Paul revient de nouveau au thème de la liberté et de la responsabilité. Il lui est tout à fait évident que les dieux et les esprits auxquels les païens rendent formellement un culte et qu’ils honorent tout aussi formellement ne sont, au fond, rien...
Paul revient de nouveau au thème de la liberté et de la responsabilité. Il lui est tout à fait évident que les dieux et les esprits auxquels les païens rendent formellement un culte et qu’ils honorent tout aussi formellement ne sont, au fond, rien. Le problème n’est pas en eux, mais dans l’homme lui-même. C’est l’homme qui peut faire de rien quelque chose, et quelque chose qui, sans être réel en soi, deviendra pour le créateur d’une telle réalité imaginaire une idole éclipsant le vrai Dieu.
Mais que faire si quelque chose de semblable se rencontre bien plus souvent que beaucoup ne le pensent ? Seul un homme intérieurement très libre, respirant à pleins poumons le souffle du Royaume, peut traiter les mirages de ce monde comme des mirages. Pour tous les autres, ces mirages deviennent réalité, et une réalité d’autant plus évidente que le souffle de Dieu, le souffle de ce Royaume dont la seule apparition dissipe tout mirage, est moins évidemment présent dans leur vie.
C’est d’eux, des autres, que parle l’apôtre lorsqu’il dit qu’ils rendent un culte aux esprits, aux « démons », et qu’il ne veut pas qu’ils soient idolâtres. La fraction chrétienne du pain s’accomplit chaque fois avec la participation directe du Sauveur ressuscité Lui-même ; chaque fois, Il fait participer ceux qui y prennent part à Son corps et à Son sang, à la plénitude de Sa vie.
Cette vie ne peut être partagée avec personne ni avec rien. Si, dans la vie d’un homme, il y a quelque chose, ou quelqu’un, qui prétend se substituer au Christ, prendre Sa place, il faut s’en débarrasser. Même lorsqu’il ne s’agit que de la peur d’un danger spirituel imaginaire, d’un mirage derrière lequel il n’y a rien de réel. La peur même de l’idolâtrie peut facilement devenir une idole. Et l’apôtre conseille à ceux que de telles peurs n’effraient pas, parce qu’elles ne sont pas réelles pour eux, de ne pas troubler ceux pour qui elles sont réelles.
Il ne vaut pas la peine d’effrayer avec des fantômes ceux qui ont peur des fantômes, si bien sûr on les considère comme des frères. Cela paraît simple, mais ceux qui se considèrent comme spirituellement forts et « compréhensifs » ont eu en tout temps la tentation de montrer leur force et leur « compréhension » précisément à ceux que cette force et cette « compréhension » effraieront. C’est justement ce que l’apôtre conseille de ne pas faire, par égard pour ceux qui ont besoin d’aide, et non d’une démonstration de « force spirituelle ».