24 Il partit avec lui, et une foule nombreuse le suivait, qui le pressait de tous côtés.
25 Or, une femme atteinte d'un flux de sang depuis douze années,
26 qui avait beaucoup souffert du fait de nombreux médecins et avait dépensé tout son avoir sans aucun profit, mais allait plutôt de mal en pis,
27 avait entendu parler de Jésus; venant par derrière dans la foule, elle toucha son manteau.
28 Car elle se disait : " Si je touche au moins ses vêtements, je serai sauvée. "
29 Et aussitôt la source d'où elle perdait le sang fut tarie, et elle sentit dans son corps qu'elle était guérie de son infirmité.
30 Et aussitôt Jésus eut conscience de la force qui était sortie de lui, et s'étant retourné dans la foule, il disait " Qui a touché mes vêtements ? "
31 Ses disciples lui disaient : " Tu vois la foule qui te presse de tous côtés, et tu dis : Qui m'a touché ? "
32 Et il regardait autour de lui pour voir celle qui avait fait cela.
33 Alors la femme, craintive et tremblante, sachant bien ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité.
34 Et il lui dit : " Ma fille, ta foi t'a sauvée ; va en paix et sois guérie de ton infirmité. "
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L'histoire de la guérison de la femme qui souffrait d'une perte de sang nous montre le Royaume et les relations qui unissent entre eux ses habitants sous un angle quelque peu inattendu. En principe, il n'y a bien sûr rien d'étonnant à ce qu'une personne entrée en contact avec le Royaume soit guérie : dans le Royaume, il ne peut y avoir de place ni pour les maladies ni pour la mort. Ce qui est intéressant, c'est autre chose : comment cela se produit exactement. Bien sûr, aucune participation au Royaume n'est possible sans des relations réelles et vivantes avec Celui qui a apporté le Royaume dans le monde, sans confiance en Lui. Mais dans l'histoire de la femme guérie de sa perte de sang, ces relations étaient tout de même quelque peu unilatérales.
Que la femme guérie faisait entièrement confiance à Jésus est évident : autrement, elle n'aurait tout simplement pas osé Le toucher, car ceux qui souffraient de telles maladies étaient, du point de vue de la Torah, considérés comme impurs, et leur contact souillait ceux qu'ils touchaient. Il fallait croire très fortement à la guérison pour se résoudre à faire ce qu'a fait la femme mentionnée dans le récit. Et, bien sûr, il fallait avoir une confiance infinie en Celui à qui l'on s'adressait pour être guéri.
Jésus guérit la femme qui L'a touché sans même la remarquer. Il sent seulement que quelqu'un L'a touché, non comme les gens se frôlent par hasard dans une foule dense, mais en cherchant la guérison, en touchant avec le désir de participer à cette force de Dieu dont Il porte en Lui la plénitude. Au moment de la guérison, Jésus non seulement ne prête pas attention à la femme guérie par le contact avec Lui, Il ne la voit même pas.
Visiblement, il arrive aussi que le premier pas vers le Royaume soit fait par l'homme lui-même, de sa propre volonté, en prenant pour ainsi dire l'initiative entre ses mains. Il arrive donc que le Royaume soit aussi « pris par force » de cette manière. Mais, bien sûr, dans ce cas, le premier pas s'accompagne toujours du pas en retour de Celui qui a apporté le Royaume dans le monde. Il ne peut en être autrement : les relations sont toujours une affaire réciproque, elles ne sont jamais unilatérales. Et Jésus, visiblement, accueille la femme qui a osé ce que bien peu auraient osé. Il lui dit que sa foi l'a sauvée, sa détermination et sa confiance en Lui. Ce sans quoi on n'entre pas dans le Royaume.
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