Debout près du tombeau, Marie n'analyse pas comment l'énorme pierre a pu être roulée; même la vue des anges ne l'effraie ni ne l'étonne. Tous les phénomènes miraculeux et inhabituels passent pour elle au second plan: ils n'ont pas de sens sans le Christ. Si elle s'était laissé distraire par les circonstances, elle aurait pu ne pas remarquer le Ressuscité, comme même les disciples les plus proches, qui se trouvaient là quelques instants auparavant, ne l'avaient pas vu. Mais parce qu'elle ne voulut se laisser distraire même par tout ce qui se passait de miraculeux ce matin-là, Marie put voir le Christ debout devant elle.
Marie reconnut le Ressuscité après qu'il l'eut appelée par son nom. Ce n'était pas en vain qu'il avait parlé du bon berger qui appelle ses brebis par leur nom et dont elles connaissent la voix. Pourtant aucun berger terrestre, même le meilleur, ne possède une telle unité avec ceux qui le suivent que le Christ. Il lui demande de ne pas le toucher, non parce qu'il ne veut pas communier avec l'une des filles de l'humanité, mais parce que vient le moment de son départ vers le Père. Une fois allé auprès du Père, il demeurera dans l'union la plus étroite avec ses fidèles restés sur la terre.
