22 Et tous lui rendaient témoignage et étaient en admiration devant les paroles pleines de grâce qui sortaient de sa bouche. Et ils disaient : " N'est-il pas le fils de Joseph, celui-là ? " |
23 Et il leur dit : " A coup sûr, vous allez me citer ce dicton : Médecin, guéris-toi toi-même. Tout ce qu'on nous a dit être arrivé à Capharnaüm, fais-le de même ici dans ta patrie. " |
24 Et il dit : " En vérité, je vous le dis, aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie. |
25 " Assurément, je vous le dis, il y avait beaucoup de veuves en Israël aux jours d'Élie, lorsque le ciel fut fermé pour trois ans et six mois, quand survint une grande famine sur tout le pays ; |
26 et ce n'est à aucune d'elles que fut envoyé Élie, mais bien à une veuve de Sarepta, au pays de Sidon. |
27 Il y avait aussi beaucoup de lépreux en Israël au temps du prophète Élisée ; et aucun d'eux ne fut purifié, mais bien Naaman, le Syrien. " |
28 Entendant cela, tous dans la synagogue furent remplis de fureur. |
29 Et, se levant, ils le poussèrent hors de la ville et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline sur laquelle leur ville était bâtie, pour l'en précipiter. |
30 Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin... |
Le Seigneur vient vers celui vers qui Lui-même veut venir. La venue de Dieu dans la vie de l’homme n’est pas une récompense pour tels ou tels mérites, qu’il s’agisse d’exploits ascétiques ou d’une piété idéale. Le Seigneur vient vers ceux qui en ont besoin à en mourir. Mais les nécessiteux sont nombreux. Choisit-Il donc parmi eux les plus humiliés ? Peut-être cela concerne-t-il dans une certaine mesure la veuve de Sarepta de Sidon, mais certainement pas le chef de l’armée du roi de Syrie. Cela signifie que le Seigneur choisit d’une manière inconnue de l’homme. Ici, personne ne trouvera jamais de loi. Car le Seigneur est vivant, et tout ce qui est vivant ne se laisse jamais enfermer jusqu’au bout dans des lois. Pour nous, au contraire, la loi est le seul appui de l’esprit, la seule chose qui nous donne quelque assurance. Mais c’est précisément cette assurance qui nous égare. Comme les habitants de Nazareth étaient sûrs de connaître, de bien connaître cet homme, Jésus ! Mais c’est justement cette assurance qui les empêche de voir en Lui Dieu.
Il ne faut pas penser pour autant que le Seigneur jouerait en quelque sorte avec nous, qu’Il se donnerait simplement pour but de nous étonner, car ici tout est trop sérieux. Il s’agit de vies humaines. Ce n’est évidemment pas cela qui est dit ici. Simplement, à nous précisément, la providence de Dieu et toute la complexité de Ses voies sont incompréhensibles. « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas Mes voies, dit le Seigneur » (Is 55:8). C’est cette non-correspondance qui nous pousse parfois à nous étonner : pourquoi la grâce est-elle descendue précisément sur cette personne, pourquoi précisément ainsi, précisément à ce moment, alors qu’il est évident qu’autour d’elle il y en a de bien plus dignes ou de plus nécessiteux ? Nous devons simplement essayer de croire que tout ce qui arrive selon Sa volonté arrive de la manière la plus nécessaire pour les chemins de la grâce.
24 Et il dit : " En vérité, je vous le dis, aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie. |
25 " Assurément, je vous le dis, il y avait beaucoup de veuves en Israël aux jours d'Élie, lorsque le ciel fut fermé pour trois ans et six mois, quand survint une grande famine sur tout le pays ; |
26 et ce n'est à aucune d'elles que fut envoyé Élie, mais bien à une veuve de Sarepta, au pays de Sidon. |
27 Il y avait aussi beaucoup de lépreux en Israël au temps du prophète Élisée ; et aucun d'eux ne fut purifié, mais bien Naaman, le Syrien. " |
28 Entendant cela, tous dans la synagogue furent remplis de fureur. |
29 Et, se levant, ils le poussèrent hors de la ville et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline sur laquelle leur ville était bâtie, pour l'en précipiter. |
30 Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin... |
Les gens ont des attitudes différentes envers leurs maladies: les uns y pensent tout le temps, d'autres, au contraire, essaient de les oublier. Les uns se plaignent, d'autres se taisent et font semblant de ne pas être malades. Mais presque tous veulent quand même être guéris. Il est vrai que ce désir lui aussi peut être différent. Naaman désirait probablement très ardemment la guérison. Il la désirait et croyait qu'elle était possible. C'est précisément cette foi qui ouvrit ses oreilles aux paroles de la petite servante. Il n'entendit pas seulement ses paroles au sujet du prophète, il y crut et osa en parler au roi.
Oui, il était «un grand homme auprès de son maître». Mais plus on est haut placé, plus il est effrayant de se couvrir de ridicule, de se déshonorer. Quand il arriva chez Élisée, celui-ci ne sortit même pas sur le seuil vers Naaman, mais transmit l'instruction par l'intermédiaire d'un serviteur. Et Naaman fut déçu, se mit en colère, refusa d'accepter la manière dont le Seigneur avait décidé d'agir dans cette situation.
Combien souvent nous avons une réaction semblable lorsque nos plans soigneusement réfléchis ne se réalisent pas; mais, heureusement, Dieu avait donné à Naaman le don d'écouter les personnes qui l'entouraient. Malgré le fait qu'il ne s'agisse que de serviteurs, le désir de guérison et la confiance en Dieu conduisent Naaman plus loin. Et le Seigneur récompense la confiance de ses enfants par la guérison du corps et de l'âme.
24 Et il dit : " En vérité, je vous le dis, aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie. |
Que cela soit vrai ne fait aucun doute : chacun peut se rappeler ses relations avec ses plus proches parents. Mais pourquoi en est-il ainsi ? Peut-être parce que nous nous attendons à ce qu’un prophète — soit quelque chose d’inhabituel, presque un surhomme, alors que Dieu donne le don de prophétie à des personnes tout à fait ordinaires. Si nous ne connaissons pas une telle personne de près, elle est inhabituelle pour nous et nous sommes prêts à la prendre pour un prophète ; mais chez une personne proche, qu’y a-t-il donc d’inhabituel ? Alors nous prenons facilement pour des prophéties toutes sortes d’idées venues de l’extérieur, tandis que nos propres prophètes, des Vernadski, des Vavilov, des Soljenitsyne et autres, nous les tournons en dérision, les faisons pourrir dans les camps, les expulsons du pays. Après tout, l’oreille absolue est aussi un don, mais elle ne dépend absolument pas du fait que nous l’acceptions ou non ; tandis que la prophétie, si elle n’est pas entendue, semble ne pas exister. Et tant mieux, car le prophète dit rarement des choses qui nous plaisent !
Et maintenant la question principale : que devons-nous faire de cela ? Il faut chercher la réponse dans l’Évangile. Nous sommes appelés à aimer — le proche comme le lointain, en voyant en lui l’image de Dieu, et donc un mystère jamais pleinement compréhensible. Alors chaque personne est étonnante pour nous, et par chacune Dieu peut nous dire quelque chose de très important.
30 Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin... |
Parfois, la plénitude de la vie de Dieu en Jésus se manifeste de manière inhabituelle et inattendue. La foule est prête à Le saisir, mais Lui, d'une façon ou d'une autre, passe au milieu d'elle. Soit inaperçu, soit invulnérable. Peut-être les deux à la fois. L'évangéliste n'explique pas comment Il réussit à traverser la foule agressive. Il est passé tout simplement près d'elle.
Il se mouvait dans une autre dimension, dans un autre espace, l'espace de Son Royaume, qui n'a jamais été fermé pour Lui, même lorsqu'extérieurement rien ne Le distinguait des autres hommes. On ne Le voyait pas parce qu'Il aurait utilisé des méthodes particulières pour Se cacher, comme un bonnet d'invisibilité de conte, mais parce qu'Il était passé là où ceux qui Le poursuivaient ne pouvaient pénétrer, bien qu'ils continuaient à Le voir.
À peu près comme après Sa résurrection, lorsqu'Il fut visible pour Ses disciples marchant vers Emmaüs, tout en se tenant dans le Royaume, dont la frontière avec le monde non transfiguré passait justement par la route qu'ils suivaient, de sorte qu'Il se trouvait d'un côté de la frontière et eux de l'autre. Il Lui suffisait de s'éloigner de la frontière vers la profondeur du Royaume pour disparaître aux yeux des apôtres. Mais près de la frontière, Il était visible même à ceux qui n'étaient pas encore entrés dans le Royaume. Ainsi la foule pouvait Le voir sans entrer dans Son Royaume. Mais Le toucher, Le saisir, était impossible.
Cette invulnérabilité paraît étrange au regard de tout ce qui arriva ensuite, lorsqu'Il fut pourtant arrêté, jugé, exécuté. S'Il pouvait devenir invulnérable à la foule alors, qu'est-ce qui L'empêchait de faire la même chose plus tard? Techniquement, rien. Les paroles qu'Il prononça au jardin de Gethsémani au sujet des légions d'anges n'étaient pas une allégorie; c'était la constatation d'un fait, l'indication d'une possibilité bien réelle dont Il ne pouvait toutefois user que s'Il décidait de violer la volonté de Son Père céleste.
Dans la vie de Jésus, rien n'était forcé ni inévitable au sens où ces choses existent pour nous. Sa vie était déterminée seulement par Son choix et par les décisions de Son Père, qu'Il recevait et percevait comme les Siennes propres. Il ne pouvait pas ne pas aller à la croix, non parce qu'Il n'avait pas d'autre issue, mais parce qu'autrement Il n'aurait pas accompli ce pour quoi Il était venu dans le monde. Mais alors, à Nazareth, il était encore trop tôt pour Lui de mourir. Et Il s'en alla. Il s'éloigna de la foule en passant par la route de Son Royaume. Route qui, traversant notre monde déchu, L'aida alors à échapper aux mains de la foule hostile, avant de Le conduire plus tard à la croix.
16 Il vint à Nazara où il avait été élevé, entra, selon sa coutume le jour du sabbat, dans la synagogue, et se leva pour faire la lecture. |
17 On lui remit le livre du prophète Isaïe et, déroulant le livre, il trouva le passage où il était écrit: |
18 L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, |
19 proclamer une année de grâce du Seigneur. |
20 Il replia le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous dans la synagogue tenaient les yeux fixés sur lui. |
21 Alors il se mit à leur dire : " Aujourd'hui s'accomplit à vos oreilles ce passage de l'Écriture. " |
22 Et tous lui rendaient témoignage et étaient en admiration devant les paroles pleines de grâce qui sortaient de sa bouche. Et ils disaient : " N'est-il pas le fils de Joseph, celui-là ? " |
23 Et il leur dit : " A coup sûr, vous allez me citer ce dicton : Médecin, guéris-toi toi-même. Tout ce qu'on nous a dit être arrivé à Capharnaüm, fais-le de même ici dans ta patrie. " |
24 Et il dit : " En vérité, je vous le dis, aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie. |
25 " Assurément, je vous le dis, il y avait beaucoup de veuves en Israël aux jours d'Élie, lorsque le ciel fut fermé pour trois ans et six mois, quand survint une grande famine sur tout le pays ; |
26 et ce n'est à aucune d'elles que fut envoyé Élie, mais bien à une veuve de Sarepta, au pays de Sidon. |
27 Il y avait aussi beaucoup de lépreux en Israël au temps du prophète Élisée ; et aucun d'eux ne fut purifié, mais bien Naaman, le Syrien. " |
28 Entendant cela, tous dans la synagogue furent remplis de fureur. |
29 Et, se levant, ils le poussèrent hors de la ville et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline sur laquelle leur ville était bâtie, pour l'en précipiter. |
30 Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin... |
31 Il descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il les enseignait le jour du sabbat. |
32 Et ils étaient frappés de son enseignement, car il parlait avec autorité. |
33 Dans la synagogue il y avait un homme ayant un esprit de démon impur, et il cria d'une voix forte: |
34 " Ah ! que nous veux-tu, Jésus le Nazarénien ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : le Saint de Dieu. " |
35 Et Jésus le menaça en disant : " Tais-toi, et sors de lui. " Et le précipitant au milieu, le démon sortit de lui sans lui faire aucun mal. |
36 La frayeur les saisit tous, et ils se disaient les uns aux autres : " Quelle est cette parole ? Il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs et ils sortent ! " |
37 Et un bruit se propageait à son sujet en tout lieu de la région. " |
38 Partant de la synagogue, il entra dans la maison de Simon. La belle-mère de Simon était en proie à une forte fièvre, et ils le prièrent à son sujet. |
39 Se penchant sur elle, il menaça la fièvre, et elle la quitta ; à l'instant même, se levant elle les servait. |
40 Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des malades atteints de maux divers les lui amenèrent, et lui, imposant les mains à chacun d'eux, il les guérissait. |
41 D'un grand nombre aussi sortaient des démons, qui vociféraient en disant : " Tu es le Fils de Dieu ! " Mais, les menaçant, il ne leur permettait pas de parler, parce qu'ils savaient qu'il était le Christ. |
42 Le jour venu, il sortit et se rendit dans un lieu désert. Les foules le cherchaient et, l'ayant rejoint, elles voulaient le retenir et l'empêcher de les quitter. |
43 Mais il leur dit : " Aux autres villes aussi il me faut annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu, car c'est pour cela que j'ai été envoyé. " |
44 Et il prêchait dans les synagogues de la Judée. |
En Christ s'est accomplie la prophétie. Mais de qui parle-t-elle? On peut encore comprendre pourquoi la guérison revient aux coeurs brisés, la libération aux captifs et la vue aux aveugles. Mais pourquoi la joie n'est-elle promise qu'aux pauvres, et la liberté seulement aux opprimés? Et moi, qu'est-ce que j'ai à voir là-dedans? Bien sûr, il m'arrive d'être opprimé, mais pas tout le temps!
Il n'est pas étonnant que, dans la synagogue, tous n'aient pas réagi comme il fallait... Mais peut-être faut-il tout de même essayer de relire ce passage encore une fois et de s'efforcer d'entrer dans le sens de ces paroles, de découvrir en soi le besoin, la soif de libération et de guérison? Sinon Jésus devra de nouveau aller dans une autre ville...
16 Il vint à Nazara où il avait été élevé, entra, selon sa coutume le jour du sabbat, dans la synagogue, et se leva pour faire la lecture. |
17 On lui remit le livre du prophète Isaïe et, déroulant le livre, il trouva le passage où il était écrit: |
18 L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, |
19 proclamer une année de grâce du Seigneur. |
20 Il replia le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous dans la synagogue tenaient les yeux fixés sur lui. |
21 Alors il se mit à leur dire : " Aujourd'hui s'accomplit à vos oreilles ce passage de l'Écriture. " |
22 Et tous lui rendaient témoignage et étaient en admiration devant les paroles pleines de grâce qui sortaient de sa bouche. Et ils disaient : " N'est-il pas le fils de Joseph, celui-là ? " |
23 Et il leur dit : " A coup sûr, vous allez me citer ce dicton : Médecin, guéris-toi toi-même. Tout ce qu'on nous a dit être arrivé à Capharnaüm, fais-le de même ici dans ta patrie. " |
24 Et il dit : " En vérité, je vous le dis, aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie. |
25 " Assurément, je vous le dis, il y avait beaucoup de veuves en Israël aux jours d'Élie, lorsque le ciel fut fermé pour trois ans et six mois, quand survint une grande famine sur tout le pays ; |
26 et ce n'est à aucune d'elles que fut envoyé Élie, mais bien à une veuve de Sarepta, au pays de Sidon. |
27 Il y avait aussi beaucoup de lépreux en Israël au temps du prophète Élisée ; et aucun d'eux ne fut purifié, mais bien Naaman, le Syrien. " |
28 Entendant cela, tous dans la synagogue furent remplis de fureur. |
29 Et, se levant, ils le poussèrent hors de la ville et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline sur laquelle leur ville était bâtie, pour l'en précipiter. |
30 Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin... |
31 Il descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il les enseignait le jour du sabbat. |
32 Et ils étaient frappés de son enseignement, car il parlait avec autorité. |
33 Dans la synagogue il y avait un homme ayant un esprit de démon impur, et il cria d'une voix forte: |
34 " Ah ! que nous veux-tu, Jésus le Nazarénien ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : le Saint de Dieu. " |
35 Et Jésus le menaça en disant : " Tais-toi, et sors de lui. " Et le précipitant au milieu, le démon sortit de lui sans lui faire aucun mal. |
36 La frayeur les saisit tous, et ils se disaient les uns aux autres : " Quelle est cette parole ? Il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs et ils sortent ! " |
37 Et un bruit se propageait à son sujet en tout lieu de la région. " |
38 Partant de la synagogue, il entra dans la maison de Simon. La belle-mère de Simon était en proie à une forte fièvre, et ils le prièrent à son sujet. |
39 Se penchant sur elle, il menaça la fièvre, et elle la quitta ; à l'instant même, se levant elle les servait. |
40 Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des malades atteints de maux divers les lui amenèrent, et lui, imposant les mains à chacun d'eux, il les guérissait. |
41 D'un grand nombre aussi sortaient des démons, qui vociféraient en disant : " Tu es le Fils de Dieu ! " Mais, les menaçant, il ne leur permettait pas de parler, parce qu'ils savaient qu'il était le Christ. |
42 Le jour venu, il sortit et se rendit dans un lieu désert. Les foules le cherchaient et, l'ayant rejoint, elles voulaient le retenir et l'empêcher de les quitter. |
43 Mais il leur dit : " Aux autres villes aussi il me faut annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu, car c'est pour cela que j'ai été envoyé. " |
44 Et il prêchait dans les synagogues de la Judée. |
La lecture d'aujourd'hui nous invite à méditer la vérité exprimée dans un aphorisme bien connu, dont l'origine évangélique est cependant loin d'être connue de tous aujourd'hui: nul n'est prophète en son pays (v. 24). En citant un passage messianique du livre d'Isaïe, Jésus se désigne très clairement comme celui dont parlait le prophète (v. 17-21). À première vue, la réaction de ses auditeurs est paradoxale: d'un côté ils approuvent Jésus, de l'autre ils commencent aussitôt à douter. Comment leur compatriote, qu'ils connaissent depuis l'enfance, pourrait-il prétendre être le Messie (v. 22)? Et ils exigent de lui des miracles non comme témoignages du Royaume, mais comme preuves de sa messianité (v. 23). C'est alors que Jésus prononce les paroles amères sur le prophète dans son propre pays (v. 24).
Mais la réaction paradoxale des auditeurs de Jésus était au fond tout à fait compréhensible, et pas seulement parce que « les grandes choses se voient de loin ». Il s'agissait ici de la simple habitude, qui se révèle souvent l'un des obstacles les plus sérieux sur le chemin spirituel. Ce n'est pas un hasard si leurs doutes s'appuient sur l'idée qu'ils le connaissent depuis l'enfance: « N'est-ce pas là le fils de Joseph? » Comment alors parler de messianité? Bien sûr, si des personnes faisant autorité ou des instances officielles avaient reconnu Jésus et l'avaient directement désigné comme le Messie, ils l'auraient sans aucun doute accueilli avec joie et auraient été fiers de lui comme d'un compatriote célèbre. Mais il n'y avait aucune reconnaissance officielle, et les habitants de la ville devaient décider eux-mêmes. Or la force de l'habitude pesait sur eux.
L'homme déchu a tendance à voir la réalité non telle qu'elle est, mais telle qu'il a l'habitude de la voir. Les clichés sont ordinaires et répandus, et ils n'apparaissent pas sans raison: la schématisation et l'emploi de modèles tout faits pour décrire la réalité constituent une sorte de mécanisme d'adaptation psychologique de l'homme au réel, dont il ne peut plus se passer après la chute. Mais ce même mécanisme d'adaptation empêche souvent l'homme de voir ce qui est nouveau et inhabituel. Il lui propose des schémas et des modèles prêts à l'emploi là où ils ne conviennent pas, face à des réalités qui n'entrent dans aucun schéma et qu'aucun modèle ne peut décrire.
Le Royaume dont Jésus témoigne est précisément une telle réalité. Il ne rentre dans aucun cadre familier. Mais les compatriotes de Jésus ne veulent pas perdre ces cadres habituels; ils sont prêts à les défendre à tout prix, et Jésus n'y entre absolument pas: un Messie non reconnu, un fauteur de troubles, quelqu'un qui se fait passer pour on ne sait qui et revendique ce que personne, dans leur petite ville, n'avait jamais revendiqué ni jamais osé revendiquer. C'est ainsi qu'il se présenta aux habitants de Nazareth. Il ne leur resta qu'un moyen: se débarrasser de leur compatriote beaucoup trop dérangeant. Et ils l'auraient fait s'ils l'avaient pu (v. 28-30).
On le voit, ce ne sont pas seulement la haine des rigoristes religieux et les jeux des politiciens qui conduisent Jésus à la croix. L'étroitesse de la nature humaine déchue l'y pousse elle aussi.
16 Il vint à Nazara où il avait été élevé, entra, selon sa coutume le jour du sabbat, dans la synagogue, et se leva pour faire la lecture. |
17 On lui remit le livre du prophète Isaïe et, déroulant le livre, il trouva le passage où il était écrit: |
18 L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, |
19 proclamer une année de grâce du Seigneur. |
20 Il replia le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous dans la synagogue tenaient les yeux fixés sur lui. |
21 Alors il se mit à leur dire : " Aujourd'hui s'accomplit à vos oreilles ce passage de l'Écriture. " |
22 Et tous lui rendaient témoignage et étaient en admiration devant les paroles pleines de grâce qui sortaient de sa bouche. Et ils disaient : " N'est-il pas le fils de Joseph, celui-là ? " |
23 Et il leur dit : " A coup sûr, vous allez me citer ce dicton : Médecin, guéris-toi toi-même. Tout ce qu'on nous a dit être arrivé à Capharnaüm, fais-le de même ici dans ta patrie. " |
24 Et il dit : " En vérité, je vous le dis, aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie. |
25 " Assurément, je vous le dis, il y avait beaucoup de veuves en Israël aux jours d'Élie, lorsque le ciel fut fermé pour trois ans et six mois, quand survint une grande famine sur tout le pays ; |
26 et ce n'est à aucune d'elles que fut envoyé Élie, mais bien à une veuve de Sarepta, au pays de Sidon. |
27 Il y avait aussi beaucoup de lépreux en Israël au temps du prophète Élisée ; et aucun d'eux ne fut purifié, mais bien Naaman, le Syrien. " |
28 Entendant cela, tous dans la synagogue furent remplis de fureur. |
29 Et, se levant, ils le poussèrent hors de la ville et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline sur laquelle leur ville était bâtie, pour l'en précipiter. |
30 Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin... |
Dans le monde antique, « annoncer la Bonne Nouvelle » signifiait apporter la nouvelle d'une victoire sur l'ennemi. En choisissant ce mot pour décrire Sa mission, Jésus dit à Ses compatriotes étonnés que Dieu L'a envoyé comme héraut de Sa victoire, de l'avènement de Son Royaume éternel. Mais Il va au-delà de la référence à la prophétie biblique, et c'est cela qui choque tout particulièrement Ses auditeurs : en citant Isaïe, Jésus omet les paroles sur « la vengeance de notre Dieu » (Is 61,2) et récuse la supériorité des Israélites sur les païens dans le Royaume qui vient. Outre la victoire sur les forces du mal, manifestée dans la guérison du possédé, le Christ apporte la nouvelle de la victoire sur la vengeance et la haine. Cette victoire a été remportée par le Seigneur Jésus Lui-même et doit être remportée par quiconque voudra être Son disciple.
16 Il vint à Nazara où il avait été élevé, entra, selon sa coutume le jour du sabbat, dans la synagogue, et se leva pour faire la lecture. |
17 On lui remit le livre du prophète Isaïe et, déroulant le livre, il trouva le passage où il était écrit: |
18 L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, |
19 proclamer une année de grâce du Seigneur. |
20 Il replia le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous dans la synagogue tenaient les yeux fixés sur lui. |
21 Alors il se mit à leur dire : " Aujourd'hui s'accomplit à vos oreilles ce passage de l'Écriture. " |
22 Et tous lui rendaient témoignage et étaient en admiration devant les paroles pleines de grâce qui sortaient de sa bouche. Et ils disaient : " N'est-il pas le fils de Joseph, celui-là ? " |
L'année favorable du Seigneur, ou l'année de la miséricorde du Seigneur dans une autre traduction, voilà ce que Jésus est venu nous annoncer. Sous la pression des lourdes circonstances de la vie, nous oublions souvent que le but véritable de Sa venue est précisément là. Et que cette année a déjà été apportée par Lui dans le monde, même si elle demeure encore voilée. Qu'est-ce donc ? Où la voir ?
Le passage même de l'Évangile d'aujourd'hui sert de réponse à cette question. Le Christ a traversé les épreuves les plus dures dans le désert, les a supportées, et Il s'est mis à posséder une force particulière, une paix particulière, rayonnant une lumière incréée ; nous le comprenons à la réaction des gens dans la synagogue, venus à l'assemblée ordinaire du sabbat. Une réaction étonnamment adéquate, ce qui Lui arrivait rarement dans la synagogue, du moins au début. Oui, ensuite ils furent remplis de fureur, mais au début ils « Lui rendaient témoignage ». C'est sans doute en ce bref premier instant qu'Il manifesta d'une manière particulièrement évidente, en Lui-même, l'année favorable du Seigneur.
Oui, mais Lui, c'est Lui ; et nous alors ? Rappelons-nous une fois où nous avons sincèrement préparé notre âme, jeûné, prié avec une force particulière, puis sommes venus à la liturgie, avons apporté au Seigneur notre repentir, avons communié aux saints mystères du Christ et... n'avons-nous pas senti alors dans notre âme l'année de la miséricorde du Seigneur ? Elle est sans doute exactement ainsi.
16 Il vint à Nazara où il avait été élevé, entra, selon sa coutume le jour du sabbat, dans la synagogue, et se leva pour faire la lecture. |
17 On lui remit le livre du prophète Isaïe et, déroulant le livre, il trouva le passage où il était écrit: |
18 L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, |
19 proclamer une année de grâce du Seigneur. |
20 Il replia le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous dans la synagogue tenaient les yeux fixés sur lui. |
21 Alors il se mit à leur dire : " Aujourd'hui s'accomplit à vos oreilles ce passage de l'Écriture. " |
22 Et tous lui rendaient témoignage et étaient en admiration devant les paroles pleines de grâce qui sortaient de sa bouche. Et ils disaient : " N'est-il pas le fils de Joseph, celui-là ? " |
Le Seigneur a proclamé l'accomplissement de la prophétie. L'année favorable du Seigneur est arrivée. Mais où est-elle ? Pourquoi voyons-nous le contraire, que le monde gît toujours dans le mal, que les injustes s'élèvent et que les justes sont foulés aux pieds ? Donc non. La prophétie ne s'est pas accomplie. Comment accepter que la prophétie du Seigneur ne se soit pas accomplie ?!
On peut essayer de répondre deux choses à ces doutes. La première, et qui paraît très importante, est qu'il ne faut pas comprendre la notion de « prophétie » de manière étroite et utilitaire. Ce sont les devins qui affirment vous annoncer votre destin, « ce qui arrivera ». La prophétie serait plus justement appelée révélation de la volonté de Dieu. Mais il y a aussi la volonté humaine. Car Dieu n'est pas chef d'orchestre accompagnateur, et le monde n'est pas une scène, puisque tout se passe dans l'interaction complexe de deux volontés : la volonté humaine et la volonté de Dieu. Le Seigneur a fait Son pas : Il a accompli ce qu'Il avait promis ; ensuite, notre volonté devait l'accepter ou ne pas l'accepter. Nous ne l'avons pas accepté. Et si nous l'avions accepté, sans aucun doute, tout ce qui est décrit en Is 61 régnerait déjà sur la terre depuis deux mille ans. Mais nous ne l'avons pas accepté, nous ne l'avons pas voulu nous-mêmes, ou plus exactement nous n'étions pas encore prêts.
Et la seconde chose : il y eut pourtant des personnes qui l'ont accepté ! Oui, et c'est précisément pourquoi la prophétie s'est tout de même accomplie. C'est pourquoi Théophane le Reclus écrit : « Le Seigneur n'est pas venu seulement annoncer l'année favorable, mais Il l'a apportée. Où donc est-elle ? Dans les âmes des croyants. »
14 Jésus retourna en Galilée, avec la puissance de l'Esprit, et une rumeur se répandit par toute la région à son sujet. |
15 Il enseignait dans leurs synagogues, glorifié par tous. |
16 Il vint à Nazara où il avait été élevé, entra, selon sa coutume le jour du sabbat, dans la synagogue, et se leva pour faire la lecture. |
17 On lui remit le livre du prophète Isaïe et, déroulant le livre, il trouva le passage où il était écrit: |
18 L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, |
19 proclamer une année de grâce du Seigneur. |
20 Il replia le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous dans la synagogue tenaient les yeux fixés sur lui. |
21 Alors il se mit à leur dire : " Aujourd'hui s'accomplit à vos oreilles ce passage de l'Écriture. " |
22 Et tous lui rendaient témoignage et étaient en admiration devant les paroles pleines de grâce qui sortaient de sa bouche. Et ils disaient : " N'est-il pas le fils de Joseph, celui-là ? " |
23 Et il leur dit : " A coup sûr, vous allez me citer ce dicton : Médecin, guéris-toi toi-même. Tout ce qu'on nous a dit être arrivé à Capharnaüm, fais-le de même ici dans ta patrie. " |
24 Et il dit : " En vérité, je vous le dis, aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie. |
25 " Assurément, je vous le dis, il y avait beaucoup de veuves en Israël aux jours d'Élie, lorsque le ciel fut fermé pour trois ans et six mois, quand survint une grande famine sur tout le pays ; |
26 et ce n'est à aucune d'elles que fut envoyé Élie, mais bien à une veuve de Sarepta, au pays de Sidon. |
27 Il y avait aussi beaucoup de lépreux en Israël au temps du prophète Élisée ; et aucun d'eux ne fut purifié, mais bien Naaman, le Syrien. " |
28 Entendant cela, tous dans la synagogue furent remplis de fureur. |
29 Et, se levant, ils le poussèrent hors de la ville et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline sur laquelle leur ville était bâtie, pour l'en précipiter. |
30 Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin... |
31 Il descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il les enseignait le jour du sabbat. |
32 Et ils étaient frappés de son enseignement, car il parlait avec autorité. |
33 Dans la synagogue il y avait un homme ayant un esprit de démon impur, et il cria d'une voix forte: |
34 " Ah ! que nous veux-tu, Jésus le Nazarénien ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : le Saint de Dieu. " |
35 Et Jésus le menaça en disant : " Tais-toi, et sors de lui. " Et le précipitant au milieu, le démon sortit de lui sans lui faire aucun mal. |
36 La frayeur les saisit tous, et ils se disaient les uns aux autres : " Quelle est cette parole ? Il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs et ils sortent ! " |
37 Et un bruit se propageait à son sujet en tout lieu de la région. " |
38 Partant de la synagogue, il entra dans la maison de Simon. La belle-mère de Simon était en proie à une forte fièvre, et ils le prièrent à son sujet. |
39 Se penchant sur elle, il menaça la fièvre, et elle la quitta ; à l'instant même, se levant elle les servait. |
40 Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des malades atteints de maux divers les lui amenèrent, et lui, imposant les mains à chacun d'eux, il les guérissait. |
41 D'un grand nombre aussi sortaient des démons, qui vociféraient en disant : " Tu es le Fils de Dieu ! " Mais, les menaçant, il ne leur permettait pas de parler, parce qu'ils savaient qu'il était le Christ. |
42 Le jour venu, il sortit et se rendit dans un lieu désert. Les foules le cherchaient et, l'ayant rejoint, elles voulaient le retenir et l'empêcher de les quitter. |
43 Mais il leur dit : " Aux autres villes aussi il me faut annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu, car c'est pour cela que j'ai été envoyé. " |
44 Et il prêchait dans les synagogues de la Judée. |
Le problème des nôtres et des étrangers a toujours existé, dans toutes les sociétés et dans toutes les cultures. Et partout, toujours, il s'est avéré qu'il valait mieux être des nôtres qu'étranger. Mais voici que le Messie est venu dans le monde, et il s'est avéré que tout n'était pas si simple. Il s'est avéré que le nôtre n'est pas nécessairement celui que nous connaissons. Le plus souvent, c'est celui dont nous pensons le connaître. Cela se comprend: nous percevons les nôtres comme une part du monde habituel et familier. Il n'est pas nécessaire de les regarder attentivement, il n'est pas indispensable d'écouter leurs paroles. En général, nous savons déjà à peu près ce que les nôtres peuvent nous dire.
Les étrangers, c'est autre chose. L'étranger est toujours celui qu'on ne connaît pas. Celui qui ne fait pas partie du monde connu et habituel; peu importe alors d'où il vient: d'un autre continent ou du village voisin. Les étrangers sont souvent rejetés, mais on les regarde toujours attentivement. On écoute ce qu'ils disent. Pas forcément avec bienveillance, mais nécessairement avec attention. Car il faut comprendre l'étranger. Ou au moins se l'expliquer. L'explication est souvent une illusion de compréhension. La compréhension suppose en effet d'accueillir l'autre tel qu'il est. L'explication, elle, commence lorsque nous percevons cet autre tel que nous voulons le voir. Afin qu'il entre dans les cadres de notre perception du monde habituel et familier.
Le Christ peut et doit être accueilli tel qu'Il est. Et Il peut et doit aussi être compris, tel qu'Il est. Mais il ne faut pas L'expliquer. Ni à soi-même, ni aux autres. Si, bien sûr, nous voulons être en communion avec le Christ, et non avec nos images du Christ. Et là, il apparaît que c'est plus simple pour ceux pour qui Il est étranger. Ils ne savent rien de Lui. Les siens non plus ne savent rien de Lui, mais ils pensent tout savoir. À la différence des étrangers, qui au moins ne se trompent pas au sujet de leur ignorance. Et il n'en va pas ainsi seulement avec Lui.
Il en va de même avec Dieu. Avec Son Père céleste. Ce n'est pas un hasard si Jésus prend dans l'ancienne histoire juive des exemples où les siens ne reconnaissent pas Dieu. Une non-reconnaissance qui sépare les hommes de Dieu. Et du Messie aussi. Car pour que Dieu ou le Messie commence à agir, il faut que l'homme le veuille. Et qu'il s'adresse directement à Dieu. Directement au Christ. Mais en aucun cas aux images de Dieu ou du Christ qu'il s'est inventées. Sinon le Royaume lui aussi peut se révéler irréel. Inventé. Et la vie en lui aussi.
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