36 " Que toute la maison d'Israël le sache donc avec certitude : Dieu l'a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous avez crucifié. " |
37 D'entendre cela, ils eurent le cœur transpercé, et ils dirent à Pierre et aux apôtres : " Frères, que devons nous faire ? " |
38 Pierre leur répondit : " Repentez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez alors le don du Saint Esprit. |
39 Car c'est pour vous qu'est la promesse, ainsi que pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. " |
40 Par beaucoup d'autres paroles encore, il les adjurait et les exhortait : " Sauvez-vous, disait-il, de cette génération dévoyée. " |
41 Eux donc, accueillant sa parole, se firent baptiser. Il s'adjoignit ce jour-là environ trois mille âmes. |
La réponse à la question de savoir ce qu'est le christianisme et ce que doit faire un chrétien retentit de façon parfaitement claire dans la bouche de Pierre. Il s'agit avant tout du repentir des péchés commis et du bain au nom de Jésus-Christ, qui libère de ces péchés et de leurs conséquences une fois pour toutes. Ensuite commence une vie nouvelle, la vie dans le Royaume, inséparable de ce que l'apôtre appelle « le don du Saint-Esprit ». C'est ainsi que sonne la traduction synodale. Mais le texte grec permet une autre interprétation, plus vraisemblable : recevez le don de Dieu, l'Esprit Saint.
Ce souffle de Dieu dont le Royaume est pénétré est le principal cadeau fait par Dieu aux chrétiens. Cadeau reçu par le Christ, dans l'union avec Lui comme Roi de ce Royaume. C'est là que se trouve la réponse à la question de savoir ce que doit faire le chrétien. Vivre. Vivre dans le Royaume. Si le christianisme était une nouvelle religion quelconque, la question de savoir ce que doivent faire ses adeptes serait tout à fait pertinente. Mais le fait est que Pierre ne parle pas de religion. Il ne propose rien de nouveau, sur le plan religieux, à ses auditeurs. Même le bain (ou, comme on l'appelle en russe, le baptême) des chrétiens n'est qu'une variété des bains de purification qui existaient à cette époque.
La différence n'est pas ici dans la forme religieuse, mais dans le contenu, dans ce qui était lié au bain. Ici, il ne s'agissait pas d'une simple purification, mais d'une purification où ceux qui étaient purifiés demandaient la purification au Sauveur Lui-même. Afin qu'ensuite, purifiés, ils soient liés à Lui et puissent être associés à la vie de ce Royaume dont Il est le Roi. Le bain purificateur devenait ici une sorte de laissez-passer pour le Royaume.
Mais ce n'était que le premier pas ; ensuite, il fallait vivre dans le Royaume. Vivre de telle sorte que le cœur du chrétien devienne le lieu où demeure le Royaume. Qu'il soit non seulement autour, mais aussi au-dedans. Parce qu'il n'en va pas autrement, autrement on ne peut être associé à la vie du Royaume. Le souffle du Royaume qui entre dans le cœur du chrétien devient le principal cadeau de Dieu. Il faut maintenant apprendre à vivre avec ce don, vivre de telle sorte qu'on ne le perde pas. C'est là la principale science chrétienne : la science de la vie dans le Royaume, la science de l'acquisition et de la garde dans son cœur du don de Dieu, le souffle du Royaume.
36 " Que toute la maison d'Israël le sache donc avec certitude : Dieu l'a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous avez crucifié. " |
37 D'entendre cela, ils eurent le cœur transpercé, et ils dirent à Pierre et aux apôtres : " Frères, que devons nous faire ? " |
38 Pierre leur répondit : " Repentez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez alors le don du Saint Esprit. |
39 Car c'est pour vous qu'est la promesse, ainsi que pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. " |
40 Par beaucoup d'autres paroles encore, il les adjurait et les exhortait : " Sauvez-vous, disait-il, de cette génération dévoyée. " |
41 Eux donc, accueillant sa parole, se firent baptiser. Il s'adjoignit ce jour-là environ trois mille âmes. |
La réaction des Juifs qui écoutent la prédication de Pierre peut paraître étrange, compte tenu du fait que ses dernières paroles parlaient de leur faute. Pierre, en les appelant à croire en Jésus Christ, ne craint pas cette vérité. Il faut apprendre de lui une telle attitude quand, en parlant de quelque chose, en prêchant, on ne craint pas de dire à une personne la vérité, même en sachant qu'elle est « contre elle ».
Et quelle est donc la réaction ? « Ils eurent le coeur touché ». Et précisément parce que ce qui avait été dit était la vérité et avait été dit avec amour. De plus, ces personnes ne se sont pas fermées et ne se sont pas endurcies contre la vérité qui leur était dite ; elles l'ont accueillie et ont voulu changer quelque chose. Alors Dieu répond à cette disponibilité du coeur et envoie un don : la componction du coeur, quelque chose qui change le coeur lui-même, et en mieux, en y édifiant la miséricorde, l'amour envers ceux qui nous entourent. Et le Seigneur ne fit pas exception : ils L'aimèrent aussi. Et quoi de plus merveilleux que le sentiment d'amour pour Dieu ?
36 " Que toute la maison d'Israël le sache donc avec certitude : Dieu l'a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous avez crucifié. " |
37 D'entendre cela, ils eurent le cœur transpercé, et ils dirent à Pierre et aux apôtres : " Frères, que devons nous faire ? " |
L’opinion que toute l'histoire de l'humanité déchue n’est, au fond, rien d'autre que la répétition de la chute sous différentes formes a été exprimé plusieurs fois par les historiens et les théologiens chrétiens. Et, si peut-être parler de l'histoire juive, comme de l'histoire du peuple de Dieu, le supplice du si longtemps attendu Messie, Qui la grande partie du peuple n'a pas trouvé le temps de remarquer, est le meilleur témoignage à cela.
En fait, Jésus a été condamné à la mort non pas pour le mensonge messianique et même pas pour les crimes religieux (telles sortes d’accusations qui ont été avancées dans le Sanhédrin, étaient juste un paravent), mais uniquement parce qu'Il empêchait les autorités (laïque, et religieux) de jouer à leurs jeux politiques. Et ici, semble-t-il, se manifeste la caractéristique de la nature humaine déchue, peut être, tout juste notamment ce qu'autrefois, à l'aube de l'histoire de l'humanité, est devenu la raison de sa chute : L'altération de la perspective spirituelle, à cause de laquelle le plus important semble bagatelle ne valant pas d'attention, et le moins important engendré par l’homme lui-même des illusions et des mirages — le plus important. Toute l’horreur spirituelle de la situation peut-être réside précisément dans le fait que Christ a été crucifié entre autres, ne pensant pas du tout de Lui non seulement comme du Messie, mais même simplement comme d’un homme, ne pensant pas ne serait-ce que dans cette proportion que demande en général de réfléchir chaque condamnation à mort porté à toute personne sans exception.
A travers le Messie, Qui selon les paroles était si attendu, on a simplement franchi, comme à travers la barrière empêchant les autorités. Et en effet, la volonté d'enjamber les gens, qui gênent, et aller au but sur les cadavres, peut être considérée comme la manifestation la plus caractère de la nature humaine déchue. Mais voici est venu le jour de la Pentecôte, a fait irruption dans le monde le souffle du Royaume, a retenti le sermon des apôtres. Et ceux qui les écoutaient, se trouvaient eux-mêmes dans le Royaume, où la perspective spirituelle n'est pas du tout déformée, comme est déformé son monde déchu, où toutes les choses et toutes les situations sont telles, que Dieu leur voit.
Et la réponse au sermon est devenue une question tout à fait régulière dans une telle situation: que devons-nous faire maintenant, quand le plus terrible s'est déjà produit, et nous tous, dans une certaine mesure avions pris part en cela? Et — telle est la vie du Royaume! — cette question même est devenue le début du chemin du salut. En effet, il n’y a rien d’irréparable pour Dieu — la résurrection du Christ est un témoignage à cela. Seulement une chose est irréparable: la mauvaise volonté des gens d’accepter ce qui est évident. Et, avant tout, son propre péché.
37 D'entendre cela, ils eurent le cœur transpercé, et ils dirent à Pierre et aux apôtres : " Frères, que devons nous faire ? " |
38 Pierre leur répondit : " Repentez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez alors le don du Saint Esprit. |
Manifestement, les gens qui avaient entendu Pierre prirent sa prédication au sérieux. La question «que devons-nous donc faire?» ne fut pas posée par hasard. En effet, s’il s’agit du rejet du Messie Lui-même, et d’un rejet conscient, on ne peut échapper aux conséquences d’un tel péché. Le yahvisme comme le judaïsme ont traditionnellement considéré le péché conscient comme un péché dont les conséquences pèsent indéfiniment sur l’homme, même si celui-ci se repent profondément et sincèrement de ce qu’il a fait. Et ici, il s’agissait du péché d’avoir participé à la mort du Messie... Il y avait de quoi réfléchir et de quoi avoir peur.
Pierre indique aussitôt à ceux qui l’écoutent la seule issue possible à cette situation. Une issue devenue possible précisément grâce à Celui que, selon la parole de l’apôtre, les hommes ont tué et que Dieu a ressuscité. Et cette issue est liée à la possibilité de participer à cette vie nouvelle, la vie du Royaume, qui, le jour de la Pentecôte, est devenue une réalité ouverte à chacun.
En entrant dans le Royaume, l’homme recommence sa vie. À partir d’une page blanche. Les conséquences de tous les péchés qu’il a commis restent dans sa vie ancienne, si, bien sûr, il ne les traîne pas avec lui. Et pour que cela n’arrive pas, il faut précisément cette conversion dont parle l’évangéliste. Dans la traduction synodale, elle est traditionnellement appelée repentir, mais il s’agit bien d’une conversion: le mot grec correspondant de l’original signifie au moins cela. Or la conversion n’est pas seulement le retour vers Dieu, dont on s’était détourné. Et ce n’est pas seulement le regret émotionnel des péchés commis.
C’est aussi la compréhension de ce qui a été fait, la prise de conscience de la qualité spirituelle de ses actes et des intentions qui les sous-tendent. Et le refus conscient de celles qui sont incompatibles avec la Torah, avec l’Évangile, avec les commandements donnés par Dieu. Alors il devient réellement possible de commencer une vie nouvelle à partir d’une page blanche. Alors pouvait devenir réalité cette vie communautaire dont parle l’auteur du livre des Actes: car elle ne peut exister que tant que chaque membre de cette communauté vit la vie du Royaume dans toute la plénitude qui lui est accessible. Comme cela doit être dans l’Église avec un grand É.
38 Pierre leur répondit : " Repentez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez alors le don du Saint Esprit. |
Le premier sermon de l'apôtre Pierre le jour de la Pentecôte a fait plusieurs gens avoir «le cœur transpercé» et poser la question : «que devenons nous faire?» Chaque personne, qui reçoit la Bonne Nouvelle pose cette même question. Et voici la réponse, que Dieu nous propose à travers Son Église.
Premièrement: il faut se repentir. Nous avons déjà plusieurs fois parlé du sujet concernant la repentance ici. Nous nous rappellerons simplement que: c'est le basculement de l'esprit, la reconnaissance du fait que nous ne sommes pas autosuffisants et sans péchés et notre appel à Dieu comme source de vie et d'amour. Deuxièmement : il faut se baptiser. Il s'agit d’une ablution complète comme signe de repentance et début d’une vie nouvelle. Au nom de Jésus-Christ signifie ayant confiance en Lui et en Lui obéissant, pour l’union avec Lui dans Sa mort et résurrection. Troisièmement : le don du Saint Esprit. Il ne suffit pas seulement d'être exempt du péché, il faut être rempli de justice; il ne suffit pas seulement de commencer une vie nouvelle, il faut qu’elle soit une vie dans l’Esprit Saint. Et tout cela nous est donné, comme don, et il nous reste seulement à l’accepter, le cultiver et le garder.
38 Pierre leur répondit : " Repentez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez alors le don du Saint Esprit. |
39 Car c'est pour vous qu'est la promesse, ainsi que pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. " |
40 Par beaucoup d'autres paroles encore, il les adjurait et les exhortait : " Sauvez-vous, disait-il, de cette génération dévoyée. " |
41 Eux donc, accueillant sa parole, se firent baptiser. Il s'adjoignit ce jour-là environ trois mille âmes. |
42 Ils se montraient assidus à l'enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. |
43 La crainte s'emparait de tous les esprits : nombreux étaient les prodiges et signes accomplis par les apôtres. |
L’Église est jeune et pleine de forces, des forces que l’Esprit du Seigneur a insufflées en elle. Les sauvés s’ajoutent par milliers, de nombreux signes s’accomplissent, tous les croyants ont reçu le don de l’Esprit Saint et demeurent dans la crainte de Dieu ; leur vie est le modèle d’une vie chrétienne pleinement accomplie (voir Ac 2:42). Vraiment, ce n’est plus une vie, c’est un rêve… Mais un rêve, c’est tout de même quelque chose de généralement inaccessible, quelque chose que l’on invente pour soulager sa conscience. On se dit : c’est un idéal incompatible avec la réalité. Or ce dont vivent les premiers chrétiens, c’est justement la vraie réalité. Plus réelle que celle dans laquelle nous vivons maintenant.
Et dans l’entretien avec Nicodème, le Seigneur parle précisément de cet être nouveau, du Royaume de Dieu qui est au-dedans d’eux et au milieu d’eux (voir Lc 17:21, Mt 18:20). Par le repentir, par le baptême d’eau et d’Esprit, par la naissance d’en haut, nous pouvons entrer, ou plus exactement nous donnons au Christ la possibilité de nous conduire dans cette autre vie (voir Jn 3:13). Peut-être ne l’avons-nous pas encore remarqué nous-mêmes, mais Lui a déjà tout fait. Il ne nous reste qu’à y croire comme à rien d’autre. Croire, afin de prendre progressivement conscience de ce qui nous est arrivé…
1 Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils se trouvaient tous ensemble dans un même lieu, |
2 quand, tout à coup, vint du ciel un bruit tel que celui d'un violent coup de vent, qui remplit toute la maison où ils se tenaient. |
3 Ils virent apparaître des langues qu'on eût dites de feu; elles se partageaient, et il s'en posa une sur chacun d'eux. |
4 Tous furent alors remplis de l'Esprit Saint et commencèrent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer. |
5 Or il y avait, demeurant à Jérusalem, des hommes dévots de toutes les nations qui sont sous le ciel. |
6 Au bruit qui se produisit, la multitude se rassembla et fut confondue : chacun les entendait parler en son propre idiome. |
7 Ils étaient stupéfaits, et, tout étonnés, ils disaient : " Ces hommes qui parlent, ne sont-ils pas tous Galiléens ? |
8 Comment se fait-il alors que chacun de nous les entende dans son propre idiome maternel? |
9 Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de Mésopotamie, de Judée et de Cappadoce, du Pont et d'Asie, |
10 de Phrygie et de Pamphylie, d'Égypte et de cette partie de la Libye qui est proche de Cyrène, Romains en résidence, |
11 tant Juifs que prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons publier dans notre langue les merveilles de Dieu ! " |
12 Tous étaient stupéfaits et se disaient, perplexes, l'un à l'autre : " Que peut bien être cela ? " |
13 D'autres encore disaient en se moquant : " Ils sont pleins de vin doux ! " |
14 Pierre alors, debout avec les Onze, éleva la voix et leur adressa ces mots : " Hommes de Judée et vous tous qui résidez à Jérusalem, apprenez ceci, prêtez l'oreille à mes paroles. |
15 Non, ces gens ne sont pas ivres, comme vous le supposez; ce n'est d'ailleurs que la troisième heure du jour. |
16 Mais c'est bien ce qu'a dit le prophète : |
17 Il se fera dans les derniers jours, dit le Seigneur, que je répandrai de mon Esprit sur toute chair. Alors vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions et vos vieillards des songes. |
18 Et moi, sur mes serviteurs et sur mes servantes je répandrai de mon Esprit. |
19 Et je ferai paraître des prodiges là-haut dans le ciel et des signes ici-bas sur la terre. |
20 Le soleil se changera en ténèbres et la lune en sang, avant que vienne le Jour du Seigneur, ce grand Jour. |
21 Et quiconque alors invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. |
22 " Hommes d'Israël, écoutez ces paroles. Jésus le Nazôréen, cet homme que Dieu a accrédité auprès de vous par les miracles, prodiges et signes qu'il a opérés par lui au milieu de vous, ainsi que vous le savez vous-mêmes, |
23 cet homme qui avait été livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l'avez pris et fait mourir en le clouant à la croix par la main des impies, |
24 mais Dieu l'a ressuscité, le délivrant des affres de l'Hadès. Aussi bien n'était-il pas possible qu'il fût retenu en son pouvoir; |
25 car David dit à son sujet : Je voyais sans cesse le Seigneur devant moi, car il est à ma droite, pour que je ne vacille pas. |
26 Aussi mon cœur s'est-il réjoui et ma langue a-t-elle jubilé ; ma chair elle-même reposera dans l'espérance |
27 que tu n'abandonneras pas mon âme à l'Hadès et ne laisseras pas ton saint voir la corruption. |
28 Tu m'as fait connaître des chemins de vie, tu me rempliras de joie en ta présence. |
29 " Frères, il est permis de vous le dire en toute assurance : le patriarche David est mort et a été enseveli, et son tombeau est encore aujourd'hui parmi nous. |
30 Mais comme il était prophète et savait que Dieu lui avait juré par serment de faire asseoir sur son trône un descendant de son sang, |
31 il a vu d'avance et annoncé la résurrection du Christ qui, en effet, n'a pas été abandonné à l'Hadès, et dont la chair n'a pas vu la corruption : |
32 Dieu l'a ressuscité, ce Jésus; nous en sommes tous témoins. |
33 Et maintenant, exalté par la droite de Dieu, il a reçu du Père l'Esprit Saint, objet de la promesse, et l'a répandu. C'est là ce que vous voyez et entendez. |
34 Car David, lui, n'est pas monté aux cieux ; or il dit lui-même : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Siège à ma droite, |
35 jusqu'à ce que j'aie fait de tes ennemis un escabeau pour tes pieds. |
36 " Que toute la maison d'Israël le sache donc avec certitude : Dieu l'a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous avez crucifié. " |
37 D'entendre cela, ils eurent le cœur transpercé, et ils dirent à Pierre et aux apôtres : " Frères, que devons nous faire ? " |
38 Pierre leur répondit : " Repentez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez alors le don du Saint Esprit. |
39 Car c'est pour vous qu'est la promesse, ainsi que pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. " |
40 Par beaucoup d'autres paroles encore, il les adjurait et les exhortait : " Sauvez-vous, disait-il, de cette génération dévoyée. " |
41 Eux donc, accueillant sa parole, se firent baptiser. Il s'adjoignit ce jour-là environ trois mille âmes. |
42 Ils se montraient assidus à l'enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. |
43 La crainte s'emparait de tous les esprits : nombreux étaient les prodiges et signes accomplis par les apôtres. |
44 Tous les croyants ensemble mettaient tout en commun; |
45 ils vendaient leurs propriétés et leurs biens et en partageaient le prix entre tous selon les besoins de chacun. |
46 Jour après jour, d'un seul cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple et rompaient le pain dans leurs maisons, prenant leur nourriture avec allégresse et simplicité de cœur. |
47 Ils louaient Dieu et avaient la faveur de tout le peuple. Et chaque jour, le Seigneur adjoignait à la communauté ceux qui seraient sauvés. |
La lecture d’aujourd’hui nous parle de ce triomphe du Royaume que Jésus avait promis à Ses disciples. Et ce triomphe ne fut rien d’autre que la descente de l’Esprit Saint sur les apôtres, décrite avec tant de détail par l’évangéliste (v. 1-4). Au premier regard, cette description contient tous les éléments traditionnels propres à la tradition prophétique de l’Ancien Testament: car, dans l’Antiquité aussi, l’action de l’esprit de Dieu se manifestait parfois par un souffle de vent (2 S 5:22-24), et la présence de Dieu, habituellement appelée dans la Bible « gloire », rappelait souvent le feu ou la lumière (Ex 40:34-38). Mais maintenant cette présence ne touche pas seulement ceux qui se trouvaient dans la chambre. Elle s’étend aussi à ceux qui écoutaient les apôtres dans les rues de Jérusalem. Et ils perçoivent la prédication des apôtres comme si ceux-ci parlaient dans la langue maternelle des pèlerins venus à Jérusalem pour la fête depuis des pays très divers (v. 5-13).
Et il ne s’agit évidemment pas du fait que les apôtres auraient soudain reçu des capacités surnaturelles pour les langues étrangères. Car, même si c’était le cas, dans les rues de Jérusalem aux jours de la fête de Chavouot (la Pentecôte), il y avait tant de nations et de langues représentées que les apôtres n’auraient pas pu prêcher simultanément à tous, même si chacun d’eux avait réellement parlé une langue étrangère: dans la liste donnée par l’évangéliste, manifestement incomplète, il y en a nettement plus que douze. Il s’agit, semble-t-il, du fait que ceux qui écoutaient les apôtres se sont eux aussi trouvés dans le Royaume, où il n’existe aucune barrière linguistique. Ici, les sens sont perçus non par le mot, mais directement, de cœur à cœur; leur incarnation se fait déjà dans l’âme de l’auditeur, qui exprime naturellement ce qu’il a reçu avec les mots de sa langue maternelle. Ainsi s’accomplirent les paroles du Sauveur sur le Royaume et sur l’Esprit, dites aux apôtres au moment de l’Ascension (Ac 1:8).
Mais la Pentecôte n’était que le commencement de l’histoire du Royaume entrant dans le monde, et maintenant les apôtres l’ont parfaitement compris. Ainsi Pierre, d’une part, parle de la fin des temps, qui est déjà venue (v. 14-21), et d’autre part de cette époque nouvelle qui a commencé après la résurrection du Sauveur (v. 25-36). Le sens principal de sa prédication est que, malgré tout, il n’est pas trop tard pour se convertir et recevoir le Messie crucifié et ressuscité; bien que le dernier jour soit déjà arrivé, les portes du Royaume ne sont pas du tout fermées, au contraire, elles s’ouvrent toutes grandes pour quiconque est prêt à entrer (v. 37-40).
Un tel témoignage était extrêmement inhabituel: car, selon les représentations traditionnelles, on associait à la fin des temps seulement le Jugement; il n’était déjà plus question d’aucune conversion, on estimait qu’il était trop tard pour se repentir au jour du Jugement. Or maintenant il apparaissait que l’histoire du salut, au fond, ne faisait que commencer, et que chacun avait une chance de salut, même ceux qui se trouvaient directement ou indirectement impliqués dans cette mort que le Sauveur dut subir sur la croix (v. 36-38). Ainsi s’acheva l’histoire terrestre et commença l’histoire du Royaume entrant dans le monde.
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