20 Il vient à la maison et de nouveau la foule se rassemble, au point qu'ils ne pouvaient pas même manger de pain.
21 Et les siens, l'ayant appris, partirent pour se saisir de lui, car ils disaient : " Il a perdu le sens. "
22 Et les scribes qui étaient descendus de Jérusalem disaient : " Il est possédé de Béelzéboul ", et encore : " C'est par le prince des démons qu'il expulse les démons. "
23 Les ayant appelés près de lui, il leur disait en paraboles : " Comment Satan peut-il expulser Satan ?
24 Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume-là ne peut subsister.
25 Et si une maison est divisée contre elle-même, cette maison-là ne pourra se maintenir.
26 Or, si Satan s'est dressé contre lui-même et s'est divisé, il ne peut pas tenir, il est fini.
27 Mais nul ne peut pénétrer dans la maison d'un homme fort et piller ses affaires s'il n'a d'abord ligoté cet homme fort, et alors il pillera sa maison.
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Ce qu'il y a peut-être de plus frappant dans le récit de l'évangéliste Marc que nous lisons aujourd'hui, c'est que le Seigneur répond tout simplement à la déclaration scandaleuse des scribes. Une foule nombreuse se rassemble autour de Lui. Il y a tant de gens qu'il n'y a même pas le temps de faire une pause pour le repas. L'un après l'autre, ils s'approchent du Seigneur Jésus avec des questions et des supplications, et la plupart d'entre eux ont besoin de guérison. Il est difficile d'imaginer une telle concentration de souffrance en un seul lieu, et combien cela devait paraître terrible de l'extérieur... Des possédés et des fous, des infirmes et des déguenillés... Ici on peut facilement se souiller, ici on ne trouvera pas de profonde compréhension théologique de la loi, ici il n'y a rien de respectable. Pour un scribe cultivé, ou même simplement pour un homme respecté ayant une position dans la société, il est quelque peu honteux de s'approcher même de cette foule. Aujourd'hui encore, on dit parfois de notre Église que seules des vieilles femmes et des personnes dérangées y vont...
La religion pour laquelle les scribes ont du zèle est, au contraire, très respectable. Elle ne se soucie pas du sort de n'importe quelle racaille ; son but est d'élever l'homme au-dessus de l'aspect peu reluisant du monde souffrant. Le meilleur, seulement le meilleur, est digne de briller par la vertu dans le Royaume du Messie attendu. Et ce prédicateur de Nazareth... La conclusion naturelle pour les scribes : Il fréquente un tel public parce qu'Il est Lui-même l'un d'eux. Et même les miracles manifestes, impossibles à contester, Il les accomplit à cause de la possession.
L'incroyable miséricorde du Christ se manifeste en ce qu'Il accueille encore et encore ces foules de personnes souffrantes, peu attirantes comme toute souffrance. Il est réellement devenu l'un de nous, bien que non au sens où le pensent les scribes. Il est venu partager cette souffrance et apporter dans ces ténèbres Sa Lumière immatérielle. Mais les scribes eux-mêmes, qui ne connaissent pas leur propre faiblesse ni leur propre cécité, qui disent des choses sauvages, offensantes pour tout homme, ne sont pas étrangers à Jésus, même eux. Et, au milieu de cette foule, Il trouve la possibilité de s'adresser aussi à eux dans leur langue. C'est la langue de la sagesse, la langue de la logique, la langue de la théologie. Et le Christ ne refuse qu'une seule chose : l'absence de miséricorde cachée derrière la position des scribes.
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