5 En effet, ce n'est pas à des anges qu'il a soumis le monde à venir dont nous parlons. |
6 Quelqu'un a fait quelque part cette attestation: Qu'est-ce que l'homme pour que tu te souviennes de lui, ou le fils de l'homme pour que tu le prennes en considération? |
7 Tu l'as un moment abaissé au-dessous des anges. Tu l'as couronné de gloire et d'honneur. |
8 Tu as tout mis sous ses pieds. Par le fait qu'il lui a tout soumis, il n'a rien laissé qui lui demeure insoumis. Actuellement, il est vrai, nous ne voyons pas encore que tout lui soit soumis. |
9 Mais celui qui a été abaissé un moment au-dessous des anges, Jésus, nous le voyons couronné de gloire et d'honneur, parce qu'il a souffert la mort : il fallait que, par la grâce de Dieu, au bénéfice de tout homme, il goûtât la mort. |
10 Il convenait, en effet, que, voulant conduire à la gloire un grand nombre de fils, Celui pour qui et par qui sont toutes choses rendît parfait par des souffrances le chef qui devait les guider vers leur salut. |
11 Car le sanctificateur et les sanctifiés ont tous même origine. C'est pourquoi il ne rougit pas de les nommer frères, |
12 quand il dit: J'annoncerai ton nom à mes frères. Je te chanterai au milieu de l'assemblée. Et encore: |
Dans la lecture d'aujourd'hui de l'épître aux Hébreux est cité un psaume où le psalmiste parlait de la vocation et de la grandeur de l'homme. Le Seigneur a créé l'homme un peu au-dessous des anges; Il lui a confié le pouvoir sur toute la création. Il a destiné l'homme à la gloire. Cependant, nous savons que le péché est entré dans le monde et que, comme le dit l'auteur de l'épître aux Hébreux, tout n'est pas maintenant soumis à l'homme. L'ordre du monde créé par Dieu a été bouleversé, et il ne pouvait être rétabli que d'une seule manière. Les conséquences du péché, la mort, pouvait les prendre sur Lui Celui qui n'avait commis aucun péché. Tout autre n'aurait fait que porter le châtiment mérité. Lui, l'unique sans péché, porte sur Lui notre péché et rend ainsi à l'homme la liberté et la gloire perdues, faisant de chacun de nous Son frère.
5 En effet, ce n'est pas à des anges qu'il a soumis le monde à venir dont nous parlons. |
6 Quelqu'un a fait quelque part cette attestation: Qu'est-ce que l'homme pour que tu te souviennes de lui, ou le fils de l'homme pour que tu le prennes en considération? |
Paul part de cette représentation traditionnelle des esprits angéliques qui était propre au judaïsme de son époque. Dans le judaïsme, les anges ne sont que des esprits créés inférieurs, et de plus des esprits de service et serviteurs, accomplissant des missions tout à fait concrètes de Dieu. Ils sont proches de Dieu, mais Dieu ne leur a pas assigné ces tâches d’une telle ampleur qu’Il a assignées à l’homme.
Le monde est remis au pouvoir de l’homme, non des anges. Et cela notamment parce que, à la différence de l’ange, l’homme possède dans sa vie spirituelle une dynamique déterminée par ses relations avec Dieu. Les anges, dans leur état présent, possèdent toute la plénitude de vie qui leur est accessible; ils n’ont pas besoin de devenir spirituellement, du moins l’auteur de l’épître les voit-il ainsi. L’homme, lui, est constamment en devenir, et c’est précisément pourquoi il peut finalement devenir maître de l’univers, gouverneur établi par Dieu et au pouvoir duquel le monde est remis.
Mais dans l’état déchu, l’homme ne correspond pas au dessein de Dieu sur lui, et le seul qui soit réellement capable de Se soumettre le monde est le Messie: car Lui seul peut être considéré comme Homme dans toute la plénitude de la nature humaine. Le monde se soumet au Messie non seulement en vertu de Sa divinité, mais aussi en vertu de Son humanité, et même en premier lieu précisément en vertu de Son humanité. La plénitude de Dieu manifestée au monde dans le cadre de la nature humaine est exactement ce qui est nécessaire à l’existence pleine devant la face de Dieu, aussi bien du monde dans son ensemble que de l’homme lui-même.
Et le devenir du monde devant Dieu est inséparable du devenir de l’homme devant Dieu et en Dieu; cela signifie qu’il est inséparable aussi de la personne même du Messie. L’être de l’univers est lié à l’existence de l’homme, et l’existence de l’homme est à son tour liée à l’existence du Messie; ce lien est dynamique, il suppose le devenir du monde et de l’homme dans le Christ et autour du Christ. Les anges, eux, jouent dans ce processus un rôle strictement serviteur; ils n’ont pas besoin de devenir, ils sont pleins en eux-mêmes dès l’origine, et c’est pourquoi ils dépassent l’homme dans son état présent, car l’homme déchu est privé de la plénitude de la vie. Mais l’homme qui a atteint la plénitude de sa vie dépasse la plénitude de la vie de l’ange: c’est là l’une des idées principales de l’auteur de l’épître.
5 En effet, ce n'est pas à des anges qu'il a soumis le monde à venir dont nous parlons. |
Il est intéressant de se demander pourquoi l'auteur de l'Épître aux Hébreux s'est soudain mis à parler des anges, affirmant que Dieu a placé à la tête de la création non pas un ange, mais l'homme. Il semblerait qu'il n'y ait pas lieu d'en parler longuement, car la justesse des paroles de l'écrivain sacré devient claire pour quiconque a lu au moins une fois les premiers chapitres du livre de la Genèse. Et pourtant, comme on le voit, il existait dans l'Église certaines tendances spirituelles qui ont poussé l'auteur de l'épître à insister sur l'idée que l'homme n'est nullement inférieur à l'ange. De quoi s'agissait-il donc ? Très vraisemblablement de ces tendances spiritualistes et gnostiques qui commencèrent à se manifester dans la vie de l'Église peu après la catastrophe de l'an 70 apr. J.-C., époque où, semble-t-il, l'épître fut écrite. Avant la catastrophe, le principal problème de l'Église et de son entourage était, semble-t-il, le messianisme politique ; désormais, après l'échec de la révolte messianique et la destruction du Temple, il devenait un messianisme mystique, lié peut-être aux représentations messianiques de certains mouvements juifs sectaires ou semi-sectaires, comme les esséniens. Or ces mouvements se caractérisaient par une spiritualisation de l'image du Messie et du Royaume. Les paroles du Sauveur selon lesquelles Son Royaume « n'est pas de ce monde » étaient comprises dans ce milieu littéralement, de telle sorte que le Royaume commençait à être perçu comme quelque chose de transcendant, sans rapport ni avec notre monde ni avec notre réalité en général. Et, au sujet du Messie, on avançait aussi des hypothèses selon lesquelles Il n'aurait peut-être jamais été Homme, toute Sa vie étant quelque chose comme une apparition angélique, Son corps étant illusoire, et donc illusoires aussi Sa crucifixion et Sa mort même. Sa résurrection n'aurait été que la manifestation de Sa véritable nature non humaine et sa libération de cette apparence de corporéité humaine qu'Il n'aurait pas eue en réalité et ne pouvait pas avoir. Et maintenant l'Église devait s'opposer non plus au messianisme politique, mais à ce mauvais mysticisme, qui ne laissait du christianisme que la forme extérieure, souvent d'ailleurs profondément déformée. L'auteur de l'épître doit donc rappeler encore et encore qu'au centre du monde terrestre se trouve non pas un ange incorporel « pur », mais l'homme. Et Dieu S'est incarné non plus en un ange incorporel « pur », mais en un Homme. Le rappeler afin que l'Église ne cesse pas d'être elle-même : le corps du Christ, rempli de la vie authentique d'un Homme qui a réellement vécu, réellement est mort et réellement est ressuscité.
10 Il convenait, en effet, que, voulant conduire à la gloire un grand nombre de fils, Celui pour qui et par qui sont toutes choses rendît parfait par des souffrances le chef qui devait les guider vers leur salut. |
11 Car le sanctificateur et les sanctifiés ont tous même origine. C'est pourquoi il ne rougit pas de les nommer frères, |
12 quand il dit: J'annoncerai ton nom à mes frères. Je te chanterai au milieu de l'assemblée. Et encore: |
13 Pour moi j'aurai confiance en lui. Et encore : Nous voici, moi et les enfants que Dieu m'a donnés. |
14 Puis donc que les enfants avaient en commun le sang et la chair, lui aussi y participa pareillement afin de réduire à l'impuissance, par sa mort, celui qui a la puissance de la mort, c'est-à-dire le diable, |
15 et d'affranchir tous ceux qui, leur vie entière, étaient tenus en esclavage par la crainte de la mort. |
16 Car ce n'est certes pas des anges qu'il se charge, mais c'est de la descendance d'Abraham qu'il se charge. |
17 En conséquence, il a dû devenir en tout semblable à ses frères, afin de devenir dans leurs rapports avec Dieu un grand prêtre miséricordieux et fidèle, pour expier les péchés du peuple. |
18 Car du fait qu'il a lui-même souffert par l'épreuve, il est capable de venir en aide à ceux qui sont éprouvés. |
En poursuivant la discussion sur le salut, sur le Messie et sur les anges, l’auteur de l’épître attire l’attention sur un point essentiel à cet égard. Il parle du Messie comme d’un Homme qui peut aider les hommes précisément parce qu’il est lui-même Homme.
Le monde des anges est remarquable à sa manière, et les anges surpassent les hommes dans leur état actuel parce qu’ils ne sont pas tombés (il s’agit, bien entendu, des anges restés fidèles à Dieu, et non des esprits déchus). Mais malgré tout cela, les anges et les hommes appartiennent, en un certain sens, à des couches différentes de la réalité. Les anges et les hommes ont été créés dès l’origine de manière différente ; leur interaction a été pensée par Dieu dès le commencement comme l’interaction d’êtres certes spirituels, mais existant chacun à sa manière et dans des formes qui lui sont propres.
Un ange peut transmettre à l’homme le message de Dieu (le mot grec « ange », comme le mot hébreu qui lui correspond, signifie proprement « messager »), mais il ne peut pas aider l’homme dans la situation où celui-ci s’est trouvé après la chute. Il ne le peut pas, en particulier, parce que l’homme est un être à la fois spirituel et naturel, en qui les deux composantes sont unies d’une manière tout à fait particulière, unique aussi bien dans le monde spirituel que dans le monde naturel.
Bien entendu, on ne peut pas exclure par principe l’apparition dans le monde de la plénitude de Dieu contenue dans les limites de la nature angélique (dans la mesure où l’on peut parler de nature à propos des anges). À Dieu tout est possible. Mais pour l’homme, une telle plénitude resterait de toute façon inaccessible ; elle serait peut-être perceptible pour lui d’une certaine manière, mais en tout cas elle demeurerait séparée de lui, de sorte que l’homme ne pourrait jamais devenir chez lui dans le Royaume, ne pourrait jamais en être un véritable habitant. Seul un autre Homme pouvait faire cela pour l’homme, un Homme ayant contenu en lui la plénitude de Dieu et, en même temps, absolument « des nôtres » par nature pour tout homme.
Tellement « des nôtres » que même la possibilité de la mort était pour lui pleinement réelle (pour un ange, la mort au sens humain du mot est impossible par principe). Et le Messie est devenu précisément un tel « proche » pour chacun, ne se distinguant des hommes déchus que par l’absence de corruption de sa nature humaine. Mais ce « que » a précisément rendu possible pour lui l’accueil de la plénitude de Dieu et son union avec son humanité. Et donc cela a rendu possible le salut, ouvrant à ceux qui cherchent la route du Royaume.
10 Il convenait, en effet, que, voulant conduire à la gloire un grand nombre de fils, Celui pour qui et par qui sont toutes choses rendît parfait par des souffrances le chef qui devait les guider vers leur salut. |
11 Car le sanctificateur et les sanctifiés ont tous même origine. C'est pourquoi il ne rougit pas de les nommer frères, |
12 quand il dit: J'annoncerai ton nom à mes frères. Je te chanterai au milieu de l'assemblée. Et encore: |
13 Pour moi j'aurai confiance en lui. Et encore : Nous voici, moi et les enfants que Dieu m'a donnés. |
14 Puis donc que les enfants avaient en commun le sang et la chair, lui aussi y participa pareillement afin de réduire à l'impuissance, par sa mort, celui qui a la puissance de la mort, c'est-à-dire le diable, |
15 et d'affranchir tous ceux qui, leur vie entière, étaient tenus en esclavage par la crainte de la mort. |
16 Car ce n'est certes pas des anges qu'il se charge, mais c'est de la descendance d'Abraham qu'il se charge. |
17 En conséquence, il a dû devenir en tout semblable à ses frères, afin de devenir dans leurs rapports avec Dieu un grand prêtre miséricordieux et fidèle, pour expier les péchés du peuple. |
18 Car du fait qu'il a lui-même souffert par l'épreuve, il est capable de venir en aide à ceux qui sont éprouvés. |
Poursuivant la discussion sur les anges et sur le Messie, l'auteur de l'épître souligne particulièrement le fait que le Sauveur a souffert de manière tout à fait réelle sur la croix, comme tout autre y aurait souffert (v. 10). C'est précisément en cela que se manifeste l'humanité du Messie : car un ange, par principe, ne peut pas souffrir comme souffre un homme ; on ne peut pas le crucifier, il est libre de la corporéité et de tous les problèmes qui lui sont liés. Mais le Messie n'est pas un ange, ni un être d'un autre monde ; Il appelle frères les hommes qu'Il sauve, soulignant ainsi Son unité réelle, essentielle, avec ceux qui sont sauvés (v. 12-13). C'est seulement ainsi qu'il était possible de sauver l'homme tout entier, non seulement son âme, mais aussi son corps, qui lui aussi est destiné par Dieu à devenir une partie du Royaume (v. 14-15). Si le Royaume était entré dans le monde par un ange, l'homme n'aurait jamais pu y entrer tout entier ; alors on aurait vraiment pu parler du salut de la seule âme, qui participe davantage au monde spirituel que le corps, du salut au sens où l'on commença à le comprendre au Moyen Âge, en pensant à la béatitude ou aux tourments après la mort.
Dieu voulait sanctifier et transfigurer l'homme tout entier ; c'est pourquoi Il envoie le Messie dans le monde non comme ange, mais comme homme. L'auteur de l'épître ne compare pas le Christ au grand prêtre par hasard (v. 17) : l'un et l'autre sont des hommes, et par l'un comme par l'autre Dieu sanctifie Son peuple, dans le premier cas l'Église de la nouvelle Alliance, dans le second l'Église de l'ancienne Alliance. Mais au grand prêtre de l'ancienne Alliance comme au Grand Prêtre de la nouvelle Alliance, il était absolument nécessaire d'appartenir entièrement et jusqu'au bout au monde des hommes ; autrement, il n'aurait pu être question d'aucune sanctification du peuple. Un ange peut montrer la route, mais il ne peut s'asseoir à la même table qu'un homme en partageant avec lui le repas sacrificiel. Or la route vers le Royaume passe justement par le repas sacrificiel, qui sanctifie ceux qui avancent. Et on ne peut la parcourir jusqu'au bout qu'avec le Christ, non avec les anges.
10 Il convenait, en effet, que, voulant conduire à la gloire un grand nombre de fils, Celui pour qui et par qui sont toutes choses rendît parfait par des souffrances le chef qui devait les guider vers leur salut. |
11 Car le sanctificateur et les sanctifiés ont tous même origine. C'est pourquoi il ne rougit pas de les nommer frères, |
12 quand il dit: J'annoncerai ton nom à mes frères. Je te chanterai au milieu de l'assemblée. Et encore: |
13 Pour moi j'aurai confiance en lui. Et encore : Nous voici, moi et les enfants que Dieu m'a donnés. |
14 Puis donc que les enfants avaient en commun le sang et la chair, lui aussi y participa pareillement afin de réduire à l'impuissance, par sa mort, celui qui a la puissance de la mort, c'est-à-dire le diable, |
15 et d'affranchir tous ceux qui, leur vie entière, étaient tenus en esclavage par la crainte de la mort. |
16 Car ce n'est certes pas des anges qu'il se charge, mais c'est de la descendance d'Abraham qu'il se charge. |
17 En conséquence, il a dû devenir en tout semblable à ses frères, afin de devenir dans leurs rapports avec Dieu un grand prêtre miséricordieux et fidèle, pour expier les péchés du peuple. |
18 Car du fait qu'il a lui-même souffert par l'épreuve, il est capable de venir en aide à ceux qui sont éprouvés. |
Le Seigneur pouvait-Il aider une personne soumise à la tentation avant l’Incarnation ? Bien sûr qu’Il le pouvait, puisqu’Il était déjà tout-puissant... De quoi est-il donc question dans la lecture d’aujourd’hui ? Que signifie cette parole : « Car, ayant été tenté dans ce qu’Il a souffert Lui-même, Il peut secourir ceux qui sont tentés » ? Il semble qu’il s’agisse de l’aspect suivant. La question n’est pas de savoir si Dieu est capable ou incapable d’apporter Son aide. Elle concerne la capacité de l’homme à accepter cette aide, ou même simplement à la demander. Il est très difficile d’entrer en relation avec Celui qui, par définition, non seulement ne pouvait rien faire de mal, mais n’en avait même pas la possibilité. Il n’est que puissance, que sagesse ; il est évident qu’Il n’agira jamais contre Sa propre volonté... En S’incarnant, Dieu est devenu véritablement homme, ce qui signifie que le Fils a reçu la possibilité potentielle de désobéir à la volonté du Père. Comme chacun de nous, Il avait la possibilité de choisir une voie plus simple et plus confortable. Il a choisi la volonté du Père. Le Fils, plus que quiconque, connaît l’effroi du choix. Lorsque nous sommes soumis à la tentation, nous pouvons dire avec assurance : Il comprend ce qui nous arrive, car Il le connaît par Sa propre expérience. Si nous venons à Lui avec notre problème, Il comprendra.
1 C'est pourquoi nous devons nous attacher avec plus d'attention aux enseignements que nous avons entendus, de peur d'être entraînés à la dérive. |
2 Si déjà la parole promulguée par des anges s'est trouvée garantie et si toute transgression et désobéissance a reçu une juste rétribution, |
3 comment nous-mêmes échapperons-nous, si nous négligeons pareil salut? Celui-ci, inauguré par la prédication du Seigneur, nous a été garanti par ceux qui l'ont entendu, |
4 Dieu appuyant leur témoignage par des signes, des prodiges, des miracles de toutes sortes, ainsi que par des communications d'Esprit Saint qu'il distribue à son gré. |
5 En effet, ce n'est pas à des anges qu'il a soumis le monde à venir dont nous parlons. |
6 Quelqu'un a fait quelque part cette attestation: Qu'est-ce que l'homme pour que tu te souviennes de lui, ou le fils de l'homme pour que tu le prennes en considération? |
7 Tu l'as un moment abaissé au-dessous des anges. Tu l'as couronné de gloire et d'honneur. |
8 Tu as tout mis sous ses pieds. Par le fait qu'il lui a tout soumis, il n'a rien laissé qui lui demeure insoumis. Actuellement, il est vrai, nous ne voyons pas encore que tout lui soit soumis. |
9 Mais celui qui a été abaissé un moment au-dessous des anges, Jésus, nous le voyons couronné de gloire et d'honneur, parce qu'il a souffert la mort : il fallait que, par la grâce de Dieu, au bénéfice de tout homme, il goûtât la mort. |
Le langage de l'Épître aux Hébreux diffère beaucoup de celui des autres lettres de l'apôtre Paul. Lorsqu'il parle aux païens, il explique tout par des exemples simples et dans un langage simple. Avec les Juifs élevés dans la Sainte Écriture, il emploie des arguments et des mots tout différents. La première partie du passage d'aujourd'hui fait écho à la parabole des talents (Mt 25:14-30), qui pose l'une des questions les plus importantes pour un croyant : si nous tenons Dieu pour sévère et Lui obéissons par crainte, combien davantage devons-nous agir lorsque nous savons qu'Il est miséricordieux et bon ? Il en va de même ici : si nous obéissons aux messagers, combien plus devons-nous obéir au Christ ! Dans la continuité de ce qui a été dit en He 1, l'apôtre nous montre clairement, par des exemples tirés de la Sainte Écriture, l'évidente supériorité du Christ sur tout ce qui existe dans le monde matériel et spirituel, car Il est homme parfait et Dieu.
1 C'est pourquoi nous devons nous attacher avec plus d'attention aux enseignements que nous avons entendus, de peur d'être entraînés à la dérive. |
2 Si déjà la parole promulguée par des anges s'est trouvée garantie et si toute transgression et désobéissance a reçu une juste rétribution, |
3 comment nous-mêmes échapperons-nous, si nous négligeons pareil salut? Celui-ci, inauguré par la prédication du Seigneur, nous a été garanti par ceux qui l'ont entendu, |
4 Dieu appuyant leur témoignage par des signes, des prodiges, des miracles de toutes sortes, ainsi que par des communications d'Esprit Saint qu'il distribue à son gré. |
5 En effet, ce n'est pas à des anges qu'il a soumis le monde à venir dont nous parlons. |
6 Quelqu'un a fait quelque part cette attestation: Qu'est-ce que l'homme pour que tu te souviennes de lui, ou le fils de l'homme pour que tu le prennes en considération? |
7 Tu l'as un moment abaissé au-dessous des anges. Tu l'as couronné de gloire et d'honneur. |
8 Tu as tout mis sous ses pieds. Par le fait qu'il lui a tout soumis, il n'a rien laissé qui lui demeure insoumis. Actuellement, il est vrai, nous ne voyons pas encore que tout lui soit soumis. |
9 Mais celui qui a été abaissé un moment au-dessous des anges, Jésus, nous le voyons couronné de gloire et d'honneur, parce qu'il a souffert la mort : il fallait que, par la grâce de Dieu, au bénéfice de tout homme, il goûtât la mort. |
En affirmant la supériorité de l'homme sur les anges, l'auteur de l'épître n'oublie pourtant pas que cette supériorité, dans l'état actuel du monde comme de l'homme lui-même, demeure pour l'instant plutôt une perspective spirituelle et métahistorique qu'une réalité déjà donnée. Les paroles de la sainte Écriture disant que l'homme, aux yeux de Dieu, vaut à peine moins qu'un ange, il les comprend comme se rapportant plutôt à l'avenir qu'au présent (v. 5-8). Et il ne s'agit évidemment pas de l'avenir de notre monde, certes en voie de transfiguration, mais pas encore transfiguré ; il s'agit de cette plénitude du Royaume qui sera révélée au monde lors du retour du Sauveur. Ce n'est pas un hasard si l'auteur de l'épître parle précisément de Jésus comme de Celui en qui se sont accomplies les paroles du psaume qu'il cite au sujet de l'homme qui ne le cède en rien aux anges (v. 9) : car Jésus, dès le commencement, dès le moment de Sa conception sur la terre, portait déjà en Lui cette plénitude du Royaume qui ne nous sera révélée qu'à la fin des temps. En un certain sens, on pourrait dire qu'Il est Lui-même le Royaume, et que toute l'Église, comme communauté des hommes vivant dans ce Royaume, est Son prolongement dans le monde que l'Église est appelée à transformer.
Jésus, dans la plénitude de Sa nature humaine transfigurée, manifeste en Lui-même cette image de l'homme qui se tient au-dessus des anges. Et c'est Lui qui indique le chemin du Royaume à ceux qui le cherchent. Certes, les révélations de Dieu peuvent être données aux hommes aussi par des anges, puisqu'ils sont des « esprits serviteurs ». Mais aucun ange n'a jamais renfermé en lui toute la plénitude du Royaume, et aucun ange n'est jamais devenu jusqu'au bout une partie de notre monde humain : car les anges sont des esprits, bien que créés ; la nature humaine leur est étrangère, comme toute nature en général. Ils peuvent être les messagers de Dieu dans notre monde (« ange », à proprement parler, signifie « messager »), mais ils ne peuvent y entrer par définition, demeurant toujours pour lui des êtres d'un autre monde. Le Messie, lui, est entré dans le monde comme Homme, sans jamais cesser, malgré toute Son unicité, d'être précisément Homme. C'est pourquoi la révélation du Royaume qu'Il a apportée dans le monde est plus grande que la révélation annoncée par les anges (v. 1-4) : car les anges, participant eux aussi au Royaume, ne pouvaient cependant devenir l'incarnation vivante du Royaume révélé aux hommes. Cette incarnation que le Sauveur est devenu pour ceux qui cherchent le chemin.
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