1 " En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans l'enclos des brebis, mais en fait l'escalade par une autre voie, celui-là est un voleur et un brigand ; |
2 celui qui entre par la porte est le pasteur des brebis. |
3 Le portier lui ouvre et les brebis écoutent sa voix, et ses brebis à lui, il les appelle une à une et il les mène dehors. |
4 Quand il a fait sortir toutes celles qui sont à lui, il marche devant elles et les brebis le suivent, parce qu'elles connaissent sa voix. |
5 Elles ne suivront pas un étranger ; elles le fuiront au contraire, parce qu'elles ne connaissent pas la voix des étrangers. " |
6 Jésus leur tint ce discours mystérieux, mais eux ne comprirent pas ce dont il leur parlait. |
7 Alors Jésus dit à nouveau : " En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. |
8 Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands; mais les brebis ne les ont pas écoutés. |
9 Je suis la porte. Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé; il entrera et sortira, et trouvera un pâturage. |
Aujourd’hui l’évangéliste nous transmet des paroles du Christ exceptionnelles, essentielles pour notre vie. Ce sont les paroles où Il dit qu’Il est le Bon Pasteur et la Porte des brebis.
Il n’est pas inutile de rappeler ici que, dans l’ancienne Palestine, on ne gardait pas les brebis comme on garde les vaches en Russie. Nous nous représentons le pasteur comme un pauvre petit paysan qui marche derrière le troupeau et pousse le bétail avec un lourd fouet. Des chiens qui aboient et mordent les talons de ceux qui tentent de s’écarter complètent ce tableau peu attrayant. Hélas, instinctivement, nous comprenons les paroles du Christ disant qu’Il est le Pasteur selon ce qui est plus familier à notre culture. En Orient, au contraire, le berger des brebis marche devant son troupeau, choisissant le chemin parmi les rochers et les précipices. Il doit souvent s’arrêter dans un passage étroit et laisser passer les brebis une à une, car il n’y a pour elles d’autre chemin que l’endroit où se tient le berger.
Voilà précisément ce qu’est pour nous le Bon Pasteur, qui nous conduit à la vie. Nous Le suivons, et sur le chemin étroit il ne nous est possible de passer qu’en nous serrant contre Lui, en nous attachant à Dieu, comme le dit la Bible. C’est pourquoi le pastorat du Christ est pour nous un grand don. Et pour recevoir tout don de Dieu, il faut le demander, le désirer ardemment, en user et en rendre grâce. De même, pour que le Seigneur soit notre Pasteur, il faut le désirer de toutes nos forces, écouter Sa voix et Le remercier de nous paître.
1 " En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans l'enclos des brebis, mais en fait l'escalade par une autre voie, celui-là est un voleur et un brigand ; |
2 celui qui entre par la porte est le pasteur des brebis. |
3 Le portier lui ouvre et les brebis écoutent sa voix, et ses brebis à lui, il les appelle une à une et il les mène dehors. |
4 Quand il a fait sortir toutes celles qui sont à lui, il marche devant elles et les brebis le suivent, parce qu'elles connaissent sa voix. |
5 Elles ne suivront pas un étranger ; elles le fuiront au contraire, parce qu'elles ne connaissent pas la voix des étrangers. " |
6 Jésus leur tint ce discours mystérieux, mais eux ne comprirent pas ce dont il leur parlait. |
7 Alors Jésus dit à nouveau : " En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. |
8 Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands; mais les brebis ne les ont pas écoutés. |
9 Je suis la porte. Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé; il entrera et sortira, et trouvera un pâturage. |
Le Christ se « nomme » souvent comme un objet inanimé. Tantôt il est une pierre, tantôt du pain, puis de l'eau; aujourd'hui, il est une porte. Chaque fois, il se compare à un objet avec lequel nous avons affaire presque constamment. De nos jours, vivre sans « contact » régulier avec une porte est assez difficile: celui qui entre dans un bâtiment par une ouverture non destinée à cet usage est un voleur et un brigand. Notre Seigneur Jésus-Christ est précisément la porte par laquelle nous pouvons entrer dans la maison de notre Père céleste. Le chemin vers Dieu passe seulement par lui: « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père que par moi », dira le Seigneur un peu plus tard (Jn 14:6).
On peut essayer de passer par les fenêtres ou par la cheminée, ou encore creuser un tunnel, mais pourquoi? On peut sans doute aller vers Dieu par des chemins détournés, poursuivre quelque « grâce particulière », chercher à se donner de l'importance et faire semblant que nous pouvons faire nous-mêmes quoi que ce soit pour notre propre salut, mais pourquoi? Pourquoi, si le chemin est droit? « Rendez droits ses sentiers » (Mt 3:3).
Droit ne veut pas dire facile. Tout ne s'améliorera pas aussitôt comme par un coup de baguette magique. Mais l'essentiel est que le Seigneur « appelle ses propres brebis une à une et les mène dehors » (Jn 10:3). Il nous conduira, nous les brebis aveugles, « par un chemin qu'ils ne connaissent pas; je les ferai marcher par des sentiers qu'ils ignorent; devant eux je changerai les ténèbres en lumière et les passages tortueux en lignes droites. Cela, je le ferai pour eux, je ne les abandonnerai pas » (Is 42:16).
1 " En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans l'enclos des brebis, mais en fait l'escalade par une autre voie, celui-là est un voleur et un brigand ; |
2 celui qui entre par la porte est le pasteur des brebis. |
3 Le portier lui ouvre et les brebis écoutent sa voix, et ses brebis à lui, il les appelle une à une et il les mène dehors. |
4 Quand il a fait sortir toutes celles qui sont à lui, il marche devant elles et les brebis le suivent, parce qu'elles connaissent sa voix. |
5 Elles ne suivront pas un étranger ; elles le fuiront au contraire, parce qu'elles ne connaissent pas la voix des étrangers. " |
6 Jésus leur tint ce discours mystérieux, mais eux ne comprirent pas ce dont il leur parlait. |
7 Alors Jésus dit à nouveau : " En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. |
8 Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands; mais les brebis ne les ont pas écoutés. |
9 Je suis la porte. Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé; il entrera et sortira, et trouvera un pâturage. |
10 Le voleur ne vient que pour voler, égorger et faire périr. Moi, je suis venu pour qu'on ait la vie et qu'on l'ait surabondante. |
Aujourd'hui Jésus nous dit qu'Il est le pasteur et la porte pour Ses brebis. L'image du pasteur est claire et habituelle. Mais pourquoi Jésus lie-t-Il deux choses apparemment différentes : « Je suis la porte des brebis » et « tous ceux qui sont venus avant Moi sont des voleurs et des brigands » ? Quel rapport les voleurs et les brigands ont-ils avec la porte ?
Il semble pourtant qu'il soit direct. « Tous ceux qui sont venus » avant Jésus sont des gens qui prétendaient au rôle de chefs du peuple. Comme il est propre à tous les chefs, ils promettaient de conduire le peuple vers un « avenir radieux ». Le peuple d'Israël se souvenait encore que le seul avenir radieux ne peut être que dans le Royaume de Dieu. Or Jésus dit que l'unique porte vers ce Royaume, c'est Lui-même. Y entrer par un autre chemin, par une entrée de service, est impossible. Voilà pourquoi tous ceux qui promettent de conduire les gens dans le Royaume en contournant Jésus sont des voleurs et des brigands, car ils essaient de voler les brebis du Seigneur en les attirant par des promesses sciemment fausses.
1 " En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans l'enclos des brebis, mais en fait l'escalade par une autre voie, celui-là est un voleur et un brigand ; |
2 celui qui entre par la porte est le pasteur des brebis. |
3 Le portier lui ouvre et les brebis écoutent sa voix, et ses brebis à lui, il les appelle une à une et il les mène dehors. |
4 Quand il a fait sortir toutes celles qui sont à lui, il marche devant elles et les brebis le suivent, parce qu'elles connaissent sa voix. |
5 Elles ne suivront pas un étranger ; elles le fuiront au contraire, parce qu'elles ne connaissent pas la voix des étrangers. " |
6 Jésus leur tint ce discours mystérieux, mais eux ne comprirent pas ce dont il leur parlait. |
7 Alors Jésus dit à nouveau : " En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. |
8 Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands; mais les brebis ne les ont pas écoutés. |
9 Je suis la porte. Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé; il entrera et sortira, et trouvera un pâturage. |
10 Le voleur ne vient que pour voler, égorger et faire périr. Moi, je suis venu pour qu'on ait la vie et qu'on l'ait surabondante. |
11 Je suis le bon pasteur; le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. |
12 Le mercenaire, qui n'est pas le pasteur et à qui n'appartiennent pas les brebis, voit-il venir le loup, il laisse les brebis et s'enfuit, et le loup s'en empare et les disperse. |
13 C'est qu'il est mercenaire et ne se soucie pas des brebis. |
14 Je suis le bon pasteur; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, |
15 comme le Père me connaît et que je connais le Père, et je donne ma vie pour mes brebis. |
16 J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas de cet enclos; celles-là aussi, il faut que je les mène; elles écouteront ma voix; et il y aura un seul troupeau, un seul pasteur; |
17 c'est pour cela que le Père m'aime, parce que je donne ma vie, pour la reprendre. |
18 Personne ne me l'enlève ; mais je la donne de moi-même. J'ai pouvoir de la donner et j'ai pouvoir de la reprendre ; tel est le commandement que j'ai reçu de mon Père. " |
19 Il y eut de nouveau scission parmi les Juifs à cause de ces paroles. |
20 Beaucoup d'entre eux disaient : " Il a un démon ; il délire. Pourquoi l'écoutez-vous . " |
21 D'autres disaient : " Ces pare-les ne sont pas d'un démoniaque. Est-ce qu'un démon peut ouvrir les yeux d'un aveugle ? " |
Pourquoi escalader la clôture si la porte est ouverte? Peut-être par crainte d'être refoulé à la porte; mais alors, même après l'avoir « escaladée », on vous demandera de partir. Ou peut-être par espièglerie, comme dans l'enfance, lorsqu'on aimait passer par la fenêtre pour ne pas respecter des règles de conduite devenues lassantes. Mais l'espièglerie n'a pas sa place ici: il est question de choses extrêmement sérieuses.
Derrière le refus du Christ se cache habituellement le désir de se passer de lui, ainsi que la conviction présomptueuse que nos propres forces suffisent pour mener une vie juste. Si l'on succombe à la tentation de l'autosuffisance, on risque de ne pas remarquer que ce qui paraissait être « nos propres forces et nos propres moyens » n'est en réalité ni à nous, ni même une force, mais une illusion soufflée par une source trouble.
C'est pourquoi, si sévères que puissent paraître les paroles sur les voleurs et les brigands venus auparavant — et elles peuvent aussi s'appliquer à beaucoup de ceux qui sont venus après —, elles sont justes. Les chefs et les faux prophètes pour lesquels les hommes ne sont qu'un moyen de réaliser leurs propres projets ne cessent de les envoyer à la mort, et l'on n'en voit pas encore la fin.
Mais le bon berger ne conduit pas le troupeau pour le tondre et l'égorger, mais pour le mener vers de bons pâturages. Toute comparaison a ses limites, y compris celle des hommes avec un troupeau; mais n'oublions pas que chacun de nous est unique pour le Bon Pasteur et qu'il connaît chacun par son nom.
1 " En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans l'enclos des brebis, mais en fait l'escalade par une autre voie, celui-là est un voleur et un brigand ; |
2 celui qui entre par la porte est le pasteur des brebis. |
3 Le portier lui ouvre et les brebis écoutent sa voix, et ses brebis à lui, il les appelle une à une et il les mène dehors. |
4 Quand il a fait sortir toutes celles qui sont à lui, il marche devant elles et les brebis le suivent, parce qu'elles connaissent sa voix. |
5 Elles ne suivront pas un étranger ; elles le fuiront au contraire, parce qu'elles ne connaissent pas la voix des étrangers. " |
6 Jésus leur tint ce discours mystérieux, mais eux ne comprirent pas ce dont il leur parlait. |
7 Alors Jésus dit à nouveau : " En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. |
8 Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands; mais les brebis ne les ont pas écoutés. |
9 Je suis la porte. Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé; il entrera et sortira, et trouvera un pâturage. |
10 Le voleur ne vient que pour voler, égorger et faire périr. Moi, je suis venu pour qu'on ait la vie et qu'on l'ait surabondante. |
11 Je suis le bon pasteur; le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. |
12 Le mercenaire, qui n'est pas le pasteur et à qui n'appartiennent pas les brebis, voit-il venir le loup, il laisse les brebis et s'enfuit, et le loup s'en empare et les disperse. |
13 C'est qu'il est mercenaire et ne se soucie pas des brebis. |
14 Je suis le bon pasteur; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, |
15 comme le Père me connaît et que je connais le Père, et je donne ma vie pour mes brebis. |
16 J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas de cet enclos; celles-là aussi, il faut que je les mène; elles écouteront ma voix; et il y aura un seul troupeau, un seul pasteur; |
17 c'est pour cela que le Père m'aime, parce que je donne ma vie, pour la reprendre. |
18 Personne ne me l'enlève ; mais je la donne de moi-même. J'ai pouvoir de la donner et j'ai pouvoir de la reprendre ; tel est le commandement que j'ai reçu de mon Père. " |
19 Il y eut de nouveau scission parmi les Juifs à cause de ces paroles. |
20 Beaucoup d'entre eux disaient : " Il a un démon ; il délire. Pourquoi l'écoutez-vous . " |
21 D'autres disaient : " Ces pare-les ne sont pas d'un démoniaque. Est-ce qu'un démon peut ouvrir les yeux d'un aveugle ? " |
Jésus ne parlait habituellement pas directement de Sa messianité. Mais Il y faisait souvent allusion. Et Ses paroles sur Lui-même comme bon berger sont aussi une allusion. En ce temps-là, en effet, les prétendants au rôle de Messie étaient nombreux. Déjà à l'époque des Maccabées, environ un siècle et demi avant la venue du Sauveur, commence une nouvelle poussée de messianisme. Un messianisme politique. On attend le Messie comme libérateur, d'abord du pouvoir d'une dynastie séculière, puis du pouvoir des Romains. On L'attend comme un grand Roi terrestre.
Or les représentations juives traditionnelles du Messie ne supposaient nullement qu'il faille nécessairement naître Messie. On pouvait le devenir, de même que deviennent prophètes ceux que Dieu a appelés au service prophétique. C'est pourquoi de faux messies apparaissaient comme de faux prophètes. Et tout se terminait, au mieux, par rien, au pire par une tragédie. Les autorités romaines n'encourageaient absolument pas le messianisme politique, et elles réprimaient rapidement et impitoyablement tout mouvement de masse. Il arrivait souvent que le « messie » nouvellement apparu disparaisse alors, tandis que les répressions tombaient sur les simples participants du mouvement. Toutefois, cela n'arrêtait pas les insensés et les aventuriers du messianisme. Ce n'est pas par hasard que Jésus les appelle « voleurs et brigands » : ils n'étaient certainement pas de vrais pasteurs pour leur troupeau.
Et cela n'a rien d'étonnant : car ces gens ne considéraient pas ces troupeaux comme les leurs. Il ne s'agit pas seulement du fait qu'ils étaient des imposteurs. Il s'agit aussi du caractère même du messianisme politique. De la représentation du Royaume, qui apparaissait aux partisans de ce messianisme comme une réalité elle aussi purement politique, et donc entièrement terrestre. Un tel royaume terrestre ne pouvait pas être construit sans victimes. La guerre inévitable et les bouleversements qui s'ensuivaient, politiques et sociaux, étaient impossibles sans victimes. Bien sûr, tout était justifié par la grandeur du but. Mais cela ne soulageait pas ceux qui mouraient.
Seul Jésus a apporté au monde le Royaume qu'il n'était pas nécessaire d'établir par la force. Pour lequel il n'était pas nécessaire de combattre les pouvoirs de ce monde. Il a lui aussi exigé un sacrifice, mais ce sacrifice fut le Sauveur Lui-même. C'est pourquoi Il avait le droit de parler de Lui-même comme du véritable pasteur de Son troupeau : car Il est devenu la porte du Royaume pour chacun de ceux qui cherchent et n'en a perdu aucun.
39 Jésus dit alors : " C'est pour un discernement que je suis venu en ce monde : pour que ceux qui ne voient pas voient et que ceux qui voient deviennent aveugles. " |
40 Des Pharisiens, qui se trouvaient avec lui, entendirent ces paroles et lui dirent : " Est-ce que nous aussi, nous sommes aveugles ? " |
41 Jésus leur dit : " Si vous étiez aveugles, vous n'auriez pas de péché ; mais vous dites : Nous voyons ! Votre péché demeure. " |
1 " En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans l'enclos des brebis, mais en fait l'escalade par une autre voie, celui-là est un voleur et un brigand ; |
2 celui qui entre par la porte est le pasteur des brebis. |
3 Le portier lui ouvre et les brebis écoutent sa voix, et ses brebis à lui, il les appelle une à une et il les mène dehors. |
4 Quand il a fait sortir toutes celles qui sont à lui, il marche devant elles et les brebis le suivent, parce qu'elles connaissent sa voix. |
5 Elles ne suivront pas un étranger ; elles le fuiront au contraire, parce qu'elles ne connaissent pas la voix des étrangers. " |
6 Jésus leur tint ce discours mystérieux, mais eux ne comprirent pas ce dont il leur parlait. |
7 Alors Jésus dit à nouveau : " En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. |
8 Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands; mais les brebis ne les ont pas écoutés. |
9 Je suis la porte. Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé; il entrera et sortira, et trouvera un pâturage. |
Que veut dire Jésus lorsqu'il parle de ceux qui sont venus avant lui? Si l'on considère l'aspect purement historique, la réponse est assez claire: il s'agit manifestement des nombreux prétendants à la messianité qui apparaissaient alors en Judée presque chaque jour, et qui apparaissaient pour, selon la parole de Jésus, « voler, tuer et détruire ». Tous, en effet, terminaient leur prédication par un appel à la révolte, à la guerre messianique, appel qui était presque toujours entendu, et les conséquences ne se faisaient pas attendre: l'armée romaine réprimait durement et impitoyablement tous ces mouvements. Jésus, lui, parle de lui-même comme du Pasteur qui prend soin des brebis et ne veut pas les perdre inutilement, car il a apporté dans le monde le Royaume, dont l'établissement n'exige aucune révolte.
Mais ce n'est là qu'un aspect de la question. En parlant des faux pasteurs, Jésus s'adresse aussi aux pharisiens: ce sont eux qu'il appelle aveugles, et il leur dit que s'ils reconnaissaient leur aveuglement, ils ne porteraient pas de péché. Or les pharisiens, dans leur ensemble, à la différence par exemple des zélotes, n'étaient pas partisans de la guerre sainte, bien qu'ils attendissent évidemment le Messie tout autant. De quoi donc Jésus les accuse-t-il? On ne pouvait certainement pas les accuser de négliger le soin des âmes: à cet égard, les maîtres pharisiens et les rabbins étaient très zélés. Mais vers quoi se dirigeait leur zèle? Avant tout, et cela n'a rien d'étonnant, vers l'éducation religieuse de leur troupeau.
Pourtant la religion, par elle-même, ne garantit pas encore une vie spirituelle pleine. Elle peut être une aide comme un obstacle sur le chemin du Royaume: si on en fait une fin en soi, les conséquences pour la vie spirituelle peuvent être très tristes. Les pharisiens ont toujours été enclins à cette absolutisation, même si, comme toujours en pareil cas, beaucoup dépendait des personnes concrètes. Mais, malheureusement, il y eut bien des guides prêts à sacrifier l'homme au nom des normes et des règles religieuses, et les paroles de Jésus s'appliquaient pleinement à eux.
Bien sûr, beaucoup de ceux qui devaient conduire les hommes sur le chemin spirituel n'y étaient objectivement pas prêts. Dans ce cas, il aurait suffi de reconnaître simplement leur incapacité pour se décharger de leur responsabilité: personne n'aurait plus attendu de direction de celui qui se serait reconnu tel. Mais ceux qui étaient prêts à un tel aveu étaient, comme d'habitude, très peu nombreux: qui donc voudrait signer sa propre incapacité pastorale?
Alors les pasteurs devenaient précisément ces faux pasteurs dont parlait Jésus. Et ils portaient un péché: car le mensonge est toujours péché, et le faux pastorat est un péché redoublé. Il y va ici du chemin de la justice et du chemin vers le Royaume, donc du salut, c'est-à-dire de ce avec quoi on ne peut pas jouer.
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