23 " Tout est permis " ; mais tout n'est pas profitable. " Tout est permis " ; mais tout n'édifie pas. |
Comme on voit, déjà à l'époque des premiers chrétiens, il y avait dans l'Église des gens sûrs que les chrétiens «peuvent tout». Et l'apôtre, dans sa polémique avec cette opinion largement répandue sur la vie spirituelle, répond : «on peut tout» — oui; mais tout n’est pas profitable. «Tout est permis» — certes; mais tout ne sert pas à l’édification. Le mot correspondant grec signifie exactement l’édifice ou construction de la maison, et on suppose qu’il ne s’agit pas seulement des murs. « Tout est permis » sonne comme le slogan d’une libération complète de tout ce qui lie et limite l’homme dans le monde non transformé. Il paraît, les gens qui l'ont avancé ont compris et ont retenu seulement une chose: le Royaume de Dieu est le Royaume de la liberté. De quoi cette liberté se remplit, ils ne réfléchissaient particulièrement probablement pas.
Peut-être, la situation s'aggravait avec une sorte d’opinions ou de regards «charismatiques» de quelques convertis, qui ayant éprouvé pour la première fois la réalité du Royaume et ayant senti qu'est-ce que c'est la grâce, ont décidé qu’ils sont maintenant libres du péché et peuvent faire tout ce qui leur plait, sans tout dommage spirituel pour eux: car comme ils étaient probablement persuadés, le monde non transformé avec tout son mal n’a plus de pouvoir sur eux.
Paul leur rappelle que tout n’est pas aussi rose que cela peut paraître dans les premiers jours après la conversion, ou aux moments de la montée spirituelle. En avant le chemin est long, le chemin de l’édifice intérieur, spirituel, cette construction de la vie intérieure et extérieure, qui implique la notion de la Torah intérieure. Et sur ce chemin la lutte avec le péché est inévitable : car le chemin au Royaume n'est pas encore finie, il ne fait que commencer.
Et l’édification même du Royaume (cette même édification, dont l'apôtre dit que pour cela tout n’est pas profitable) commençait aussi encore seulement : car il s’agit au fond des deux premières générations de chrétiens. En effet, le chemin de chaque chrétien s'achève définitivement seulement le jour de la transfiguration complète du monde, le jour du retour du Sauveur et du triomphe du Royaume. Et l'apôtre ne se fatigue pas de rappeler que le christianisme n’est pas une détente «graciable», mais un travail spirituel tendu et l’édification du Royaume, sans lequel la vie chrétienne perd tout sens.
23 " Tout est permis " ; mais tout n'est pas profitable. " Tout est permis " ; mais tout n'édifie pas. |
On voit que, dès l'époque chrétienne primitive, il y avait dans l'Église des gens sûrs que les chrétiens « peuvent tout faire ». Et l'apôtre, discutant avec cette conception répandue de la vie spirituelle, répond : « tout est permis », oui, mais tout n'est pas utile. « Tout est permis », bien sûr, mais tout ne sert pas à l'édification. Le mot grec correspondant signifie littéralement bâtir ou construire une maison, et il est entendu qu'il ne s'agit pas seulement des murs. « Tout est permis » ressemble à un slogan de libération complète de tout ce qui lie et limite l'homme dans le monde non transfiguré. Il semble que les personnes qui l'avançaient n'aient compris et retenu qu'une seule chose : le Royaume de Dieu est le Royaume de la liberté. Elles n'avaient apparemment pas beaucoup réfléchi à ce dont cette liberté est remplie.
Peut-être la situation était-elle aggravée par les vues « charismatiques » particulières de certains nouveaux convertis qui, ayant fait pour la première fois l'expérience de la réalité du Royaume et senti ce qu'est la grâce, décidèrent qu'ils étaient désormais libres du péché et pouvaient faire n'importe quoi sans aucun dommage spirituel pour eux-mêmes : après tout, comme ils en étaient probablement convaincus, le monde non transfiguré avec tout son mal n'avait plus de pouvoir sur eux. Paul leur rappelle cependant que tout n'est pas aussi radieux que cela peut paraître dans les premiers jours après la conversion ou dans les moments d'élan spirituel. Devant eux se trouve un long chemin, le chemin de l'édification intérieure et spirituelle, cette mise en ordre de la vie intérieure et extérieure que supposait le concept de la Torah intérieure.
Et sur ce chemin, la lutte contre le péché est inévitable, car le chemin vers le Royaume n'est pas encore achevé ; il ne fait que commencer. Et l'édification même du Royaume, cette édification dont l'apôtre dit que tout ne lui est pas utile, ne faisait alors elle aussi que commencer, car il s'agit au fond des deux premières générations de chrétiens. Et le chemin de chaque chrétien particulier ne s'achève finalement qu'au jour de la transformation complète du monde, le jour du retour du Sauveur et du triomphe du Royaume. Et l'apôtre ne se lasse pas de rappeler aux gens que le christianisme n'est pas une détente « pleine de grâce », mais un travail spirituel intense et l'édification du Royaume, sans lesquels la vie chrétienne perd tout son sens.
23 " Tout est permis " ; mais tout n'est pas profitable. " Tout est permis " ; mais tout n'édifie pas. |
24 Que personne ne cherche son propre intérêt, mais celui d'autrui. |
25 Tout ce qui se vend au marché, mangez-le sans poser de question par motif de conscience; |
26 car la terre est au Seigneur, et tout ce qui la remplit. |
27 Si quelque infidèle vous invite et que vous acceptiez d'y aller, mangez tout ce qu'on vous sert, sans poser de question par motif de conscience. |
28 Mais si quelqu'un vous dit : " Ceci a été immolé en sacrifice ", n'en mangez pas, à cause de celui qui vous a prévenus, et par motif de conscience. |
Pour Paul, le christianisme n’est pas une religion, mais une vie avec le Christ dans Son Royaume. Cette vie n’est limitée par aucun interdit, aucune règle, aucune restriction rituelle. Il n’y a qu’une seule règle simple : dans la vie, il ne doit rien y avoir qui lui nuise. Rien qui empêche le souffle du Royaume de respirer librement dans le cœur et dans l’âme. « Tout est permis, mais tout n’est pas utile. Tout est permis, mais tout ne contribue pas à l’édification ». Il s’agit d’édification, de la construction de la vie elle-même, telle qu’elle doit être dans le Royaume. Tout ce qui entrave cette construction doit être exclu : telle est l’unique règle du chrétien.
C’est à partir d’elle que l’apôtre se détermine au sujet des viandes sacrifiées aux idoles. Le fait est que, dans l’Empire romain, tous les marchés étaient, au moins formellement, consacrés au dieu protecteur du commerce, en général local, selon le lieu où se trouvait le marché. Ainsi, si l’on abordait la question de manière strictement formelle, il en résultait que tout ce qui était acheté sur n’importe quel marché se trouvait automatiquement être sacrifié aux idoles, consacré au dieu qui était considéré comme le protecteur du marché où les achats avaient été faits.
Et dans beaucoup d’autres cas, avec une approche purement formelle, on pouvait trouver beaucoup de choses sacrifiées aux idoles, pratiquement sur n’importe quelle table. Voilà pourquoi Paul conseille de ne pas accorder d’attention particulière à ces formalités. Quelle importance, en vérité, de savoir qui a consacré à qui et quand la nourriture achetée, si celui qui la mange n’en sait rien et ne pense même à rien de tel ? Car les rites païens en eux-mêmes ne signifient absolument rien pour un chrétien. C’est autre chose si quelqu’un lui dit directement : cette nourriture est consacrée à tel ou tel dieu, mange-la à la gloire de celui à qui elle est consacrée.
Là, il faut déjà parler de trahison envers le Christ : car l’homme qui mange une telle nourriture se solidarise par là même avec le païen précisément comme païen, comme adorateur de l’un des dieux païens. Et même simplement, si pour quelqu’un à table les dieux païens signifient quelque chose, manger quelque chose qui leur est consacré signifie témoigner contre le Christ, témoigner de son indifférence envers Lui. Là, il faut s’arrêter : car un tel repas peut fort bien, sinon détruire complètement la relation de l’homme avec le Christ, du moins lui nuire ; et donc il vaut mieux renoncer à ce repas. Non plus pour des raisons formelles, mais pour le Christ.
23 " Tout est permis " ; mais tout n'est pas profitable. " Tout est permis " ; mais tout n'édifie pas. |
24 Que personne ne cherche son propre intérêt, mais celui d'autrui. |
25 Tout ce qui se vend au marché, mangez-le sans poser de question par motif de conscience; |
26 car la terre est au Seigneur, et tout ce qui la remplit. |
27 Si quelque infidèle vous invite et que vous acceptiez d'y aller, mangez tout ce qu'on vous sert, sans poser de question par motif de conscience. |
28 Mais si quelqu'un vous dit : " Ceci a été immolé en sacrifice ", n'en mangez pas, à cause de celui qui vous a prévenus, et par motif de conscience. |
29 Par conscience j'entends non la vôtre, mais celle d'autrui; car pourquoi ma liberté relèverait-elle du jugement d'une conscience étrangère? |
30 Si je prends quelque chose en rendant grâce, pourquoi serais-je blâmé pour ce dont je rends grâce ? |
31 Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, et quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu. |
32 Ne donnez scandale ni aux Juifs, ni aux Grecs, ni à l'Église de Dieu, |
33 tout comme moi je m'efforce de plaire en tout à tous, ne recherchant pas mon propre intérêt, mais celui du plus grand nombre, afin qu'ils soient sauvés. |
Les conseils pratiques de l’apôtre concernant les viandes sacrifiées aux idoles sont assez simples. Si personne ne t’indique que la nourriture qu’on te propose est consacrée à quelque dieu ou esprit païen, mange tranquillement : il ne vaut pas la peine d’être hypervigilant et de calculer toutes les chances possibles de souillure par des viandes sacrifiées aux idoles.
Cela se comprend : Paul comprend parfaitement qu’au fond, tous les dieux et esprits des païens ne sont rien pour le chrétien, parce que, même s’ils sont des esprits créés tout à fait réels, parfois déchus, ils ne peuvent pas s’opposer à la force du Royaume et à son souffle. Les chrétiens n’ont pas à craindre le moindre mal de la part de ces êtres spirituels en eux-mêmes. Le problème n’est pas en eux, mais dans les hommes et dans le témoignage.
Tout est permis, on peut même manger des viandes sacrifiées aux idoles, mais un tel comportement ne deviendra-t-il pas un contre-témoignage ? Dans certains cas, ce sera évident. Par exemple, quand on vient dans la maison d’un païen, en fait, à cette époque, simplement chez un homme du monde, et qu’il te propose de la nourriture en mentionnant que ce qui est proposé est consacré à l’un des dieux païens. En partageant un tel repas, on partage involontairement l’attitude du convive envers son dieu, et il y a là déjà une trahison effective du Christ, sous les yeux de celui qui aurait peut-être voulu voir en toi un exemple de fidélité à Lui, et non d’indifférence.
En tout cas, une telle indifférence ne deviendra certainement pas un témoignage. C’est autre chose si le maître de maison propose simplement de partager son repas avec lui, sans rien dire d’aucun dieu. Dans ce cas, bien sûr, on pourrait commencer un interrogatoire serré du maître de maison pour savoir si, par hasard, la nourriture proposée ne serait pas d’une manière ou d’une autre sacrifiée aux idoles. Peut-être n’en sait-il rien lui-même, mais si l’on réfléchit et se souvient... bref, dans ce cas, le repas se terminera très probablement avant d’avoir commencé.
Et le maître de maison, homme ordinaire du monde, se convaincra que les chrétiens sont des gens obsédés par les interdits religieux, avec lesquels il est impossible de s’asseoir à la même table : ils tourmenteront tout le monde par leur examen minutieux de tout ce qui est sur la table du point de vue de la pureté religieuse. Il est difficile de considérer un tel « témoignage » comme chrétien. C’est de cela que part Paul : si ta propre conscience ne te condamne pas, alors il faut penser à la mesure dans laquelle ton comportement peut servir le témoignage au Christ et au Royaume, et agir en conséquence.
23 " Tout est permis " ; mais tout n'est pas profitable. " Tout est permis " ; mais tout n'édifie pas. |
24 Que personne ne cherche son propre intérêt, mais celui d'autrui. |
25 Tout ce qui se vend au marché, mangez-le sans poser de question par motif de conscience; |
26 car la terre est au Seigneur, et tout ce qui la remplit. |
27 Si quelque infidèle vous invite et que vous acceptiez d'y aller, mangez tout ce qu'on vous sert, sans poser de question par motif de conscience. |
28 Mais si quelqu'un vous dit : " Ceci a été immolé en sacrifice ", n'en mangez pas, à cause de celui qui vous a prévenus, et par motif de conscience. |
29 Par conscience j'entends non la vôtre, mais celle d'autrui; car pourquoi ma liberté relèverait-elle du jugement d'une conscience étrangère? |
30 Si je prends quelque chose en rendant grâce, pourquoi serais-je blâmé pour ce dont je rends grâce ? |
31 Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, et quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu. |
32 Ne donnez scandale ni aux Juifs, ni aux Grecs, ni à l'Église de Dieu, |
33 tout comme moi je m'efforce de plaire en tout à tous, ne recherchant pas mon propre intérêt, mais celui du plus grand nombre, afin qu'ils soient sauvés. |
« Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu. » C’est amusant. Peut-on vraiment glorifier Dieu par un déjeuner ou un dîner ? Mais si nous revenons un pas en arrière et nous rappelons le verset précédent, absent de la lecture d’aujourd’hui — « Si je prends de la nourriture avec action de grâce, pourquoi serais-je blâmé pour ce dont je rends grâce ? » — bien des choses s’éclairent. Tout dépend précisément de notre attitude envers chaque événement de notre vie. Si nous accueillons tout comme un cadeau de Dieu, même des œufs brouillés peuvent véritablement se révéler un don de Dieu (et si vous mouriez de faim ?). Voilà précisément ce que Paul nous propose : la gratitude.
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