18 À qui comparer Dieu, et quelle image pourriez-vous en fournir?
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Dans les livres bibliques, on rencontre souvent les expressions « image de Dieu » et « ressemblance de Dieu ». D'autre part, les prophètes ont souvent dit que Dieu n'a et ne peut avoir aucune image, en rappelant le sens du deuxième commandement du Décalogue. Certes, dans ce commandement il est question en particulier des statues sacrées et des images sacrées, si largement répandues chez tous les peuples païens, dans l'Antiquité comme dans les temps modernes. Mais l'affaire, à ce qu'il apparaît, ne concerne pas seulement les images de dieux qui n'ont aucun rapport avec l'Unique. On se souvient malgré soi de l'histoire du veau d'or : les Juifs demandaient en effet à Aaron de leur « faire » non pas un dieu païen quelconque, mais de couler dans le métal l'image de Celui qui avait fait sortir le peuple d'Égypte. Mais cela ne diminua nullement la colère de Moïse descendu de la montagne.
Pourquoi donc ? Peut-être parce que l'image du taureau sacré symbolisait Apis, ou Baal, ou quelque autre dieu inconnu, mais certainement pas le Dieu d'Abraham et de Moïse ? Et dans la conscience religieuse de masse, hélas, ni Apis ni Baal ne s'élèvent jamais jusqu'au Dieu d'Abraham. En revanche, le Dieu d'Abraham descend presque inévitablement jusqu'à Apis. Et alors le yahvisme se transforme en paganisme couvert d'une enveloppe monothéiste, le pire type de paganisme possible : le paganisme déclaré, lui, ne prétend pas être la seule vraie foi, il ne se fait pas passer pour du monothéisme. Mais le paganisme qui naît à l'intérieur d'une tradition monothéiste exige qu'on le traite comme ce qui l'a engendré, s'appropriant par tromperie l'adoration due au Dieu d'Abraham. Et sous l'apparence d'un chemin menant à la vérité, il propose à l'adorateur une voie vers une impasse spirituelle.
Autres réflexions
Pour Is 40:18-31
18 À qui comparer Dieu, et quelle image pourriez-vous en fournir?
19 Un artisan coule l'idole, un orfèvre la recouvre d'or, il fond des chaînes d'argent.
20 Celui qui fait une offrande de pauvre choisit un bois qui ne pourrit pas, se met en quête d'un habile artisan pour ériger une idole qui ne vacille pas.
21 Ne le saviez-vous pas? Ne l'entendiez-vous pas dire? Ne vous l'avait-on pas annoncé dès l'origine? N'avez-vous pas compris la fondation de la terre?
22 Il trône au-dessus du cercle de la terre dont les habitants sont comme des sauterelles, il tend les cieux comme une toile, les déploie comme une tente où l'on habite.
23 Il réduit à rien les princes, il fait les juges de la terre semblables au néant.
24 À peine ont-ils été plantés, à peine semés, à peine leur tige s'est-elle enracinée en terre, qu'il souffle sur eux, et ils se dessèchent, la tempête les emporte comme la bale.
25 À qui me comparerez-vous, dont je sois l'égal? dit le Saint.
26 Levez les yeux là-haut et voyez: Qui a créé ces astres? Il déploie leur armée en bon ordre, il les appelle tous par leur nom. Sa vigueur est si grande et telle est sa force que pas un ne manque.
27 Pourquoi dis-tu, Jacob, et répètes-tu, Israël: " Ma voie est cachée à Yahvé, et mon droit échappe à mon Dieu? "
28 Ne le sais-tu pas? Ne l'as-tu pas entendu dire? Yahvé est un Dieu éternel, créateur des extrémités de la terre. Il ne se fatigue ni ne se lasse, insondable est son intelligence.
29 Il donne la force à celui qui est fatigué, à celui qui est sans vigueur il prodigue le réconfort.
30 Les adolescents se fatiguent et s'épuisent, les jeunes ne font que chanceler,
31 mais ceux qui espèrent en Yahvé renouvellent leur force, ils déploient leurs ailes comme des aigles, ils courent sans s'épuiser, ils marchent sans se fatiguer.
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Aujourd’hui, nous commençons à lire la seconde moitié du livre du prophète Isaïe, écrite au milieu du VIe siècle avant J.-C...
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Aujourd’hui, nous commençons à lire la seconde moitié du livre du prophète Isaïe, écrite au milieu du VIe siècle avant J.-C. Le prophète inconnu que l’on appelle habituellement le Second Isaïe commença à l’écrire encore pendant la captivité à Babylone et l’acheva dans la Jérusalem d’après l’Exil. Sa prophétie commence à Babylone par une parole d’espérance et de consolation. Nous lisons aujourd’hui un hymne étonnant à la puissance du Créateur. Le prophète chante cet hymne alors qu’il est encore en captivité et ne voit que le tout début des processus historiques complexes par lesquels Dieu accorde la libération à Son peuple. L’idée principale du prophète est que rien ne peut s’opposer à la volonté du Créateur. « Son intelligence est insondable » et nous ne pouvons voir toutes Ses voies, mais Sa puissance est irrésistible. C’est pourquoi, dit le prophète, il existe pour nous tous une espérance grande et inépuisable : « ceux qui espèrent dans le Seigneur renouvellent leur force, ils prennent leur essor comme les aigles, ils courent sans se fatiguer ».
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