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RÉFLEXIONS pour 2P 1:10-11

10 Ayez donc d'autant plus de zèle, frères, pour affermir votre vocation et votre élection. Ce faisant, pas de danger que vous tombiez jamais.
11 Car c'est ainsi que vous sera largement accordée par surcroît l'entrée dans le Royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ.
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Que veut dire Pierre lorsqu'il appelle les destinataires de son épître à «affermir leur vocation et leur élection»? Quant à l'élection, l'apôtre s'en tient manifestement à une vision tout à fait traditionnelle pour son époque du Messie et de ce reste messianique qui devient le nouveau peuple rencontrant et accueillant le Messie. Selon ces conceptions juives, le Messie, comme le peuple de Dieu, avait été conçu par Dieu avant même la création du monde. Bien sûr, le dessein de Dieu ne concernait pas des individus séparés, mais précisément le peuple comme tout, comme peuple-communauté, communauté des fidèles dont la tâche historique principale serait de garder la révélation reçue de Dieu jusqu'au jour de la venue du Messie, où cette révélation deviendrait accessible à quiconque accueille le Messie.

Quant aux personnes individuelles, beaucoup dépendait alors du libre choix de l'homme: car naître juif ne suffisait pas encore, il fallait réaliser dans sa vie la vocation qui était potentiellement donnée à chacun né juif. Réaliser une vocation spirituelle sans choix personnel est évidemment tout à fait impossible; ainsi la question de l'appartenance au peuple de Dieu était déterminée non seulement par la naissance, mais par toute la vie. L'apôtre, manifestement, applique cette représentation traditionnelle à l'Église, ce qui n'est pas étonnant: car si l'on peut naître juif, on ne naît pas chrétien, bien que l'Église, comme le Messie Lui-même, ait sans aucun doute été conçue par Dieu avant même la création du monde. Et quiconque s'y associe s'associe à ce dessein, en devenant une partie, en devenant élu de Dieu. Mais il ne suffit pas d'entrer une fois dans l'Église; il faut encore y vivre. L'Église est la dimension terrestre du Royaume, et si l'on ne peut vivre dans le Royaume qu'en faisant des efforts spirituels constants pour ne pas le perdre, on peut dire la même chose de la vie dans l'Église; autrement, l'élection se perd facilement.

On pourrait croire que la vocation reçue de Dieu est pour toujours. Mais la vocation aussi n'est qu'une possibilité: il faut encore la déployer, la déployer tout au long de sa vie, sinon elle mourra sans s'être manifestée. Et Pierre ne se lasse pas de le rappeler, peut-être parce que, déjà de son temps, apparaissaient dans l'Église des gens sincèrement convaincus que leur premier pas sur le chemin spirituel était déjà son heureux et victorieux achèvement, que le salut et la plénitude de la vie dans le Royaume leur étaient garantis du seul fait qu'ils avaient fait confiance à leur Sauveur et reçu le baptême. L'apôtre, manifestement, veut dissiper en eux cette illusion: elle pouvait facilement leur coûter le salut. Un salut qu'il est facile de perdre et très difficile ensuite de retrouver.

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Pour 2P 1:10-11
10 Ayez donc d'autant plus de zèle, frères, pour affermir votre vocation et votre élection. Ce faisant, pas de danger que vous tombiez jamais.
11 Car c'est ainsi que vous sera largement accordée par surcroît l'entrée dans le Royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ.
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Qu’est-ce que Pierre veut dire, en exhortant ceux à qui son message est adressé «à affermir leur vocation et élection»? Quant à l'élection, l'apôtre, comme on voit, tient ici un regard tout à fait traditionnel pour son temps sur le Messie et sur ce reste messianique, qui grandit en un nouveau peuple, rencontrant et acceptant le Messie. Selon ces représentations...  Lire la suite

Qu’est-ce que Pierre veut dire, en exhortant ceux à qui son message est adressé «à affermir leur vocation et élection»? Quant à l'élection, l'apôtre, comme on voit, tient ici un regard tout à fait traditionnel pour son temps sur le Messie et sur ce reste messianique, qui grandit en un nouveau peuple, rencontrant et acceptant le Messie. Selon ces représentations judaïques, le Messie, tout comme le peuple de Dieu, était conçu par Dieu avant même la création du monde. Bien sûr le plan de Dieu ne concernait pas des gens particuliers, mais tout un peuple, comme une entité, comme un peuple-communauté, la communauté de fidèles, dont la principale tâche historique sera la préservation de la révélation reçue de Dieu jusqu'au jour de la venue du Messie, quand cette révélation deviendra accessible à tout un chacun, acceptant le Messie. Quant aux gens particuliers, ici beaucoup étaient définis par le libre choix de l’homme: car naître Juif était insuffisant, il fallait encore réaliser dans sa vie cette vocation, qui était potentiellement donnée à tout un chacun né Juif.

Réaliser la vocation spirituelle sans choix personnel, est évidemment tout à fait impossible, alors la question de l'appartenance au peuple de Dieu était définie non seulement par la naissance, mais aussi par toute la vie. L'apôtre, comme on voit, transfère cette représentation traditionnelle sur l'Église, ce qui n'est pas étonnant: puisque si on peut naître Juif, on ne naît pas Chrétien, bien que l'Église, tout comme le Messie Lui-même, était indubitablement conçue par Dieu bien avant la création du monde. Et chacun, se joignant à elle, se joint à ce plan, devenant sa partie de celui-ci, devenant l'élu de Dieu.

Mais il ne suffit pas d'entrer une fois dans l'église, il faut encore y vivre. L'Eglise est la mesure terrestre du Royaume, et si dans le Royaume on peut vivre, en faisant seulement des efforts spirituels constants pour ne pas le perdre, on peut dire la même chose de la vie à l'Église, et sinon il serait facile de perdre les élus. Il semblerait, la vocation de Dieu est pour toujours. Mais en effet, la vocation est elle aussi seulement une possibilité, il faut encore la révéler, révéler au long de toute la vie, sinon elle mourra, ne s'étant pas manifestée.

Pierre ne se fatigue pas de rappeler cela, peut-être, parce que déjà en son temps ont commencé à apparaître dans l'Église des gens considérant sincèrement que leur premier pas sur la voie spirituelle est déjà son achèvement réussi et victorieux, que le salut et la plénitude de la vie dans le Royaume leur sont déjà garantis parce qu'ils se sont fiés au Sauveur et ont accepté le baptême. Et l'apôtre, comme on voit, veut faire dissiper en eux cette erreur: car elle pouvait facilement leur coûter le salut. Le salut, qui est facile de perdre et très difficile trouver de nouveau après.

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Pour 2P 1:1-10
Syméon Pierre, serviteur et apôtre de Jésus Christ, à ceux qui ont reçu par la justice de notre Dieu et Sauveur Jésus Christ une foi d'un aussi grand prix que la nôtre,
à vous grâce et paix en abondance, par la connaissance de notre Seigneur !
Car sa divine puissance nous a donné tout ce qui concerne la vie et la piété: elle nous a fait connaître Celui qui nous a appelés par sa propre gloire et vertu.
Par elles, les précieuses, les plus grandes promesses nous ont été données, afin que vous deveniez ainsi participants de la divine nature, vous étant arrachés à la corruption qui est dans le monde, dans la convoitise.
Pour cette même raison, apportez encore tout votre zèle à joindre à votre foi la vertu, à la vertu la connaissance,
à la connaissance la tempérance, à la tempérance la constance, à la constance la piété,
à la piété l'amour fraternel, à l'amour fraternel la charité.
En effet, si ces choses vous appartiennent et qu'elles abondent, elles ne vous laisseront pas sans activité, ni sans fruit pour la connaissance de notre Seigneur Jésus Christ.
Celui qui ne les possède pas, c'est un aveugle, un myope; il oublie qu'il a été purifié de ses anciens péchés.
10 Ayez donc d'autant plus de zèle, frères, pour affermir votre vocation et votre élection. Ce faisant, pas de danger que vous tombiez jamais.
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« ... joignez à votre foi la vertu, à la vertu la connaissance, à la connaissance la maîtrise de soi, à la maîtrise de soi la persévérance, à la persévérance la piété, à la piété l'amour fraternel, à l'amour fraternel la charité... »...  Lire la suite

« ... joignez à votre foi la vertu, à la vertu la connaissance, à la connaissance la maîtrise de soi, à la maîtrise de soi la persévérance, à la persévérance la piété, à la piété l'amour fraternel, à l'amour fraternel la charité... » Quelle remarquable chaîne de choses dignes l'apôtre Pierre construit. Mais réfléchissons: qu'est-ce que c'est? Une échelle vers le haut? Un cercle? Une spirale? Ou simplement des mots placés sans aucune régularité? Que l'apôtre n'ait pas placé les mots dans un ordre tout à fait fortuit se voit au fait que le commencement est la foi et la fin l'amour. Cela nous fait penser à un cercle ou à une spirale, car il y a cette proximité et cette interdépendance de la foi et de l'amour. Nous sommes habitués à ce que l'un soit impossible sans l'autre, à y voir le prototype des deux principaux commandements que le Seigneur nous a donnés: l'amour de Dieu (la foi) et l'amour de l'homme (l'amour). Mais rappelons ceci. « Maintenant donc ces trois demeurent: la foi, l'espérance, l'amour; mais le plus grand des trois, c'est l'amour. » (1 Co 13:13). L'amour est plus grand. Il est donc plus haut. Mais quelle est l'essence du Royaume des Cieux? Bien sûr, l'amour. Car là il n'y a pas besoin de foi, il y a l'expérience directe de la présence commune. Cela nous pousse à penser que l'apôtre dessine comme une échelle dont l'autre extrémité, l'amour, s'appuie sur le Ciel (d'autant que cette image n'est pas nouvelle). En effet, qu'est-ce que tout premier pas? Croire, accéder à la foi, vivre la conversion; ensuite vient la croissance des vertus en soi, la maîtrise des passions, et toujours plus haut dans l'ascension. Jusqu'au point ultime, l'amour, qui, selon la parole de l'apôtre Paul, est le lien de la perfection (« Par-dessus tout, revêtez-vous de l'amour, qui est le lien de la perfection ». Col 3:14). Mais, d'autre part, il est assez difficile d'établir une hiérarchie exacte à l'intérieur, par exemple de dire que l'amour fraternel est plus élevé que la piété, et la piété plus élevée que la persévérance. En science, c'est une situation assez fréquente: une régularité semble présente, mais il n'y a pas pour autant de règle nette (des processus déterminés avec de la stochastique). C'est pourquoi on ne peut appliquer aveuglément aucun des modèles que nous avons proposés. Mais c'est là le génie de l'apôtre Pierre.

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