5 Examinez-vous vous-mêmes pour voir si vous êtes dans la foi. Éprouvez-vous vous-mêmes. Ne reconnaissez-vous pas que Jésus Christ est en vous? À moins peut être que l'épreuve ne tourne contre vous.
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Plus d'une fois et de différentes manières, Paul a tenté de décrire ce qu'est la vie chrétienne. Et maintenant encore, il appelle ses coreligionnaires à s'examiner eux-mêmes : sont-ils chrétiens ? À première vue, la question peut paraître étrange : chacun de ceux qui entraient dans l'Église, et à cette époque on ne recevait le baptême qu'à l'âge conscient, savait parfaitement ce qu'il faisait et à la suite de Qui il marchait. Et pourtant, comme on le voit, les choses n'étaient pas si simples.
Certes, si le christianisme n'était qu'une nouvelle religion, un choix fait une fois, une promesse prononcée une fois, un baptême reçu une fois suffiraient : tant que celui qui a fait son choix n'y renoncerait pas, il resterait chrétien. Mais le christianisme n'est pas une nouvelle religion ; il est la vie dans le Royaume que le Sauveur a apporté dans le monde. Ici, il est impossible de se limiter à un seul choix, une seule décision, un seul acte, même d'une importance décisive. La vie ne cesse pas, elle continue dans le Royaume, et le choix fait une fois doit ensuite être confirmé encore et encore. C'est pourquoi l'apôtre conseille de s'examiner, de surveiller son état spirituel, de se rendre compte si nous vivons ou non de la vie du Christ : car la vie du Christ est la vie même du Royaume, et nous ne restons chrétiens que tant que nous vivons d'une vie une avec le Christ.
Il semblerait que, pour ceux qui sont entrés dans l'Église, il ne puisse en être autrement. Il en serait réellement ainsi si nous avions déjà achevé le chemin de notre transfiguration, si notre nature humaine avait été renouvelée jusqu'au bout, comme cela arrivera à la fin des temps, lorsque le Royaume se révélera dans toute sa plénitude. Mais pour le moment, le Royaume ne fait encore qu'entrer dans le monde, et nous entrons dans le Royaume ; et comme le monde n'est pas encore transfiguré jusqu'au bout, nous ne sommes, nous aussi, transfigurés que partiellement. Dans une telle situation, les péchés, les erreurs et les chutes sont encore possibles. Jusqu'à la transfiguration complète, il nous reste encore des choses à craindre.
S'il en est ainsi, ce contrôle constant de soi dont Paul parle est lui aussi nécessaire. Car tout péché commis nous sépare du Royaume, et si, en le commettant, nous ne perdons pourtant pas notre salut, c'est seulement parce que l'histoire du Royaume n'est pas encore achevée, que le point final n'a pas été posé, que les portes ne sont pas fermées. Mais même dans une telle situation, il vaut mieux ne pas prendre de risques inutiles et réduire au minimum la possibilité de perdre la plénitude de la vie. C'est précisément à cela que l'apôtre nous appelle.
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