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RÉFLEXIONS pour Lv 13:1-28

Yahvé parla à Moïse et à Aaron, et dit:
S'il se forme sur la peau d'un homme une tumeur, une dartre ou une tache, un cas de lèpre de la peau est à prévoir. On le conduira à Aaron, le prêtre, ou à l'un des prêtres ses fils.
Le prêtre examinera le mal sur la peau. Si à l'endroit malade le poil a viré au blanc, si ce mal fait un creux dans l'épiderme, c'est bien un cas de lèpre; après observation le prêtre déclarera l'homme impur.
Mais si sur la peau il y a une tache blanche, sans dépression visible de la peau et sans blanchissement du poil, le prêtre séquestrera le malade pendant sept jours.
Il l'examinera le septième jour. S'il constate de ses propres yeux que le mal subsiste sans se développer sur la peau, il le séquestrera encore durant sept jours
et l'examinera à nouveau le septième jour. S'il constate que le mal est devenu mat et ne s'est pas développé sur la peau, le prêtre déclarera pur cet homme: il s'agit d'une dartre. Après avoir nettoyé ses vêtements il sera pur.
Mais si la dartre s'est développée sur la peau après que le malade a été examiné par le prêtre et déclaré pur, il se présentera à lui de nouveau.
Après l'avoir examiné et après avoir constaté le développement de la dartre sur la peau, le prêtre le déclarera impur : il s'agit de lèpre.
Lorsque apparaîtra sur un homme un mal du genre lèpre, on le conduira au prêtre.
10 Le prêtre l'examinera, et s'il constate sur la peau une tumeur blanchâtre avec blanchissement du poil et production d'un ulcère,
11 c'est une lèpre invétérée sur la peau. Le prêtre le déclarera impur. Il ne le séquestrera pas, sans aucun doute il est impur.
12 Mais si la lèpre prolifère sur la peau, si la maladie la recouvre tout entière et s'étend de la tête aux pieds, où que regarde le prêtre,
13 celui-ci examinera le malade et, constatant que la lèpre recouvre tout son corps, il déclarera pur le malade. Puisque tout a viré au blanc, il est pur.
14 Toutefois, le jour où apparaîtra sur lui un ulcère, il sera impur.
15 Après examen de l'ulcère, le prêtre le déclarera impur: l'ulcère est chose impure, c'est de la lèpre.
16 Mais si l'ulcère redevient blanc, l'homme ira trouver le prêtre,
17 celui-ci l'examinera et, s'il constate que le mal a viré au blanc, il déclarera pur le malade : il est pur.
18 Lorsqu'il s'est produit sur la peau de quelqu'un un ulcère qui a guéri,
19 s'il se forme à la place de l'ulcère une tumeur blanchâtre ou une tache d'un blanc rougeâtre, cet homme se montrera au prêtre.
20 Celui-ci l'examinera; s'il constate un affaissement visible de la peau et un blanchissement du poil, le prêtre le déclarera impur: c'est un cas de lèpre qui prolifère dans un ulcère.
21 Si, à l'examen, le prêtre ne constate ni poils blancs, ni affaissement de la peau, mais un ternissement du mal, il séquestrera sept jours le malade.
22 Il le déclarera impur si le mal s'est développé sur la peau: c'est un cas de lèpre.
23 Mais si la tache est restée stationnaire sans s'étendre, c'est la cicatrice de l'ulcère : le prêtre déclarera cet homme pur.
24 Lorsqu'il s'est produit sur la peau de quelqu'un une brûlure, s'il se forme sur la brûlure un abcès, une tache blanc-rougeâtre ou blanchâtre,
25 le prêtre l'examinera. S'il constate un blanchissement du poil ou un affaissement visible de la tache dans la peau, c'est la lèpre qui prolifère dans la brûlure. Le prêtre déclarera l'homme impur: c'est un cas de lèpre.
26 Si au contraire le prêtre, à l'examen, ne constate point de poils blancs dans la tache ni d'affaissement de la peau mais un ternissement de cette tache, le prêtre le séquestrera sept jours.
27 Il l'examinera le septième jour et, si le mal s'est étendu sur la peau, il le déclarera impur: c'est un cas de lèpre.
28 Si la tache est restée stationnaire sans s'étendre sur la peau, si elle s'est au contraire ternie, ce n'est qu'une tumeur due à la brûlure. Le prêtre déclarera l'homme pur, ce n'est que la cicatrice de la brûlure.
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Maladie et impureté, maladie et péché, le lien entre eux : voilà un thème ancien et controversé. Il y a encore relativement peu de temps (à l’échelle historique, bien sûr), la lèpre était considérée comme une maladie non seulement contagieuse, mais aussi impure, souillante. On se référait alors justement au Lévitique : tout y paraît sans équivoque. Pourtant, déjà à cette époque, et plus encore aujourd’hui, une question naturelle se pose : pourquoi précisément la lèpre ?

Oui, la lèpre est une maladie contagieuse, mais il en existe d’autres, tout aussi dangereuses : la peste, par exemple, ou la variole, ou le choléra, ou le charbon. Toutes ces maladies étaient connues dans l’Antiquité, mais, pour une raison donnée, c’est précisément la lèpre qui est particulièrement mise en avant dans le Lévitique. Si l’on réduit le problème à la médecine, à l’hygiène, aux mesures contre les épidémies, la question reste sans réponse. De quoi s’agit-il alors ?

Le choléra est une maladie mortelle, comme la peste et le charbon. Toutes tuent l’homme, parfois dans les souffrances, mais toujours assez vite. Souvent même aujourd’hui, lorsqu’il n’y a pas de soins médicaux appropriés. Pourtant, la mort en elle-même, dans l’Antiquité, n’était pas un si grand problème, aussi terrible que cela puisse sonner aux oreilles de notre contemporain. Dans l’Antiquité (et au Moyen Âge aussi), personne ne « vénérait la vie ». Les gens vivaient simplement, comme Dieu leur donnait de vivre. À leur heure, ils se réjouissaient ; à leur heure, ils souffraient ; à leur heure, ils naissaient ; à leur heure, ils mouraient.

Celui qui voulait sortir de ce cercle cherchait sa voie ; parfois il la trouvait, parfois non. Les émotions au sujet de la brièveté de la vie, de la proximité de la mort ou de quelque chose de ce genre étaient tenues pour superflues. On se réjouissait de joies concrètes, on s’attristait de peines concrètes, on souffrait de souffrances concrètes : chaque chose en son temps. Ce qui était vraiment considéré comme terrible et absurde, ce n’était pas la mort, mais la vie dans l’agonie.

Voilà pourquoi la lèpre est devenue le symbole précisément de quelque chose de semblable : la vie dans l’agonie. À peu près comme le cancer l’est devenu pour nous aujourd’hui, surtout lorsqu’il se prolonge longtemps, douloureusement, sans jamais finir ; mais le cancer était très rare dans l’Antiquité. La lèpre, elle, se rencontrait bien plus souvent qu’aujourd’hui dans notre monde, et elle était incurable. L’homme vivait en mourant, parfois pendant des décennies, et la question surgissait malgré lui : pourquoi ? Répondre à la question du péché humain dans un tel cas est presque impossible, du moins pour l’homme ; mais constater le fait de l’impureté est tout à fait possible. C’est ce qui fut fait, simplement d’après les faits. Comme tout à cette époque.

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