6 Quand Jésus leur eut dit : " C'est moi ", ils reculèrent et tombèrent à terre. |
7 De nouveau il leur demanda : " Qui cherchez-vous ? " Ils dirent : " Jésus le Nazôréen. " |
Quelle étrange arrestation! Les gens armés viennent, Jésus demande, qui ils cherchent, ils appellent Son nom, Jésus dit : «c’est Moi», - et ils tombent à terre. Le problème se pose visiblement sur les mots de Jésus, plus concrètement, sur un mot, puisqu'Il n’a dit qu’un seul mot : «Yahvé».
Regardons dans un autre sens. On a eu l'occasion d'entendre bien des fois des gens, essayant de comprendre : «Pourquoi on considère Jésus comme Dieu, Il ne s’est en effet jamais Lui-même appeler ainsi ?» Ici nous voyons qu’Il ne s’appelait pas seulement, mais était même beaucoup plus concret: Il utilisait ce nom de Dieu, qui était donné au départ à Moise (Exode 3:14), et ensuite taboué pour éviter le blasphème. Même entendre ce nom ne se permettait pas - c'est pourquoi les guerriers sont tombés à terre. Alors, la prononciation de ce nom pieux et instructeur dans la doctrine juive, comme était incontestablement Jésus, ne pouvait pas être un hasard – c’était un auto-témoignage.
Et la troisième considération. Il semble parfois aux lecteurs de la Bible qu’il n’y a aucune prouesse dans les souffrances et dans la mort de Jésus, Il se soumet à la violence, qui est justement impossible à supporter. Mais cette scène montre que même pendant l'arrestation il est le maître de la situation. Sa souffrance et la croix ne Lui sont pas obligées, mais sont un acte bénévole de Sa part. Quel amour de Dieu envers nous, si Celui dont rien que le nom paralyse les ennemis, va à la mort sans résister, «comme un agneau muet», pour notre salut.
1 Ayant dit cela, Jésus s'en alla avec ses disciples de l'autre côté du torrent du Cédron. Il y avait là un jardin dans lequel il entra, ainsi que ses disciples. |
2 Or Judas, qui le livrait, connaissait aussi ce lieu, parce que bien des fois Jésus et ses disciples s'y étaient réunis. |
3 Judas donc, menant la cohorte et des gardes détachés par les grands prêtres et les Pharisiens, vient là avec des lanternes, des torches et des armes. |
4 Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui advenir, sortit et leur dit : " Qui cherchez-vous ? " |
5 Ils lui répondirent : " Jésus le Nazôréen. " Il leur dit : " C'est moi. " Or Judas, qui le livrait, se tenait là, lui aussi, avec eux. |
6 Quand Jésus leur eut dit : " C'est moi ", ils reculèrent et tombèrent à terre. |
7 De nouveau il leur demanda : " Qui cherchez-vous ? " Ils dirent : " Jésus le Nazôréen. " |
8 Jésus répondit : " Je vous ai dit que c'est moi. Si donc c'est moi que vous cherchez, laissez ceux-là s'en aller ", |
9 afin que s'accomplît la parole qu'il avait dite : " Ceux que tu m'as donnés, je n'en ai pas perdu un seul. " |
10 Alors Simon-Pierre, qui portait un glaive, le tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l'oreille droite. Ce serviteur avait nom Malchus. |
11 Jésus dit à Pierre : " Rentre le glaive dans le fourreau. La coupe que m'a donnée le Père, ne la boirai-je pas ? " |
12 Alors la cohorte, le tribun et les gardes des Juifs saisirent Jésus et le lièrent. |
13 Ils le menèrent d'abord chez Anne; c'était en effet le beau-père de Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là. |
14 Or Caïphe était celui qui avait donné ce conseil aux Juifs : " Il y a intérêt à ce qu'un seul homme meure pour le peuple. " |
15 Or Simon-Pierre suivait Jésus, ainsi qu'un autre disciple. Ce disciple était connu du grand prêtre et entra avec Jésus dans la cour du grand prêtre, |
16 tandis que Pierre se tenait près de la porte, dehors. L'autre disciple, celui qui était connu du grand prêtre, sortit donc et dit un mot à la portière et il fit entrer Pierre. |
17 La servante, celle qui gardait la porte, dit alors à Pierre : " N'es-tu pas, toi aussi, des disciples de cet homme ? " Lui dit : " Je n'en suis pas. " |
18 Les serviteurs et les gardes, qui avaient fait un feu de braise, parce que le temps était froid, se tenaient là et se chauffaient. Pierre aussi se tenait là avec eux et se chauffait. |
En décrivant l’arrestation de Jésus et les événements qui l’ont précédée au jardin de Gethsémani, Jean se montre nettement plus laconique et plus retenu que les autres évangélistes. En particulier, il ne mentionne ni la prière que le Sauveur adressa avant Son arrestation, ni la manière dont les apôtres, incapables de supporter une tension trop forte pour eux, s’endormirent malgré les demandes de leur Maître. Il rapporte seulement brièvement que le jardin de Gethsémani était bien connu de Judas, comme des autres apôtres, parce que c’était le lieu habituel où Jésus se réunissait et parlait avec eux (v. 1–2). D’après le témoignage de l’évangéliste, ceux qui vinrent arrêter Jésus n’étaient pas des soldats romains, mais la garde du Temple, et l’arrestation eut lieu en présence de représentants du mouvement pharisien (v. 3).
Jésus, qui attendait Son arrestation, sortit Lui-même à la rencontre des représentants de l’autorité venus Le chercher (v. 4–5). L’effet de la Personne du Sauveur sur tous ceux qui se trouvaient près de Lui était si grand que ceux qui étaient venus Le prendre n’osèrent pas aussitôt faire ce pour quoi ils étaient venus (v. 5–12). Pendant ce temps, Jésus fit tout ce qui était possible pour épargner l’arrestation à Ses disciples (v. 7–9).
Il comprenait apparemment que les apôtres se représentaient difficilement la signification et le sens de ce qui se passait, et Il craignait peut-être qu’ils ne tentent de profiter du moment pour opposer une résistance armée aux représentants de l’autorité, déclenchant ainsi une révolte qui, selon leur projet, devait se transformer en guerre à grande échelle sous des slogans religieux et messianiques. Ses craintes, à ce qu’il semble, n’étaient pas sans fondement : Pierre, le plus résolu des apôtres, tenta effectivement de résister (v. 10), mais Jésus l’arrêta (v. 11).
Il est évident qu’une telle réaction de Jésus déconcerta complètement les apôtres. Ne sachant que faire ensuite, ils s’enfuirent tout simplement, d’après le témoignage des autres évangélistes, et les mentions les concernant ne réapparaissent plus qu’ensuite dans les récits de la crucifixion du Sauveur. Jean ne parle pas directement de la fuite des apôtres, mais la description des événements ultérieurs montre clairement que seuls deux hommes suivirent Jésus : Pierre et un autre disciple dont l’évangéliste ne donne pas le nom (v. 15–16). D’ailleurs, eux non plus ne semblaient plus espérer quoi que ce soit ; ils voulaient seulement voir comment se terminerait le procès de leur Maître. Quant aux attentes messianiques et aux espérances d’un triomphe prochain du Royaume, il n’en restait sans doute rien : leur Maître venait Lui-même de renoncer volontairement à toute résistance ! Il ne restait plus qu’à attendre l’issue du procès. Il demeurait l’attachement personnel, humain, au Maître qui, aux yeux des apôtres, avait perdu, mais dont la Personne n’avait manifestement pas perdu son charme à leurs yeux. Il semblait qu’il ne restait aux disciples que le souvenir du Maître. Mais ce souvenir, à leurs yeux, était sacré.
1 Ayant dit cela, Jésus s'en alla avec ses disciples de l'autre côté du torrent du Cédron. Il y avait là un jardin dans lequel il entra, ainsi que ses disciples. |
2 Or Judas, qui le livrait, connaissait aussi ce lieu, parce que bien des fois Jésus et ses disciples s'y étaient réunis. |
3 Judas donc, menant la cohorte et des gardes détachés par les grands prêtres et les Pharisiens, vient là avec des lanternes, des torches et des armes. |
4 Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui advenir, sortit et leur dit : " Qui cherchez-vous ? " |
5 Ils lui répondirent : " Jésus le Nazôréen. " Il leur dit : " C'est moi. " Or Judas, qui le livrait, se tenait là, lui aussi, avec eux. |
6 Quand Jésus leur eut dit : " C'est moi ", ils reculèrent et tombèrent à terre. |
7 De nouveau il leur demanda : " Qui cherchez-vous ? " Ils dirent : " Jésus le Nazôréen. " |
8 Jésus répondit : " Je vous ai dit que c'est moi. Si donc c'est moi que vous cherchez, laissez ceux-là s'en aller ", |
9 afin que s'accomplît la parole qu'il avait dite : " Ceux que tu m'as donnés, je n'en ai pas perdu un seul. " |
10 Alors Simon-Pierre, qui portait un glaive, le tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l'oreille droite. Ce serviteur avait nom Malchus. |
11 Jésus dit à Pierre : " Rentre le glaive dans le fourreau. La coupe que m'a donnée le Père, ne la boirai-je pas ? " |
12 Alors la cohorte, le tribun et les gardes des Juifs saisirent Jésus et le lièrent. |
13 Ils le menèrent d'abord chez Anne; c'était en effet le beau-père de Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là. |
14 Or Caïphe était celui qui avait donné ce conseil aux Juifs : " Il y a intérêt à ce qu'un seul homme meure pour le peuple. " |
15 Or Simon-Pierre suivait Jésus, ainsi qu'un autre disciple. Ce disciple était connu du grand prêtre et entra avec Jésus dans la cour du grand prêtre, |
16 tandis que Pierre se tenait près de la porte, dehors. L'autre disciple, celui qui était connu du grand prêtre, sortit donc et dit un mot à la portière et il fit entrer Pierre. |
17 La servante, celle qui gardait la porte, dit alors à Pierre : " N'es-tu pas, toi aussi, des disciples de cet homme ? " Lui dit : " Je n'en suis pas. " |
18 Les serviteurs et les gardes, qui avaient fait un feu de braise, parce que le temps était froid, se tenaient là et se chauffaient. Pierre aussi se tenait là avec eux et se chauffait. |
En décrivant l'arrestation de Jésus et les événements qui l'ont précédée dans le jardin de Gethsémani, Jean se montre sensiblement plus laconique et plus réservé que les autres évangélistes. Il ne mentionne notamment ni la prière que le Sauveur fit avant son arrestation, ni comment les apôtres, incapables de supporter une tension trop forte pour eux, s'endormirent malgré les demandes de leur Maître. Il rapporte seulement en quelques mots que Judas connaissait bien le jardin de Gethsémani, tout comme les autres apôtres, parce que Jésus avait coutume de s'y réunir et d'y converser avec eux (v. 1-2). À en juger par le témoignage de l'évangéliste, ceux qui vinrent arrêter Jésus n'étaient pas des soldats romains, mais les gardes du Temple, et l'arrestation eut lieu en présence de représentants du mouvement pharisien (v. 3).
Jésus, qui attendait son arrestation, sortit lui-même à la rencontre des représentants des autorités venus le chercher (v. 4-5). L'influence de la personne du Sauveur sur tous ceux qui se trouvaient près de lui était si grande que ceux qui étaient venus le chercher n'osèrent pas immédiatement faire ce pour quoi ils étaient venus (v. 5-12). Pendant ce temps, Jésus fit tout son possible pour éviter à ses disciples d'être arrêtés (v. 7-9).
Il comprenait manifestement que les apôtres saisissaient difficilement le sens et la portée de ce qui se passait et craignait peut-être qu'ils ne tentent de profiter de l'occasion pour opposer une résistance armée aux représentants des autorités et déclencher ainsi une révolte qui, dans leur projet, devait se transformer en une guerre à grande échelle menée sous des mots d'ordre religieux et messianiques. Ses craintes n'étaient manifestement pas sans fondement: Pierre, le plus résolu des apôtres, tenta effectivement de résister (v. 10), mais Jésus l'arrêta (v. 11).
Une telle réaction de Jésus déconcerta manifestement les apôtres. Ne sachant que faire ensuite, ils se dispersèrent tout simplement, à en juger par le témoignage des autres évangélistes, et ils ne sont de nouveau mentionnés par la suite que dans les récits de la crucifixion du Sauveur. Jean ne parle pas directement de la fuite des apôtres, mais la description des événements suivants montre clairement que seuls deux hommes suivirent Jésus: Pierre et un autre disciple dont l'évangéliste ne donne pas le nom (v. 15-16). Eux aussi, cependant, n'espéraient apparemment plus rien et désiraient seulement voir comment se terminerait le procès de leur Maître.
Quant aux attentes messianiques et aux espoirs d'un triomphe prochain du Royaume, il n'en restait probablement rien: leur Maître venait lui-même de renoncer volontairement à toute résistance! Il ne leur restait désormais qu'à attendre l'issue de la procédure judiciaire. Il restait l'attachement personnel et humain au Maître qui, aux yeux des apôtres, avait perdu, mais dont la personne n'avait manifestement rien perdu de son attrait aux yeux des disciples. Il semblait que les disciples n'avaient plus que le souvenir du Maître. Mais ce souvenir était sacré à leurs yeux.
1 Ayant dit cela, Jésus s'en alla avec ses disciples de l'autre côté du torrent du Cédron. Il y avait là un jardin dans lequel il entra, ainsi que ses disciples. |
2 Or Judas, qui le livrait, connaissait aussi ce lieu, parce que bien des fois Jésus et ses disciples s'y étaient réunis. |
3 Judas donc, menant la cohorte et des gardes détachés par les grands prêtres et les Pharisiens, vient là avec des lanternes, des torches et des armes. |
4 Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui advenir, sortit et leur dit : " Qui cherchez-vous ? " |
5 Ils lui répondirent : " Jésus le Nazôréen. " Il leur dit : " C'est moi. " Or Judas, qui le livrait, se tenait là, lui aussi, avec eux. |
6 Quand Jésus leur eut dit : " C'est moi ", ils reculèrent et tombèrent à terre. |
7 De nouveau il leur demanda : " Qui cherchez-vous ? " Ils dirent : " Jésus le Nazôréen. " |
8 Jésus répondit : " Je vous ai dit que c'est moi. Si donc c'est moi que vous cherchez, laissez ceux-là s'en aller ", |
9 afin que s'accomplît la parole qu'il avait dite : " Ceux que tu m'as donnés, je n'en ai pas perdu un seul. " |
10 Alors Simon-Pierre, qui portait un glaive, le tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l'oreille droite. Ce serviteur avait nom Malchus. |
11 Jésus dit à Pierre : " Rentre le glaive dans le fourreau. La coupe que m'a donnée le Père, ne la boirai-je pas ? " |
12 Alors la cohorte, le tribun et les gardes des Juifs saisirent Jésus et le lièrent. |
13 Ils le menèrent d'abord chez Anne; c'était en effet le beau-père de Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là. |
14 Or Caïphe était celui qui avait donné ce conseil aux Juifs : " Il y a intérêt à ce qu'un seul homme meure pour le peuple. " |
À quoi pouvait ressembler l'arrestation de Jésus dans le jardin de Gethsémani ? Elle ne devait guère différer d'autres arrestations et « opérations de force » semblables : une cohorte conduite par un officier, une foule armée de piques, l'obscurité, les pitoyables tentatives de résistance des disciples, leur accablement, leur confusion et leur fuite... Mais aux yeux de l'évangéliste Jean, qui voit les événements de la vie terrestre du Sauveur dans leur véritable dimension spirituelle, même à ce moment-là Il ne cesse pas d'être le Roi de l'univers, la Parole par qui tout a été créé. Il prononce le Nom sacré révélé à Moïse auprès du buisson ardent dans le désert : « Je suis », et les gardes tombent à terre, saisis d'une crainte sacrée. Avec autorité, Il leur ordonne de laisser partir les disciples et commande à Pierre de remettre son épée, de ne pas L'empêcher d'accomplir Son ministère sacré : boire la coupe que Lui présente le Père. Comme nous le verrons par la suite, Jean discerne clairement la dignité divine de Jésus même dans les moments les plus terribles, lorsque l'interrogatoire infamant, les coups et l'exécution deviennent, pour l'apôtre éclairé par la foi, l'heure du triomphe du Messie.
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