Développant le thème de la délivrance du « corps de mort », l’apôtre passe au thème du Royaume...
Développant le thème de la délivrance du « corps de mort », l’apôtre passe au thème du Royaume, sans lequel une telle libération est impossible, et à la mission du Sauveur, qui a apporté le Royaume dans le monde. Il parle de la Torah qui, désormais, après la venue du Christ dans le monde, peut se transformer d’instrument de connaissance du péché, instrument de mort capable de tuer, en source de cette vie du Royaume dont vit le Ressuscité. C’est pourquoi Paul distingue la Torah du péché et de la mort, d’une part, et la Torah du « souffle de vie », d’autre part (v. 1-2).
La Torah intérieure dont parlaient les rabbins savants et les théologiens au temps de Paul devait, de l’avis général, purifier et sanctifier le croyant ; mais l’idéal restait l’homme devenu, selon la définition communément admise à cette époque, une « Torah vivante ». Pour Paul, en revanche, la Torah intérieure se trouve liée à ce « corps de mort » dont il faut être délivré, tandis que la Torah vivante est le Sauveur Lui-même ; si quelqu’un d’autre peut le devenir, ce n’est qu’en se confiant au Ressuscité et en recevant de Lui cette plénitude de la vie du Royaume sans laquelle aucune « Torah vivante » n’est possible. Pour Paul, la « Torah vivante », c’est la Torah du Christ et du Royaume (v. 14-17). Et le ministère terrestre du Sauveur devient pour lui la manifestation du Royaume comme Torah vivante (v. 3-4). Car pour devenir « Torah vivante » et manifester cette plénitude de justice dont parle ici l’apôtre, l’homme devait être entièrement libéré du pouvoir du péché ; autrement, au lieu de la plénitude de la justice de la Torah, il ne manifesterait au monde que la plénitude de son propre péché.
La corporéité pénétrée par le péché affaiblissait l’action de la Torah sur le cœur de l’homme, et c’est pourquoi la plénitude du Royaume demeurait inaccessible même à ceux qui, selon les mesures humaines, donnaient au monde des modèles de justice. À cause de cette domination du péché sur l’homme, Dieu dut déployer des efforts particuliers pour manifester au monde ce dont l’homme déchu n’était pas capable : l’exemple d’une humanité parfaite et sans péché, contenant en elle la plénitude de Dieu, et donc aussi la plénitude du Royaume. Désormais, quiconque s’est décidé à dire un « non » ferme à son propre « corps de mort » possède à la fois la possibilité de réaliser son intention et le lieu où il peut trouver cette vie qu’il n’a nulle part où chercher dans notre monde, encore non transfiguré (v. 5-10).
Ainsi l’exemple manifesté au monde par le Sauveur devient non plus simplement un exemple, mais une force réelle qui transforme le monde et ouvre le Royaume à quiconque le cherche et est prêt à aller jusqu’au bout dans sa recherche.