de ce qui lui était arrivé. |
11 Comme il ne lâchait pas Pierre et Jean, tous, hors d'eux-mêmes, accoururent vers eux au portique dit de Salomon. |
12 A cette vue, Pierre s'adressa au peuple : " Hommes d'Israël, pourquoi vous étonner de cela ? Qu'avez-vous à nous regarder, comme si c'était par notre propre puissance ou grâce à notre piété que nous avons fait marcher cet homme ? |
13 Le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères a glorifié son serviteur Jésus que vous, vous avez livré et que vous avez renié devant Pilate, alors qu'il était décidé à le relâcher. |
14 Mais vous, vous avez chargé le Saint et le Juste; vous avez réclamé la grâce d'un assassin, |
15 tandis que vous faisiez mourir le prince de la vie. Dieu l'a ressuscité des morts : nous en sommes témoins. |
16 Et par la foi en son nom, à cet homme que vous voyez et connaissez, ce nom même a rendu la force, et c'est la foi en lui qui, devant vous tous, l'a rétabli en pleine santé. |
17 " Cependant, frères, je sais que c'est par ignorance que vous avez agi, ainsi d'ailleurs que vos chefs. |
18 Dieu, lui, a ainsi accompli ce qu'il avait annoncé d'avance par la bouche de tous les prophètes, que son Christ souffrirait. |
19 Repentez-vous donc et convertissez-vous, afin que vos péchés soient effacés, |
20 et qu'ainsi le Seigneur fasse venir le temps du répit. Il enverra alors le Christ qui vous a été destiné, Jésus, |
21 celui que le ciel doit garder jusqu'aux temps de la restauration universelle dont Dieu a parlé par la bouche de ses saints prophètes. |
22 Moïse, d'abord, a dit : Le Seigneur Dieu vous suscitera d'entre vos frères un prophète semblable à moi ; vous l'écouterez en tout ce qu'il vous dira. |
23 Quiconque n'écoutera pas ce prophète sera exterminé du sein du peuple. |
24 Tous les prophètes, ensuite, qui ont parlé depuis Samuel et ses successeurs, ont pareillement annoncé ces jours-ci. |
25 " Vous êtes, vous, les fils des prophètes et de l'alliance que Dieu a conclue avec nos pères quand il a dit à Abraham : Et en ta postérité seront bénies toutes les familles de la terre. |
26 C'est pour vous d'abord que Dieu a ressuscité son Serviteur et l'a envoyé vous bénir, du moment que chacun de vous se détourne de ses perversités. " |
La réponse de l'apôtre Pierre à l'homme infirme assis à l'entrée du Temple de Jérusalem nous invite, nous aussi, à réfléchir à ce que nous pouvons donner au monde qui nous entoure. Le monde a effectivement le plus souvent soif « d'or et d'argent », que le christianisme n'est pas en mesure de lui donner. Mais, au fond, le monde n'a pas soif de cela seulement : il attend la guérison et veut connaître la vérité sur lui-même et sur Dieu. Le livre des Actes nous donne de merveilleux exemples de la manière dont les apôtres apportent la paix, la guérison et le sens à ceux qui les entourent. Pierre et Jean ne se contentent pas de guérir l'infirme, en soulignant que cela s'est produit non par leur propre puissance mais par celle de Dieu ; en quelques paroles d'une extraordinaire densité, ils révèlent aussi aux Israélites le sens de leur histoire et de leur élection par Dieu, et leur indiquent le centre de leurs aspirations et de leurs espérances : le Christ. Dans les conditions d'aujourd'hui, le Seigneur attend tout cela du christianisme, de l'Église et de nous aussi.
22 Après cela, Jésus vint avec ses disciples au pays de Judée et il y séjourna avec eux, et il baptisait. |
23 Jean aussi baptisait, à Aenon, près de Salim, car les eaux y abondaient, et les gens se présentaient et se faisaient baptiser. |
24 Jean, en effet, n'avait pas encore été jeté en prison. |
25 Il s'éleva alors une discussion entre les disciples de Jean et un Juif à propos de purification: |
26 ils vinrent trouver Jean et lui dirent : " Rabbi, celui qui était avec toi de l'autre côté du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise et tous viennent à lui ! " |
27 Jean répondit : " Un homme ne peut rien recevoir, si cela ne lui a été donné du ciel. |
28 Vous-mêmes, vous m'êtes témoins que j'ai dit : "Je ne suis pas le Christ, mais je suis envoyé devant lui. " |
29 Qui a l'épouse est l'époux; mais l'ami de l'époux qui se tient là et qui l'entend, est ravi de joie à la voix de l'époux. Telle est ma joie, et elle est complète. |
30 Il faut que lui grandisse et que moi je décroisse. |
31 Celui qui vient d'en haut est au-dessus de tous; celui qui est de la terre est terrestre et parle en terrestre. Celui qui vient du ciel |
32 témoigne de ce qu'il a vu et entendu, et son témoignage, nul ne l'accueille. |
33 Qui accueille son témoignage certifie que Dieu est véridique; |
34 en effet, celui que Dieu a envoyé prononce les paroles de Dieu, car il donne l'Esprit sans mesure. |
35 Le Père aime le Fils et a tout remis dans sa main. |
Ces paroles de Jean le Baptiste sont sans doute celles qui conviennent le mieux pour décrire la vie d'un homme qui a compris pourquoi il vit. Car tant que le fondement de la vie humaine, son sens, demeure l'homme lui-même, sa vie, son amour, sa foi, son exploit, il ne pourra jamais dire: « Il faut que je diminue ». Au contraire, il dira: « Mon but, c'est ma croissance; je veux en savoir davantage, voir davantage, vivre davantage, faire davantage... » La frontière qui sépare une telle vie de la vie des prophètes et des apôtres, où, selon Paul, « ce n'est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi » (Ga 2:20), est très fine. Oui, nous devons réellement beaucoup apprendre, comprendre, vivre et faire; mais c'est seulement sur ce chemin de diminution que nous attend la vocation la plus haute du monde: devenir l'ami de l'Époux, et ne pas rester « terrestre, parlant des choses terrestres ».
31 Celui qui vient d'en haut est au-dessus de tous; celui qui est de la terre est terrestre et parle en terrestre. Celui qui vient du ciel |
32 témoigne de ce qu'il a vu et entendu, et son témoignage, nul ne l'accueille. |
33 Qui accueille son témoignage certifie que Dieu est véridique; |
34 en effet, celui que Dieu a envoyé prononce les paroles de Dieu, car il donne l'Esprit sans mesure. |
35 Le Père aime le Fils et a tout remis dans sa main. |
36 Qui croit au Fils a la vie éternelle ; qui refuse de croire au Fils ne verra pas la vie ; mais la colère de Dieu demeure sur lui. " |
Comme Jésus parle simplement de Lui-même. Il déclare avec calme qu'Il est le Fils de Dieu, qu'Il est venu d'en haut et qu'Il est donc au-dessus de tous... Et avec le même calme, Il constate que personne ne reçoit Son témoignage. Alors pourquoi témoigner ? C'est ainsi que nous raisonnons habituellement : de toute façon, personne ne nous écoutera, alors pourquoi parler ? Nous resterons assis en silence ; après tout, avons-nous le monopole de la vérité ? Est-ce à nous de nous en charger plus qu'aux autres ? Jésus regarde la situation autrement. La Vérité, c'est Lui-même. La Vérité est ce qui doit être proclamé. Il prononce les paroles de Dieu parce qu'elles sont d'une importance suprême, et non parce qu'un nombre suffisant d'auditeurs s'est rassemblé. Ce qui compte pour Lui, c'est de témoigner de ce qu'Il a vu et entendu ; viendront ensuite des hommes qui accueilleront Son témoignage et attesteront ainsi que Dieu est vrai... Et pour nous, qu'est-ce qui vient en premier : le témoignage rendu à Dieu ou des conditions favorables pour rendre ce témoignage ?
33 Qui accueille son témoignage certifie que Dieu est véridique; |
34 en effet, celui que Dieu a envoyé prononce les paroles de Dieu, car il donne l'Esprit sans mesure. |
Parfois, après avoir accompli une bonne action, on peut sentir un afflux de forces. Nous sommes habitués à ce qu’en travaillant nous dépensions des forces et de l’énergie, et qu’en prenant de la nourriture nous les restaurions. Mais une telle logique n’est propre qu’à l’état déchu de la nature humaine, que nous considérons comme « naturel ». Selon le dessein de Dieu, c’est précisément Dieu qui est la source de la vie et le donateur des forces, tandis que l’homme est collaborateur de Dieu et conducteur de sa grâce dans le monde qui l’entoure. Ainsi, c’est précisément le don de soi de l’homme qui se révèle participation à la source de la vie et véritable rassasiement de l’homme, parce que la soif principale de l’homme est la soif d’amour. Jésus donne à ses disciples l’exemple d’un tel rassasiement en conduisant la Samaritaine à une foi qui transforme sa vie et en accomplissant ainsi la volonté du Père qui l’a envoyé.
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