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RÉFLEXIONS pour Ac 17:1-34

Après avoir traversé Amphipolis et Apollonie, ils arrivèrent à Thessalonique, où les Juifs avaient une synagogue.
Suivant son habitude, Paul alla les y trouver. Trois sabbats de suite, il discuta avec eux d'après les Écritures.
Il les leur expliquait, établissant que le Christ devait souffrir et ressusciter des morts, " et le Christ, disait-il, c'est ce Jésus que je vous annonce ".
Quelques-uns d'entre eux se laissèrent convaincre et furent gagnés à Paul et à Silas, ainsi qu'une multitude d'adorateurs de Dieu et de Grecs et bon nombre de dames de qualité.
Mais les Juifs, pris de jalousie, ramassèrent sur la place quelques mauvais sujets, provoquèrent des attroupements et répandirent le tumulte dans la ville. Ils se présentèrent alors à la maison de Jason, cherchant Paul et Silas pour les produire devant l'assemblée du peuple.
Ne les ayant pas trouvés, ils traînèrent Jason et quelques frères devant les politarques en criant : " Ces gens qui ont révolutionné le monde entier, les voilà maintenant ici,
et Jason les reçoit chez lui. Tous ces gens-là contreviennent aux édits de César en affirmant qu'il y a un autre roi, Jésus. "
Par ces clameurs, ils mirent en émoi la foule et les politarques,
qui exigèrent une caution de la part de Jason et des autres avant de les relâcher.
10 Les frères firent aussitôt partir de nuit Paul et Silas pour Bérée. Arrivés là, ils se rendirent à la synagogue des Juifs.
11 Or ceux-ci avaient l'âme plus noble que ceux de Thessalonique. Ils accueillirent la parole avec le plus grand empressement. Chaque jour, ils examinaient les Écritures pour voir si tout était exact.
12 Beaucoup d'entre eux embrassèrent ainsi la foi, de même que, parmi les Grecs, des dames de qualité et bon nombre d'hommes.
13 Mais quand les Juifs de Thessalonique surent que Paul avait annoncé aussi à Bérée la parole de Dieu, ils vinrent là encore semer dans la foule l'agitation et le trouble.
14 Alors les frères firent tout de suite partir Paul en direction de la mer; quant à Silas et Timothée, ils restèrent là.
15 Ceux qui escortaient Paul le conduisirent jusqu'à Athènes et s'en retournèrent ensuite avec l'ordre pour Silas et Timothée de le rejoindre au plus vite.
16 Tandis que Paul les attendait à Athènes, son esprit s'échauffait en lui au spectacle de cette ville remplie d'idoles.
17 Il s'entretenait donc à la synagogue avec des Juifs et ceux qui adoraient Dieu, et sur l'agora, tous les jours, avec les passants.
18 Il y avait même des philosophes épicuriens et stoïciens qui l'abordaient. Les uns disaient : " Que peut bien vouloir dire ce perroquet ? " D'autres : " On dirait un prêcheur de divinités étrangères ", parce qu'il annonçait Jésus et la Résurrection.
19 Ils le prirent alors avec eux et le menèrent devant l'Aréopage en disant : " Pourrions-nous savoir quelle est cette nouvelle doctrine que tu enseignes ?
20 Car ce sont d'étranges propos que tu nous fais entendre. Nous voudrions donc savoir ce que cela veut dire. "
21 Tous les Athéniens en effet et les étrangers qui résidaient parmi eux n'avaient d'autre passe-temps que de dire ou écouter les dernières nouveautés.
22 Debout au milieu de l'Aréopage, Paul dit alors : " Athéniens, à tous égards vous êtes, je le vois, les plus religieux des hommes.
23 Parcourant en effet votre ville et considérant vos monuments sacrés, j'ai trouvé jusqu'à un autel avec l'inscription : "Au dieu inconnu". Eh bien ! ce que vous adorez sans le connaître, je viens, moi, vous l'annoncer.
24 " Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s'y trouve, lui, le Seigneur du ciel et de la terre, n'habite pas dans des temples faits de main d'homme.
25 Il n'est pas non plus servi par des mains humaines, comme s'il avait besoin de quoi que ce soit, lui qui donne à tous vie, souffle et toutes choses.
26 Si d'un principe unique il a fait tout le genre humain pour qu'il habite sur toute la face de la terre; s'il a fixé des temps déterminés et les limites de l'habitat des hommes,
27 c'était afin qu'ils cherchent la divinité pour l'atteindre, si possible, comme à tâtons et la trouver; aussi bien n'est-elle pas loin de chacun de nous.
28 C'est en elle en effet que nous avons la vie, le mouvement et l'être. Ainsi d'ailleurs l'ont dit certains des vôtres : "Car nous sommes aussi de sa race. "
29 " Que si nous sommes de la race de Dieu, nous ne devons pas penser que la divinité soit semblable à de l'or, de l'argent ou de la pierre, travaillés par l'art et le génie de l'homme.
30 " Or voici que, fermant les yeux sur les temps de l'ignorance, Dieu fait maintenant savoir aux hommes d'avoir tous et partout à se repentir,
31 parce qu'il a fixé un jour pour juger l'univers avec justice, par un homme qu'il y a destiné, offrant à tous une garantie en le ressuscitant des morts. "
32 A ces mots de résurrection des morts, les uns se moquaient, les autres disaient : " Nous t'entendrons là-dessus une autre fois. "
33 C'est ainsi que Paul se retira du milieu d'eux.
34 Quelques hommes cependant s'attachèrent à lui et embrassèrent la foi. Denys l'Aréopagite fut du nombre. Il y eut aussi une femme nommée Damaris, et d'autres avec eux.
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Vous avez sans doute immédiatement remarqué combien les Athéniens se sont brusquement refroidis envers Paul lorsqu'il a commencé à parler de la résurrection. Les philosophes grecs étaient en effet prêts à reconnaître l'existence d'un Dieu unique et bon ; ils avaient une notion du Logos comme d'une sorte de médiateur entre l'Un et l'intelligence humaine. Mais l'idée que le Logos était un homme et celle de la résurrection du corps humain leur étaient totalement étrangères. Paul l'ignorait-il ? Il était pourtant un homme d'une grande culture, familier de la philosophie hellénistique. Il prend donc consciemment le risque de n'être ni compris ni accepté, tant le message de l'incarnation du Fils de Dieu, de la Résurrection d'entre les morts et de la victoire sur la mort est important pour lui. Sans cela, il ne peut y avoir de christianisme ; sans cela, la prédication n'a aucun sens. Aucun compromis n'est possible ici.

Autres réflexions

 
Pour Ac 17:1-15
Après avoir traversé Amphipolis et Apollonie, ils arrivèrent à Thessalonique, où les Juifs avaient une synagogue.
Suivant son habitude, Paul alla les y trouver. Trois sabbats de suite, il discuta avec eux d'après les Écritures.
Il les leur expliquait, établissant que le Christ devait souffrir et ressusciter des morts, " et le Christ, disait-il, c'est ce Jésus que je vous annonce ".
Quelques-uns d'entre eux se laissèrent convaincre et furent gagnés à Paul et à Silas, ainsi qu'une multitude d'adorateurs de Dieu et de Grecs et bon nombre de dames de qualité.
Mais les Juifs, pris de jalousie, ramassèrent sur la place quelques mauvais sujets, provoquèrent des attroupements et répandirent le tumulte dans la ville. Ils se présentèrent alors à la maison de Jason, cherchant Paul et Silas pour les produire devant l'assemblée du peuple.
Ne les ayant pas trouvés, ils traînèrent Jason et quelques frères devant les politarques en criant : " Ces gens qui ont révolutionné le monde entier, les voilà maintenant ici,
et Jason les reçoit chez lui. Tous ces gens-là contreviennent aux édits de César en affirmant qu'il y a un autre roi, Jésus. "
Par ces clameurs, ils mirent en émoi la foule et les politarques,
qui exigèrent une caution de la part de Jason et des autres avant de les relâcher.
10 Les frères firent aussitôt partir de nuit Paul et Silas pour Bérée. Arrivés là, ils se rendirent à la synagogue des Juifs.
11 Or ceux-ci avaient l'âme plus noble que ceux de Thessalonique. Ils accueillirent la parole avec le plus grand empressement. Chaque jour, ils examinaient les Écritures pour voir si tout était exact.
12 Beaucoup d'entre eux embrassèrent ainsi la foi, de même que, parmi les Grecs, des dames de qualité et bon nombre d'hommes.
13 Mais quand les Juifs de Thessalonique surent que Paul avait annoncé aussi à Bérée la parole de Dieu, ils vinrent là encore semer dans la foule l'agitation et le trouble.
14 Alors les frères firent tout de suite partir Paul en direction de la mer; quant à Silas et Timothée, ils restèrent là.
15 Ceux qui escortaient Paul le conduisirent jusqu'à Athènes et s'en retournèrent ensuite avec l'ordre pour Silas et Timothée de le rejoindre au plus vite.
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Nous sommes habitués à penser que les prophètes ne peuvent être, pour l’essentiel, que de « bonnes personnes ». Il faut pourtant écouter l’Esprit du Seigneur, il faut être un homme de Dieu pour pouvoir...  Lire la suite

Nous sommes habitués à penser que les prophètes ne peuvent être, pour l’essentiel, que de « bonnes personnes ». Il faut pourtant écouter l’Esprit du Seigneur, il faut être un homme de Dieu pour pouvoir transmettre Sa volonté, Ses paroles au monde. Mais parfois, des personnes qui s’opposent à Dieu deviennent prophètes « malgré elles ». Indépendamment de son orientation vers Dieu ou vers autre chose, l’homme entre de toute façon, d’une manière ou d’une autre, en contact avec le monde spirituel. Quelque chose lui est révélé, même s’il peut ne pas le remarquer lui-même. Et par ses paroles, il témoigne finalement en faveur de celui contre lequel il lutte peut-être même.

Aujourd’hui, nous avons même sous les yeux deux descriptions de telles personnes : le grand prêtre Caïphe et les persécuteurs des chrétiens à Thessalonique. Le premier, sans le savoir lui-même, a transmis l’essence même de ce pour quoi le Christ est venu : sauver tous les hommes par Sa mort. Les seconds appellent Paul et ses disciples « ceux qui bouleversent le monde entier », c’est-à-dire, en langage contemporain, ceux qui ont retourné le monde sens dessus dessous. Dans les deux situations, les persécuteurs donnent à leurs formules un sens exclusivement négatif.

Mais voilà précisément le point : le Christ comme Ses disciples ne sont pas de ce monde (voir Jn 8:23, 17:14). Et souvent, les positions du monde contredisent entièrement la position du Christ. C’est pourquoi ce qui, pour le monde, est mal, folie et scandale (voir 1 Co 1:23), peut se révéler pour lui-même le plus important et le plus salutaire.

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Pour Ac 17:1-15
Après avoir traversé Amphipolis et Apollonie, ils arrivèrent à Thessalonique, où les Juifs avaient une synagogue.
Suivant son habitude, Paul alla les y trouver. Trois sabbats de suite, il discuta avec eux d'après les Écritures.
Il les leur expliquait, établissant que le Christ devait souffrir et ressusciter des morts, " et le Christ, disait-il, c'est ce Jésus que je vous annonce ".
Quelques-uns d'entre eux se laissèrent convaincre et furent gagnés à Paul et à Silas, ainsi qu'une multitude d'adorateurs de Dieu et de Grecs et bon nombre de dames de qualité.
Mais les Juifs, pris de jalousie, ramassèrent sur la place quelques mauvais sujets, provoquèrent des attroupements et répandirent le tumulte dans la ville. Ils se présentèrent alors à la maison de Jason, cherchant Paul et Silas pour les produire devant l'assemblée du peuple.
Ne les ayant pas trouvés, ils traînèrent Jason et quelques frères devant les politarques en criant : " Ces gens qui ont révolutionné le monde entier, les voilà maintenant ici,
et Jason les reçoit chez lui. Tous ces gens-là contreviennent aux édits de César en affirmant qu'il y a un autre roi, Jésus. "
Par ces clameurs, ils mirent en émoi la foule et les politarques,
qui exigèrent une caution de la part de Jason et des autres avant de les relâcher.
10 Les frères firent aussitôt partir de nuit Paul et Silas pour Bérée. Arrivés là, ils se rendirent à la synagogue des Juifs.
11 Or ceux-ci avaient l'âme plus noble que ceux de Thessalonique. Ils accueillirent la parole avec le plus grand empressement. Chaque jour, ils examinaient les Écritures pour voir si tout était exact.
12 Beaucoup d'entre eux embrassèrent ainsi la foi, de même que, parmi les Grecs, des dames de qualité et bon nombre d'hommes.
13 Mais quand les Juifs de Thessalonique surent que Paul avait annoncé aussi à Bérée la parole de Dieu, ils vinrent là encore semer dans la foule l'agitation et le trouble.
14 Alors les frères firent tout de suite partir Paul en direction de la mer; quant à Silas et Timothée, ils restèrent là.
15 Ceux qui escortaient Paul le conduisirent jusqu'à Athènes et s'en retournèrent ensuite avec l'ordre pour Silas et Timothée de le rejoindre au plus vite.
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L'argumentation des adversaires des chrétiens dans les communautés de la diaspora ne différait pas de celle à laquelle recouraient leurs adversaires en Judée. Et cette argumentation était avant tout politique: le témoignage sur...  Lire la suite

L'argumentation des adversaires des chrétiens dans les communautés de la diaspora ne différait pas de celle à laquelle recouraient leurs adversaires en Judée. Et cette argumentation était avant tout politique: le témoignage sur le Messie et sur le Royaume, ils le transféraient sur le plan politique. Qu'était-ce: un mensonge malveillant ou une erreur?

Il n'est pas simple de répondre sans équivoque à cette question, du moins lorsqu'il s'agit de la diaspora. Le fait est que le messianisme en général était beaucoup plus influent en Judée même que dans les grandes et riches villes de l'Empire romain. Et plus la ville était riche, moins il y avait de messianistes, du moins actifs. Rien d'étonnant à cela: car le messianisme de ce temps était un mouvement religieux et politique, du moins si l'on parle du messianisme traditionnel. Cela signifie qu'en parlant du mouvement messianique, on avait toujours en vue aussi la guerre messianique inévitable au bout du compte.

Une guerre dont personne ne voulait: ni la communauté juive elle-même, qui vivait souvent plutôt bien dans une riche ville commerçante, même sans être exempte de problèmes, ni à plus forte raison les autorités romaines, locales comme centrales. Les mouvements politiques messianiques et les révoltes messianiques faisaient alors partie intégrante de la vie religieuse de la Judée, mais nullement de la diaspora juive. C'est pourquoi la réaction des communautés juives locales à la prédication messianique dans les villes de Macédoine et d'Achaïe, ainsi que d'Asie Mineure, était de façon prévisible négative. Bien sûr, Paul lui-même et ses compagnons répétaient sans cesse qu'il était question d'un Royaume «qui n'est pas de ce monde», mais cela ne dissipait sans doute pas entièrement les craintes des chefs juifs locaux. D'où leur réaction dure envers les apôtres, considérés comme prédicateurs messianistes et donc comme fauteurs de troubles.

Mais on ne peut évidemment pas exclure non plus le simple désir de se débarrasser de dangereux concurrents par la main des autorités locales, d'autant que le prétexte existait: les autorités romaines n'aimaient pas les messianistes. Et comme elles n'entraient généralement pas dans les subtilités des débats internes aux Juifs, il n'était pas très difficile de les effrayer par la possibilité d'une révolte même là où elle ne pouvait manifestement pas avoir lieu. Ici, bien sûr, il faut déjà parler de mensonge ouvert et de provocation, semblable à celle qu'organisèrent les représentants de l'élite du Temple devant Pilate, lorsque se décidait la question de l'exécution de Jésus.

Alors aussi, la question avait été transférée sur le plan politique, et c'est seulement ainsi que les ennemis de Jésus réussirent à obtenir ce qu'ils voulaient. Quoi qu'il en soit, une chose est évidente: transférer les questions de la vie spirituelle sur le plan politique est toujours une dégradation spirituelle qui, dans tous les cas, ne finit jamais bien. Quant à savoir qui se servira de cette dégradation et comment, cela dépend de la sincérité des intentions de chaque personne. Cette sincérité même qui distingue l'erreur de bonne foi du mensonge malveillant.

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Pour Ac 17:1-15
Après avoir traversé Amphipolis et Apollonie, ils arrivèrent à Thessalonique, où les Juifs avaient une synagogue.
Suivant son habitude, Paul alla les y trouver. Trois sabbats de suite, il discuta avec eux d'après les Écritures.
Il les leur expliquait, établissant que le Christ devait souffrir et ressusciter des morts, " et le Christ, disait-il, c'est ce Jésus que je vous annonce ".
Quelques-uns d'entre eux se laissèrent convaincre et furent gagnés à Paul et à Silas, ainsi qu'une multitude d'adorateurs de Dieu et de Grecs et bon nombre de dames de qualité.
Mais les Juifs, pris de jalousie, ramassèrent sur la place quelques mauvais sujets, provoquèrent des attroupements et répandirent le tumulte dans la ville. Ils se présentèrent alors à la maison de Jason, cherchant Paul et Silas pour les produire devant l'assemblée du peuple.
Ne les ayant pas trouvés, ils traînèrent Jason et quelques frères devant les politarques en criant : " Ces gens qui ont révolutionné le monde entier, les voilà maintenant ici,
et Jason les reçoit chez lui. Tous ces gens-là contreviennent aux édits de César en affirmant qu'il y a un autre roi, Jésus. "
Par ces clameurs, ils mirent en émoi la foule et les politarques,
qui exigèrent une caution de la part de Jason et des autres avant de les relâcher.
10 Les frères firent aussitôt partir de nuit Paul et Silas pour Bérée. Arrivés là, ils se rendirent à la synagogue des Juifs.
11 Or ceux-ci avaient l'âme plus noble que ceux de Thessalonique. Ils accueillirent la parole avec le plus grand empressement. Chaque jour, ils examinaient les Écritures pour voir si tout était exact.
12 Beaucoup d'entre eux embrassèrent ainsi la foi, de même que, parmi les Grecs, des dames de qualité et bon nombre d'hommes.
13 Mais quand les Juifs de Thessalonique surent que Paul avait annoncé aussi à Bérée la parole de Dieu, ils vinrent là encore semer dans la foule l'agitation et le trouble.
14 Alors les frères firent tout de suite partir Paul en direction de la mer; quant à Silas et Timothée, ils restèrent là.
15 Ceux qui escortaient Paul le conduisirent jusqu'à Athènes et s'en retournèrent ensuite avec l'ordre pour Silas et Timothée de le rejoindre au plus vite.
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Les événements qui accompagnent la prédication apostolique se déroulent de manière semblable dans deux villes différentes. Après la prédication dans la synagogue...  Lire la suite

Les événements qui accompagnent la prédication apostolique se déroulent de manière semblable dans deux villes différentes. Après la prédication dans la synagogue, une partie des Juifs et une partie des païens accueillent la Bonne Nouvelle, tandis qu'une division se produit en même temps parmi les Juifs comme parmi les païens. Ceux qui refusent le message du Christ s'opposent ensemble à ses disciples. L'union fraternelle des chrétiens issus du judaïsme et des chrétiens issus du paganisme est naturelle, mais l'alliance de Juifs zélés avec les défenseurs de la pureté du paganisme paraît contre nature. Pourtant, dans la lutte pour la pureté des principes, c'est souvent cette pureté elle-même qui souffre.

Bien que la séparation entre Juifs et chrétiens se soit déjà dessinée, beaucoup de Juifs restent prêts à écouter et à accueillir la prédication. Les apôtres, qui avaient annoncé peu auparavant qu'ils se tournaient vers les païens, continuent de s'adresser aux Juifs et trouvent parmi eux un écho. Cela arrive souvent : on croit déjà savoir quel genre de personne on a devant soi, puis elle révèle soudain un autre côté et l'on voit que tout n'est pas aussi clair qu'il le semblait un instant plus tôt...

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Pour Ac 17:1-15
Après avoir traversé Amphipolis et Apollonie, ils arrivèrent à Thessalonique, où les Juifs avaient une synagogue.
Suivant son habitude, Paul alla les y trouver. Trois sabbats de suite, il discuta avec eux d'après les Écritures.
Il les leur expliquait, établissant que le Christ devait souffrir et ressusciter des morts, " et le Christ, disait-il, c'est ce Jésus que je vous annonce ".
Quelques-uns d'entre eux se laissèrent convaincre et furent gagnés à Paul et à Silas, ainsi qu'une multitude d'adorateurs de Dieu et de Grecs et bon nombre de dames de qualité.
Mais les Juifs, pris de jalousie, ramassèrent sur la place quelques mauvais sujets, provoquèrent des attroupements et répandirent le tumulte dans la ville. Ils se présentèrent alors à la maison de Jason, cherchant Paul et Silas pour les produire devant l'assemblée du peuple.
Ne les ayant pas trouvés, ils traînèrent Jason et quelques frères devant les politarques en criant : " Ces gens qui ont révolutionné le monde entier, les voilà maintenant ici,
et Jason les reçoit chez lui. Tous ces gens-là contreviennent aux édits de César en affirmant qu'il y a un autre roi, Jésus. "
Par ces clameurs, ils mirent en émoi la foule et les politarques,
qui exigèrent une caution de la part de Jason et des autres avant de les relâcher.
10 Les frères firent aussitôt partir de nuit Paul et Silas pour Bérée. Arrivés là, ils se rendirent à la synagogue des Juifs.
11 Or ceux-ci avaient l'âme plus noble que ceux de Thessalonique. Ils accueillirent la parole avec le plus grand empressement. Chaque jour, ils examinaient les Écritures pour voir si tout était exact.
12 Beaucoup d'entre eux embrassèrent ainsi la foi, de même que, parmi les Grecs, des dames de qualité et bon nombre d'hommes.
13 Mais quand les Juifs de Thessalonique surent que Paul avait annoncé aussi à Bérée la parole de Dieu, ils vinrent là encore semer dans la foule l'agitation et le trouble.
14 Alors les frères firent tout de suite partir Paul en direction de la mer; quant à Silas et Timothée, ils restèrent là.
15 Ceux qui escortaient Paul le conduisirent jusqu'à Athènes et s'en retournèrent ensuite avec l'ordre pour Silas et Timothée de le rejoindre au plus vite.
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Remarquons que nous ne savons pas avec certitude si tous ceux auxquels l’apôtre Paul prêcha à Bérée se convertirent. Il est tout à fait possible que...  Lire la suite

Remarquons que nous ne savons pas avec certitude si tous ceux auxquels l’apôtre Paul prêcha à Bérée se convertirent. Il est tout à fait possible que tous ne l’aient pas fait. Mais tous firent preuve de noblesse d’esprit en examinant l’Écriture, en vérifiant le témoignage de Paul et en cherchant à comprendre la vérité avec un cœur ouvert. Une telle attitude envers la Révélation est peut-être l’une des qualités humaines les plus rares. Le plus souvent, soit nous accumulons des griefs contre Dieu, sans que même une liste immense et terrible nous pousse à exiger personnellement une réponse de Lui ; soit nous regardons avec quelque embarras des adultes apparemment intelligents qui tentent avec ardeur de nous expliquer des sottises évidentes ; soit nous estimons avoir déjà tout appris—après tout, puisque nous sommes déjà convertis, pourquoi des étrangers venus d’ailleurs chercheraient-ils à nous « soigner » ? Mais le Seigneur, en nous ramenant encore et encore au Livre des Actes, nous montre comment l’homme doit se tenir devant Dieu. Il doit sans cesse approfondir l’Écriture sainte, le cœur ouvert, prêt à accueillir tout ce que le Seigneur veut lui révéler.

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Pour Ac 17:21
21 Tous les Athéniens en effet et les étrangers qui résidaient parmi eux n'avaient d'autre passe-temps que de dire ou écouter les dernières nouveautés.
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Selon les mots de Luc, les Athéniens de l'époque évangélique étaient en plusieurs semblables à nos contemporains. Il s’agit en particulier, et de cette relation à la philosophie et en général de la question sur la vérité, qui leur était propre. Athènes était depuis longtemps célèbre par son école philosophique...  Lire la suite

Selon les mots de Luc, les Athéniens de l'époque évangélique étaient en plusieurs semblables à nos contemporains. Il s’agit en particulier, et de cette relation à la philosophie et en général de la question sur la vérité, qui leur était propre. Athènes était depuis longtemps célèbre par son école philosophique : il suffit de se rappeler des noms de Socrate, Platon, Aristote. Et bien que l'histoire de l'idée philosophique grecque ne commence pas du tout à Athènes, c’est notamment Athènes qui est devenue le symbole de la philosophie antique. Et cependant, déjà à l’époque de Socrate et Platon dans la philosophie grecque ont commencé ces processus, qui au final l'ont amenée à sa dégénération essentielle. Non, bien sûr, l'Académie d'Athènes continuait à exister, elle a été liquidée seulement par Justinien au VI s. de notre ère par un décret spécial, souhaitant ainsi rendre service à l'Église (le service s'est avéré en effet une maladresse, mais c’est déjà une autre histoire). Mais voici la philosophie elle-même a changé foncièrement.

Il est juste de dire que cinq cents ans avant Paul, à l’époque de Socrate, lui, Socrate, était le seul dans son genre chercheur de la vérité. Déjà alors sont arrivés les sophistes dans la ville, prêts pour un paiement similaire (d'habitude pas petit) à enseigner tous les intéressés «la sagesse», qui dans leur interprétation était d'habitude réduite à l'équilibrisme verbal, des compétences qui aidaient celui qui possède cet art de «prouver» n'importe quoi. Des chercheurs de la vérité comme Socrate, à cette époque, et à toutes les autres étaient peu.

Mais si l'antiquité connaissait tout de même Socrate, et Platon, plus tard on a cessé en général de regarder la philosophie comme la recherche de la vérité, elle est devenue une profession ordinaire, et au temps de Paul les philosophes s’intéressaient déjà non plus aux questions du bien et du mal ou le sens de la vie, comme Socrate, mais aux exercices de l'équilibrisme intellectuel, faisant de la philosophie un sport intellectuel original, et les philosophes — des participants des compétitions dans la construction des systèmes métaphysiques et les duels verbaux, dont le but était d'une part la protection, et d'autre part— le démenti de certaines thèses le plus souvent ayant peu de relations à la vie spirituelle et à la vie en général.

Les spectateurs, venus regarder de telles compétitions, assistaient aux discussions philosophiques à peu près ainsi que leurs contemporains moins éduqués et plus grossiers allaient au cirque regarder le combat des gladiateurs. Ce n'est pas étonnant que dans un tel auditoire, où personne ne pensait ni de Dieu, ni du Royaume, ni même de la vérité, Paul n'avait pas pratiquement d'auditeurs reconnaissants. La question de la vérité ne peut sérieusement poser que celui, pour qui la recherche de la vérité est une question de vie ou de mort. Et parmi les amateurs des discussions philosophiques à Athènes, comme on voit, ceux-ci étaient très peu.

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Pour Ac 17:22-34
22 Debout au milieu de l'Aréopage, Paul dit alors : " Athéniens, à tous égards vous êtes, je le vois, les plus religieux des hommes.
23 Parcourant en effet votre ville et considérant vos monuments sacrés, j'ai trouvé jusqu'à un autel avec l'inscription : "Au dieu inconnu". Eh bien ! ce que vous adorez sans le connaître, je viens, moi, vous l'annoncer.
24 " Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s'y trouve, lui, le Seigneur du ciel et de la terre, n'habite pas dans des temples faits de main d'homme.
25 Il n'est pas non plus servi par des mains humaines, comme s'il avait besoin de quoi que ce soit, lui qui donne à tous vie, souffle et toutes choses.
26 Si d'un principe unique il a fait tout le genre humain pour qu'il habite sur toute la face de la terre; s'il a fixé des temps déterminés et les limites de l'habitat des hommes,
27 c'était afin qu'ils cherchent la divinité pour l'atteindre, si possible, comme à tâtons et la trouver; aussi bien n'est-elle pas loin de chacun de nous.
28 C'est en elle en effet que nous avons la vie, le mouvement et l'être. Ainsi d'ailleurs l'ont dit certains des vôtres : "Car nous sommes aussi de sa race. "
29 " Que si nous sommes de la race de Dieu, nous ne devons pas penser que la divinité soit semblable à de l'or, de l'argent ou de la pierre, travaillés par l'art et le génie de l'homme.
30 " Or voici que, fermant les yeux sur les temps de l'ignorance, Dieu fait maintenant savoir aux hommes d'avoir tous et partout à se repentir,
31 parce qu'il a fixé un jour pour juger l'univers avec justice, par un homme qu'il y a destiné, offrant à tous une garantie en le ressuscitant des morts. "
32 A ces mots de résurrection des morts, les uns se moquaient, les autres disaient : " Nous t'entendrons là-dessus une autre fois. "
33 C'est ainsi que Paul se retira du milieu d'eux.
34 Quelques hommes cependant s'attachèrent à lui et embrassèrent la foi. Denys l'Aréopagite fut du nombre. Il y eut aussi une femme nommée Damaris, et d'autres avec eux.
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Dans la lecture des Actes d’aujourd’hui, l’apôtre Paul, s’adressant aux païens, affirme que, sans connaître Dieu, ils L’honorent néanmoins...  Lire la suite

L’apôtre Paul, s’adressant aux païens, affirme que, sans connaître Dieu, ils L’honorent néanmoins. Il semble évident que l’autel portant l’inscription « Au Dieu inconnu » n’était nullement destiné au Dieu d’Israël. De tels autels étaient dressés « au cas où », afin de n’offenser personne : peut-être existait-il encore quelque divinité à laquelle aucun sacrifice n’aurait été offert et qui déciderait alors de punir tout le monde pour un tel manque de respect... Paul le comprenait-il ? Certainement. Pourquoi dit-il donc que sa prédication concerne Celui qu’ils honorent ? Peut-être parce qu’il ne réduit nullement le culte du vrai Dieu aux sacrifices. Bien sûr, les païens n’offraient pas de sacrifices au Dieu d’Israël. Mais, selon saint Augustin, le cœur de l’homme ne connaît pas de repos tant qu’il ne repose pas en Dieu. Tout homme Le cherche, même s’il ne sait pas lui-même ce qu’il cherche. Et accomplir les commandements non parce que cela est écrit, mais parce que cela est juste, constitue déjà un commencement du culte rendu à Dieu. Peut-être Paul pense-t-il précisément à cela : à ces relations avec Dieu qu’il est impossible de voir de l’extérieur, mais que chacun possède néanmoins d’une manière ou d’une autre.

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Pour Ac 17:24-25
24 " Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s'y trouve, lui, le Seigneur du ciel et de la terre, n'habite pas dans des temples faits de main d'homme.
25 Il n'est pas non plus servi par des mains humaines, comme s'il avait besoin de quoi que ce soit, lui qui donne à tous vie, souffle et toutes choses.
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Il est typique pour les païens de croire que leurs dieux ont besoin de quelque chose, qu’il leur faut quelque chose, et que l’homme en apportant les sacrifices ou en construisant des temples, satisfait ces besoins...  Lire la suite

Il est typique pour les païens de croire que leurs dieux ont besoin de quelque chose, qu’il leur faut quelque chose, et que l’homme en apportant les sacrifices ou en construisant des temples, satisfait ces besoins des dieux, et les dieux aident en retour à satisfaire aux besoins de l’homme. De ce fait, les dieux et les hommes se trouvent à un même niveau, en outre, les dieux ne peuvent pas se passer des hommes. N’y a-t-il pas parfois en nous une telle imagination? Ne nous semble t-il pas souvent que nous faisons une faveur à Dieu, en exécutant ce qu’Il nous a demandé?

C’est encore le paganisme non éliminé qui parle en nous, une conception orgueilleuse du monde, l’opposé d’un frémissement pieux devant la face de Dieu, la mauvaise volonté de reconnaître intérieurement la souveraineté absolue de Dieu. C'est pourquoi ces mots de l’apôtre Paul sont adressés non seulement aux païens d'Athènes, mais à nous aussi: Dieu n'a pas besoin de nous, mais nous aime. Ce n’est pas nous qui Lui faisons du bien, en accomplissant les offices divins dans les temples construits par nous, mais au contraire, Il nous fait plus du bien, en nous donnant la vie et l’Esprit. Il est le Créateur de tout; Il est Seigneur de tout; Il est Porteur de tous les biens.

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Pour Ac 17:30-32
30 " Or voici que, fermant les yeux sur les temps de l'ignorance, Dieu fait maintenant savoir aux hommes d'avoir tous et partout à se repentir,
31 parce qu'il a fixé un jour pour juger l'univers avec justice, par un homme qu'il y a destiné, offrant à tous une garantie en le ressuscitant des morts. "
32 A ces mots de résurrection des morts, les uns se moquaient, les autres disaient : " Nous t'entendrons là-dessus une autre fois. "
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La prédication de Paul à l'Aréopage d'Athènes est l'un de ces événements dont la lecture ne fait pas sentir une distance de deux mille ans...  Lire la suite

La prédication de Paul à l'Aréopage d'Athènes est l'un de ces événements dont la lecture ne fait pas sentir une distance de deux mille ans. Non seulement parce que beaucoup des fondements de notre civilisation se trouvent à Athènes, mais aussi parce qu'en regardant les Athéniens du temps de Paul, il n'est pas difficile de voir nombre de nos contemporains sceptiques, qui aiment discuter des nouvelles sensationnelles.

Il est révélateur que les Athéniens, capables d'écouter n'importe quel point de vue, aient écouté Paul tant qu'il exposait des notions fondamentales sur Dieu, acceptables pour les adeptes de diverses doctrines, mais l'aient interrompu dès que Paul aborda le récit de la Résurrection. Ce qui est important pour Paul n'est pas perçu par ses auditeurs, et sans doute pas seulement parce que ses paroles ne correspondent pas aux représentations de ceux qui s'étaient réunis à l'Aréopage. Peut-être ont-ils senti que ce qu'ils entendaient n'était pas un exercice verbal, mais un message exigeant un changement de vie...

Peut-on appeler infructueuse la première tentative de prédication à Athènes? Il nous semble que non, et pas seulement parce qu'il se trouva tout de même un certain nombre de personnes intéressées par les paroles de Paul, parmi lesquelles même l'un des membres de l'Aréopage, Denys. Ce jour-là, Paul sema des graines qui devaient germer, et nous savons qu'elles ont germé et porté sur la terre grecque une riche moisson.

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Pour Ac 17:32
32 A ces mots de résurrection des morts, les uns se moquaient, les autres disaient : " Nous t'entendrons là-dessus une autre fois. "
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La réaction des amateurs athéniens de philosophie aux paroles de Paul sur la résurrection est révélatrice : ils commencent à se moquer de lui. On pourrait bien sûr attribuer cela au fait que Paul essayait pour la première fois...  Lire la suite

La réaction des amateurs athéniens de philosophie aux paroles de Paul sur la résurrection est révélatrice : ils commencent à se moquer de lui. On pourrait bien sûr attribuer cela au fait que Paul essayait pour la première fois de prêcher dans un milieu sans aucun lien avec la Synagogue, un milieu pour lequel des mots comme « Jugement », « Messie », « Royaume » étaient vides de sens. Mais est-ce seulement cela ? Car même là, il s’en trouva tout de même deux qui surent entendre et au moins voulurent comprendre. Il ne s’agissait donc pas seulement d’un milieu peu habitué à ce genre de témoignage.

Il s’agissait, à ce qu’il paraît, aussi de l’atmosphère même de ce type d’assemblées, dont l’aréopage d’Athènes était sans doute la plus célèbre dans l’Antiquité. Et le problème ici n’est pas la philosophie en tant que telle. Le problème, ce sont les philosophes, ou plutôt ceux qui se considéraient comme tels. Et le problème est d’abord que, pour les amateurs athéniens de sagesse, la philosophie avait depuis longtemps cessé d’être une quête de la vérité, comme elle l’avait été pour ceux que ces gens considéraient comme leurs prédécesseurs spirituels. Pour Socrate, sa philosophie était une question de vie et de mort, et un jour il donna sa vie pour la vérité qu’il avait découverte. Pour ceux qui écoutaient Paul, la philosophie n’était qu’un passe-temps intellectuel intéressant. Aucun d’eux n’avait seulement l’intention de donner sa vie pour quelque vérité que ce soit ; de manière générale, ils ne s’imaginaient sans doute pas que la philosophie puisse devenir pour eux la source d’un quelconque inconfort vital.

Et voilà que, dans les paroles de Paul, ils ont dû percevoir une certaine gravité. Cette gravité même que sent parfois même le lecteur ou l’auditeur désœuvré derrière les paroles lues ou entendues. Cette sensation peut ne pas être très claire ni distincte, mais elle permet de comprendre que ce qui a été lu ou entendu exige désormais une réponse. Si l’on commence à lire ou à écouter attentivement ces paroles mêmes, elles changeront nécessairement et irréversiblement ta vie. La réaction à de telles paroles peut être soit un éveil spirituel, lorsque celui qui lit ou écoute, secouant sa demi-somnolence intellectuelle, commence à lire ou à écouter de plus en plus attentivement, essayant de comprendre ce qu’il doit faire ensuite, soit le rejet de ce qui a été entendu et lu, afin que rien ne trouble plus à l’avenir le repos habituel. Deux personnes se sont éveillées aux paroles de Paul. Est-ce beaucoup ou peu ? Dieu le sait. Quoi qu’il en soit, le premier pas était fait.

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