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RÉFLEXIONS pour Lc 24:36-53

36 Tandis qu'ils disaient cela, lui se tint au milieu d'eux et leur dit : " Paix à vous ! "
37 Saisis de frayeur et de crainte, ils pensaient voir un esprit.
38 Mais il leur dit : " Pourquoi tout ce trouble, et pourquoi des doutes montent-ils en votre cœur ?
39 Voyez mes mains et mes pieds ; c'est bien moi ! Palpez-moi et rendez-vous compte qu'un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'en ai. "
40 Ayant dit cela, il leur montra ses mains et ses pieds.
41 Et comme, dans leur joie, ils ne croyaient pas encore et demeuraient saisis d'étonnement, il leur dit : " Avez-vous ici quelque chose à manger ?
42 Ils lui présentèrent un morceau de poisson grillé.
43 Il le prit et le mangea devant eux.
44 Puis il leur dit : " Telles sont bien les paroles que je vous ai dites quand j'étais encore avec vous : il faut que s'accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. "
45 Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures,
46 et il leur dit : " Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait et ressusciterait d'entre les morts le troisième jour,
47 et qu'en son Nom le repentir en vue de la rémission des péchés serait proclamé à toutes les nations, à commencer par Jérusalem.
48 De cela vous êtes témoins.
49 " Et voici que moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Vous donc, demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la force d'en-haut. "
50 Puis il les emmena jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit.
51 Et il advint, comme il les bénissait, qu'il se sépara d'eux et fut emporté au ciel.
52 Pour eux, s'étant prosternés devant lui, ils retournèrent à Jérusalem en grande joie,
53 et ils étaient constamment dans le Temple à bénir Dieu.
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La lecture d'aujourd'hui nous oblige de nouveau à réfléchir à la manière dont l'homme déchu perçoit la réalité du Royaume. La première pensée des apôtres, lorsqu'ils virent le Maître ressuscité se tenant au milieu d'eux, fut qu'ils avaient devant eux un fantôme, une ombre sortie du tombeau (v. 37). On pourrait croire que, pour les disciples qui ne s'attendaient pas à voir Jésus ressuscité, une telle réaction était tout à fait naturelle. Mais, d'autre part, confondre l'ombre spectrale, à peine visible, d'un mort avec un homme ressuscité, plein de vie, est tout de même assez difficile. Cela ne serait possible que si les disciples n'avaient tout simplement pas réussi à bien voir Jésus.

À en juger par le fait qu'il dut spécialement leur faire toucher son corps (v. 39-40), il en fut ainsi. Le toucher devint apparemment pour les disciples l'argument décisif, tandis que la vue, manifestement, les avait trompés. Or il est évident que si le corps de Jésus ressuscité était assez dense pour qu'on puisse le toucher, on ne pouvait le prendre pour un fantôme que si les apôtres n'avaient tout simplement pas réussi à le distinguer comme il fallait. La situation rappelle un peu la rencontre des disciples avec le Ressuscité sur le chemin d'Emmaüs: là aussi, les apôtres ne reconnurent pas Jésus, même en conversant avec lui. Visiblement, pour l'homme qui demeure dans un monde encore non transfiguré et qui ne dispose pas encore d'une vision spirituelle développée, il est très difficile de discerner les personnes ou les objets dont la nature est déjà pleinement transfigurée. Si l'homme les voit avec sa vue physique ordinaire, c'est sans doute de façon assez vague et indistincte, au point qu'ils ressemblent vraiment à des ombres transparentes ou semi-transparentes.

Or, en réalité, la nature transfigurée ressemble moins que tout à une ombre incorporelle. Bien plus, elle interagit parfaitement avec la nature de notre monde. La nourriture tout à fait terrestre, nullement encore spiritualisée, mangée par Jésus ressuscité en est un exemple (v. 41-43). Nous avons manifestement ici affaire à une manifestation concrète des lois universelles du Royaume: il ne détruit pas et n'exclut pas notre nature encore non transfigurée, mais l'inclut en lui après l'avoir d'abord transformée. Et ici, comme on le voit, à l'échelle d'une petite pièce, s'est produit ce qui, au retour du Sauveur, se produira à l'échelle de l'univers: le monde sera transformé, devenant partie du Royaume. Alors prendra fin l'époque dans laquelle il nous a été donné de vivre.

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Pour Lc 24:36-53
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38 Mais il leur dit : " Pourquoi tout ce trouble, et pourquoi des doutes montent-ils en votre cœur ?
39 Voyez mes mains et mes pieds ; c'est bien moi ! Palpez-moi et rendez-vous compte qu'un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'en ai. "
40 Ayant dit cela, il leur montra ses mains et ses pieds.
41 Et comme, dans leur joie, ils ne croyaient pas encore et demeuraient saisis d'étonnement, il leur dit : " Avez-vous ici quelque chose à manger ?
42 Ils lui présentèrent un morceau de poisson grillé.
43 Il le prit et le mangea devant eux.
44 Puis il leur dit : " Telles sont bien les paroles que je vous ai dites quand j'étais encore avec vous : il faut que s'accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. "
45 Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures,
46 et il leur dit : " Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait et ressusciterait d'entre les morts le troisième jour,
47 et qu'en son Nom le repentir en vue de la rémission des péchés serait proclamé à toutes les nations, à commencer par Jérusalem.
48 De cela vous êtes témoins.
49 " Et voici que moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Vous donc, demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la force d'en-haut. "
50 Puis il les emmena jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit.
51 Et il advint, comme il les bénissait, qu'il se sépara d'eux et fut emporté au ciel.
52 Pour eux, s'étant prosternés devant lui, ils retournèrent à Jérusalem en grande joie,
53 et ils étaient constamment dans le Temple à bénir Dieu.
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Pour beaucoup aujourd'hui, la question de la résurrection passe au second plan, laissant la place aux réflexions sur l'après-mort, l'immortalité de l'âme, les récompenses et les châtiments d'outre-tombe, le paradis et l'enfer. Or, dans la Bible, sur tout cela, s'il en est dit quelque chose, c'est très peu...  Lire la suite

Pour beaucoup aujourd'hui, la question de la résurrection passe au second plan, laissant la place aux réflexions sur l'après-mort, l'immortalité de l'âme, les récompenses et les châtiments d'outre-tombe, le paradis et l'enfer. Or, dans la Bible, sur tout cela, s'il en est dit quelque chose, c'est très peu. De toute évidence, les auteurs bibliques étaient préoccupés non par ce qui nous préoccupe souvent aujourd'hui, mais par tout autre chose: ce qu'ils appelaient la résurrection d'entre les morts.

À première vue, il peut sembler que la différence n'est pas fondamentale: en fin de compte, il s'agit de toute façon de la vie après la mort, et les détails n'ont pas une telle importance. En réalité, la différence entre l'immortalité de l'âme et la résurrection est très grande. Qu'est-ce donc que l'immortalité de l'âme? De quelle vie, de quel après-mort pourrait-on parler dans ce cas?

Du point de vue biblique, l'après-mort qui attend l'homme se révèle assez sombre: il ne s'agit pas d'une vie pleine, mais d'une pitoyable ressemblance de vie qui ne peut guère satisfaire qui que ce soit. Il n'est pas question de disparition complète de l'homme après la mort, mais ce qui l'attend après la mort ne peut être appelé vie qu'avec une grande réserve. Il ne reste de l'homme qu'une ombre; il perd les sentiments, les pensées, il perd presque le souvenir de sa propre vie et du monde des vivants, une ombre où ne couve à peine qu'un reste de conscience. Ce n'est pas par hasard que, lorsque les apôtres virent Jésus ressuscité, ils pensèrent avoir devant eux l'ombre du Maître sortie du tombeau: aucun d'eux n'attendait un autre après-mort, et la rencontre avec une ombre, même celle d'un proche, ne pouvait apporter rien de bon aux vivants. Ni d'un après-mort bienheureux, ni d'une rétribution posthume semblable à celle dont parlent les mythes égyptiens ou grecs, la Bible ne nous dit rien.

En revanche, elle parle de résurrection, et l'image de Jésus ressuscité nous montre très clairement la différence entre l'après-mort et la résurrection. La résurrection n'est pas la conservation des pitoyables restes de la vie après la mort du corps, mais le retour à la vie dans toute sa plénitude, qui exige la transfiguration de la nature humaine elle-même. Telle est précisément l'humanité transfigurée de Jésus ressuscité: d'un côté, il peut passer à travers une porte fermée, qui n'est plus pour lui un obstacle; de l'autre, il est capable de manger la même nourriture terrestre ordinaire que chacun de nous mange. Il n'est pas une ombre; il donne expressément aux disciples de le toucher pour qu'ils s'en assurent. Il est un homme de chair et de sang, bien que cette chair et ce sang vivent selon d'autres lois que celles selon lesquelles nous vivons.

Et il donne aux apôtres la possibilité de comprendre qu'il n'est pas simplement revenu à la vie, mais qu'il a vaincu, surmonté la mort, qui n'a plus de pouvoir sur lui. De même, elle n'a pas de pouvoir sur la vie du Royaume qu'il a apporté au monde et qu'il propose à chacun de nous.

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Pour Lc 24:36-53
36 Tandis qu'ils disaient cela, lui se tint au milieu d'eux et leur dit : " Paix à vous ! "
37 Saisis de frayeur et de crainte, ils pensaient voir un esprit.
38 Mais il leur dit : " Pourquoi tout ce trouble, et pourquoi des doutes montent-ils en votre cœur ?
39 Voyez mes mains et mes pieds ; c'est bien moi ! Palpez-moi et rendez-vous compte qu'un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'en ai. "
40 Ayant dit cela, il leur montra ses mains et ses pieds.
41 Et comme, dans leur joie, ils ne croyaient pas encore et demeuraient saisis d'étonnement, il leur dit : " Avez-vous ici quelque chose à manger ?
42 Ils lui présentèrent un morceau de poisson grillé.
43 Il le prit et le mangea devant eux.
44 Puis il leur dit : " Telles sont bien les paroles que je vous ai dites quand j'étais encore avec vous : il faut que s'accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. "
45 Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures,
46 et il leur dit : " Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait et ressusciterait d'entre les morts le troisième jour,
47 et qu'en son Nom le repentir en vue de la rémission des péchés serait proclamé à toutes les nations, à commencer par Jérusalem.
48 De cela vous êtes témoins.
49 " Et voici que moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Vous donc, demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la force d'en-haut. "
50 Puis il les emmena jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit.
51 Et il advint, comme il les bénissait, qu'il se sépara d'eux et fut emporté au ciel.
52 Pour eux, s'étant prosternés devant lui, ils retournèrent à Jérusalem en grande joie,
53 et ils étaient constamment dans le Temple à bénir Dieu.
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L’Évangile selon Luc s’achève par une brève description, ou plutôt une brève mention, de l’Ascension. La logique de l’évangéliste est compréhensible : il voulait...  Lire la suite

L’Évangile selon Luc s’achève par une brève description, ou plutôt une brève mention, de l’Ascension. La logique de l’évangéliste est compréhensible : il voulait décrire entièrement toute la période de quarante jours pendant laquelle Jésus ressuscité demeura avec ses disciples, jusqu’à l’achèvement de cette période elle-même.

Mais c’est, pour ainsi dire, une logique purement factuelle, liée aux événements. Il y a dans l’Évangile une autre logique, liée au sens spirituel de ce qui se produit. Ce n’est pas par hasard que, parlant des rencontres avec le Ressuscité, l’évangéliste décrit si en détail ce qui s’est passé sur le chemin d’Emmaüs, lorsque les apôtres, marchant sur la route et conversant avec le Maître, ne le reconnaissaient pas, puis, plus tard, au moment de la fraction du pain, ayant reconnu Jésus, le perdirent aussitôt de vue. Le jour de l’Ascension, lui aussi disparaît de la vue de ses disciples. Il est évident que l’Ascension ouvre une nouvelle étape dans l’établissement sur la terre du Royaume que le Sauveur a apporté dans le monde.

Que ce Royaume contienne le monde tout entier, avec sa nature physique, était devenu clair plus tôt déjà, lorsque Jésus permit à ses disciples de se convaincre qu’il n’était pas un fantôme, ni une ombre sortie du tombeau, mais un Homme vivant et réel. Bien sûr, sa nature humaine après la Résurrection avait changé ; autrement, des apparitions comme celles que les apôtres eurent à observer sur le chemin d’Emmaüs auraient été peu concevables. Mais en un certain sens, elle est tout de même restée précisément une nature, quoique transfigurée : s’il en avait été autrement, il lui aurait difficilement été possible de goûter une nourriture terrestre après la Résurrection. Après la Résurrection, Jésus ne se transforme pas en ange, en esprit incorporel ayant perdu tout lien avec le monde naturel. Il demeure Homme, mais sa nature humaine change de qualité.

La même chose doit finalement arriver au monde, et à chacun de nous, si nous parcourons jusqu’au bout le chemin vers le Royaume. En se transfigurant, le monde ne perd rien, sinon le mal dont il est devenu prisonnier. Et nous, en nous transfigurant, nous ne perdons rien, sinon le péché qui nous empêche de vivre la plénitude de la vie du Royaume.

Mais pour que le Royaume entre dans le monde, son Roi doit être à sa place. Non pas à cette frontière qui sépare le Royaume du monde déchu, où même un homme qui n’a pas encore touché le Royaume peut le voir, mais dans la profondeur même du Royaume, en son centre, sur ce trône où le voyaient les chrétiens possédant une bonne vue spirituelle. À ceux qui ne sont pas capables de regarder dans la profondeur du Royaume, il peut sembler que le Roi est parti, a disparu, s’est dissous dans cette nuée lumineuse de la présence de Dieu qui accompagne habituellement la théophanie. En réalité, il est simplement allé là où le Roi doit être lorsque commencent des événements décisifs pour son Royaume. Cela signifie que les événements commenceront. Très bientôt déjà.

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Pour Lc 24:36-53
36 Tandis qu'ils disaient cela, lui se tint au milieu d'eux et leur dit : " Paix à vous ! "
37 Saisis de frayeur et de crainte, ils pensaient voir un esprit.
38 Mais il leur dit : " Pourquoi tout ce trouble, et pourquoi des doutes montent-ils en votre cœur ?
39 Voyez mes mains et mes pieds ; c'est bien moi ! Palpez-moi et rendez-vous compte qu'un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'en ai. "
40 Ayant dit cela, il leur montra ses mains et ses pieds.
41 Et comme, dans leur joie, ils ne croyaient pas encore et demeuraient saisis d'étonnement, il leur dit : " Avez-vous ici quelque chose à manger ?
42 Ils lui présentèrent un morceau de poisson grillé.
43 Il le prit et le mangea devant eux.
44 Puis il leur dit : " Telles sont bien les paroles que je vous ai dites quand j'étais encore avec vous : il faut que s'accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. "
45 Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures,
46 et il leur dit : " Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait et ressusciterait d'entre les morts le troisième jour,
47 et qu'en son Nom le repentir en vue de la rémission des péchés serait proclamé à toutes les nations, à commencer par Jérusalem.
48 De cela vous êtes témoins.
49 " Et voici que moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Vous donc, demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la force d'en-haut. "
50 Puis il les emmena jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit.
51 Et il advint, comme il les bénissait, qu'il se sépara d'eux et fut emporté au ciel.
52 Pour eux, s'étant prosternés devant lui, ils retournèrent à Jérusalem en grande joie,
53 et ils étaient constamment dans le Temple à bénir Dieu.
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Le troisième et dernier récit de Luc sur la rencontre des disciples avec Jésus ressuscité nous ouvre une réalité...  Lire la suite

Le troisième et dernier récit de Luc sur la rencontre des disciples avec Jésus ressuscité nous ouvre une réalité qui n'est guère accessible dans notre vie terrestre. Comme les femmes venues avec des aromates à Son tombeau, nous pouvons toucher le mystère de la Résurrection par notre foi ; nous pouvons Le rencontrer lorsque notre cœur « brûle » à la lecture de l'Écriture et reconnaître Sa présence vivante dans la fraction du pain. Mais Le voir face à face, sentir Son toucher et voir la trace de Ses dents dans un rayon de miel—tout cela dépasse l'expérience humaine après l'Ascension. Et pourtant, c'est l'expérience fondamentale de tous les disciples de Jésus, de Son Église : savoir qu'Il est vraiment ressuscité. Ce savoir, cette expérience, est conservé dans l'Écriture et dans la mémoire de l'Église, et il accomplit sa mission dans le monde : témoigner de la Résurrection, non pas logiquement ou rationnellement, mais à un autre niveau. Il est vivant ; par conséquent, toute l'histoire ultérieure—décrite dans le livre des Actes et se poursuivant jusqu'à nos jours—a un sens.

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Pour Lc 24:36-38
36 Tandis qu'ils disaient cela, lui se tint au milieu d'eux et leur dit : " Paix à vous ! "
37 Saisis de frayeur et de crainte, ils pensaient voir un esprit.
38 Mais il leur dit : " Pourquoi tout ce trouble, et pourquoi des doutes montent-ils en votre cœur ?
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La réaction des apôtres à l'apparition de Jésus ressuscité au milieu d'eux s'explique très bien si l'on admet qu'alors ils connaissaient encore le Royaume et sa vie davantage par ouï-dire que par leur propre expérience...  Lire la suite

La réaction des apôtres à l'apparition de Jésus ressuscité au milieu d'eux s'explique très bien si l'on admet qu'alors ils connaissaient encore le Royaume et sa vie davantage par ouï-dire que par leur propre expérience. Il ne pouvait en être autrement : l'expérience de la vie du Royaume ne commença à s'ouvrir à eux que le jour de la Pentecôte, qui était encore devant eux. Pour l'instant, ils demeuraient pleinement habitants de ce monde, sachant de la mort et de l'après-mort autant qu'en savait alors chacun de leurs contemporains.

Les gens de ce temps liaient l'après-mort au monde des ombres, au royaume des morts, où tous se retrouvent et où il n'est question d'aucune rétribution. Il y avait certes d'autres variantes, chez les Égyptiens, par exemple, ou chez les Grecs, qui enseignaient aussi différents états de l'être après la mort et une rétribution posthume, mais elles n'étaient pas très répandues, ne dépassant d'ordinaire pas les limites de la tradition culturelle et religieuse dans laquelle elles s'étaient formées.

Chez les Juifs, il n'existait pas de doctrine développée de l'après-mort ; les représentations yahvistes à ce sujet ne se distinguaient pas de celles de la plupart des autres peuples. Que pouvaient donc penser les disciples en voyant devant eux le Maître vivant ? Leur première pensée fut : c'est un fantôme, une ombre sortie du tombeau (le mot grec correspondant peut signifier ici à la fois « souffle » et « esprit » au sens de l'Esprit de Dieu, mais aussi « esprit » au sens d'ombre, de spectre ou de revenant).

Dans le shéol, ainsi s'appelle en hébreu le royaume des morts, il ne pouvait en effet rien y avoir d'autre que des ombres, des spectres, des esprits. Le shéol n'est pas simplement un lieu de mort ; c'est le lieu d'un mourir incessant qui ne peut jamais s'achever. La représentation biblique de l'âme y voit un courant de vie, qui peut être plus ou moins plein selon la mesure où la vie de l'homme contient Dieu, Sa présence, Son souffle. Ce courant peut être d'une plénitude extrême : telle est la vie du Royaume ; ou bien à peine couler, presque tari : telle est l'existence des ombres dans le shéol.

Dans le Royaume, la vie déborde, comme le vin d'une coupe pendant le shabbat ; dans le shéol, l'homme tente fébrilement de retenir les misérables restes de vie qu'il a réussi à emporter du monde des vivants. Dans le monde déchu avant la venue du Christ, le shéol était l'unique après-mort réel : on parlait de la résurrection, on l'attendait, on y croyait, mais personne ne savait vraiment ce qu'elle serait. Voilà pourquoi on prend le Sauveur ressuscité pour une ombre sortie du tombeau, avant de se convaincre très vite qu'en réalité Il est bien plus vivant que quiconque se croit vivant.

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Pour Lc 24:39-40
39 Voyez mes mains et mes pieds ; c'est bien moi ! Palpez-moi et rendez-vous compte qu'un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'en ai. "
40 Ayant dit cela, il leur montra ses mains et ses pieds.
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En décrivant les apparitions de Jésus ressuscité à Ses disciples, Luc veut montrer à ses auditeurs que le Seigneur, apparu le matin de Pâques devant les apôtres, est véritable...  Lire la suite

En décrivant les apparitions de Jésus ressuscité à Ses disciples, Luc veut montrer à ses auditeurs que le Seigneur, apparu le matin de Pâques devant les apôtres, est véritable. Il coupe aussitôt court à leur pensée sur la «spiritualité» de ce qui se passe. S’Il est réel, s’Il est vraiment revenu vivant, avec chair et os, du royaume de la mort, alors tout ce dont Il leur a parlé pendant toutes ces années est vrai; alors le Royaume de Dieu est réellement venu, alors la mort n’a plus de pouvoir, l’enfer n’a plus de victoire. C’est pourquoi les disciples prennent congé de Lui avec joie, sachant qu’une vie nouvelle commence, une vie dans la réalité du Royaume, pleine de Sa présence invisible. Nous aussi, nous devenons participants de cette vie, croyant en esprit à Sa Résurrection corporelle, sachant que la mort a été vaincue par Jésus et que bientôt nous Le verrons tel qu’Il est.

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Pour Lc 24:43
43 Il le prit et le mangea devant eux.
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L’image de Jésus ressuscité qui, sous les yeux de Ses disciples, mange du poisson et du miel est l’une des images évangéliques les plus remarquables. L’une des plus porteuses d’espérance. Jésus demeure Homme après la résurrection...  Lire la suite

L’image de Jésus ressuscité qui, sous les yeux de Ses disciples, mange du poisson et du miel est l’une des images évangéliques les plus remarquables. L’une des plus porteuses d’espérance. Jésus demeure Homme après la résurrection. Précisément Homme avec une majuscule: non moins Homme, mais plus Homme qu’Il ne l’était pendant Son ministère terrestre. Car après la résurrection, c’est précisément Sa nature humaine qui se révèle dans toute sa plénitude.

La plénitude de Dieu est présente en Lui depuis Sa conception, et elle demeure toujours égale à elle-même: Dieu est Dieu, Il ne change pas. Mais la nature humaine, elle, peut changer, et chez Jésus elle change comme chez tout homme. Chez l’homme déchu, les limites de tels changements sont bornées par la corruption de sa nature; chez Jésus, il n’y a aucune limite. Et Il nous manifeste notre propre nature humaine dans toute sa plénitude.

Telle qu’elle deviendra aussi en nous lorsque notre chemin chrétien s’achèvera et que nous parviendrons à cette plénitude de vie à laquelle Dieu nous appelle. La nature humaine de Jésus demeure elle-même. Elle demeure une nature, et une nature précisément humaine. Après la résurrection, Jésus ne se transforme pas en ange incorporel, en rayon de lumière divine. Il reste un homme qui peut communiquer avec Ses disciples de manière pleinement humaine, non en imitant quelque chose d’humain, mais précisément en étant Homme.

Sa nature demeure une nature, et rien de naturel ne lui est étranger, y compris le poisson et le miel. Bien sûr, passer à travers des portes fermées, par exemple, n’est pas propre à la nature de l’homme déchu. Mais, manifestement, il ne s’agit pas ici de la nature humaine comme telle, mais du fait qu’elle est corrompue en chacun de nous, hommes déchus. Lorsque la nature humaine est en ordre, les portes fermées ne sont pas pour elle un obstacle.

Non parce qu’elle cesse d’être une nature, mais parce qu’elle fonctionne un peu autrement, selon d’autres lois. Mais puisque la nature est une, le corps de Jésus n’est pas coupé par une quelconque différence de nature même de choses comme le poisson et le miel: elles font elles aussi partie de cette même nature à laquelle continue d’appartenir le corps de Jésus ressuscité. Cela signifie qu’à la fin des temps, après la résurrection et la transfiguration, nous ne cesserons pas d’être nous-mêmes. Non seulement par l’âme, mais aussi par le corps. Et le monde ne disparaîtra pas pour nous; il changera, devenant le Royaume où la vie est pleine à tous égards: spirituellement et naturellement.

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Pour Lc 24:45
45 Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures,
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Que faut-il à l’homme pour lire la Bible? De l’intérêt? Oui, bien sûr, d’abord l’intérêt, sinon il n’y a même pas de sujet: sans intérêt, l’homme ne prendra pas le livre en main...  Lire la suite

Que faut-il à l’homme pour lire la Bible? De l’intérêt? Oui, bien sûr, d’abord l’intérêt, sinon il n’y a même pas de sujet: sans intérêt, l’homme ne prendra pas le livre en main. Mais il faut aussi savoir lire. Qu’est-ce qu’un texte, au fond, n’importe lequel: littéraire, artistique, musical?

Des sens incarnés dans des signes. Dans des mots, s’il s’agit d’une œuvre littéraire. Des mots qui ne sont jamais univoques, à moins qu’il ne s’agisse de termes, mais la Bible n’est pas un livre théologique ni philosophique, elle ne contient pas de termes. Toute œuvre littéraire est un système de sens incarné dans des mots. Et le lecteur doit reproduire ces sens. Les recréer. Reconstruire le système créé par l’auteur.

Parce que les sens ne peuvent pas être lus comme une information enregistrée sur un support quelconque. Ils ne peuvent qu’être restaurés, recréés à la suite de l’auteur, en parcourant son chemin. Bien sûr, pas exactement comme ils ont été créés ou révélés à l’auteur: la copie est ici impossible. Toute lecture d’un texte devient son interprétation, que le lecteur le veuille ou non, qu’il en ait conscience ou qu’il reste dans l’ignorance en s’imaginant «lire comme c’est écrit».

Il en va toujours ainsi, dans tous les cas, avec toute œuvre littéraire. Et si l’auteur n’est pas seul? S’ils sont deux: l’homme qui a créé le texte et Dieu qui l’a inspiré? On ne peut pas lire un texte, on ne peut pas recréer les sens, sans s’intéresser à l’auteur, à celui par qui les sens ont été révélés. Et si les sens n’ont pas été révélés par un homme, si à lui-même ils ont été révélés par un autre Auteur, et que l’homme les a seulement exprimés et incarnés?

Alors, sans intérêt pour l’Auteur avec une majuscule, on ne comprendra pas l’essentiel. Comprendre la Bible, c’est comprendre Dieu. Et les hommes par lesquels Il a parlé, bien sûr, également. C’est cette compréhension que Jésus a enseignée à Ses disciples. Car c’est chez Dieu, dans Son Royaume, qu’il est le plus simple de comprendre Dieu. Et c’est par l’Homme en qui Il s’est incarné qu’il est le plus simple de comprendre les hommes par lesquels Il a parlé. Alors la révélation et la vie s’unissent, et la parole de Dieu devient compréhensible jusqu’au bout, par le «Verbe fait chair».

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Pour Lc 24:46-48
46 et il leur dit : " Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait et ressusciterait d'entre les morts le troisième jour,
47 et qu'en son Nom le repentir en vue de la rémission des péchés serait proclamé à toutes les nations, à commencer par Jérusalem.
48 De cela vous êtes témoins.
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Dans ces paroles du Christ, d'une densité saisissante et qui constituent en fait le résumé de toute la Bible, plusieurs points ressortent...  Lire la suite

Dans ces paroles du Christ, d'une densité saisissante et qui constituent en fait le résumé de toute la Bible, plusieurs points ressortent. « Ainsi il est écrit, et ainsi il fallait » : voilà ce qui distingue pour nous l'Écriture sainte de tout autre livre. Ce n'est pas un recueil de prédictions chiffrées à la manière de Nostradamus. L'Écriture nous fait connaître la volonté de Dieu, qui doit s'accomplir, et nous sommes appelés à participer à cet accomplissement.

« Que le Christ souffrît et ressuscitât des morts le troisième jour ». Le centre du christianisme n'est pas une doctrine, ni une idée, mais des faits réels : la Croix et la Résurrection du Dieu-homme. « Que soient prêchés en Son nom la repentance et le pardon des péchés » : de cet événement central du christianisme découlent des conséquences déterminées qu'il faut annoncer aux hommes : le péché est racheté par le Christ, et Dieu pardonne irrévocablement à ceux qui veulent sincèrement être pardonnés par Lui.

« À toutes les nations, en commençant par Jérusalem » : le christianisme est véritablement universel, toute personne de tout peuple peut trouver la paix avec Dieu par le Christ, mais l'aspect historique du déploiement de la révélation ne peut être ignoré ; on ne peut rejeter l'Ancien Testament comme ne s'adressant qu'au peuple d'Israël. « Vous êtes témoins de cela » : voilà en quoi consiste notre participation à l'accomplissement de la volonté de Dieu. Ce n'est pas nous qui « convertissons » les hommes, ce n'est pas nous qui leur donnons la foi : c'est Dieu Lui-même qui le fait, mais Il agit par notre témoignage, par l'exemple contagieux pour les autres d'une vie selon l'amour.

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Pour Lc 24:51
51 Et il advint, comme il les bénissait, qu'il se sépara d'eux et fut emporté au ciel.
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Jésus Christ finit Son chemin terrestre. L'événement signifiant le changement de tout l'univers – l’union de Dieu avec Sa création - s'achève aussi "doucement", comme cela avait commencé. Très peu de gens ont été témoins de...  Lire la suite

Jésus Christ finit Son chemin terrestre. L'événement signifiant le changement de tout l'univers – l’union de Dieu avec Sa création - s'achève aussi "doucement", comme cela avait commencé. Très peu de gens ont été témoins de l’Incarnation, tout comme ce n’est pas aussi une foule qui a assisté à l'Ascension. Dieu a choisi pour Son avènement une périphérie éloignée de l'Empire Romain, un peuple opprimé, des gens pauvres et simples - Il a tout fait pour que Son amour puisse toucher tout un chacun, et non seulement quelques «élites». Il n'a pas fait suivre Son chemin des cataclysmes mondiaux, des catastrophes naturelles et d’autres choses «impressionnantes» - pour que personne ne soit contraint de venir à Lui. Et au dernier moment avant l'Ascension, le Christ n'accuse personne et ne menace point – au contraire Il promet l’infusion du Saint-Esprit aux disciples et les bénit. Dieu ne traîne pas et n’oblige pas - il appelle et «attire». Et il accomplit en même temps tout ce qu'est nécessaire pour que la création puisse avoir la vie éternelle – puisqu’en Christ, même notre nature humaine s'élève au ciel.

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Pour Lc 24:51
51 Et il advint, comme il les bénissait, qu'il se sépara d'eux et fut emporté au ciel.
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Le Christ achève Son chemin terrestre. L'événement qui signifie le changement de tout l'univers, l'union de Dieu avec Sa création, se termine aussi « discrètement » qu'il a commencé. Très peu de personnes ont été témoins de l'Incarnation, et...  Lire la suite

Le Christ achève Son chemin terrestre. L'événement qui signifie le changement de tout l'univers, l'union de Dieu avec Sa création, se termine aussi « discrètement » qu'il a commencé. Très peu de personnes ont été témoins de l'Incarnation, et les foules n'étaient pas non plus présentes à l'Ascension.

Dieu a choisi pour Sa venue une province éloignée de l'Empire romain, un peuple opprimé, des personnes pauvres et sans noblesse : Il a tout fait pour que Son amour puisse toucher chacun, et non seulement quelque « élite ». Il n'a pas accompagné Son chemin de cataclysmes mondiaux, de catastrophes naturelles ni d'autres actes « impressionnants », afin que personne ne soit contraint de venir à Lui.

Et au dernier moment avant l'Ascension, le Christ ne dénonce pas et ne menace pas : Il promet la descente du Saint-Esprit sur les disciples et les bénit. Dieu ne tire pas de force et ne contraint pas : Il appelle et attire. Et en même temps Il accomplit tout ce qui est nécessaire pour que la création reçoive la vie éternelle, car dans le Christ, notre nature humaine, créée, monte elle aussi au ciel.

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Pour Lc 24:35-38
35 Et eux de raconter ce qui s'était passé en chemin, et comment ils l'avaient reconnu à la fraction du pain.
36 Tandis qu'ils disaient cela, lui se tint au milieu d'eux et leur dit : " Paix à vous ! "
37 Saisis de frayeur et de crainte, ils pensaient voir un esprit.
38 Mais il leur dit : " Pourquoi tout ce trouble, et pourquoi des doutes montent-ils en votre cœur ?
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On a envie de regarder l'apparition de Jésus décrite par Luc avec les yeux d'une personne présente tout près. Nous voyons un groupe de personnes rassemblées...  Lire la suite

On a envie de regarder l'apparition de Jésus décrite par Luc avec les yeux d'une personne présente tout près. Nous voyons un groupe de personnes réunies le soir pour partager, unies par le nom de leur Maître. Deux d'entre elles, qui viennent d'arriver d'Emmaüs, racontent sans doute avec passion et ardeur à leurs amis ce qui leur est arrivé avec le Seigneur rencontré en chemin. Quel miracle: le voir et recevoir la confirmation de l'importance et de la nécessité de l'accomplissement de l'Eucharistie, où l'on reconnaît, où est présent le Seigneur lui-même.

Et voici que, captivés par le récit et attentifs à lui, ces hommes voient apparaître le Christ. Tout se tait, et ces paroles retentissent: «Paix à vous». Les cœurs se remplissent de trouble et de peur, d'incrédulité devant ce qui arrive: puisqu'il n'est pas entré par la porte! Mais Jésus, écartant tout l'extérieur, leur propose aussitôt de regarder en profondeur, au fond de leur cœur. Et d'y trouver une place pour sa paix.

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Pour Lc 24:13-43
13 Et voici que, ce même jour, deux d'entre eux faisaient route vers un village du nom d'Emmaüs, distant de Jérusalem de soixante stades,
14 et ils conversaient entre eux de tout ce qui était arrivé.
15 Et il advint, comme ils conversaient et discutaient ensemble, que Jésus en personne s'approcha, et il faisait route avec eux;
16 mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.
17 Il leur dit : " Quels sont donc ces propos que vous échangez en marchant ? " Et ils s'arrêtèrent, le visage sombre.
18 Prenant la parole, l'un d'eux, nommé Cléophas, lui dit : " Tu es bien le seul habitant de Jérusalem à ignorer ce qui y est arrivé ces jours-ci ! " -
19 " Quoi donc ? " leur dit-il. Ils lui dirent : " Ce qui concerne Jésus le Nazarénien, qui s'est montré un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple,
20 comment nos grands prêtres et nos chefs l'ont livré pour être condamné à mort et l'ont crucifié.
21 Nous espérions, nous, que c'était lui qui allait délivrer Israël; mais avec tout cela, voilà le troisième jour depuis que ces choses sont arrivées!
22 Quelques femmes qui sont des nôtres nous ont, il est vrai, stupéfiés. S'étant rendues de grand matin au tombeau
23 et n'ayant pas trouvé son corps, elles sont revenues nous dire qu'elles ont même eu la vision d'anges qui le disent vivant.
24 Quelques-uns des nôtres sont allés au tombeau et ont trouvé les choses tout comme les femmes avaient dit ; mais lui, ils ne l'ont pas vu ! "
25 Alors il leur dit : " O cœurs sans intelligence, lents à croire à tout ce qu'ont annoncé les Prophètes !
26 Ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire ? "
27 Et, commençant par Moïse et parcourant tous les Prophètes, il leur interpréta dans toutes les Écritures ce qui le concernait.
28 Quand ils furent près du village où ils se rendaient, il fit semblant d'aller plus loin.
29 Mais ils le pressèrent en disant : " Reste avec nous, car le soir tombe et le jour déjà touche à son terme. " Il entra donc pour rester avec eux.
30 Et il advint, comme il était à table avec eux, qu'il prit le pain, dit la bénédiction, puis le rompit et le leur donna.
31 Leurs yeux s'ouvrirent et ils le reconnurent... mais il avait disparu de devant eux.
32 Et ils se dirent l'un à l'autre : " Notre cœur n'était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin, quand il nous expliquait les Écritures ? "
33 À cette heure même, ils partirent et s'en retournèrent à Jérusalem. Ils trouvèrent réunis les Onze et leurs compagnons,
34 qui dirent : " C'est bien vrai ! le Seigneur est ressuscité et il est apparu à Simon ! "
35 Et eux de raconter ce qui s'était passé en chemin, et comment ils l'avaient reconnu à la fraction du pain.
36 Tandis qu'ils disaient cela, lui se tint au milieu d'eux et leur dit : " Paix à vous ! "
37 Saisis de frayeur et de crainte, ils pensaient voir un esprit.
38 Mais il leur dit : " Pourquoi tout ce trouble, et pourquoi des doutes montent-ils en votre cœur ?
39 Voyez mes mains et mes pieds ; c'est bien moi ! Palpez-moi et rendez-vous compte qu'un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'en ai. "
40 Ayant dit cela, il leur montra ses mains et ses pieds.
41 Et comme, dans leur joie, ils ne croyaient pas encore et demeuraient saisis d'étonnement, il leur dit : " Avez-vous ici quelque chose à manger ?
42 Ils lui présentèrent un morceau de poisson grillé.
43 Il le prit et le mangea devant eux.
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Au début, lorsque le Ressuscité apparaissait aux apôtres, ils ne Le reconnaissaient pas, et pas seulement parce qu'Il avait changé...  Lire la suite

Au début, lorsque le Ressuscité apparaissait aux apôtres, ils ne Le reconnaissaient pas, et pas seulement parce qu'Il avait changé. Pour Le reconnaître, il faut accorder son cœur, comme un œil exercé sait trouver immédiatement l'objet recherché au milieu d'un amas de choses. Le Christ avait appris aux apôtres à reconnaître Sa voix ; après quelques jours de désarroi, ils purent donc retrouver la communion avec Lui. Mais même chez les disciples, un éloignement temporaire du Christ eut pour conséquence qu'ils ne Le reconnurent pas.

Maintenant, après Son départ visible du monde, nous ne parvenons pas toujours, nous non plus, à discerner Sa présence. Mais aujourd'hui encore, par la foi, nous sommes capables de nous disposer à la communion avec le Christ. Car Celui qui a promis d'être avec nous jusqu'à la fin du monde est toujours proche. C'est Lui qui nous accompagne sur les routes terrestres et nous dévoile le sens de l'Écriture qui nous échappe à cause de notre manque d'attention spirituelle.

Et bien sûr, comme les apôtres, nous pouvons aujourd'hui encore Le reconnaître à la fraction du pain, lorsqu'Il ne Se révèle pas seulement, mais S'unit aussi à nous.

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