1 " Ne jugez pas, afin de n'être pas jugés ; |
2 car, du jugement dont vous jugez on vous jugera, et de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous. |
3 Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l'œil de ton frère? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas! |
4 Ou bien comment vas-tu dire à ton frère : "Laisse-moi ôter la paille de ton œil", et voilà que la poutre est dans ton œil ! |
5 Hypocrite, ôte d'abord la poutre de ton œil, et alors tu verras clair pour ôter la paille de l'œil de ton frère. |
6 " Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré, ne jetez pas vos perles devant les porcs, de crainte qu'ils ne les piétinent, puis se retournent contre vous pour vous déchirer. |
7 " Demandez et l'on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira. |
8 Car quiconque demande reçoit; qui cherche trouve; et à qui frappe on ouvrira. |
Nous a-t-on encore injustement offensés ? Eh bien, la réponse la plus digne consiste à citer à l'offenseur les paroles de l'Évangile d'aujourd'hui : inutile de regarder les pailles des autres quand on a soi-même une poutre dans chaque œil ! Mais si, comme le dit l'Apôtre, tous ont péché et tous les croyants sont justifiés gratuitement, vaut-il la peine d'aggraver les offenses et l'hostilité ? Ne vaut-il pas mieux recevoir du Christ la parole de réconciliation et devenir serviteur de Sa paix ? Et, pour commencer, simplement ne pas juger.
1 " Ne jugez pas, afin de n'être pas jugés ; |
2 car, du jugement dont vous jugez on vous jugera, et de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous. |
3 Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l'œil de ton frère? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas! |
4 Ou bien comment vas-tu dire à ton frère : "Laisse-moi ôter la paille de ton œil", et voilà que la poutre est dans ton œil ! |
5 Hypocrite, ôte d'abord la poutre de ton œil, et alors tu verras clair pour ôter la paille de l'œil de ton frère. |
6 " Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré, ne jetez pas vos perles devant les porcs, de crainte qu'ils ne les piétinent, puis se retournent contre vous pour vous déchirer. |
7 " Demandez et l'on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira. |
8 Car quiconque demande reçoit; qui cherche trouve; et à qui frappe on ouvrira. |
« Demandez, et il vous sera donné; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l'on vous ouvrira... ». Il convient ici de rappeler une sagesse ancienne prononcée par Ovide, afin de voir combien ces deux mondes sont proches et en même temps éloignés: l'Antiquité éclairée et dorée, et la petite communauté de l'Église des premiers chrétiens qui lui fait face. « Gutta cavat lapidem, non vi, sed saepe cadendo ». « La goutte creuse la pierre non par la force, mais par la fréquence de sa chute ». Il semblerait qu'il soit question ici de la même chose: de la constance dans la recherche; un appel retentit à ne pas désespérer quand on ne voit pas de résultat, et à oser encore. Oui, la ressemblance est manifeste... Mais si nous regardons ce tableau d'un peu plus près, nous remarquerons qu'il y a quelque chose de mort dans cette pierre, une certaine indifférence envers la goutte; une froide immobilité transparaît dans toute cette situation.
Mais le christianisme est tout autre. Ce qui distingue principalement les paroles du Christ, c'est la présence en elles d'une réponse vivante. Oui, c'est aussi un appel à la constance dans la recherche, mais d'une manière tout à fait différente: on vous ouvrira, on vous donnera... Que peut attendre la goutte de la pierre? Rien, seulement un silence mort. Ici, au contraire, nous avons une réponse vivante. Il existe une expression remarquable: si un homme, en priant Dieu, n'attend pas de réponse, il est tout simplement athée. Et parfois quelqu'un espère atteindre Dieu par des formules de prière monotones, matin et soir, qui, comme cette goutte même, se ressemblent de jour en jour, s'accomplissent sans créativité et, surtout, sans dialogue... Non, le chemin vers lui n'est que dialogue, que créativité, que présence debout au bord de l'abîme.
1 " Ne jugez pas, afin de n'être pas jugés ; |
2 car, du jugement dont vous jugez on vous jugera, et de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous. |
3 Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l'œil de ton frère? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas! |
4 Ou bien comment vas-tu dire à ton frère : "Laisse-moi ôter la paille de ton œil", et voilà que la poutre est dans ton œil ! |
5 Hypocrite, ôte d'abord la poutre de ton œil, et alors tu verras clair pour ôter la paille de l'œil de ton frère. |
Le conseil pressant de Jésus, « Ne jugez pas, afin de ne pas être jugés », peut sans doute être paraphrasé ainsi: « Soyez indulgents envers les autres, afin que l'on fasse preuve d'indulgence envers vous ». Pourtant la simplicité apparente de cette pensée se complique du fait que, dans la seconde partie de la parole, il n'est pas question d'un jugement humain, mais du jugement de Dieu. Il est en même temps évident que, dans la vie, ceux qui font preuve d'indulgence la reçoivent rarement en retour; et même s'ils la reçoivent, il ne vaut guère la peine de chercher ici une dépendance directe entre la bonté d'un homme et la bonté que lui manifestent, pour ainsi dire, des tiers.
Autre chose est que Jésus n'appelle pas du tout ses disciples à rechercher pour eux-mêmes une quelconque indulgence. Il est seulement demandé aux chrétiens et aux chrétiennes de se souvenir de l'extrême complexité de la vie du monde: des relations, des actes, des disputes, des conflits et de tout ce dont l'existence humaine est remplie; et de ne jamais prononcer de jugements définitifs, encore moins de verdicts, sur ce qui ne nous plaît pas ou sur ce qui parfois souffle réellement la méchanceté et sème la destruction. Cela ne vaut pas la peine de le faire ne serait-ce que parce que tout homme n'est qu'un « roseau agité par le vent », capable d'une grande noblesse, de grandes sottises, et même de folies désespérées...
C'est précisément pour cette raison que, plus loin dans le passage d'aujourd'hui, viennent les paroles sur la paille et la poutre. Jésus conseille non pas simplement d'être plus modestes ou plus humbles, et certainement pas d'essayer de se convaincre que « je suis pire que toute créature ». Dans ses paroles résonne un simple souhait amical adressé à chacun qui écoute ou lit: s'évaluer soi-même de manière adéquate, et non s'abandonner à l'autodénigrement. Bien plus, on y entend un signal pour agir: il ne faut pas s'occuper de médire des autres, pas plus qu'il n'est nécessaire de s'enfoncer dans l'introspection, car on n'obtiendra rien ainsi. Nettoie simplement l'œil dans lequel quelque chose d'extérieur est entré, regarde Dieu, son attitude magnanime et compréhensive envers les hommes, imite-le; alors il ne sera plus nécessaire d'enseigner, de dénoncer ni de maugréer contre personne. Il ne restera que l'amour, qui convainc sans paroles et édifie tous...
1 " Ne jugez pas, afin de n'être pas jugés ; |
2 car, du jugement dont vous jugez on vous jugera, et de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous. |
3 Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l'œil de ton frère? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas! |
4 Ou bien comment vas-tu dire à ton frère : "Laisse-moi ôter la paille de ton œil", et voilà que la poutre est dans ton œil ! |
5 Hypocrite, ôte d'abord la poutre de ton œil, et alors tu verras clair pour ôter la paille de l'œil de ton frère. |
La poutre et le brin de paille sont des objets de même nature, mais d’un « ordre » différent. Et l’on peut croire que la poutre dans l’œil, à cause de sa taille, empêche absolument de voir quoi que ce soit. Mais le fait est justement que celui qui la porte dans son œil n’est aveugle que par rapport à lui-même. Par rapport aux autres, elle fonctionne comme une loupe qui aide à distinguer les moindres fautes d’autrui. Et c’est alors que naît le désir d’aider l’autre à se débarrasser de son brin de paille (voir Mt 7:4).
Pourtant, un malade atteint d’une forme grave d’une maladie ne peut pas en guérir un autre atteint de cette même maladie, même seulement à son début. En outre, avec un tel « grossisseur », il n’est pas difficile de se tromper de taille et de préparer une scie au lieu d’un scalpel…
Et seul un homme déjà guéri, passé par la douleur de la guérison (car lorsque Quelqu’un t’enlève une poutre de l’œil, cela fait mal), peut aider un autre. C’est précisément pourquoi le Christ dit : « Ôte d’abord la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter le brin de paille de l’œil de ton frère » (Mt 7:5).
1 " Ne jugez pas, afin de n'être pas jugés ; |
2 car, du jugement dont vous jugez on vous jugera, et de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous. |
3 Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l'œil de ton frère? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas! |
4 Ou bien comment vas-tu dire à ton frère : "Laisse-moi ôter la paille de ton œil", et voilà que la poutre est dans ton œil ! |
5 Hypocrite, ôte d'abord la poutre de ton œil, et alors tu verras clair pour ôter la paille de l'œil de ton frère. |
Le psalmiste nous appelle à reconnaître la toute-puissance et la bonté de Dieu et à orienter nos cœurs vers l’espérance en Sa miséricorde. Et Jésus, dans le Sermon sur la montagne, ajoute : si nous voulons Sa miséricorde, il faut nous-mêmes être miséricordieux, ne pas chercher les défauts des autres et ne pas les condamner. Il est intéressant que notre propre poutre dans l’œil n’empêche pas de voir le brin de paille dans l’œil d’un autre homme, mais rend notre aide envers lui totalement impossible.
1 " Ne jugez pas, afin de n'être pas jugés ; |
Lorsque le Seigneur Jésus Christ guérit le paralytique que quatre hommes lui avaient amené après avoir défait le toit de la maison, il dit : « Tes péchés te sont pardonnés ». Les pharisiens et les scribes s'en indignent, car, pensent-ils, nul ne peut pardonner les péchés sinon Dieu. Aujourd'hui, en lisant un passage du Sermon sur la montagne, nous entendons une pensée semblable de la bouche de Jésus lui-même. Et après la résurrection, il dit aux disciples : « Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés... » Il est important d'essayer de regarder ensemble ces épisodes évangéliques afin de comprendre ce que le Seigneur dit du pardon.
Alors, dans la maison de la belle-mère de Pierre, le Seigneur ne réfute pas la prémisse initiale des scribes, mais souligne que, contrairement aux hommes, le Dieu-homme peut pardonner les péchés en vertu de sa divinité et par le droit du sacrifice de la Croix. Dans le Sermon sur la montagne, il dit que seul peut juger celui qui est juste lui-même et dont le regard n'est pas abîmé par le péché. Enfin, le Seigneur donne à l'Église le commandement de pardonner les péchés parce qu'il est lui-même sa tête et que l'Église est appelée par lui à transmettre son pardon.
Mais, en pratique, ce qui importe pour nous, c'est que ses paroles « Ne jugez pas, afin de ne pas être jugés » sont, si l'on peut dire, un principe « technique » grâce auquel tu peux passer du monde de la condamnation au monde du pardon. Cela exige de reconnaître sa propre incapacité à juger et son propre péché, c'est-à-dire le repentir. Et surtout, cela exige de désirer précisément le pardon, et non une « juste rétribution ».
1 " Ne jugez pas, afin de n'être pas jugés ; |
Jésus dit « tes péchés sont pardonnés » lorsqu’Il a soigné le paralytique dont lui avaient emmené quatre Hommes en défaisant « le toit de la maison ». Les pharisiens et les scribes s’indignèrent du fait que Jésus pardonne le Péché, car ils pensaient que personne ne peut pardonner le péché à part Dieu. Nous entendons aujourd’hui de la bouche de Jésus une idée semblable en lisant cet extrait du sermon sur la montagne. Apres la résurrection Il dit à ses disciples : « Ceux à qui vous pardonneriez les péchés seront pardonnés » Il serait important d’essayer de jeter un coup d’œil sur ces épisodes évangéliques ensemble, comme un bloc pour comprendre ce que le seigneur parle du Pardon.
А l’époque dans la maison de la belle-mère de Pierre, Jésus ne réfute pas l’idée initiale des scribes ; Mais relève qu’à la différence des Hommes, l’Homme-Dieu peut pardonner les péchés en vertu de sa divinité et à titre de victime de la croix. Dans son sermon sur la montagne Il fait savoir que seulement celui qui est juste et dont l’opinion n’est pas endommagée par le péché peut juger. Le Seigneur donne enfin a l’Église l’impératif de pardonner les péchés, puisqu’Il est lui-même le chef de cette Église, et l’Église est appelée à remettre à ses fideles le pardon du Seigneur.
Mais Ces mots de Jésus « ne jugez pas, enfin de n’être pas jugés » en pratique, si on peut s’exprimer ainsi sont un principe « Technique », dont en utilisant vous pouvez passer du monde de la condamnation au monde du Pardon. Ceci demande la reconnaissance de son incapacité de juger et de sa culpabilité pécheresse – c'est-à-dire la repentance. Et le plus important est que ceci demande de convoiter le pardon et non « la juste récompense ».
2 car, du jugement dont vous jugez on vous jugera, et de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous. |
Le Seigneur utilise des matériels ordinaires de la réalité de ce temps là pour expliquer le sens de la signification de Ses mots spirituels. En effet nous n’entendons plus du tout du mot «mesure » la réalité journalière des relations commerciales, mais c’était très évident pour Ses auditeurs : votre partenaire vous mesurera par exemple le sel de la même mesure dont vous avez mesure le blé. Il ne peut pas avoir deux différentes mesures. De même il ne peut pas avoir deux standards dans l’évaluation : de manière que nous évaluons « équitablement » et qu’on nous évalue « avec miséricorde ». Le mot « juger » est plurivoque, elle peut signifier « évaluer » ou « contrôler » ou encore « condamner ». On peut voir dans ce contexte que c’est bien la condamnation qui ne nous est catégoriquement pas recommandée, surtout si nous ne voulons pas aussi être condamnés.
3 Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l'œil de ton frère? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas! |
Les paroles de Jésus sur le jugement pourraient être considérées comme la continuation d’une tradition remontant à l’un des grands maîtres d’Israël, Hillel, qui disait : ne juge pas ton prochain tant que tu ne t’es pas trouvé toi-même à sa place. D’autres maîtres aussi estimaient qu’il ne convient pas au juste de se hâter de condamner son prochain, même lorsqu’il semble y avoir de quoi le condamner. Jésus, comme on le voit, modifie quelque peu la parole de Hillel : Il dit qu’avant de condamner les péchés du prochain, il faut voir son propre péché.
Bien sûr, un tel conseil a aussi un sens spirituel et pratique : tant que tu n’auras pas compris comment lutter contre tes propres péchés, tu ne comprendras pas non plus comment aider ton prochain à lutter contre les siens. Et le fait qu’il ne soit utile de regarder les péchés du prochain que pour l’aider à s’en débarrasser allait de soi : car dans le judaïsme de l’époque du Second Temple, on se représentait généralement la Torah comme un guide sur le chemin de la justice et un moyen de lutter contre le péché, non comme une sorte de gourdin religieux destiné à frapper le pécheur sur la tête pour ses péchés.
Au fond, Jésus appelle aussi à une grande prudence dans ce qui concerne le jugement d’un homme, non seulement au sens de sa condamnation (prendre sur soi la prérogative de Dieu ne serait de toute façon venu à l’idée de personne), mais au sens de son évaluation comme pécheur ou juste. En effet, pour donner une telle évaluation, il faut connaître le cœur humain comme Dieu seul peut le connaître. Il en va autrement de l’évaluation d’actes et d’actions concrets : chacun qui connaît les commandements et se représente bien l’affaire qu’il évalue peut les juger de manière plus ou moins adéquate.
Mais quant à savoir qui est digne du Royaume et du salut, et qui ne l’est pas, ce n’est pas à nous de le décider, ne serait-ce que parce que nous-mêmes recevons ce Royaume non parce que nous en sommes dignes. De plus, son histoire est encore loin d’être achevée, et le temps des évaluations définitives n’est donc pas encore venu. Et quand il viendra, ce ne sera de toute façon pas à nous de les donner. Ainsi, notre affaire n’est pas d’évaluer, mais de lutter contre les péchés qui nous empêchent, nous et nos prochains, de marcher sur le chemin de la justice. Afin d’achever ce chemin dans le Royaume, où chacun de nous sera enfin libéré de tout ce qui l’empêche de vivre pleinement.
1 " Ne jugez pas, afin de n'être pas jugés ; |
2 car, du jugement dont vous jugez on vous jugera, et de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous. |
3 Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l'œil de ton frère? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas! |
4 Ou bien comment vas-tu dire à ton frère : "Laisse-moi ôter la paille de ton œil", et voilà que la poutre est dans ton œil ! |
5 Hypocrite, ôte d'abord la poutre de ton œil, et alors tu verras clair pour ôter la paille de l'œil de ton frère. |
6 " Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré, ne jetez pas vos perles devant les porcs, de crainte qu'ils ne les piétinent, puis se retournent contre vous pour vous déchirer. |
7 " Demandez et l'on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira. |
8 Car quiconque demande reçoit; qui cherche trouve; et à qui frappe on ouvrira. |
9 Quel est d'entre vous l'homme auquel son fils demandera du pain, et qui lui remettra une pierre? |
10 ou encore, s'il lui demande un poisson, lui remettra-t-il un serpent? |
11 Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est dans les cieux en donnera-t-il de bonnes à ceux qui l'en prient ! |
12 " Ainsi, tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous mêmes pour eux : voilà la Loi et les Prophètes. |
Ici, il nous est proposé une fois encore de sortir de la captivité de notre propre égocentrisme. Comme il est facile de se griser de ses propres limites, de tenir ses jugements sur les gens, et plus généralement sur le monde environnant, pour infaillibles. Mais voici que Jésus nous fait voir l’étroitesse de notre horizon. Et même s’il est très difficile de comprendre une autre personne, c’est précisément en voyant les limites de notre propre compréhension que nous commençons à les dépasser, et donc à nous rapprocher de la compréhension des autres. Puis nous nous retrouvons à la place de celui que nous jugions récemment, et nous commençons à comprendre l’autre encore mieux... Les paroles sur la paille et la poutre nous sont familières depuis l’enfance; heureusement pour nous, cette sagesse évangélique fait partie de celles que reconnaissaient même beaucoup d’athées endurcis. Certes, la tentation est grande de rabrouer son prochain: «et toi, ta poutre dépasse», mais au fond, il n’y a rien à objecter ici.
Il est plus difficile de remarquer que ces paroles sont immédiatement suivies d’un avertissement sur l’inadmissibilité de donner les choses saintes aux chiens et les perles aux porcs. (Rappelons d’ailleurs qu’ailleurs dans l’Évangile, le Royaume de Dieu est comparé à une perle de grand prix.) Qu’est-ce qui unit ces paroles? Il apparaît qu’ici Jésus nous avertit du danger d’un empressement précipité à enseigner. Car même la prédication de la vérité peut être transformée en moyen d’affirmation de soi, lorsque la complaisance dans sa propre éloquence cache à l’orateur ceux à qui il s’adresse.
Mais il ne faut pas se bercer d’illusions, même si elles ont extérieurement une apparence pieuse. La réalité finira par percer à travers les illusions, et ce sera encore heureux si cela se passe sans tragédies.
1 " Ne jugez pas, afin de n'être pas jugés ; |
2 car, du jugement dont vous jugez on vous jugera, et de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous. |
3 Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l'œil de ton frère? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas! |
4 Ou bien comment vas-tu dire à ton frère : "Laisse-moi ôter la paille de ton œil", et voilà que la poutre est dans ton œil ! |
5 Hypocrite, ôte d'abord la poutre de ton œil, et alors tu verras clair pour ôter la paille de l'œil de ton frère. |
6 " Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré, ne jetez pas vos perles devant les porcs, de crainte qu'ils ne les piétinent, puis se retournent contre vous pour vous déchirer. |
7 " Demandez et l'on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira. |
8 Car quiconque demande reçoit; qui cherche trouve; et à qui frappe on ouvrira. |
9 Quel est d'entre vous l'homme auquel son fils demandera du pain, et qui lui remettra une pierre? |
10 ou encore, s'il lui demande un poisson, lui remettra-t-il un serpent? |
11 Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est dans les cieux en donnera-t-il de bonnes à ceux qui l'en prient ! |
12 " Ainsi, tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous mêmes pour eux : voilà la Loi et les Prophètes. |
La lecture d’aujourd’hui est consacrée à deux thèmes qui, à première vue, ne sont pas directement liés. D’un côté, il est question du jugement et du fait qu’il vaudrait mieux que les disciples du Christ ne jouent pas le rôle de juge (v. 1-5). De l’autre, Jésus conseille directement à ses disciples de demander au Père tout ce dont ils peuvent avoir besoin (v. 7-11). Ce conseil est précédé par des paroles sur l’attitude attentive envers ce qui est saint (v. 6). Au premier regard, il s’agit de choses tout à fait différentes ; mais si l’on y réfléchit, on peut remarquer qu’ici aussi Jésus parle de nouveau du Royaume. En effet, si l’homme peut « ne pas juger », ce n’est que dans le Royaume, précisément.
Dans notre monde déchu, toute évaluation devient presque automatiquement non seulement un jugement, qui nous est permis, mais aussi une condamnation, qui nous est interdite. Or une évaluation sans condamnation n’est possible que dans le Royaume, où le milieu même dans lequel se déroule la communion est différent. Dans un tel milieu, on peut se comparer aux autres sans chercher à savoir quel échelon de l’échelle hiérarchique est plus élevé. Et non parce que tous, dans le Royaume, deviendraient soudain identiques, mais parce que l’échelle elle-même y perd son importance. Dans la plénitude du Royaume, chacun reçoit sa propre plénitude, donnée par Dieu, et alors la comparaison si habituelle dans notre monde devient dépourvue de sens.
Mais comment parvenir à une telle vision dans notre monde déchu ? Évidemment, seulement en gardant le Royaume qui est donné à chaque disciple du Christ dès maintenant, dans ce monde. Ce n’est pas par hasard que le Sauveur rappelle la nécessité de garder la chose sainte dans la pureté, sans la souiller par rien d’impur (v. 6). Les « chiens » et les « porcs » ne sont pas mentionnés ici par hasard : il s’agit d’animaux impurs qui, dans la Bible, deviennent souvent le symbole de l’impureté comme telle.
Et l’appel à traiter les gens comme nous voudrions qu’ils nous traitent (v. 12) rappelle lui aussi le Royaume. On pourrait croire que nous avons devant nous simplement la fameuse « règle d’or » de l’éthique, mais ce n’est tout de même pas tout à fait cela : il ne s’agit pas de traiter les gens de la même manière qu’ils nous traitent, mais de les traiter comme nous voudrions qu’ils nous traitent. Dans ce cas, il devient évident que nous ne pouvons traiter les gens qu’avec amour et, bien sûr, sans condamnation : car on trouverait difficilement quelqu’un qui ne voudrait pas être aimé, ou qui voudrait être condamné, même si cette personne comprend qu’il n’y a guère de raison de l’aimer et qu’il y a justement de quoi la condamner. C’est alors que l’on comprend qu’une telle chose est impossible dans notre monde déchu. Mais l’impossible ici devient possible dans le Royaume.
Si donc nous traitons nos proches précisément comme Jésus nous l’a commandé, cela signifie que le Royaume est déjà devenu pour nous une réalité ; et alors nous pouvons demander comme on demande dans le Royaume, où Dieu donne sans mesurer. Il ne s’agit pas du fait que, tant que nous sommes ici, il ne peut pas nous donner tout ce qu’il pourrait nous donner là-bas. Simplement, dans le Royaume, ayant appris à donner sans rien retenir et dans la plénitude, nous apprendrons aussi à recevoir dans la plénitude — comme on donne et comme on reçoit dans le Royaume.
1 " Ne jugez pas, afin de n'être pas jugés ; |
2 car, du jugement dont vous jugez on vous jugera, et de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous. |
3 Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l'œil de ton frère? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas! |
4 Ou bien comment vas-tu dire à ton frère : "Laisse-moi ôter la paille de ton œil", et voilà que la poutre est dans ton œil ! |
5 Hypocrite, ôte d'abord la poutre de ton œil, et alors tu verras clair pour ôter la paille de l'œil de ton frère. |
6 " Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré, ne jetez pas vos perles devant les porcs, de crainte qu'ils ne les piétinent, puis se retournent contre vous pour vous déchirer. |
7 " Demandez et l'on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira. |
8 Car quiconque demande reçoit; qui cherche trouve; et à qui frappe on ouvrira. |
9 Quel est d'entre vous l'homme auquel son fils demandera du pain, et qui lui remettra une pierre? |
10 ou encore, s'il lui demande un poisson, lui remettra-t-il un serpent? |
11 Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est dans les cieux en donnera-t-il de bonnes à ceux qui l'en prient ! |
12 " Ainsi, tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous mêmes pour eux : voilà la Loi et les Prophètes. |
Dans la lecture d'aujourd'hui, il y a plusieurs passages de sens. Le premier d'entre eux (v. 1-5) est sans doute le plus clair quant au sens (bien qu'il soit le plus difficile à mettre en pratique!). Le verset 6 donne un exemple d'un procédé stylistique assez typique de la parole orale, appelé «chiasme», lorsque la phrase est construite selon le modèle «ABba». Dans notre cas, «foulent aux pieds» se rapporte aux porcs, et «se retournant, déchirent» aux chiens.
Mais de quoi s'agit-il? Devons-nous vraiment considérer certains comme des chiens et des porcs (je rappelle que les uns comme les autres étaient considérés comme des animaux impurs)? Certainement pas! Les versets précédents ne le permettent pas. Il s'agit sans doute du fait que même les choses objectivement bonnes (objets, idées) ne se révèlent pas nécessairement subjectivement bonnes dans des situations concrètes, et qu'il faut donc de la sagesse dans leur usage. Le passage suivant (v. 7-11) ne nous pousse pas seulement à la prière persévérante, mais nous assure aussi que le Père céleste y répond toujours, et précisément en «donnant de bonnes choses». Dans un autre Évangile, il est dit à cet endroit qu'Il «donnera l'Esprit Saint» (qui, bien sûr, est le «bien» suprême). Autrement dit, la réponse de Dieu peut ne pas être «tout à fait» celle que nous attendons.
1 " Ne jugez pas, afin de n'être pas jugés ; |
2 car, du jugement dont vous jugez on vous jugera, et de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous. |
3 Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l'œil de ton frère? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas! |
4 Ou bien comment vas-tu dire à ton frère : "Laisse-moi ôter la paille de ton œil", et voilà que la poutre est dans ton œil ! |
5 Hypocrite, ôte d'abord la poutre de ton œil, et alors tu verras clair pour ôter la paille de l'œil de ton frère. |
6 " Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré, ne jetez pas vos perles devant les porcs, de crainte qu'ils ne les piétinent, puis se retournent contre vous pour vous déchirer. |
7 " Demandez et l'on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira. |
8 Car quiconque demande reçoit; qui cherche trouve; et à qui frappe on ouvrira. |
9 Quel est d'entre vous l'homme auquel son fils demandera du pain, et qui lui remettra une pierre? |
10 ou encore, s'il lui demande un poisson, lui remettra-t-il un serpent? |
11 Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est dans les cieux en donnera-t-il de bonnes à ceux qui l'en prient ! |
12 " Ainsi, tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous mêmes pour eux : voilà la Loi et les Prophètes. |
Espérer l’aide de Dieu est aussi naturel que, pour un enfant, d’attendre que ses parents prennent soin de lui. Si vous ne pouvez pas tromper votre propre enfant, comment le Père céleste pourrait-Il décevoir Ses enfants ?... Ces paroles n’ont pas été prononcées pour des « croyants naïfs » qui ignorent la vie, mais pour des personnes tout à fait ordinaires, qui savaient que tout n’est pas si simple, que Dieu ne répond pas toujours à la prière et que la faim, la maladie et la mort existent dans le monde. Qu’est-ce donc : encore une idée religieuse, l’opium du peuple, ou bien est-ce malgré tout la vérité ? Et si c’est la vérité, comment la comprendre ? Il semble qu’on ne puisse la comprendre que dans le contexte de la joyeuse Nouvelle selon laquelle le Maître de l’univers devient Père pour les disciples de Jésus. Car c’est une chose que de savoir recevoir avec gratitude de la main du Maître le bien et le mal, la souffrance et la joie ; c’en est une autre de savoir qu’un Père aimant sera toujours, en toutes circonstances, plus fidèle et plus proche que les êtres qui nous sont les plus chers...
7 " Demandez et l'on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira. |
8 Car quiconque demande reçoit; qui cherche trouve; et à qui frappe on ouvrira. |
9 Quel est d'entre vous l'homme auquel son fils demandera du pain, et qui lui remettra une pierre? |
10 ou encore, s'il lui demande un poisson, lui remettra-t-il un serpent? |
11 Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est dans les cieux en donnera-t-il de bonnes à ceux qui l'en prient ! |
12 " Ainsi, tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous mêmes pour eux : voilà la Loi et les Prophètes. |
« C’est là la Loi et les Prophètes »... C’est-à-dire que Jésus résume tout l’enseignement de l’Ancien Testament en une courte phrase, une ancienne maxime légèrement modifiée par Lui et connue comme la « règle d’or de l’éthique ». Comment la modifie-t-Il ? Il la fait passer d’une forme négative (« ne fais pas... ») à une forme positive, et cela est très important.
Comme il arrive souvent que les gens pensent que la religion est l’opium du peuple, que le christianisme est une niche psychologique commode où l’on peut se cacher des problèmes du monde environnant. Parfois les chrétiens eux-mêmes le pensent aussi ; c’est pourquoi, sans doute, à l’époque soviétique, l’attitude d’outsider était si répandue parmi les chrétiens « clandestins ». Mais Jésus fixe un niveau d’exigence envers soi-même bien plus élevé. « Une ville située au sommet d’une montagne ne peut être cachée » : la position chrétienne dans le monde est une position d’action, de transformation de ce monde, et non de fuite hors de lui.
Mais, bien sûr, toute action ne sera pas juste. Le Seigneur estime que tout homme s’aime tout de même lui-même, et Il nous propose d’agir envers les autres hommes à partir du même motif : l’amour.
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