1 Je vous exhorte donc, moi le prisonnier dans le Seigneur, à mener une vie digne de l'appel que vous avez reçu: |
2 en toute humilité, douceur et patience, supportez-vous les uns les autres avec charité; |
3 appliquez-vous à conserver l'unité de l'Esprit par ce lien qu'est la paix. |
4 Il n'y a qu'un Corps et qu'un Esprit, comme il n'y a qu'une espérance au terme de l'appel que vous avez reçu; |
5 un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême; |
6 un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, par tout et en tous. |
7 Cependant chacun de nous a reçu sa part de la faveur divine selon que le Christ a mesuré ses dons. |
8 C'est pourquoi l'on dit : Montant dans les hauteurs il a emmené des captifs, il a donné des dons aux hommes. |
9 " Il est monté ", qu'est-ce à dire, sinon qu'il est aussi descendu, dans les régions inférieures de la terre ? |
10 Et celui qui est descendu, c'est le même qui est aussi monté au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses. |
11 C'est lui encore qui " a donné " aux uns d'être apôtres, à d'autres d'être prophètes, ou encore évangélistes, ou bien pasteurs et docteurs, |
12 organisant ainsi les saints pour l'œuvre du ministère, en vue de la construction du Corps du Christ, |
13 au terme de laquelle nous devons parvenir, tous ensemble, à ne faire plus qu'un dans la foi et la connaissance du Fils de Dieu, et à constituer cet Homme parfait, dans la force de l'âge, qui réalise la plénitude du Christ. |
14 Ainsi nous ne serons plus des enfants, nous ne nous laisserons plus ballotter et emporter à tout vent de la doctrine, au gré de l'imposture des hommes et de leur astuce à fourvoyer dans l'erreur. |
15 Mais, vivant selon la vérité et dans la charité, nous grandirons de toutes manières vers Celui qui est la Tête, le Christ, |
16 dont le Corps tout entier reçoit concorde et cohésion par toutes sortes de jointures qui le nourrissent et l'actionnent selon le rôle de chaque partie, opérant ainsi sa croissance et se construisant lui-même, dans la charité. |
L’apôtre Paul dit qu’à chacun de nous « la grâce a été donnée selon la mesure du don du Christ ». Quelle est donc cette mesure ? La mesure du don du Christ ? La mesure de Son don, c’est Sa vie livrée pour nous ! Son don, c’est Lui-même. Ainsi, la mesure du don est sans limites. Autrement dit, la grâce accordée à chacun de nous est elle aussi sans limites. À chacun. Nous aimons nous décharger de notre responsabilité en disant que nous n’avons pas de dons particuliers, que nous sommes des gens modestes... Mais le Seigneur a déjà donné à chacun tout, la grâce sans mesure ! Et pour chacun de nous, ce don n’est pas seulement un cadeau, mais aussi une responsabilité.
1 Je vous exhorte donc, moi le prisonnier dans le Seigneur, à mener une vie digne de l'appel que vous avez reçu: |
2 en toute humilité, douceur et patience, supportez-vous les uns les autres avec charité; |
3 appliquez-vous à conserver l'unité de l'Esprit par ce lien qu'est la paix. |
4 Il n'y a qu'un Corps et qu'un Esprit, comme il n'y a qu'une espérance au terme de l'appel que vous avez reçu; |
5 un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême; |
6 un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, par tout et en tous. |
7 Cependant chacun de nous a reçu sa part de la faveur divine selon que le Christ a mesuré ses dons. |
8 C'est pourquoi l'on dit : Montant dans les hauteurs il a emmené des captifs, il a donné des dons aux hommes. |
9 " Il est monté ", qu'est-ce à dire, sinon qu'il est aussi descendu, dans les régions inférieures de la terre ? |
10 Et celui qui est descendu, c'est le même qui est aussi monté au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses. |
11 C'est lui encore qui " a donné " aux uns d'être apôtres, à d'autres d'être prophètes, ou encore évangélistes, ou bien pasteurs et docteurs, |
12 organisant ainsi les saints pour l'œuvre du ministère, en vue de la construction du Corps du Christ, |
13 au terme de laquelle nous devons parvenir, tous ensemble, à ne faire plus qu'un dans la foi et la connaissance du Fils de Dieu, et à constituer cet Homme parfait, dans la force de l'âge, qui réalise la plénitude du Christ. |
14 Ainsi nous ne serons plus des enfants, nous ne nous laisserons plus ballotter et emporter à tout vent de la doctrine, au gré de l'imposture des hommes et de leur astuce à fourvoyer dans l'erreur. |
15 Mais, vivant selon la vérité et dans la charité, nous grandirons de toutes manières vers Celui qui est la Tête, le Christ, |
16 dont le Corps tout entier reçoit concorde et cohésion par toutes sortes de jointures qui le nourrissent et l'actionnent selon le rôle de chaque partie, opérant ainsi sa croissance et se construisant lui-même, dans la charité. |
En parlant de l'unité de la communauté ecclésiale, Paul a manifestement en vue non pas simplement une unité organisationnelle ou doctrinale. L'unité de la communauté ecclésiale est pour lui, avant tout, le signe d'une vie spirituelle normale et pleine chez les chrétiens qui en font partie. L'apôtre comprend parfaitement que l'unité n'est pas une fin en soi, ni même un moyen de résoudre telle ou telle tâche qui se pose à l'Église. L'unité de la communauté est la conséquence naturelle de relations normales entre chrétiens comme habitants du Royaume. Si Dieu est réellement non seulement «au-dessus de tous», mais aussi «en tous» et «à travers tous» (v. 6), alors l'unité de «tous» va de soi; d'autres relations entre des personnes qui vivent dans le Royaume et respirent avec Dieu d'un même souffle sont tout simplement impossibles.
Mais l'homme, qui n'est pas encore transfiguré jusqu'au bout, peut facilement perdre le Royaume en cédant à sa propre condition pécheresse; c'est pourquoi Paul appelle les chrétiens d'Éphèse à garder l'unité (v. 1-6): dans sa bouche, cet appel sonne comme un appel à ne pas oublier le Royaume et la vie spirituelle. Et Paul juge les ministères ecclésiaux selon qu'ils rapprochent ou non les serviteurs de la plénitude de la vie dans le Royaume. Pour lui, la notion même de grâce est inséparable du service: elle est donnée au chrétien pour le service et comme une part indissociable des relations qui l'unissent au Ressuscité (v. 7-10). Et, pour Paul, le service est lui aussi inséparable de la vie spirituelle du serviteur. Si l'Église était une organisation religieuse ordinaire, tout serait plus simple: on préparerait simplement les futurs serviteurs comme on se prépare, dans notre monde encore non transfiguré, à tout travail qui exige des connaissances et des compétences particulières; puis, après cette préparation, ils partiraient vers leurs ministères comme de jeunes spécialistes vont travailler après leurs études.
Mais dans le Royaume tout est différent: ici, il est impossible d'apprendre quelque chose ou de s'y préparer sans s'enraciner dans la vie du Royaume et sans transformer sa propre nature, de sorte qu'il faut apprendre le service au cours même de ce service. La vie du Royaume est si intégrale qu'on ne peut la séparer du service au sens étroit et concret du mot, et personne n'y est prêt, avant tout parce qu'on ne peut apprendre à vivre dans le Royaume qu'en y entrant. Et l'on ne peut apprendre les ministères du Royaume qu'en vivant en lui. La vie dans le Royaume devient elle-même service, et le service devient une part de la vie du Royaume. Ce n'est pas un hasard si Paul voit le sens principal de tous les ministères ecclésiaux dans l'édification du corps du Christ, et la tâche principale des serviteurs dans l'atteinte de cette plénitude de vie spirituelle que, dans notre langage habituel, on peut appeler la majorité spirituelle: l'homme devient alors assez mûr à tous égards pour qu'on puisse déjà lui confier n'importe quelle affaire, comme on la confie à un adulte responsable (v. 11-16). L'Église est la communauté des habitants du Royaume, et lui seul peut être le moyen, le but et le sens de tout ministère ecclésial.
1 Je vous exhorte donc, moi le prisonnier dans le Seigneur, à mener une vie digne de l'appel que vous avez reçu: |
2 en toute humilité, douceur et patience, supportez-vous les uns les autres avec charité; |
3 appliquez-vous à conserver l'unité de l'Esprit par ce lien qu'est la paix. |
4 Il n'y a qu'un Corps et qu'un Esprit, comme il n'y a qu'une espérance au terme de l'appel que vous avez reçu; |
5 un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême; |
6 un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, par tout et en tous. |
L'apôtre Paul ne se contente pas de demander—il supplie. Il nous supplie tous de nous conduire d'une manière digne du nom de disciples du Christ. Et comment se conduire d'une manière digne du nom de chrétiens ? Pour Paul, cela signifie « maintenir l'unité de l'Esprit ». Nous pensons toujours que l'essentiel consiste en quelque vertu extraordinaire—que nous ne possédons certes pas non plus, mais peu importe, nous nous efforcerons de l'acquérir. Or tout se révèle si simple... et presque impossible. Préserver l'unité. Est-ce possible dans le monde d'aujourd'hui, où non seulement les différentes confessions chrétiennes sont séparées, mais où le sont souvent aussi les admirateurs de prêtres différents au sein d'une même paroisse ? Et en quoi consistera cette unité ? Il est parfaitement évident qu'aucun de nous, ni même nous tous ensemble, ne sommes capables de réunir les Églises divisées. Paul a probablement déjà donné la réponse : l'unité réside dans l'humilité, la douceur et la patience, dans le fait de nous supporter les uns les autres avec amour. Autrement dit, dans l'accueil aimant de l'autre malgré sa différence.
4 Il n'y a qu'un Corps et qu'un Esprit, comme il n'y a qu'une espérance au terme de l'appel que vous avez reçu; |
5 un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême; |
6 un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, par tout et en tous. |
Les paroles de Paul sur un seul corps, un seul esprit, une seule fidélité et un seul baptême résonnent comme l'un des symboles de foi des premiers chrétiens. À cette époque, il n'y avait pas de symbole unique ; il y en avait, à ce qu'il paraît, plusieurs. Et bien que personne ne les ait formellement canonisés, ils jouaient de fait leur rôle : ils permettaient aux chrétiens de formuler brièvement et avec force le credo principal de leur foi et de leur vie. Et à la base de la formulation que propose l'apôtre dans sa lettre se trouve l'Église comme un seul corps et un seul esprit, unis par une seule espérance, unique pour tous.
Il s'agit précisément de l'Église avec une majuscule. Non d'une communauté terrestre fondée par les hommes, mais d'une réalité spirituelle. Et comme réalité spirituelle, l'Église est toujours le Royaume sur la terre. Si le chrétien est par définition un habitant du Royaume, l'Église est par définition la représentation du Royaume sur la terre.
Ses membres sont unis entre eux par un seul souffle, commun à tous : le souffle de ce Royaume. Et ils sont liés par une espérance commune, l'espérance que viendra le jour du retour du Christ dans la gloire, lorsque le Royaume se révélera jusqu'au bout et dans sa plénitude, incluant et transfigurant tout le monde. Voilà pourquoi tous les chrétiens ont un seul Seigneur. Ici, c'est bien ainsi : Seigneur avec une majuscule. Roi. Maître de Son Royaume. Celui-là même où l'on entre par le baptême, qui est lui aussi unique. Bien sûr, s'il y avait beaucoup d'églises, il y aurait aussi beaucoup de baptêmes. Mais l'Église avec une majuscule est une par définition.
C'est pourquoi le baptême est unique, s'il est véritable : car il introduit l'homme précisément dans cette Église avec une majuscule, et non dans une communauté terrestre quelconque. Ou alors il ne l'introduit nulle part, mais dans ce cas il conviendrait déjà de mettre le mot « baptême » entre guillemets. Et la foi de tous les chrétiens est elle aussi unique, pourvu qu'ils soient chrétiens. La foi, bien sûr, comme fidélité au Christ, et non comme descriptions diverses de nombreuses variantes de la vision chrétienne du monde. Et il y a un seul Dieu au-dessus de tous et de tout. Et en tous. Car seule la présence de Dieu peut faire de l'Église le corps du Christ, et du monde le Royaume. C'est là l'espérance des chrétiens. S'il s'agit, bien sûr, du vrai christianisme.
4 Il n'y a qu'un Corps et qu'un Esprit, comme il n'y a qu'une espérance au terme de l'appel que vous avez reçu; |
5 un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême; |
6 un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, par tout et en tous. |
Du moment de l'apôtre Paul jusqu'à nos jours l’une de principales tâches pour les chrétiens est leur unité. Ce n’est pas un hasard que Jésus prie notamment de cela dans Sa dernière prière avec les disciples (Jn 17). Nous comprenons tous humainement, comme c'est difficile - de vivre en paix avec quelqu'un. Et il ne faut même pas se rappeler des expériences des logements communautaires et des foyers: nous sommes désespérément divisés les uns des autres dans nos propres familles.
La raison, parait-il, est évidente : nous sommes simplement différents; il nous semble que nous pourrions aussi facilement bien nous entendre avec quelqu'un qui est semblant à nous, bien que ce soit de l'illusion. Mais nos différences dérangent tout le temps. La logique de l'apôtre Paul est différente. Il ne trouve pas que tous les chrétiens doivent être identiques, il dit que nous avons quelque chose de commun, qui est beaucoup plus important que ces différences, qui nous divisent.
Paul présente une chaîne logique, montrant, comme le corollaire (l'unité du corps et de l'esprit) découle de la cause (la singularité du Dieu). En effet, si Dieu est unique, alors l’unité principale de notre foi est déjà en cela. Si Jésus-Christ est le seul Dieu, alors l’union de toute personne avec Lui le (baptême) - est égale pour tous. Si le Père Céleste est un seul, alors égal est notre titre d’enfants de Dieu, identique est notre espoir dans l'amour de Dieu.
L’unique foi et l’unique baptême en Christ nous font un seul corps - l'Église, remplie de l'unique esprit - l'esprit de l'amour épanché sur nous par le Père à travers le Fils. Frères et sœurs, jusqu'à quand allons nous mettre nos différences dans les formules confessionnelles, dans la pratique de la liturgie, dans les structures d'église plus haute que cette cristallo-claire logique de l'unité, plus haute que le désir cordial du Seigneur Jésus-Christ ?
5 un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême; |
Les mots de Paul à propos d’un seul Seigneur, une seule foi et une seule ablution ("baptême") rappellent un certain premier symbole de foi, qui dans les Églises au début du christianisme, en se basant sur ce que nous connaissons aujourd'hui, était nombreux. Ce n'est pas étonnant : car à cette époque l’observation des commandements était pour l'Église plus importante que l'unité des opinions sur n'importe quelles questions théologiques. Et tout de même apparaissait parfois devant l'Église, même à cette époque, la nécessité de formuler une opinion commune sur les questions de principe les plus importantes, liées avant tout avec la relation à la personnalité de Jésus-Christ.
L'expression «un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême» devient dans la bouche de l'apôtre une expression concentrée d'une telle relation. Par «Seigneur» on comprend sans doute le Sauveur Lui-même, Qui au temps de Son ministère sur terre n’avait pas refusé ce titre. Comme on voit, dans ce cas il s'agit de Sa reconnaissance comme Roi de ce Royaume, qu’Il a apporté dans le monde.
Pour Paul une telle reconnaissance est très importante: car les conceptions messianiques dans le judaïsme de cette époque étaient quelques, et les conceptions chrétiennes ne pouvaient pas être attribuées aux conceptions traditionnelles. Elles étaient aussi assez éloignées des représentations massives populaires sur le Messie, et avant tout justement dans la compréhension de ce que c'est le Royaume messianique et comment il est. L'indication du Messie, comme un Roi de ce Royaume, dont parlait Jésus, dans une telle situation devenait une sorte de signe de reconnaissance, selon lesquels on pouvait distinguer les disciples de Jésus des représentants d’une multitude d'autres mouvements messianiques.
La foi en un tel Messie et à un tel Royaume devenait vraiment la base de la vie spirituelle de tout chrétien : car c’est notamment l'habitant de ce Royaume que voulait voir Jésus. Comme on voit, le symbole de la foi était nécessaire aux premiers chrétiens non pas seulement et pas tellement pour séparer les leurs des étrangers par certains signes extérieurs, mais pour ne pas s'égarer sur le chemin spirituel conduisant au Royaume.
6 un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, par tout et en tous. |
On oppose souvent l'enseignement biblique sur le Dieu personnel au panthéisme, comme à une doctrine païenne. En effet, le panthéisme est propre au monde païen, tandis que les païens parlent rarement du Dieu personnel. On ne peut pourtant pas dire qu'ils n'en parlent pas du tout. Mais l'expérience spirituelle personnelle du païen a réellement souvent un caractère précisément panthéiste. Ce n'est pas étonnant : pour une pleine communion avec Dieu, la révélation est nécessaire ; pour connaître Dieu comme Personne, Il doit Se révéler Lui-même à celui qui Le cherche. Le panthéisme est autre chose : la présence de Dieu dans le monde est une réalité, et cette réalité est accessible à quiconque cherche.
Ce n'est donc pas un hasard si le chemin des recherches spirituelles conduisait souvent beaucoup de personnes d'abord au panthéisme, qui affermissait leur paganisme : car il est facile de passer du panthéisme à la divinisation du cosmos. La possibilité d'une telle divinisation fut l'une des raisons pour lesquelles les auteurs de tous les livres bibliques sans exception se montrèrent très prudents envers le panthéisme. Il y eut pourtant une place pour le panthéisme sur les pages bibliques : il contient en effet une certaine vérité, même si ce n'est pas toute la vérité.
Si la présence de Dieu dans le monde est une réalité, alors le panthéisme a droit à l'existence, sans prétendre, bien sûr, à la vérité ultime. Et dans le contexte de la révélation néotestamentaire, la révélation du Royaume, il reçoit une nouvelle dimension. En effet, le panthéisme est possible dans la mesure où le souffle de Dieu, la présence de Dieu, pénètre l'univers, et cela dès le commencement, depuis le moment même où, selon la parole du Poème de la création, « l'Esprit de Dieu étendit Ses ailes au-dessus des eaux ».
Et cette présence elle-même rend possible la transfiguration de la création, le changement qualitatif de sa nature, qui délivrera le monde du pouvoir du mal entré en lui au moment de la chute. Mais pour qu'une telle transfiguration devienne possible, la plénitude du Royaume devait entrer dans le monde de l'intérieur, par l'homme, plus exactement par le Dieu-homme.
Et maintenant que cela s'est produit, le panthéisme acquiert une qualité nouvelle. Auparavant, il rappelait la présence de Dieu dans la création ; désormais, il rappelle la présence de la création en Dieu. Non dans la profondeur de la personnalité divine, où il n'y a et ne peut y avoir rien de créé, mais dans le processus de l'existence divine, dont Son Royaume est une part. Dieu plongé dans la vie du monde, jusqu'en sa profondeur même, et le monde inclus dans la vie de Dieu dans la mesure où elle lui est ouverte : voilà le Royaume. Et la vie même de Dieu est « au-dessus de tous, par tous et en tous ».
11 C'est lui encore qui " a donné " aux uns d'être apôtres, à d'autres d'être prophètes, ou encore évangélistes, ou bien pasteurs et docteurs, |
12 organisant ainsi les saints pour l'œuvre du ministère, en vue de la construction du Corps du Christ, |
13 au terme de laquelle nous devons parvenir, tous ensemble, à ne faire plus qu'un dans la foi et la connaissance du Fils de Dieu, et à constituer cet Homme parfait, dans la force de l'âge, qui réalise la plénitude du Christ. |
L’apôtre Paul nous dit aujourd'hui que le but de l’enseignement à l'Église est pour que nous venons tous "à ne faire plus qu'un dans la foi et la connaissance du Fils de Dieu, et à constituer cet Homme parfait, dans la force de l'âge, qui réalise la plénitude du Christ». Parfois nous pensons que la connaissance du Christ est pour les élus, pour les enseignants, les moines...
L’Eglise existe en effet pour cela - pour que Dieu S'ouvre à nous. Pour qu’Il S’ouvre dans les sacrements, dans Sa parole, dans la doctrine de l'Église et dans les relations fraternelles. Dieu donne Ses dons pour que chacun s'en serve - non seulement celui, à qui le don est donné, mais aussi à tous ceux, qui se trouvent à côté de cette personne. Et chacun de nous est appelé à aspirer à la connaissance de Dieu, sachant que même si je n'ai pas le don de l'intelligence ou de l’enseignement, quelqu'un à l'Église possède ce don, et il lui est donné aussi pour moi.
11 C'est lui encore qui " a donné " aux uns d'être apôtres, à d'autres d'être prophètes, ou encore évangélistes, ou bien pasteurs et docteurs, |
12 organisant ainsi les saints pour l'œuvre du ministère, en vue de la construction du Corps du Christ, |
13 au terme de laquelle nous devons parvenir, tous ensemble, à ne faire plus qu'un dans la foi et la connaissance du Fils de Dieu, et à constituer cet Homme parfait, dans la force de l'âge, qui réalise la plénitude du Christ. |
Ce texte semble horrible au premier regard. Quelqu'un de nous peut-il dire de lui-même qu’il est Apôtre, prophète, Évangéliste, le pasteur ou docteur? Le mot «Apôtre» signifie en réalité dans la traduction grecque le «messager», et chacun de nous, s'il écoute Dieu, peut être Son messager parmi d'autres gens. Un prophète n'est pas toujours celui qui connaît le futur. Certains prophètes parlaient du passé ou du présent dans l'Ancien Testament, mais ils voyaient et entendaient autrement, puisque le plus important pour eux était d’écouter Dieu.
Et nous pouvons en cela imiter les prophètes de l'Ancien Testament et devenir aussi prophètes. Si nous écoutons la parole de Dieu et pouvons la transmettre aux autres, par les mots, ou par notre propre vie – alors nous prophétisons. Les Évangélistes ne sont pas seulement ceux qui ont écrit les quatre Évangiles. C’est aussi tous ceux qui apportent dans le monde la Bonne Nouvelle sur le salut, sur le Royaume de Dieu, sur la vie Éternelle, sur le bonheur.
Si quiconque de nous est capable de partager cette Bonne Nouvelle, que Dieu lui donne – il devient Évangéliste. Le pasteur n’est pas seulement le prêtre, l'évêque, un certain chef d'église. C'est toute personne répondant pour quelqu'un d’autre dans la foi. Si quelqu'un nous est confié, quelqu'un cadet – nous sommes déjà pour lui un pasteur et assumons la responsabilité pour lui auprès de Dieu. Le docteur n’est pas seulement celui qu’on a préparé spécialement pour enseigner la foi aux autres, c'est aussi chaque croyant, prêt à partager sa foi avec celui qui se trouve au seuil de l'Église.
Le ministère peut être de toute nature, pour «la construction du corps du Christ» on peut simplement faire la vaisselle. Si nous comprenons que nous faisons cela étant à l'Église, dans l'unité de la foi, et en faisant l'œuvre qui nous a été confiée nous aspirons à la connaissance du Fils de Dieu, alors Dieu nous changera et nous fera grandir; puisque notre but – c’est de devenir tels, que Dieu nous a conçu, nous a créé - grandir «dans la force de l'âge, qui réalise la plénitude du Christ.», L’imiter, L’aimer, être comme Lui.
11 C'est lui encore qui " a donné " aux uns d'être apôtres, à d'autres d'être prophètes, ou encore évangélistes, ou bien pasteurs et docteurs, |
12 organisant ainsi les saints pour l'œuvre du ministère, en vue de la construction du Corps du Christ, |
13 au terme de laquelle nous devons parvenir, tous ensemble, à ne faire plus qu'un dans la foi et la connaissance du Fils de Dieu, et à constituer cet Homme parfait, dans la force de l'âge, qui réalise la plénitude du Christ. |
L'apôtre Paul nous dit aujourd'hui que le but de l'enseignement dans l'Église est que nous parvenions tous « à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état de l'homme parfait, à la mesure de la stature du Christ dans Sa plénitude ». Nous pensons parfois que la connaissance du Christ est réservée à quelques élus, aux enseignants, aux moines... En réalité, l'Église existe précisément afin que le Seigneur Se révèle à nous. Il Se révèle dans les sacrements, dans Sa parole, dans l'enseignement de l'Église et dans la communion fraternelle. Le Seigneur donne Ses dons afin que chacun en bénéficie—non seulement celui à qui le don est accordé, mais aussi tous ceux qui l'entourent. Et chacun de nous est appelé à rechercher la connaissance du Seigneur, sachant que, même si je n'ai pas le don de comprendre ou d'enseigner, quelqu'un dans l'Église possède ce don, et qu'il a été donné aussi pour moi.
11 C'est lui encore qui " a donné " aux uns d'être apôtres, à d'autres d'être prophètes, ou encore évangélistes, ou bien pasteurs et docteurs, |
12 organisant ainsi les saints pour l'œuvre du ministère, en vue de la construction du Corps du Christ, |
13 au terme de laquelle nous devons parvenir, tous ensemble, à ne faire plus qu'un dans la foi et la connaissance du Fils de Dieu, et à constituer cet Homme parfait, dans la force de l'âge, qui réalise la plénitude du Christ. |
Pour l'apôtre, tout ministère dans l'Église est avant tout édification du corps du Christ. L'appartenance à l'Église ne signifie pas l'appartenance à une structure ni même à une communauté ecclésiale particulière, ou du moins pas une appartenance formelle; elle est d'abord l'inclusion de l'homme dans ces relations entre le Père et le Fils qui créent le Royaume et l'ouvrent à quiconque cherche. Ceux qui cherchaient Dieu, à toutes les époques, ont désiré établir avec Lui des relations vivantes par des moyens très divers.
Parfois ils y parvenaient un peu, plus souvent non. Mais maintenant, après la venue du Christ, il faut établir les relations avec Dieu avec Lui, du moins si nous sommes chrétiens. C'est de ce point de vue que Paul invite ses frères d'Éphèse à regarder tout ce qu'ils font comme chrétiens et comme membres de l'Église. Et il ne s'agit évidemment pas ici d'une discipline formelle ni de l'approbation de chaque action ou ministère par quelques « frères aînés dirigeants ». Il s'agit de savoir si celui qui porte tel ou tel ministère a conscience de ses relations directes avec le Christ. Les bonnes œuvres sont nombreuses, et les œuvres utiles aussi.
La question est seulement de savoir si le Christ nous a donné, à nous précisément, la grâce pour cette œuvre même dont nous sommes occupés à ce moment. Aujourd'hui, nous avons sans doute davantage l'habitude de voir la grâce comme une sorte d'énergie spirituelle par laquelle Dieu nous soutient par Jésus-Christ, nous donnant des forces pour toutes les bonnes œuvres que nous aurons l'idée d'entreprendre et que nous jugerons bonnes. Ou même simplement pour une vie pieuse, car c'est aussi une bonne chose.
Paul lie la grâce à une mission concrète donnée par le Christ dans le contexte du processus spirituel lié à l'édification du Royaume, à la construction et au renforcement de Ses relations avec le Père. Tels sont tous les dons du Christ, et selon la mesure du don est donnée la grâce, la force de l'accomplir en déployant les possibilités données par le Christ. L'appartenance à l'Église signifie l'inclusion directe de la vie et de l'activité du chrétien dans le processus d'édification du Royaume comme développement et renforcement des relations entre le Père et le Fils. Mais l'homme lui-même, en entrant dans ces relations et en y participant, change aussi, se transfigure et devient habitant du Royaume. C'est ainsi que l'Église devient le corps du Christ, plein d'amour et de vie.
14 Ainsi nous ne serons plus des enfants, nous ne nous laisserons plus ballotter et emporter à tout vent de la doctrine, au gré de l'imposture des hommes et de leur astuce à fourvoyer dans l'erreur. |
15 Mais, vivant selon la vérité et dans la charité, nous grandirons de toutes manières vers Celui qui est la Tête, le Christ, |
Il semblerait à première vue qu’il y a contradiction ici avec une partie bien connue de la Bible: nous savons que dans Matthieu 18:3 Jésus dit «si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux.», et ici Paul nous dit - «nous ne serons plus des enfants». Nous reviendrons encore dans quelque jours à ce paradoxe, mais remarquons aujourd'hui que Jésus dit que on ne peut entrer sans "infantilisme" dans le Royaume, mais Il ne dit nulle part qu'il faut rester dans cet état.
L'apôtre Paul lui explique que la vie chrétienne est une croissance obligatoire, et en outre dans le plus important - dans la charité. Nous ne devons pas ramper, mais aller, aller vers le Christ, et nous devons avoir pour cela en nous une "colonne vertébrale" très solide de la foi, capable de résister aux vents de fausses doctrines, aux tentations, aux erreurs, aspirant à nous égarer.
14 Ainsi nous ne serons plus des enfants, nous ne nous laisserons plus ballotter et emporter à tout vent de la doctrine, au gré de l'imposture des hommes et de leur astuce à fourvoyer dans l'erreur. |
15 Mais, vivant selon la vérité et dans la charité, nous grandirons de toutes manières vers Celui qui est la Tête, le Christ, |
Il semblerait à première vue qu’il y a contradiction ici avec une partie bien connue de la Bible: nous savons que dans Matthieu 18:3 Jésus dit «si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux.», et ici Paul nous dit - «nous ne serons plus des enfants». Nous reviendrons encore dans quelque jours à ce paradoxe, mais remarquons aujourd'hui que Jésus dit que on ne peut entrer sans "infantilisme" dans le Royaume, mais Il ne dit nulle part qu'il faut rester dans cet état.
L'apôtre Paul lui explique que la vie chrétienne est une croissance obligatoire, et en outre dans le plus important - dans la charité. Nous ne devons pas ramper, mais aller, aller vers le Christ, et nous devons avoir pour cela en nous une "colonne vertébrale" très solide de la foi, capable de résister aux vents de fausses doctrines, aux tentations, aux erreurs, aspirant à nous égarer.
14 Ainsi nous ne serons plus des enfants, nous ne nous laisserons plus ballotter et emporter à tout vent de la doctrine, au gré de l'imposture des hommes et de leur astuce à fourvoyer dans l'erreur. |
15 Mais, vivant selon la vérité et dans la charité, nous grandirons de toutes manières vers Celui qui est la Tête, le Christ, |
16 dont le Corps tout entier reçoit concorde et cohésion par toutes sortes de jointures qui le nourrissent et l'actionnent selon le rôle de chaque partie, opérant ainsi sa croissance et se construisant lui-même, dans la charité. |
17 Je vous dis donc et vous adjure dans le Seigneur de ne plus vous conduire comme le font les païens, avec leur vain jugement |
18 et leurs pensées enténébrées: ils sont devenus étrangers à la vie de Dieu à cause de l'ignorance qu'a entraînée chez eux l'endurcissement du cœur, |
19 et, leur sens moral une fois émoussé, ils se sont livrés à la débauche au point de perpétrer avec frénésie toute sorte d'impureté. |
Dans la Lettre aux Éphésiens, dont nous lisons aujourd'hui un passage, l'apôtre Paul formule une vision de la vie humaine qui est très importante pour nous : la vie comme un mouvement orienté, un chemin tendu vers Dieu. Il dit que Dieu édifie toute la diversité de la vie de l'Église afin que nous « parvenions tous à la mesure de la stature parfaite du Christ ». L'apôtre dit que nous sommes appelés à grandir « en Lui ». Et l'on ne peut avancer sur le chemin de la croissance que par l'amour véritable. Cette vision donne un sens à toute vie humaine, ce qui est déjà important en soi. Mais il est encore plus consolant de voir que suivre un tel chemin nous libère de la dépendance envers les critères par lesquels nous mesurons la réussite terrestre : la richesse, le pouvoir, l'autorité et la force. Celui qui agit par amour, selon la pensée de l'apôtre, revêt la dignité du Christ. En même temps que l'appel à grandir, l'apôtre propose ainsi une nouvelle échelle de valeurs, une véritable gradation du bien et du mal dont le point de départ est Dieu Lui-même.
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