1 En ce temps-là, la renommée de Jésus parvint aux oreilles d'Hérode le tétrarque, |
2 qui dit à ses serviteurs : " Celui-là est Jean le Baptiste ! Le voilà ressuscité des morts : d'où les pouvoirs miraculeux qui se déploient en sa personne ! " |
3 C'est qu'en effet Hérode avait fait arrêter, enchaîner et emprisonner Jean, à cause d'Hérodiade, la femme de Philippe son frère. |
4 Car Jean lui disait : " Il ne t'est pas permis de l'avoir. " |
5 Il avait même voulu le tuer, mais avait craint la foule, parce qu'on le tenait pour un prophète. |
6 Or, comme Hérode célébrait son anniversaire de naissance, la fille d'Hérodiade dansa en public et plut à Hérode |
7 au point qu'il s'engagea par serment à lui donner ce qu'elle demanderait. |
8 Endoctrinée par sa mère, elle lui dit : " Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean le Baptiste. " |
9 Le roi fut contristé, mais, à cause de ses serments et des convives, il commanda de la lui donner |
10 et envoya décapiter Jean dans la prison. |
11 Sa tête fut apportée sur un plat et donnée à la jeune fille, qui la porta à sa mère. |
12 Les disciples de Jean vinrent prendre le cadavre et l'enterrèrent ; puis ils allèrent informer Jésus. |
13 L'ayant appris, Jésus se retira en barque dans un lieu désert, à l'écart; ce qu'apprenant, les foules partirent à sa suite, venant à pied des villes. |
14 En débarquant, il vit une foule nombreuse et il en eut pitié; et il guérit leurs infirmes. |
15 Le soir venu, les disciples s'approchèrent et lui dirent : " L'endroit est désert et l'heure est déjà passée ; renvoie donc les foules afin qu'elles aillent dans les villages s'acheter de la nourriture. " |
16 Mais Jésus leur dit : " Il n'est pas besoin qu'elles y aillent ; donnez-leur vous-mêmes à manger. " - |
17 " Mais, lui disent-ils, nous n'avons ici que cinq pains et deux poissons. " Il dit : |
18 " Apportez-les-moi ici. " |
19 Et, ayant donné l'ordre de faire étendre les foules sur l'herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons, leva les yeux au ciel, bénit, puis, rompant les pains, il les donna aux disciples, qui les donnèrent aux foules. |
20 Tous mangèrent et furent rassasiés, et l'on emporta le reste des morceaux: douze pleins couffins! |
21 Or ceux qui mangèrent étaient environ cinq mille hommes, sans compter les femmes et les enfants. |
Le Christ rassemble d’immenses foules et les nourrit de pain. Il y a assez de pain pour tous, et chacun des apôtres parvient même à recueillir un panier entier de restes. Et c’est ce même Christ qui disait que l’homme ne vit « pas seulement de pain » et refusait de se consacrer à des réformes sociales. Pour comprendre cet événement, il faut se tourner vers les parallèles bibliques de tels repas donnés à des multitudes : la manne que Dieu accordait à Israël dans le désert, ainsi que les prophéties annonçant que, lors du triomphe du Royaume de Dieu, les hommes seront rassasiés de pain. Pour les premiers lecteurs et auditeurs de l’Évangile, l’allusion à ces textes sacrés signifiait que le Royaume de Dieu se réalisait déjà en Jésus, qu’en Lui Dieu était déjà venu vers les hommes. Ce récit était sans aucun doute associé pour eux à leur propre expérience de la vie divine, à laquelle ils participaient dans la fraction du pain : action de grâce, bénédiction, fraction et distribution du pain, puis collecte des restes, toutes ces actions faisaient partie de la célébration du repas eucharistique. Dans ce repas, comme dans ce récit, les notions humaines fondamentales que sont le pain, la vie et Dieu sont à jamais liées à la personne de Jésus.
1 En ce temps-là, la renommée de Jésus parvint aux oreilles d'Hérode le tétrarque, |
2 qui dit à ses serviteurs : " Celui-là est Jean le Baptiste ! Le voilà ressuscité des morts : d'où les pouvoirs miraculeux qui se déploient en sa personne ! " |
3 C'est qu'en effet Hérode avait fait arrêter, enchaîner et emprisonner Jean, à cause d'Hérodiade, la femme de Philippe son frère. |
4 Car Jean lui disait : " Il ne t'est pas permis de l'avoir. " |
5 Il avait même voulu le tuer, mais avait craint la foule, parce qu'on le tenait pour un prophète. |
6 Or, comme Hérode célébrait son anniversaire de naissance, la fille d'Hérodiade dansa en public et plut à Hérode |
7 au point qu'il s'engagea par serment à lui donner ce qu'elle demanderait. |
8 Endoctrinée par sa mère, elle lui dit : " Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean le Baptiste. " |
9 Le roi fut contristé, mais, à cause de ses serments et des convives, il commanda de la lui donner |
10 et envoya décapiter Jean dans la prison. |
11 Sa tête fut apportée sur un plat et donnée à la jeune fille, qui la porta à sa mère. |
12 Les disciples de Jean vinrent prendre le cadavre et l'enterrèrent ; puis ils allèrent informer Jésus. |
13 L'ayant appris, Jésus se retira en barque dans un lieu désert, à l'écart; ce qu'apprenant, les foules partirent à sa suite, venant à pied des villes. |
14 En débarquant, il vit une foule nombreuse et il en eut pitié; et il guérit leurs infirmes. |
15 Le soir venu, les disciples s'approchèrent et lui dirent : " L'endroit est désert et l'heure est déjà passée ; renvoie donc les foules afin qu'elles aillent dans les villages s'acheter de la nourriture. " |
16 Mais Jésus leur dit : " Il n'est pas besoin qu'elles y aillent ; donnez-leur vous-mêmes à manger. " - |
17 " Mais, lui disent-ils, nous n'avons ici que cinq pains et deux poissons. " Il dit : |
18 " Apportez-les-moi ici. " |
19 Et, ayant donné l'ordre de faire étendre les foules sur l'herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons, leva les yeux au ciel, bénit, puis, rompant les pains, il les donna aux disciples, qui les donnèrent aux foules. |
20 Tous mangèrent et furent rassasiés, et l'on emporta le reste des morceaux: douze pleins couffins! |
21 Or ceux qui mangèrent étaient environ cinq mille hommes, sans compter les femmes et les enfants. |
Le Christ rassemble d'immenses foules et les nourrit de pain. Le pain suffit pour tous, et chacun des apôtres parvient même à recueillir un panier entier de restes. Et c'est le même Christ qui disait que l'homme vit « non de pain seulement », et refusait de se livrer à des transformations sociales !
Pour comprendre ce phénomène, il faut se tourner vers les parallèles bibliques d'un tel repas de masse : c'est la manne que Dieu donnait à Israël dans le désert. Et encore : ce sont les prophéties selon lesquelles, dans le triomphe du Royaume de Dieu, les hommes seront rassasiés de pain. Pour les premiers lecteurs et auditeurs de l'Évangile, l'allusion à ces textes sacrés signifiait que le Royaume de Dieu se réalise déjà en Jésus, qu'en Lui Dieu est déjà venu vers les hommes.
Ce récit s'associait sans aucun doute pour eux à leur propre expérience de la vie divine, à laquelle ils participaient dans la fraction du pain (action de grâce, bénédiction, fraction, distribution du pain, collecte des restes : tout cela faisait partie de la célébration du repas eucharistique). Là, comme dans ce récit, les notions humaines fondamentales, le pain, la vie, Dieu, sont liées pour toujours à la personne de Jésus.
1 En ce temps-là, la renommée de Jésus parvint aux oreilles d'Hérode le tétrarque, |
2 qui dit à ses serviteurs : " Celui-là est Jean le Baptiste ! Le voilà ressuscité des morts : d'où les pouvoirs miraculeux qui se déploient en sa personne ! " |
3 C'est qu'en effet Hérode avait fait arrêter, enchaîner et emprisonner Jean, à cause d'Hérodiade, la femme de Philippe son frère. |
4 Car Jean lui disait : " Il ne t'est pas permis de l'avoir. " |
5 Il avait même voulu le tuer, mais avait craint la foule, parce qu'on le tenait pour un prophète. |
6 Or, comme Hérode célébrait son anniversaire de naissance, la fille d'Hérodiade dansa en public et plut à Hérode |
7 au point qu'il s'engagea par serment à lui donner ce qu'elle demanderait. |
8 Endoctrinée par sa mère, elle lui dit : " Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean le Baptiste. " |
9 Le roi fut contristé, mais, à cause de ses serments et des convives, il commanda de la lui donner |
10 et envoya décapiter Jean dans la prison. |
11 Sa tête fut apportée sur un plat et donnée à la jeune fille, qui la porta à sa mère. |
12 Les disciples de Jean vinrent prendre le cadavre et l'enterrèrent ; puis ils allèrent informer Jésus. |
13 L'ayant appris, Jésus se retira en barque dans un lieu désert, à l'écart; ce qu'apprenant, les foules partirent à sa suite, venant à pied des villes. |
Lorsque l'on médite dans la prière sur l'image de Jean le Baptiste, comme si l'on concentrait son regard sur son icône, on comprend qu'il s'agit d'un homme tout à fait particulier. Car dans l'Évangile, on rencontre beaucoup de personnes remarquables, bonnes et aimant sincèrement le Seigneur... Mais en Jean, il y a quelque chose qui semble le séparer de tous, le mettre un peu à part. « Parmi ceux qui sont nés de femmes, il ne s'en est pas levé de plus grand que Jean le Baptiste... » (Mt 11:11): c'est sans doute là que se cache la cause de ce sentiment d'inaccessibilité, d'éloignement.
Et pourtant il n'était qu'un homme. Il y a encore une personne devant laquelle nous éprouvons un sentiment semblable d'inaccessibilité: Marie. Elle est simplement une femme, mais en même temps elle est beaucoup plus que toute femme, car elle a porté dans son sein le Fils de Dieu lui-même. Voilà ce qui rapproche ces deux personnes, en plus de leur parenté selon le sang. Mais pas seulement cela: tous deux sont devenus ceux par qui la naissance du Christ s'est accomplie, dans la chair par Marie, et dans l'Esprit par Jean. Et tous deux, en même temps, se sentaient des témoins humbles et indignes du miracle qui s'accomplissait sous leurs yeux.
C'est sans doute pourquoi, au centre de la déisis, se trouvent ces trois icônes: Marie, le Sauveur, Jean. Et les paroles de l'office deviennent alors particulièrement compréhensibles: « Puisque, par la parenté naturelle et l'accord dans la prière, vous ne faites qu'un, Mère du Roi de tous et divin Précurseur, présentez ensemble votre supplication pour le serviteur qui a grandement irrité le Très-Miséricordieux, afin qu'il ait compassion et sauve, se laissant fléchir par vos intercessions, et qu'il transforme ma parenté de feu. »
1 En ce temps-là, la renommée de Jésus parvint aux oreilles d'Hérode le tétrarque, |
2 qui dit à ses serviteurs : " Celui-là est Jean le Baptiste ! Le voilà ressuscité des morts : d'où les pouvoirs miraculeux qui se déploient en sa personne ! " |
3 C'est qu'en effet Hérode avait fait arrêter, enchaîner et emprisonner Jean, à cause d'Hérodiade, la femme de Philippe son frère. |
4 Car Jean lui disait : " Il ne t'est pas permis de l'avoir. " |
5 Il avait même voulu le tuer, mais avait craint la foule, parce qu'on le tenait pour un prophète. |
6 Or, comme Hérode célébrait son anniversaire de naissance, la fille d'Hérodiade dansa en public et plut à Hérode |
7 au point qu'il s'engagea par serment à lui donner ce qu'elle demanderait. |
8 Endoctrinée par sa mère, elle lui dit : " Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean le Baptiste. " |
9 Le roi fut contristé, mais, à cause de ses serments et des convives, il commanda de la lui donner |
10 et envoya décapiter Jean dans la prison. |
11 Sa tête fut apportée sur un plat et donnée à la jeune fille, qui la porta à sa mère. |
12 Les disciples de Jean vinrent prendre le cadavre et l'enterrèrent ; puis ils allèrent informer Jésus. |
13 L'ayant appris, Jésus se retira en barque dans un lieu désert, à l'écart; ce qu'apprenant, les foules partirent à sa suite, venant à pied des villes. |
Les anciens Perses pensaient que deux forces égales, celle du bien et celle du mal, agissaient dans le monde. Les païens estimaient que, parmi les diverses divinités, certaines étaient favorables à l’homme et d’autres lui étaient hostiles. En réalité, il n’y a qu’un seul Dieu, et il est miséricordieux. Cette Révélation n’est pas aussi simple qu’il y paraît. Nous aimons nous représenter des tableaux d’affrontement apocalyptique entre le bien et le mal, et il nous paraît plus honorable de participer à une bataille grandiose contre un adversaire à la hauteur. C’est pourquoi nous prenons la description allégorique de l’essence des choses pour une description littérale des événements.
Peut-être nous sommes-nous tellement habitués à vivre en enfer que nous ne voyons plus combien le quotidien est monstrueux. Quelles choses mesquines, vides, au fond, ont conduit à la mort du plus grand de ceux qui sont nés de femmes, Jean le Précurseur ! Bon, cette jeune fille a exécuté une danse enflammée... Bon, sa mère voulait garder les apparences de la bienséance, afin qu’on ne lui reproche pas son mariage... Le rictus satanique apparu soudain nous paraît inattendu : « Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean ». Pourtant nous aussi, exactement de la même manière, nous disposons de la vie des gens pour des vétilles absolues. Jean fut le Précurseur du Christ non seulement parce qu’il annonça sa venue et la proclama. Par sa mort aussi, il annonça comment une mesquine jalousie et un calcul politique immédiat conduiraient à la mort du Fils de Dieu.
En lisant la parole évangélique d’aujourd’hui, il est important de garder à l’esprit que, dans notre vie quotidienne, nous sommes cette même Hérodiade, et que nos actes, dictés par des intérêts mesquins et, au fond, pitoyables, conduisent à des conséquences catastrophiques.
1 En ce temps-là, la renommée de Jésus parvint aux oreilles d'Hérode le tétrarque, |
2 qui dit à ses serviteurs : " Celui-là est Jean le Baptiste ! Le voilà ressuscité des morts : d'où les pouvoirs miraculeux qui se déploient en sa personne ! " |
3 C'est qu'en effet Hérode avait fait arrêter, enchaîner et emprisonner Jean, à cause d'Hérodiade, la femme de Philippe son frère. |
4 Car Jean lui disait : " Il ne t'est pas permis de l'avoir. " |
5 Il avait même voulu le tuer, mais avait craint la foule, parce qu'on le tenait pour un prophète. |
6 Or, comme Hérode célébrait son anniversaire de naissance, la fille d'Hérodiade dansa en public et plut à Hérode |
7 au point qu'il s'engagea par serment à lui donner ce qu'elle demanderait. |
8 Endoctrinée par sa mère, elle lui dit : " Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean le Baptiste. " |
9 Le roi fut contristé, mais, à cause de ses serments et des convives, il commanda de la lui donner |
10 et envoya décapiter Jean dans la prison. |
11 Sa tête fut apportée sur un plat et donnée à la jeune fille, qui la porta à sa mère. |
12 Les disciples de Jean vinrent prendre le cadavre et l'enterrèrent ; puis ils allèrent informer Jésus. |
Le passage d'aujourd'hui est l'un des endroits de la Bible où il est question d'une absence manifeste de liberté chez l'homme. À cause d'un serment fait devant ses grands, le roi ivre est prêt à passer outre ses peurs et les restes de sa conscience.
L'attitude des évangélistes envers la personne d'Hérode Antipas est intéressante. Ils semblent prêts à ne pas le condamner; ils le regardent avec une certaine indulgence. Et de fait, le roi apparaît devant nous comme un homme très peu libre: il fait arrêter Jean non de sa propre initiative, mais parce que Jean dénonçait son mariage illégitime; il écoute Jean emprisonné, en essayant de lutter contre les intrigues de la reine, qui visaient à faire exécuter le prophète. Et maintenant, il «doit» le faire décapiter, de nouveau contre sa volonté.
Faut-il dire que l'homme commet le mal principal lorsqu'il n'est pas libre, lorsqu'il se trouve sous le pouvoir d'une suggestion, d'une pression, de circonstances auxquelles il n'est pas capable, ou ne veut pas, résister, et qui l'entraînent dans le péché et la mort. En comprenant cela, on commence à apprécier d'une manière nouvelle la liberté que donne le Christ: la liberté de résister aux circonstances, à la pression humaine et démoniaque; comme l'a dit un prêtre, la liberté de «désobéir au mal».
1 En ce temps-là, la renommée de Jésus parvint aux oreilles d'Hérode le tétrarque, |
2 qui dit à ses serviteurs : " Celui-là est Jean le Baptiste ! Le voilà ressuscité des morts : d'où les pouvoirs miraculeux qui se déploient en sa personne ! " |
3 C'est qu'en effet Hérode avait fait arrêter, enchaîner et emprisonner Jean, à cause d'Hérodiade, la femme de Philippe son frère. |
4 Car Jean lui disait : " Il ne t'est pas permis de l'avoir. " |
5 Il avait même voulu le tuer, mais avait craint la foule, parce qu'on le tenait pour un prophète. |
6 Or, comme Hérode célébrait son anniversaire de naissance, la fille d'Hérodiade dansa en public et plut à Hérode |
7 au point qu'il s'engagea par serment à lui donner ce qu'elle demanderait. |
8 Endoctrinée par sa mère, elle lui dit : " Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean le Baptiste. " |
9 Le roi fut contristé, mais, à cause de ses serments et des convives, il commanda de la lui donner |
10 et envoya décapiter Jean dans la prison. |
11 Sa tête fut apportée sur un plat et donnée à la jeune fille, qui la porta à sa mère. |
12 Les disciples de Jean vinrent prendre le cadavre et l'enterrèrent ; puis ils allèrent informer Jésus. |
La réaction d’Hérode aux reproches de Jean est banale. On n’a vraiment pas envie qu’un prédicateur vienne gâcher l’humeur et se mêler de la vie privée. Ce serait si bien s’il n’existait tout simplement pas.
Et pourtant même Hérode, qui se permettait beaucoup de choses et tenait peu compte de qui que ce soit, n’osait pas tuer Jean, craignant le peuple. Cela n’a rien d’étonnant, car beaucoup de ceux qui s’efforcent de paraître « durs » et affichent leur cruauté sont en réalité intérieurement faibles, imprégnés de peurs et de complexes cachés. L’instabilité intérieure, le désir de briller devant les invités et en même temps la dépendance à « l’opinion publique » des convives poussèrent Hérode d’abord à faire un serment irréfléchi, puis à consentir au meurtre. Ayant rejeté la prédication de Jean le Baptiste, Hérode rejeta la possibilité de se repentir de ses péchés, puis les multiplia encore. Et maintenant, il lui reste à passer le reste de sa vie dans la peur.
La peur est la première réaction d’Hérode lorsqu’il reçoit la nouvelle de la prédication du Christ. En pensant que Jean est ressuscité, Hérode se trompe, mais dans ses craintes erronées se trouve un grain de vérité. Car Celui qu’il a pris pour Jean ressuscité apporte effectivement la Résurrection. Même imprégné de mal, Hérode a senti l’invincibilité du bien.
13 L'ayant appris, Jésus se retira en barque dans un lieu désert, à l'écart; ce qu'apprenant, les foules partirent à sa suite, venant à pied des villes. |
14 En débarquant, il vit une foule nombreuse et il en eut pitié; et il guérit leurs infirmes. |
15 Le soir venu, les disciples s'approchèrent et lui dirent : " L'endroit est désert et l'heure est déjà passée ; renvoie donc les foules afin qu'elles aillent dans les villages s'acheter de la nourriture. " |
16 Mais Jésus leur dit : " Il n'est pas besoin qu'elles y aillent ; donnez-leur vous-mêmes à manger. " - |
17 " Mais, lui disent-ils, nous n'avons ici que cinq pains et deux poissons. " Il dit : |
18 " Apportez-les-moi ici. " |
19 Et, ayant donné l'ordre de faire étendre les foules sur l'herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons, leva les yeux au ciel, bénit, puis, rompant les pains, il les donna aux disciples, qui les donnèrent aux foules. |
20 Tous mangèrent et furent rassasiés, et l'on emporta le reste des morceaux: douze pleins couffins! |
21 Or ceux qui mangèrent étaient environ cinq mille hommes, sans compter les femmes et les enfants. |
Il ne rejette aucun de ceux qui se tournent vers le Christ. Bien plus, le Christ n'exige même pas que ceux qui viennent à Lui comprennent déjà le sens de Sa venue; Il voit parfaitement que les hommes demandent la satisfaction de leurs besoins quotidiens. Mais le fait que le peuple soit prêt à Le suivre même dans le désert montre que ceux qui L'écoutent sont prêts à recevoir de Lui quelque chose de plus que l'allègement des conditions de l'existence terrestre. Ainsi, à partir de ce qui est petit et terrestre, commence le chemin spirituel qui mène au but céleste.
Remarquons que tout cela se passe dans des jours troublés, peu après l'exécution de Jean, quand on ne savait pas à quoi s'attendre de la part d'Hérode. Le désir du Christ de passer ces jours-là dans la solitude est tout à fait naturel; il rappelle, comme un écho lointain, la solitude de Gethsémani. Mais cette fois, la foule s'est précipitée derrière le Christ, ce qui augmente le risque de provocations aussi bien de la part d'Hérode que des Romains.
Cependant, malgré tous les dangers, Jésus ne renvoie personne. Bien plus, de Sa propre initiative, Il guérit les malades. L'évangéliste note qu'Il eut compassion d'eux. Ajoutons seulement que c'est pour cela qu'Il est venu vers nous et qu'Il est monté au Golgotha: parce qu'Il a eu compassion de nous tous.
En prenant soin des hommes, le Christ ne veut pas les envoyer chercher de la nourriture dans les villages des environs. Essayons seulement d'imaginer ce qui aurait pu arriver si des foules affamées s'étaient ruées vers le pain à la tombée de la nuit... Ainsi, ce n'est pas seulement de la faim, mais aussi de beaucoup d'autres ennuis qu'Il a délivré les hommes lorsqu'Il a proposé aux apôtres de les nourrir. Il aurait pu créer Lui-même quelque nourriture, mais il Lui importe que les disciples y participent. Remarquons que le pain trouvé par les disciples, après la bénédiction, Il le rompit et le donna précisément aux disciples, et ceux-ci au peuple.
Ce n'est pas par hasard, sans doute, que l'évangéliste note que Jésus, avant le début du repas, leva les yeux vers le ciel. La bénédiction du pain qu'Il accomplit, pain mangé devant la face du Père céleste, nous fait penser à l'Eucharistie, au fait que lors de la Cène Il appellera le pain Son Corps. Il existe l'hypothèse que, lors de la multiplication, le pain était transmis de main en main comme c'était l'usage dans le repas juif. Celui qui était assis à la tête du repas rompait un morceau du grand pain et donnait les deux parties à son voisin; celui-ci prenait le petit morceau et, en rompant pour le suivant, lui transmettait celui-ci avec le grand pain. Dans ce cas, les pains se multipliaient dans les mains de ceux qui mangeaient, et tous devenaient participants à l'accomplissement du miracle. Ainsi le Seigneur veut-Il nous voir comme Ses collaborateurs.
14 En débarquant, il vit une foule nombreuse et il en eut pitié; et il guérit leurs infirmes. |
15 Le soir venu, les disciples s'approchèrent et lui dirent : " L'endroit est désert et l'heure est déjà passée ; renvoie donc les foules afin qu'elles aillent dans les villages s'acheter de la nourriture. " |
16 Mais Jésus leur dit : " Il n'est pas besoin qu'elles y aillent ; donnez-leur vous-mêmes à manger. " - |
17 " Mais, lui disent-ils, nous n'avons ici que cinq pains et deux poissons. " Il dit : |
18 " Apportez-les-moi ici. " |
19 Et, ayant donné l'ordre de faire étendre les foules sur l'herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons, leva les yeux au ciel, bénit, puis, rompant les pains, il les donna aux disciples, qui les donnèrent aux foules. |
20 Tous mangèrent et furent rassasiés, et l'on emporta le reste des morceaux: douze pleins couffins! |
21 Or ceux qui mangèrent étaient environ cinq mille hommes, sans compter les femmes et les enfants. |
22 Et aussitôt il obligea les disciples à monter dans la barque et à le devancer sur l'autre rive, pendant qu'il renverrait les foules. |
Qu'y a-t-il de principal dans le repas que Jésus organise pour les hommes qui l'écoutent? On pourrait dire: le miracle, et ce serait vrai. Mais qu'est-ce qu'un miracle? On pourrait encore dire: la manifestation du Royaume, et ce serait vrai également. Mais le Royaume, c'est le souffle de Dieu, la puissance de Dieu et l'amour de Dieu qui agissent d'une certaine manière. De quelle manière exactement? L'évangéliste l'explique en mentionnant la bénédiction de la nourriture par Jésus.
On pourrait penser qu'il n'était pas nécessaire de mentionner spécialement une chose aussi ordinaire dans la vie juive que la bénédiction. Pourtant l'évangéliste la mentionne, et probablement pas par hasard. Qu'était donc cette bénédiction de la nourriture habituelle chez les Juifs? Au fond, rien d'autre qu'une invitation adressée à Dieu pour qu'il sanctifie la table et se joigne au repas, où il était toujours attendu comme l'hôte le plus cher. Jésus fait manifestement de même: il invite son Père céleste à se joindre au repas qu'il organise pour les hommes qui l'écoutent. Mais la présence de Dieu donne toujours une qualité nouvelle à l'assemblée elle-même. Le peuple de Dieu est un peuple-communauté: c'est ainsi que Dieu l'a conçu. Toute assemblée sacrée, y compris dans une maison, révèle et actualise cette qualité, la rendant réelle là et au moment où ceux qui sont réunis invoquent Dieu pour qu'il bénisse leur communion. Alors le lieu où se réunissent ceux qui invoquent Dieu devient un espace sacré; il n'est déjà plus simplement le lieu où se rassemble la communauté, mais le lieu de la présence de Dieu.
Et si le repas est béni par celui qui a apporté le Royaume dans le monde dans toute sa plénitude? Quelle doit être alors la mesure de la plénitude de la présence divine? Il est évident qu'il faut parler ici non plus simplement d'un espace sacré comme lieu de la présence de Dieu et de la rencontre des fidèles avec lui, mais du Royaume, qui est précisément cet espace sacré dans toute sa plénitude possible. Là, non seulement la présence de Dieu est manifestée comme nulle part ailleurs, mais la rencontre devient non plus un simple épisode, mais la norme de la vie, car la vie dans le Royaume est la vie dans la présence de Dieu, sans laquelle il n'existe aucun Royaume. Et lorsque Jésus bénit la nourriture, tous ceux qui se trouvent près de lui deviennent, au moins pour un temps, des habitants du Royaume.
Bien sûr, une telle participation ne garantit encore rien par elle-même; on peut la considérer comme une sorte d'avance spirituelle. Mais cette avance peut aussi devenir le premier pas sur le chemin du Royaume, et donc sur le chemin du salut.
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