9 Comment pourrions-nous remercier Dieu suffisamment à votre sujet, pour toute la joie dont vous nous réjouissez devant notre Dieu? |
10 Nuit et jour nous lui demandons, avec une extrême instance, de revoir votre visage et de pouvoir compléter ce qui manque encore à votre foi. |
Pour Paul, son ministère apostolique était réellement non seulement l’affaire principale de sa vie, mais sa vie même. En cela, d’ailleurs, il n’y avait rien d’étonnant, si l’on se rappelle ce qu’est la vie d’un chrétien en général et la vie d’un apôtre en particulier.
La vie de chaque chrétien devient un témoignage dès le moment même où il devient chrétien. Il ne peut, à vrai dire, en être autrement : car le chrétien est un homme du Royaume, et vivre dans le Royaume tout en le cachant est impossible. Mais le ministère de l’apôtre consiste en ce qu’il est non seulement un homme du Royaume, mais aussi un homme de l’Église. Bien sûr, on peut dire cela de chaque chrétien, mais la tâche principale et unique de l’apôtre est précisément l’édification de l’Église comme corps du Christ. Or une telle tâche est inséparable d’une communication constante avec les personnes qui, par ton intermédiaire, sont venues dans l’Église. C’est précisément à cela que Paul, semble-t-il, consacre toute sa vie. Il ne s’attarde longtemps nulle part, car la tâche de l’apôtre n’est pas celle du président d’une assemblée ecclésiale ni celle d’un administrateur d’Église ; la tâche de l’apôtre est le soutien spirituel de personnes particulières et de communautés ecclésiales qui ont besoin d’un tel soutien.
En même temps, le ministère de l’apôtre est aussi une manifestation visible de l’unité de l’Église, non seulement au niveau d’une communauté ecclésiale concrète, mais aussi au niveau de l’Église dans son ensemble. Comme on le sait, à l’époque des premiers chrétiens (tout comme à l’époque paléochrétienne), l’Église était un mouvement communautaire, qui se passait heureusement d’une structure centralisée rigide. À l’époque des premiers chrétiens, il existait dans l’Église un conseil d’anciens (presbytres), qui réglait les affaires concernant toute l’Église. Mais le lien entre les différentes communautés ecclésiales au niveau de la base était assuré précisément par les apôtres. À proprement parler, l’Église (par exemple lors du premier concile de l’histoire de l’Église) était représentée par les apôtres et les presbytres : les premiers comme des hommes connaissant la situation ecclésiale, comme on dit, de première main, et les seconds comme les représentants les plus autorisés des communautés ecclésiales. Ce n’est pas un hasard si Paul parle de son désir de venir un jour auprès de ses frères dans la foi et de porter leur foi à sa plénitude : pour l’apôtre, c’était la tâche la plus naturelle. Ainsi vivait l’Église des premiers chrétiens, s’appuyant non sur des structures créées par les hommes, mais se confiant aux serviteurs envoyés par Dieu, qui l’aidaient à demeurer le corps du Christ.
1 Aussi, n'y tenant plus, nous avons pris le parti de demeurer seuls à Athènes, |
2 et nous avons envoyé Timothée, notre frère et le collaborateur de Dieu dans l'Évangile du Christ, pour vous affermir et réconforter dans votre foi, |
3 afin que personne ne se laisse ébranler par ces tribulations. Car vous savez bien que c'est là notre partage: |
4 quand nous étions près de vous, nous vous prédisions que nous aurions à subir des tribulations, et c'est ce qui est arrivé, vous le savez. |
5 C'est pour cela que, n'y tenant plus, je l'ai envoyé s'informer de votre foi. Pourvu que déjà le Tentateur ne vous ait pas tentés et que notre labeur n'ait pas été rendu vain ! |
6 Maintenant Timothée vient de nous revenir de chez vous et il nous a donné de bonnes nouvelles de votre foi et de votre charité: il dit que vous conservez toujours de nous un bon souvenir, que vous aspirez à nous revoir autant que nous à vous revoir. |
7 Nous avons trouvé là, frères, en raison de votre foi, un réconfort au milieu de toutes nos angoisses et tribulations. |
8 Maintenant nous revivons, puisque vous tenez bon dans le Seigneur. |
9 Comment pourrions-nous remercier Dieu suffisamment à votre sujet, pour toute la joie dont vous nous réjouissez devant notre Dieu? |
10 Nuit et jour nous lui demandons, avec une extrême instance, de revoir votre visage et de pouvoir compléter ce qui manque encore à votre foi. |
11 Que Dieu lui-même, notre Père, et notre Seigneur Jésus aplanissent notre chemin jusqu'à vous. |
12 Et vous, que le Seigneur vous fasse croître et abonder dans l'amour que vous avez les uns envers les autres et envers tous, comme nous-mêmes envers vous: |
13 qu'il affermisse ainsi vos cœurs irréprochables en sainteté devant Dieu, notre Père, lors de l'Avènement de notre Seigneur Jésus avec tous ses saints. |
Les lettres de l'apôtre Paul nous frappent avant tout par leur humanité. Aujourd'hui encore, les parents écrivent ainsi à leurs enfants : avec passion et tendresse, inquiets de ce qu'ils ignorent, essayant de les aider à distance. Quand c'est possible, ils envoient quelqu'un qui saura les consoler et les soutenir. Restés sans nouvelles, ils se tourmentent : tout va-t-il bien, se sont-ils bien installés, n'ont-ils pas fait quelque sottise ? Tout le chapitre d'aujourd'hui est un trésor qui nous permet de comprendre ceux qui nous ont transmis la nouvelle de la mort et de la Résurrection de Jésus. C'est comme si nous pouvions entendre battre leur cœur et prendre leur pouls. Ce n'est pas un genre littéraire ni un monument culturel ; ce sont des paroles, souvent trop chargées d'émotion pour un regard extérieur, de quelqu'un qui s'inquiète pour nous et se demande si nous demeurons fermes dans notre foi.
1 Aussi, n'y tenant plus, nous avons pris le parti de demeurer seuls à Athènes, |
2 et nous avons envoyé Timothée, notre frère et le collaborateur de Dieu dans l'Évangile du Christ, pour vous affermir et réconforter dans votre foi, |
3 afin que personne ne se laisse ébranler par ces tribulations. Car vous savez bien que c'est là notre partage: |
4 quand nous étions près de vous, nous vous prédisions que nous aurions à subir des tribulations, et c'est ce qui est arrivé, vous le savez. |
5 C'est pour cela que, n'y tenant plus, je l'ai envoyé s'informer de votre foi. Pourvu que déjà le Tentateur ne vous ait pas tentés et que notre labeur n'ait pas été rendu vain ! |
6 Maintenant Timothée vient de nous revenir de chez vous et il nous a donné de bonnes nouvelles de votre foi et de votre charité: il dit que vous conservez toujours de nous un bon souvenir, que vous aspirez à nous revoir autant que nous à vous revoir. |
7 Nous avons trouvé là, frères, en raison de votre foi, un réconfort au milieu de toutes nos angoisses et tribulations. |
8 Maintenant nous revivons, puisque vous tenez bon dans le Seigneur. |
9 Comment pourrions-nous remercier Dieu suffisamment à votre sujet, pour toute la joie dont vous nous réjouissez devant notre Dieu? |
10 Nuit et jour nous lui demandons, avec une extrême instance, de revoir votre visage et de pouvoir compléter ce qui manque encore à votre foi. |
11 Que Dieu lui-même, notre Père, et notre Seigneur Jésus aplanissent notre chemin jusqu'à vous. |
12 Et vous, que le Seigneur vous fasse croître et abonder dans l'amour que vous avez les uns envers les autres et envers tous, comme nous-mêmes envers vous: |
13 qu'il affermisse ainsi vos cœurs irréprochables en sainteté devant Dieu, notre Père, lors de l'Avènement de notre Seigneur Jésus avec tous ses saints. |
S'adressant à ses frères de Thessalonique, Paul leur écrit qu'il se réjouit de la fermeté avec laquelle ils supportent les persécutions et les poursuites qui leur sont échues (v. 5-8). Bien sûr, seul un masochiste peut se réjouir des souffrances en tant que telles. Et l'apôtre, naturellement, ne se réjouit pas du fait que lui-même ou ses frères souffrent. Simplement, pour lui, les souffrances pour la foi deviennent le signe que les chrétiens restent chrétiens, sans trahir leur vocation. Bien sûr, les chrétiens ne souffrent pas parce qu'ils chercheraient eux-mêmes les conflits ou les ennuis. Il s'agit d'autre chose, à savoir de cette incompatibilité du Royaume avec le monde non transfiguré dont le Sauveur Lui-même avait averti ses disciples, et Paul ceux à qui il prêchait le Christ et le Royaume (v. 1-4). C'est cette incompatibilité qui devient la source du conflit que l'apôtre a mentionné à plusieurs reprises dans sa lettre à l'Église de Thessalonique.
Quant à la joie, les chrétiens persécutés ne se réjouissent évidemment pas de leur bon droit en tant que tel, même si, du point de vue de la Torah et de la justice de Dieu, ils ont incontestablement raison devant leurs persécuteurs. Mais le sentiment d'avoir raison engendre rarement en lui-même la joie chez les persécutés; il peut donner la fermeté, la confiance dans la justesse de sa propre position, même la force de supporter les souffrances, mais il n'ajoute habituellement pas de joie en tant que telle. Tout au plus permet-il de ressentir la satisfaction d'avoir accompli son devoir et de ne pas être devenu traître ni apostat.
Pour la joie, il faut quelque chose de plus. Les chrétiens l'ont: c'est précisément ce Royaume que le Sauveur a apporté au monde et que quiconque a part à la vie nouvelle ressent comme une réalité indubitable et authentique de sa propre existence, même lorsque, semble-t-il, il n'y a pas et il ne peut pas y avoir de place pour elle dans la vie d'un souffrant persécuté. C'est pourquoi Paul, et après lui beaucoup d'autres témoins, considérait justement la joie pendant les persécutions et les poursuites comme un signe incontestable d'une vie chrétienne accomplie. La fermeté et la paix de l'esprit pendant les persécutions ont été propres en tout temps à bien d'autres que les chrétiens. Mais la joie du Royaume, dans une telle situation, ne pouvait appartenir qu'à ceux qui y avaient part: aux chrétiens vivant dans le Royaume.
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