21 " Ce n'est pas en me disant : "Seigneur, Seigneur", qu'on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c'est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux. |
22 Beaucoup me diront en ce jour-là : "Seigneur, Seigneur, n'est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé ? en ton nom que nous avons chassé les démons ? en ton nom que nous avons fait bien des miracles ?" |
23 Alors je leur dirai en face : "Jamais je ne vous ai connus ; écartez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité. " |
24 " Ainsi, quiconque écoute ces pare-les que je viens de dire et les met en pratique, peut se comparer à un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc. |
25 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont déchaînés contre cette maison, et elle n'a pas croulé: c'est qu'elle avait été fondée sur le roc. |
26 Et quiconque entend ces paroles que je viens de dire et ne les met pas en pratique, peut se comparer à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. |
27 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont rués sur cette maison, et elle s'est écroulée. Et grande a été sa ruine ! " |
28 Et il advint, quand Jésus eut achevé ces discours, que les foules étaient frappées de son enseignement: |
29 car il les enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme leurs scribes. |
Le Sermon sur la montagne s’achève par une remarque importante du Sauveur : pour le Royaume, l’essentiel, ce sont les relations, les relations avec Lui et avec le prochain. Sinon toute la vie de l’homme ressemble à une maison bâtie sur le sable. On pourrait croire qu’un homme qui, au nom du Christ, non seulement a prophétisé, mais a même chassé des démons et accompli des miracles, ne peut qu’être disciple du Christ, et que, s’il en est ainsi, son chemin doit nécessairement s’achever dans le Royaume. En réalité, tout se révèle moins simple.
Le principal problème tient ici au fait que l’homme déchu a généralement tendance à remplacer le contenu par la forme. Dans ce cas, aussi paradoxal que cela puisse paraître, la forme, ce sont précisément les prophéties, l’expulsion des démons et même les miracles, tout ce que nous avons tendance à considérer comme le contenu, en ne rapportant à la forme que l’enveloppe religieuse de la tradition spirituelle.
S’il ne s’agissait pas du christianisme, il en serait réellement ainsi. Mais le christianisme est unique. Ce n’est pas une nouvelle religion, ni une nouvelle théologie, ni une nouvelle morale, ni même une nouvelle tradition spirituelle ; c’est une vie nouvelle. Or, dans la vie, l’essentiel est la vie elle-même. Son cours. Son processus. Sa qualité spirituelle, sa dynamique même, ce qu’un philosophe contemporain pourrait appeler l’existence. Et, bien sûr, les relations avec Dieu, avec le Christ, avec les autres hommes.
Car ce sont les relations qui déterminent la structure de notre vie, son algorithme spirituel. Le christianisme ne porte pas sur ce qu’il faut faire, mais sur la manière d’être, de vivre, d’exister dans tel ou tel état spirituel. C’est là le contenu du christianisme ; toute activité extérieure n’est ici rien d’autre que la forme.
Pourtant, chez les chrétiens, la tentation d’une sorte d’activisme religieux a toujours été forte : le christianisme lui-même commençait alors à être perçu comme une pratique, non pas celle de la vie proprement dite, mais celle d’occupations concrètes et d’œuvres « spirituelles ». Formation religieuse, charité, mission : on pourrait prolonger la liste, sinon à l’infini, du moins très longtemps. On suppose que plus une personne accomplit de telles œuvres par unité de temps, plus elle est active en ce sens, meilleure chrétienne elle est.
Il n’est pas étonnant que beaucoup se soient efforcés, et s’efforcent encore, de toutes leurs forces, jusqu’à l’épuisement psychique, voire nerveux, qu’ils considèrent souvent comme une croix liée au « service » que « Dieu leur aurait confié ». Que Dieu attende d’eux tout autre chose, de telles personnes ne le soupçonnent souvent même pas, pas plus qu’elles ne soupçonnent que leurs effondrements, leurs crises, et parfois des problèmes plus graves encore, représentent justement cette destruction de la maison bâtie sur le sable dont parle Jésus.
21 " Ce n'est pas en me disant : "Seigneur, Seigneur", qu'on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c'est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux. |
22 Beaucoup me diront en ce jour-là : "Seigneur, Seigneur, n'est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé ? en ton nom que nous avons chassé les démons ? en ton nom que nous avons fait bien des miracles ?" |
23 Alors je leur dirai en face : "Jamais je ne vous ai connus ; écartez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité. " |
24 " Ainsi, quiconque écoute ces pare-les que je viens de dire et les met en pratique, peut se comparer à un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc. |
25 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont déchaînés contre cette maison, et elle n'a pas croulé: c'est qu'elle avait été fondée sur le roc. |
26 Et quiconque entend ces paroles que je viens de dire et ne les met pas en pratique, peut se comparer à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. |
27 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont rués sur cette maison, et elle s'est écroulée. Et grande a été sa ruine ! " |
28 Et il advint, quand Jésus eut achevé ces discours, que les foules étaient frappées de son enseignement: |
29 car il les enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme leurs scribes. |
C'est effrayant. Il s'avère que l'on peut même accomplir des miracles en Son nom—et pourtant Il dira qu'Il ne nous a jamais connus... Mais ces mêmes versets nous donnent de l'espérance. Il s'avère qu'il n'est nullement indispensable d'accomplir des miracles : l'essentiel est de ne pas commettre l'iniquité. Comme l'a dit quelqu'un, « la simple observance des commandements est plus importante que les effets spéciaux ». Efforçons-nous donc non de produire des effets spéciaux, mais d'accomplir Sa volonté.
21 " Ce n'est pas en me disant : "Seigneur, Seigneur", qu'on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c'est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux. |
22 Beaucoup me diront en ce jour-là : "Seigneur, Seigneur, n'est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé ? en ton nom que nous avons chassé les démons ? en ton nom que nous avons fait bien des miracles ?" |
23 Alors je leur dirai en face : "Jamais je ne vous ai connus ; écartez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité. " |
Le désir de solidité, d'une organisation fiable de la vie, est propre à presque tout homme. C'est en grande partie par ce désir que s'expliquent nombre de nos opinions et de nos actes. En achevant le récit du Sermon sur la montagne, l'évangéliste Matthieu y inclut la parabole lue aujourd'hui, celle des maisons bâties sur le sable et sur le roc: le Seigneur y parle justement de cette solidité de la vie.
Cette parabole résonne comme une sorte de conclusion de tout le Sermon sur la montagne. Certains protestants aiment appeler la Bible un mode d'emploi pour la vie humaine, et nous voyons que cette vision n'est nullement dépourvue de fondement. Tout le Sermon sur la montagne parle de ce qui est nécessaire pour être vivant au sens véritable du mot. Et la parabole finale souligne qu'il s'agit de la vraie vie, celle qu'aucun malheur ne peut renverser.
Cela ne signifie pas qu'il n'y aura pas de malheurs, mais l'homme qui vit selon la parole du Christ et accomplit cette parole est plus fort que toutes les adversités. Bien plus, grâce à la victoire du Christ, nous devenons avec lui plus forts que la mort elle-même. Même les difficultés apparaissent à un tel homme non comme un hasard accablant et oppressant, mais comme ce chemin de croix sur lequel nous pouvons suivre Dieu.
21 " Ce n'est pas en me disant : "Seigneur, Seigneur", qu'on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c'est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux. |
22 Beaucoup me diront en ce jour-là : "Seigneur, Seigneur, n'est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé ? en ton nom que nous avons chassé les démons ? en ton nom que nous avons fait bien des miracles ?" |
23 Alors je leur dirai en face : "Jamais je ne vous ai connus ; écartez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité. " |
L'homme déchu a tendance à espérer dans la force magique de la parole. Dès l'Antiquité préhistorique, en prononçant une parole, en nommant quelque chose, l'homme était convaincu qu'il pouvait agir sur ce qu'il nommait. Par la suite, il a transféré cette attitude aux hommes et aux dieux. On considérait que par la parole on pouvait contraindre non seulement un homme, mais même un dieu ou un esprit, à faire ce dont celui qui prononçait cette parole avait besoin. On pouvait jeter un sort aux dieux et aux esprits, en les obligeant à servir l'homme.
Bien sûr, le yahvisme, tout comme plus tard le judaïsme, a toujours eu une attitude nettement négative envers la magie et toutes les pratiques magiques, y compris les incantations. Mais dans les profondeurs du subconscient, même chez les personnes religieuses, continuait à vivre la conviction de la force magique de la parole. Et si, dans l'Antiquité païenne, elle a engendré la pratique magique des incantations, dans la vie yahviste, de même d'ailleurs que dans la vie juive puis chrétienne, elle a engendré la pratique des serments sacrés solennels et des déclarations doctrinales. Proclame publiquement et solennellement le symbole de Nicée, et tu es « orthodoxe ». Jure tout aussi publiquement et solennellement fidélité éternelle à Jésus, et tu es « chrétien ». Et si les serments se répètent encore et encore, si la déclaration de sa « foi » devient une profession, il ne reste plus aucun doute: Dieu ne peut quand même pas laisser sans attention une telle activité, le Sauveur ne se détournera quand même pas de ceux qui ont prononcé tant de paroles, peut-être même très justes, pour sa défense!
Mais voici qu'il apparaît qu'il peut les laisser sans attention. Il peut aussi se détourner. Car Jésus n'a pas besoin d'avocats ni d'orateurs brillants qui jouent avec les mots; il a besoin de témoins du Royaume, et c'est tout autre chose.
21 " Ce n'est pas en me disant : "Seigneur, Seigneur", qu'on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c'est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux. |
22 Beaucoup me diront en ce jour-là : "Seigneur, Seigneur, n'est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé ? en ton nom que nous avons chassé les démons ? en ton nom que nous avons fait bien des miracles ?" |
23 Alors je leur dirai en face : "Jamais je ne vous ai connus ; écartez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité. " |
En effet, qu'est-ce qui dépend de nous ? Nous pouvons prier (« Seigneur ! Seigneur ! »), nous pouvons, en invoquant le nom de Dieu et en recevant de Lui des dons spirituels, accomplir de bonnes œuvres (v. 22). Et cela ne suffit pas ? Que pouvons-nous encore faire ? Il semble que Jésus veuille que nous ne fassions pas quelque chose. Il dit qu'il est impossible de « combiner » la piété et l'iniquité. La volonté du Père est que personne ne périsse ; personne signifie ni moi ni vous, tandis que le péché, l'iniquité, nous conduisent à la perdition. Jésus nous appelle à l'impossible, comme dans tout le Sermon sur la montagne, mais Il a déjà parcouru ce chemin, le chemin de la justice, devant nous.
23 Alors je leur dirai en face : "Jamais je ne vous ai connus ; écartez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité. " |
Toute la vie du Royaume est construite sur un système de relations: celles qui relient les hommes les uns aux autres, les unissent à Dieu et au Christ, et enfin les relations du Christ lui-même avec son Père céleste. Ces relations constituent proprement le fondement spirituel du Royaume, lui donnent sa forme; c'est pourquoi elles se révèlent absolument importantes et précieuses en elles-mêmes. Mais comment, dans quelles conditions une relation véritable et profonde est-elle possible? La relation est une intention, un acte de volonté, et la force d'un acte de volonté est déterminée par l'état intérieur de l'homme, par la qualité de sa vie, non par ce qu'il fait, mais par la manière dont il existe.
À la création, Dieu donne à chacun cette force de vie qui, comme un courant, traverse l'homme, et dans laquelle lui-même, à son tour, se meut comme dans un courant. Et il donne aussi à chacun son souffle, le souffle de vie, dont la Présence détermine la qualité de ce courant de vie dans lequel nous demeurons et qui demeure en nous. La volonté n'est que la manifestation de ce souffle de vie. Elle naît là où la Présence rencontre la nature. La mesure de la plénitude de la Présence détermine la qualité de la nature, la qualité de la vie, et donc l'intensité de l'acte de volonté, sa profondeur et sa force. Et avec cela, la profondeur de la relation, ce sur quoi le Royaume est fondé. Tout le reste, toute l'activité extérieure de l'homme, n'est que la manifestation extérieure de ce courant de vie qui demeure en nous et dans lequel nous demeurons.
Quant aux miracles... eh bien, les miracles sont possibles. Et les guérisons. Et l'expulsion des démons. Mais pour l'homme lui-même, cela ne change souvent rien, car les miracles comme les guérisons s'accomplissent par l'action du souffle de Dieu, et les démons fuient devant lui aussi. Mais savoir si ce souffle transformera l'homme lui-même, s'il donnera une autre qualité à son existence, ne dépend que de lui.
Bien sûr, cela ne se produira pas automatiquement. Et si l'homme s'est appuyé sur les œuvres, même miraculeuses et surnaturelles, et non sur des relations vivantes avec le Christ, il peut se retrouver, au bout du chemin, sans rien. Car tous les miracles et guérisons se produisaient en réalité seulement autour de lui, sans changer sa propre vie, cette profondeur de la vie qui, dans le Royaume, devient surface. Et alors retentit une réponse inattendue pour l'homme et terrible par son caractère inattendu, mais hélas parfaitement logique.
24 " Ainsi, quiconque écoute ces pare-les que je viens de dire et les met en pratique, peut se comparer à un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc. |
25 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont déchaînés contre cette maison, et elle n'a pas croulé: c'est qu'elle avait été fondée sur le roc. |
26 Et quiconque entend ces paroles que je viens de dire et ne les met pas en pratique, peut se comparer à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. |
27 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont rués sur cette maison, et elle s'est écroulée. Et grande a été sa ruine ! " |
28 Et il advint, quand Jésus eut achevé ces discours, que les foules étaient frappées de son enseignement: |
29 car il les enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme leurs scribes. |
Le christianisme est probablement unique précisément parce qu’il unit des réalités inconciliables du point de vue de notre raison terrestre. Pourquoi la lecture d’aujourd’hui réunit-elle deux passages qui paraissent si différents ? Peut-être parce que le premier parle de prudence, et le second, aussitôt après, de témérité : la prudence de bâtir une maison solide sur le roc et la témérité de toucher un lépreux. Comment unir les deux ? C’est là que réside l’essence profonde du christianisme. La sainte folie et la pureté dogmatique semblent n’avoir rien en commun, mais elles sont les deux pôles qui embrassent le monde entier. Le penseur rigoureusement rationnel Thomas d’Aquin et les remarquables mystiques François d’Assise et Jean de la Croix. Le philosophe Soloviev et les mystiques de la glorification du Nom. Nous formons tous un seul corps, car se consacrer au Christ, c’est se consacrer tout entier : la raison et l’âme, le cœur et l’esprit.
24 " Ainsi, quiconque écoute ces pare-les que je viens de dire et les met en pratique, peut se comparer à un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc. |
25 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont déchaînés contre cette maison, et elle n'a pas croulé: c'est qu'elle avait été fondée sur le roc. |
26 Et quiconque entend ces paroles que je viens de dire et ne les met pas en pratique, peut se comparer à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. |
27 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont rués sur cette maison, et elle s'est écroulée. Et grande a été sa ruine ! " |
Le temps de l'Avent offre un choix particulièrement heureux de lectures. Elles sont courtes et extrêmement concrètes. C'est le moment de revenir à la manière dont les enfants apprennent l'essentiel. Isaïe et Matthieu nous donnent deux occasions de comprendre ce qu'il nous déplaît de comprendre. Ils l'expliquent avec des mots simples. Ils nous l'expliquent comme à des enfants, à l'aide d'arguments différents, en cherchant à nous conduire à agir raisonnablement. Ce n'est pas un hasard si le Sermon sur la montagne, avec toute la force de sa franchise, s'achève par trois versets sur la maison bâtie sur le roc et celle bâtie sur le sable. Comme de petits enfants, le Seigneur nous enseigne Sa vérité : nous pouvons tout faire, même construire une maison sur le sable. Une maison sur le sable est une maison fondée sur ce qui est temporaire. Le roc est ce qui est éternel. Dans notre vie, seul le Seigneur est éternel.
24 " Ainsi, quiconque écoute ces pare-les que je viens de dire et les met en pratique, peut se comparer à un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc. |
25 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont déchaînés contre cette maison, et elle n'a pas croulé: c'est qu'elle avait été fondée sur le roc. |
Le désir de solidité, d'un arrangement sûr de la vie, est propre à presque tout homme. Il explique dans une large mesure nombre de nos opinions et de nos actes. En achevant le récit du Sermon sur la montagne, l'évangéliste Matthieu y inclut la parabole lue aujourd'hui, celle des maisons bâties sur le sable et sur le roc, dans laquelle le Seigneur parle précisément de cette solidité de la vie.
Cette parabole résonne comme une sorte de conclusion à tout le Sermon sur la montagne. Certains protestants aiment appeler la Bible un mode d'emploi pour la vie humaine, et nous voyons que cette manière de voir n'est pas sans fondement. Tout le Sermon sur la montagne parle de ce qui est nécessaire pour être vivant au sens véritable du terme. Et la parabole finale souligne qu'il s'agit de la vraie vie, d'une vie qu'aucune épreuve ne peut faire s'écrouler. Cela ne signifie pas qu'il n'y aura pas d'épreuves, mais l'homme qui vit selon la parole du Christ et l'accomplit est plus fort que toutes les épreuves. Plus encore, grâce à la victoire du Christ, nous devenons avec Lui plus forts que la mort elle-même. Même les difficultés deviennent, pour celui qui accomplit la parole du Christ, non pas des accidents accablants et oppressants, mais ce chemin de Croix par lequel nous pouvons suivre Dieu.
24 " Ainsi, quiconque écoute ces pare-les que je viens de dire et les met en pratique, peut se comparer à un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc. |
Les paroles sur la maison bâtie sur le sable ou sur le roc, par lesquelles le Seigneur Jésus Christ conclut le Sermon sur la montagne dans le récit de l'évangéliste Matthieu, supposent implicitement deux choses importantes. Premièrement, il s'agit de la responsabilité de l'homme pour sa vie et son destin. Cette responsabilité ne concerne pas toujours le bien-être de l'homme. Les nouveaux martyrs morts dans les camps staliniens ne se souciaient pas de réussir leur vie du point de vue terrestre : ceux qui y aspiraient reniaient leur foi et allaient enseigner l'athéisme scientifique. Les circonstances extérieures de la vie et les péripéties de l'histoire nous empêchent très souvent de mener, comme dit l'apôtre, une « vie paisible et tranquille », et ce n'est pas de cela que nous répondons. Mais le destin éternel, la situation de l'homme devant Dieu, le fait d'avoir vécu sa vie dans la vérité ou dans le mensonge et le péché : voilà en quoi consiste cette responsabilité de l'homme. Vivre sans cela est impossible ; vivre avec cela est terriblement difficile.
Et deuxièmement, le Seigneur dit que Sa parole est un appui solide à partir duquel tu peux exercer ta responsabilité éternelle et trouver la vie. Ainsi Dieu ne nous donne pas seulement responsabilité et liberté ; Il ouvre aussi la vérité, afin que nous puissions nous en servir pour la vie, et non pour la mort.
26 Et quiconque entend ces paroles que je viens de dire et ne les met pas en pratique, peut se comparer à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. |
27 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont rués sur cette maison, et elle s'est écroulée. Et grande a été sa ruine ! " |
Par la parabole des deux constructeurs, le prudent et l'insensé, le Christ conclut le Sermon sur la montagne, et cela a un sens très profond.
Bien sûr, les paroles du Sauveur, Son discours, produisaient une profonde impression aussi bien sur les scribes et les hommes instruits que sur le peuple le plus simple. Nous savons, par les quatre Évangiles, que des foules immenses se rassemblaient pour écouter Ses prédications. Et nous aussi, les paroles nous impressionnent assez souvent. Il arrive que nous entendions la prédication inspirée de quelqu'un, qui nous touche jusqu'au fond de l'âme, et il nous semble que nous ne serons plus jamais comme avant. Il semble que toute la vie doive changer à l'instant même. Mais le temps passe, et nous oublions complètement à quel point notre vie nous paraissait lumineuse et nouvelle. Nous revenons aux soucis quotidiens, aux problèmes techniques, à notre vie ordinaire. Pourquoi déranger un mode de vie bien réglé, briser des relations établies, même douloureuses ? À quoi bon ? Et la vie continue son cours.
La même chose se produit chaque jour : nous lisons les Évangiles, les Épîtres, les Prophètes. Nous fermons le livre et nous continuons à vaquer à nos affaires.
Mais Jésus souligne avec insistance qu'il ne suffit pas d'écouter ; il est important de vivre de la Parole de Dieu. Notre vie en Christ ne peut advenir que si, à sa base, comme une énorme pierre, se trouvent les commandements du Christ. Et parmi eux, comme Il l'a dit Lui-même, les plus grands sont l'amour de Dieu et du prochain.
24 " Ainsi, quiconque écoute ces pare-les que je viens de dire et les met en pratique, peut se comparer à un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc. |
25 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont déchaînés contre cette maison, et elle n'a pas croulé: c'est qu'elle avait été fondée sur le roc. |
26 Et quiconque entend ces paroles que je viens de dire et ne les met pas en pratique, peut se comparer à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. |
27 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont rués sur cette maison, et elle s'est écroulée. Et grande a été sa ruine ! " |
28 Et il advint, quand Jésus eut achevé ces discours, que les foules étaient frappées de son enseignement: |
29 car il les enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme leurs scribes. |
1 Quand il fut descendu de la montagne, des foules nombreuses se mirent à le suivre. |
2 Or voici qu'un lépreux s'approcha et se prosterna devant lui en disant : " Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. " |
3 Il étendit la main et le toucha, en disant : " Je le veux, sois purifié. " Et aussitôt sa lèpre fut purifiée. |
4 Et Jésus lui dit : " Garde-toi d'en parler à personne, mais va te montrer au prêtre et offre le don qu'a prescrit Moïse : ce leur sera une attestation. " |
Il vaut la peine de se rappeler comment on construisait les maisons en Palestine aux temps évangéliques. Alors, comme souvent encore aujourd’hui, les bâtisseurs n’avaient pas besoin d’une solide fondation artificielle : le sol même de la Palestine est pierreux, et pour atteindre la pierre il suffit d’enlever une couche relativement mince de sable et d’argile. D’un autre côté, si on ne le fait pas, à la saison des pluies d’hiver la maison peut facilement « partir » : les torrents provoqués par les fortes averses emportent assez aisément la couche supérieure, qui n’est pas très épaisse. On le voit, Jésus compare l’homme qui cherche le Royaume au bâtisseur d’une maison qui enlève la couche d’alluvions instable pour atteindre la pierre solide.
Il n’est pas difficile de comprendre qu’il est ici question du fondement spirituel sur lequel l’homme construit sa propre vie. Apparemment, il s’agit de l’état spirituel habituel de l’homme déchu, lorsqu’il ne réfléchit pas à comment, de quoi et pour quoi il vit, se contentant de suivre le courant. Et même si, dans cet état, cet homme essaie de donner une direction à sa vie, ses tentatives échouent d’ordinaire : pour résoudre la tâche qu’on s’est fixée, il faut savoir quelque chose des fondements spirituels de ce sur quoi on tente d’agir. Mais l’homme déchu, qui ne réfléchit pas à la vie spirituelle, ne voit que la surface fluide et peu fiable de la réalité qui l’entoure, toujours changeante et toujours insaisissable, sur laquelle il est impossible de construire quoi que ce soit et sur laquelle on ne peut même pas s’appuyer, tant elle est changeante et inconstante.
Et ce n’est qu’après avoir pénétré en profondeur, en traversant la surface des choses jusqu’à leur essence, que l’homme découvre le véritable fondement : Dieu, la vie spirituelle, puis le Christ et le Royaume. Et il trouve cette pierre même sur laquelle on peut construire sa vie en paix, parce que cette pierre ne fera pas défaut.
15 " Méfiez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans sont des loups rapaces. |
16 C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Cueille-t-on des raisins sur des épines? ou des figues sur des chardons? |
17 Ainsi tout arbre bon produit de bons fruits, tandis que l'arbre gâté produit de mauvais fruits. |
18 Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un arbre gâté porter de bons fruits. |
19 Tout arbre qui ne donne pas un bon fruit, on le coupe et on le jette au feu. |
20 Ainsi donc, c'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. |
21 " Ce n'est pas en me disant : "Seigneur, Seigneur", qu'on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c'est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux. |
On ne peut pas mériter l'amour de Dieu. Sa miséricorde est un don que nous recevons par la foi. Mais il est si important de répondre à ce don par toute notre vie. Pour porter du fruit, il ne suffit pas de reconnaître l'existence de Dieu ; il faut aussi accomplir Sa volonté à notre égard, en devenant le lieu de Sa présence dans le monde. En refusant Son appel, nous risquons de devenir un arbre stérile et, par là même, de mettre notre existence en question.
15 " Méfiez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans sont des loups rapaces. |
16 C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Cueille-t-on des raisins sur des épines? ou des figues sur des chardons? |
17 Ainsi tout arbre bon produit de bons fruits, tandis que l'arbre gâté produit de mauvais fruits. |
18 Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un arbre gâté porter de bons fruits. |
19 Tout arbre qui ne donne pas un bon fruit, on le coupe et on le jette au feu. |
20 Ainsi donc, c'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. |
21 " Ce n'est pas en me disant : "Seigneur, Seigneur", qu'on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c'est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux. |
Autour de nous se trouvent sans cesse tant de personnes, une multitude de visages défilent constamment... Aucun habitant des siècles passés n'envierait une vie aussi intense. Nous devons souvent communiquer avec des personnes que nous ne reverrons peut-être jamais de notre vie. Il arrive aussi que nous devions nous faire d'urgence une opinion sur quelqu'un, parce que, bon gré mal gré, nous devrons rester quelque temps à côté de lui. Et il est très rare de parvenir au premier regard à tout comprendre d'une personne: comment elle est, ce qui la préoccupe, à quoi elle pense, de quoi elle vit, ce qui lui est cher... Il faut se former une impression d'après les signes extérieurs.
De plus, dans la plupart des cas, ce n'est pas simplement une opinion, mais aussi un jugement, et même une condamnation. Bien sûr, les physiognomonistes peuvent avoir raison sur certains points, mais on ne peut pas lire tout un homme sur son visage! C'est contre la précipitation des conclusions et des jugements d'après l'apparence que le Seigneur nous met en garde dans les passages d'aujourd'hui. Il dit que la «peau» d'un homme peut ne pas du tout correspondre à ce qu'il y a «à l'intérieur» (voir Mt 7:15). Et même les attributs «extérieurs» de la foi ne sont pas une garantie du salut de l'âme. Car, comme on le sait, «les démons aussi croient, et ils tremblent» (Jc 2:19).
Oui, les signes extérieurs sont nécessaires; à ceux qui les observent, «cela est compté non comme une grâce, mais comme une dette», mais bienheureux l'homme «à qui Dieu impute la justice indépendamment des oeuvres» (voir Rm 4:4-6). Pour le Seigneur, ce qui est dans le coeur est bien plus important. C'est pourquoi Il parle des fruits: notre capacité d'aimer en pratique, voilà ce qui est le critère pour Lui. Parce que le coeur ne peut répandre au dehors que ce qu'il contient (voir Mt 15:10-20). Et lorsque nous regardons une autre personne, nous ne devrions être prompts qu'à la «miséricorde», ou du moins simplement à un sourire.
13 " Entrez par la porte étroite. Large, en effet, et spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il en est beaucoup qui s'y engagent ; |
14 mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie, et il en est peu qui le trouvent. |
15 " Méfiez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans sont des loups rapaces. |
16 C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Cueille-t-on des raisins sur des épines? ou des figues sur des chardons? |
17 Ainsi tout arbre bon produit de bons fruits, tandis que l'arbre gâté produit de mauvais fruits. |
18 Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un arbre gâté porter de bons fruits. |
19 Tout arbre qui ne donne pas un bon fruit, on le coupe et on le jette au feu. |
20 Ainsi donc, c'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. |
21 " Ce n'est pas en me disant : "Seigneur, Seigneur", qu'on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c'est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux. |
22 Beaucoup me diront en ce jour-là : "Seigneur, Seigneur, n'est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé ? en ton nom que nous avons chassé les démons ? en ton nom que nous avons fait bien des miracles ?" |
23 Alors je leur dirai en face : "Jamais je ne vous ai connus ; écartez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité. " |
24 " Ainsi, quiconque écoute ces pare-les que je viens de dire et les met en pratique, peut se comparer à un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc. |
25 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont déchaînés contre cette maison, et elle n'a pas croulé: c'est qu'elle avait été fondée sur le roc. |
26 Et quiconque entend ces paroles que je viens de dire et ne les met pas en pratique, peut se comparer à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. |
27 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont rués sur cette maison, et elle s'est écroulée. Et grande a été sa ruine ! " |
28 Et il advint, quand Jésus eut achevé ces discours, que les foules étaient frappées de son enseignement: |
29 car il les enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme leurs scribes. |
En concluant le Sermon sur la montagne, Jésus met très sévèrement en garde Ses auditeurs, et nous aussi, contre cette rupture si caractéristique entre l'écoute — et même l'acceptation comme vraie — de Sa doctrine et sa mise en pratique dans notre vie. Je dirais même : entre un christianisme « théorique » et un christianisme « pratique ». Servir la vérité en pratique exige des efforts pour vaincre la « résistance du milieu » — tel est peut-être le sens des images du « chemin étroit » et de la « porte étroite » —, tandis que les « théories » ne créent presque aucune gêne dans cette vie.
L'acceptation de l'enseignement véritable doit porter des fruits : un changement de vie exprimé par des actes et un rejet intérieur du péché et de l'iniquité. Si cela ne se produit pas, c'est qu'il n'y a pas eu non plus d'acceptation réelle, et alors : « Je ne vous ai jamais connus ; éloignez-vous de Moi ! »
13 " Entrez par la porte étroite. Large, en effet, et spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il en est beaucoup qui s'y engagent ; |
14 mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie, et il en est peu qui le trouvent. |
15 " Méfiez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans sont des loups rapaces. |
16 C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Cueille-t-on des raisins sur des épines? ou des figues sur des chardons? |
17 Ainsi tout arbre bon produit de bons fruits, tandis que l'arbre gâté produit de mauvais fruits. |
18 Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un arbre gâté porter de bons fruits. |
19 Tout arbre qui ne donne pas un bon fruit, on le coupe et on le jette au feu. |
20 Ainsi donc, c'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. |
21 " Ce n'est pas en me disant : "Seigneur, Seigneur", qu'on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c'est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux. |
22 Beaucoup me diront en ce jour-là : "Seigneur, Seigneur, n'est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé ? en ton nom que nous avons chassé les démons ? en ton nom que nous avons fait bien des miracles ?" |
23 Alors je leur dirai en face : "Jamais je ne vous ai connus ; écartez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité. " |
24 " Ainsi, quiconque écoute ces pare-les que je viens de dire et les met en pratique, peut se comparer à un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc. |
25 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont déchaînés contre cette maison, et elle n'a pas croulé: c'est qu'elle avait été fondée sur le roc. |
26 Et quiconque entend ces paroles que je viens de dire et ne les met pas en pratique, peut se comparer à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. |
27 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont rués sur cette maison, et elle s'est écroulée. Et grande a été sa ruine ! " |
28 Et il advint, quand Jésus eut achevé ces discours, que les foules étaient frappées de son enseignement: |
29 car il les enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme leurs scribes. |
La lecture d'aujourd'hui est consacrée au thème des faux prophètes (v. 15) et des faux disciples (v. 21-22). Mais avant de parler des faux prophètes et des faux disciples, Jésus dit que le chemin vers le Royaume ne sera pas facile, que c'est un chemin étroit que peu voudront emprunter (v. 13-14).
Cette succession n'est évidemment pas fortuite. Car les faux prophètes apparaissent parce qu'on les attend. La nature humaine déchue est portée au compromis ; pour être parfaitement tranquille, chacun voudrait accomplir ce que Dieu demande, mais l'accomplir de manière à ce que cette obéissance soit aussi peu pesante que possible. Violer directement la parole de Dieu serait trop risqué : lors de la rencontre avec Dieu face à face, il n'y aurait rien à Lui dire. Ce serait autre chose s'il apparaissait un certain chef spirituel, par exemple un prophète, qui autoriserait par son autorité une telle violation, en prendrait la responsabilité sur lui et l'enlèverait ainsi à ceux qui ne voudraient pas marcher par le chemin étroit. Bien sûr, avec un peu de volonté, on peut toujours distinguer un tel « prophète » d'un authentique homme de Dieu ; mais si cette volonté manque, si celui qui écoute ne cherche ni la vérité ni la révélation de Dieu, mais sa propre justification, il peut très bien ne pas remarquer même des choses parfaitement évidentes.
Il n'est pas étonnant que tout cela soit propre aussi à ceux qui se disent chrétiens. Car le seul nom, comme le dit Jésus, ne suffit pas ; il faut être prêt à marcher par ce même chemin étroit, tandis que le diable est toujours prêt à indiquer des chemins plus faciles, qui mèneraient prétendument au même but, comme il les indiquait au Sauveur Lui-même lors de la tentation au désert (Mt 4:3-10). Le seul critère de vérité est l'accomplissement des paroles de Jésus (v. 24-27).
Et il ne s'agit pas seulement du fait qu'on ne peut confondre avec personne celui qui vit par le Royaume et dans le Royaume (et tels sont tous les vrais chrétiens) : il est impossible d'imiter la grâce de Dieu. Il s'agit du fait qu'aucune capacité et aucun don de Dieu, en eux-mêmes, ne rapprochent l'homme du Royaume ; pour cela, l'homme doit avant tout changer intérieurement, et si ce changement n'a pas eu lieu, tout le reste est inutile, même si, dans ce « reste », l'action de Dieu est visible (v. 22-23). Mais changer intérieurement est ce qu'il y a de plus difficile pour l'homme déchu, et peu sont réellement prêts à suivre ce chemin. Or il n'y a pas d'autre chemin vers le Royaume.
13 " Entrez par la porte étroite. Large, en effet, et spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il en est beaucoup qui s'y engagent ; |
14 mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie, et il en est peu qui le trouvent. |
15 " Méfiez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans sont des loups rapaces. |
16 C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Cueille-t-on des raisins sur des épines? ou des figues sur des chardons? |
17 Ainsi tout arbre bon produit de bons fruits, tandis que l'arbre gâté produit de mauvais fruits. |
18 Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un arbre gâté porter de bons fruits. |
19 Tout arbre qui ne donne pas un bon fruit, on le coupe et on le jette au feu. |
20 Ainsi donc, c'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. |
21 " Ce n'est pas en me disant : "Seigneur, Seigneur", qu'on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c'est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux. |
22 Beaucoup me diront en ce jour-là : "Seigneur, Seigneur, n'est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé ? en ton nom que nous avons chassé les démons ? en ton nom que nous avons fait bien des miracles ?" |
23 Alors je leur dirai en face : "Jamais je ne vous ai connus ; écartez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité. " |
24 " Ainsi, quiconque écoute ces pare-les que je viens de dire et les met en pratique, peut se comparer à un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc. |
25 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont déchaînés contre cette maison, et elle n'a pas croulé: c'est qu'elle avait été fondée sur le roc. |
26 Et quiconque entend ces paroles que je viens de dire et ne les met pas en pratique, peut se comparer à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. |
27 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont rués sur cette maison, et elle s'est écroulée. Et grande a été sa ruine ! " |
28 Et il advint, quand Jésus eut achevé ces discours, que les foules étaient frappées de son enseignement: |
29 car il les enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme leurs scribes. |
À la fin du Sermon sur la montagne, où sont rassemblées les règles les plus importantes de la vie des disciples du Christ, se trouve une sorte de commentaire de Jésus lui-même sur tout cet enseignement moral : il ne faut pas se limiter à écouter la parole, il est nécessaire de l’accomplir, c’est-à-dire de l’appliquer dans la vie. Cela signifie que toutes ces règles, ces commandements, ces repères moraux ne sont pas seulement une éthique, un « code moral », une règle de conduite, mais plutôt des indications pour réaliser la foi. Car la foi est la présence de Dieu dans la vie de l’homme ; par conséquent, croire signifie vivre selon Dieu. Pour le Christ, aucune « conviction religieuse » détachée de la pratique n’est possible. Il n’attend pas de nous une vision du monde ou des convictions particulières : il attend que, par nous, Dieu soit présent dans le monde...
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