RÉFLEXIONS pour Lc 4:22-30
Le Seigneur vient vers celui vers qui Lui-même veut venir. La venue de Dieu dans la vie de l’homme n’est pas une récompense pour tels ou tels mérites, qu’il s’agisse d’exploits ascétiques ou d’une piété idéale. Le Seigneur vient vers ceux qui en ont besoin à en mourir. Mais les nécessiteux sont nombreux. Choisit-Il donc parmi eux les plus humiliés ? Peut-être cela concerne-t-il dans une certaine mesure la veuve de Sarepta de Sidon, mais certainement pas le chef de l’armée du roi de Syrie. Cela signifie que le Seigneur choisit d’une manière inconnue de l’homme. Ici, personne ne trouvera jamais de loi. Car le Seigneur est vivant, et tout ce qui est vivant ne se laisse jamais enfermer jusqu’au bout dans des lois. Pour nous, au contraire, la loi est le seul appui de l’esprit, la seule chose qui nous donne quelque assurance. Mais c’est précisément cette assurance qui nous égare. Comme les habitants de Nazareth étaient sûrs de connaître, de bien connaître cet homme, Jésus ! Mais c’est justement cette assurance qui les empêche de voir en Lui Dieu.
Il ne faut pas penser pour autant que le Seigneur jouerait en quelque sorte avec nous, qu’Il se donnerait simplement pour but de nous étonner, car ici tout est trop sérieux. Il s’agit de vies humaines. Ce n’est évidemment pas cela qui est dit ici. Simplement, à nous précisément, la providence de Dieu et toute la complexité de Ses voies sont incompréhensibles. « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas Mes voies, dit le Seigneur » (Is 55:8). C’est cette non-correspondance qui nous pousse parfois à nous étonner : pourquoi la grâce est-elle descendue précisément sur cette personne, pourquoi précisément ainsi, précisément à ce moment, alors qu’il est évident qu’autour d’elle il y en a de bien plus dignes ou de plus nécessiteux ? Nous devons simplement essayer de croire que tout ce qui arrive selon Sa volonté arrive de la manière la plus nécessaire pour les chemins de la grâce.
