25 Si ton frère tombe dans la gêne et doit vendre de son patrimoine, son plus proche parent viendra chez lui exercer ses droits familiaux sur ce que vend son frère. |
26 Celui qui n'a personne pour exercer ce droit pourra, lorsqu'il aura trouvé de quoi faire le rachat, |
27 calculer les années que devrait durer l'aliénation, restituer à l'acheteur le montant pour le temps encore à courir, et rentrer dans son patrimoine. |
28 S'il ne trouve pas de quoi opérer cette restitution, le fonds vendu restera à l'acquéreur jusqu'à l'année jubilaire. C'est au jubilé que celui-ci en sortira pour rentrer dans son propre patrimoine. |
29 Si quelqu'un vend une maison d'habitation dans une ville enclose d'une muraille, il aura droit de rachat jusqu'à l'expiration de l'année qui suit la vente; son droit de rachat est limité à l'année |
30 et, si le rachat n'a pas été fait à l'expiration de l'année, cette maison en ville close sera la propriété de l'acquéreur et de ses descendants à l'exclusion de tout autre droit: il n'aura pas à en sortir au jubilé. |
31 Mais les maisons des villages non enclos de murailles seront considérées comme sises à la campagne, elles comporteront droit de rachat et l'acquéreur en devra sortir au jubilé. |
32 Quant aux villes des lévites, aux maisons des villes que ceux-ci possèdent, elles comportent à leur profit un droit de rachat perpétuel. |
33 Et si c'est un lévite qui subit l'effet du droit de rachat, il quittera au jubilé le bien vendu pour retourner à sa maison, à la ville où il a un titre de propriété. Les maisons des villes des lévites sont en effet leur propriété au milieu des Israélites, |
34 et les champs de culture dépendant de ces villes ne pourront pas être vendus, car c'est leur propriété pour toujours. |
35 Si ton frère qui vit avec toi tombe dans la gêne et s'avère défaillant dans ses rapports avec toi, tu le soutiendras à titre d'étranger ou d'hôte et il vivra avec toi. |
36 Ne lui prends ni travail ni intérêts, mais aie la crainte de ton Dieu et que ton frère vive avec toi. |
37 Tu ne lui donneras pas d'argent pour en tirer du profit ni de la nourriture pour en percevoir des intérêts: |
38 je suis Yahvé votre Dieu qui vous ai fait sortir du pays d'Égypte pour vous donner le pays de Canaan, pour être votre Dieu. |
39 Si ton frère tombe dans la gêne alors qu'il est en rapports avec toi et s'il se vend à toi, tu ne lui imposeras pas un travail d'esclave; |
40 il sera pour toi comme un salarié ou un hôte et travaillera avec toi jusqu'à l'année jubilaire. |
41 Alors il te quittera, lui et ses enfants, et il retournera dans son clan, il rentrera dans la propriété de ses pères. |
42 Ils sont en effet mes serviteurs, eux que j'ai fait sortir du pays d'Égypte, et ils ne doivent pas se vendre comme un esclave se vend. |
43 Tu n'exerceras pas sur lui un pouvoir de contrainte mais tu auras la crainte de ton Dieu. |
44 Les serviteurs et servantes que tu auras viendront des nations qui vous entourent; c'est d'elles que vous pourrez acquérir serviteurs et servantes. |
45 De plus vous en pourrez acquérir parmi les enfants des hôtes qui résident chez vous ainsi que de leurs familles qui vivent avec vous et qu'ils ont engendrées sur votre sol: ils seront votre propriété |
46 et vous les laisserez en héritage à vos fils après vous pour qu'ils les possèdent à titre de propriété perpétuelle. Vous les aurez pour esclaves, mais sur vos frères, les Israélites, nul n'exercera un pouvoir de contrainte. |
47 Si l'étranger ou celui qui est ton hôte atteint une certaine aisance alors que ton frère, dans ses rapports avec lui, tombe dans la gêne et se vend à cet étranger, à cet hôte, ou au descendant de la famille d'un résident, |
48 il jouira d'un droit de rachat, vente faite, et l'un de ses frères pourra le racheter. |
49 Pourront le racheter son oncle paternel, le fils de son oncle ou l'un des membres de sa famille; ou, s'il en a les moyens, il pourra se racheter lui-même. |
50 En accord avec celui qui l'a acquis, il fera le compte des années comprises entre l'année de la vente et l'année jubilaire; le montant du prix de vente sera évalué en fonction des années, en comptant ses journées comme celles d'un salarié. |
51 S'il reste encore beaucoup d'années à courir, c'est en fonction de leur nombre qu'il remboursera comme valeur de son rachat une partie de son prix de vente. |
52 S'il ne reste que peu d'années à courir jusqu'au jubilé, c'est en fonction de leur nombre qu'il calculera ce qu'il remboursera pour son rachat, |
53 comme s'il était salarié à l'année. On ne le traitera pas arbitrairement sous tes yeux. |
54 S'il n'a été racheté d'aucune de ces manières, c'est en l'année jubilaire qu'il s'en ira, lui et ses enfants avec lui. |
55 Car c'est de moi que les Israélites sont les serviteurs ; ce sont mes serviteurs que j'ai fait sortir du pays d'Égypte. Je suis Yahvé votre Dieu. |
Il n’y a pas de morale abstraite dans la Bible. Les règles et les lois morales que Dieu propose aux hommes possèdent un fondement très solide et concret dans la compréhension de qui est Dieu et de ce qu’est l’être humain. La législation de l’Ancien Testament n’est pas fondée seulement sur les intérêts économiques et sociaux de telle ou telle personne, mais aussi sur la relation du peuple avec son Dieu. En voici un exemple dans les lois sur la vente des terres, l’esclavage, le prêt d’argent à intérêt et d’autres dispositions commerciales et économiques. On ne peut pas traiter un membre de son peuple comme un esclave, car il appartient non pas à nous, mais à Dieu. On ne peut pas aliéner ni revendre la terre, car Dieu a donné cette terre à Son peuple. La terre doit revenir à son propriétaire et les dettes doivent être remises pendant l’année jubilaire, car les hommes n’ont pas de « propriété » : ils ont un don de Dieu qu’ils doivent administrer avec miséricorde envers leurs frères. Nous devons comprendre que seules de telles prémisses peuvent servir de fondement à la création de véritables lois, relations sociales, structures économiques et politiques agréables à Dieu. Car toutes ces choses — l’État, l’économie et l’activité économique — n’existent que pour l’être humain, et l’être humain existe pour Dieu.
25 Si ton frère tombe dans la gêne et doit vendre de son patrimoine, son plus proche parent viendra chez lui exercer ses droits familiaux sur ce que vend son frère. |
26 Celui qui n'a personne pour exercer ce droit pourra, lorsqu'il aura trouvé de quoi faire le rachat, |
27 calculer les années que devrait durer l'aliénation, restituer à l'acheteur le montant pour le temps encore à courir, et rentrer dans son patrimoine. |
28 S'il ne trouve pas de quoi opérer cette restitution, le fonds vendu restera à l'acquéreur jusqu'à l'année jubilaire. C'est au jubilé que celui-ci en sortira pour rentrer dans son propre patrimoine. |
29 Si quelqu'un vend une maison d'habitation dans une ville enclose d'une muraille, il aura droit de rachat jusqu'à l'expiration de l'année qui suit la vente; son droit de rachat est limité à l'année |
30 et, si le rachat n'a pas été fait à l'expiration de l'année, cette maison en ville close sera la propriété de l'acquéreur et de ses descendants à l'exclusion de tout autre droit: il n'aura pas à en sortir au jubilé. |
31 Mais les maisons des villages non enclos de murailles seront considérées comme sises à la campagne, elles comporteront droit de rachat et l'acquéreur en devra sortir au jubilé. |
32 Quant aux villes des lévites, aux maisons des villes que ceux-ci possèdent, elles comportent à leur profit un droit de rachat perpétuel. |
33 Et si c'est un lévite qui subit l'effet du droit de rachat, il quittera au jubilé le bien vendu pour retourner à sa maison, à la ville où il a un titre de propriété. Les maisons des villes des lévites sont en effet leur propriété au milieu des Israélites, |
34 et les champs de culture dépendant de ces villes ne pourront pas être vendus, car c'est leur propriété pour toujours. |
35 Si ton frère qui vit avec toi tombe dans la gêne et s'avère défaillant dans ses rapports avec toi, tu le soutiendras à titre d'étranger ou d'hôte et il vivra avec toi. |
36 Ne lui prends ni travail ni intérêts, mais aie la crainte de ton Dieu et que ton frère vive avec toi. |
37 Tu ne lui donneras pas d'argent pour en tirer du profit ni de la nourriture pour en percevoir des intérêts: |
38 je suis Yahvé votre Dieu qui vous ai fait sortir du pays d'Égypte pour vous donner le pays de Canaan, pour être votre Dieu. |
39 Si ton frère tombe dans la gêne alors qu'il est en rapports avec toi et s'il se vend à toi, tu ne lui imposeras pas un travail d'esclave; |
40 il sera pour toi comme un salarié ou un hôte et travaillera avec toi jusqu'à l'année jubilaire. |
41 Alors il te quittera, lui et ses enfants, et il retournera dans son clan, il rentrera dans la propriété de ses pères. |
42 Ils sont en effet mes serviteurs, eux que j'ai fait sortir du pays d'Égypte, et ils ne doivent pas se vendre comme un esclave se vend. |
43 Tu n'exerceras pas sur lui un pouvoir de contrainte mais tu auras la crainte de ton Dieu. |
44 Les serviteurs et servantes que tu auras viendront des nations qui vous entourent; c'est d'elles que vous pourrez acquérir serviteurs et servantes. |
45 De plus vous en pourrez acquérir parmi les enfants des hôtes qui résident chez vous ainsi que de leurs familles qui vivent avec vous et qu'ils ont engendrées sur votre sol: ils seront votre propriété |
46 et vous les laisserez en héritage à vos fils après vous pour qu'ils les possèdent à titre de propriété perpétuelle. Vous les aurez pour esclaves, mais sur vos frères, les Israélites, nul n'exercera un pouvoir de contrainte. |
47 Si l'étranger ou celui qui est ton hôte atteint une certaine aisance alors que ton frère, dans ses rapports avec lui, tombe dans la gêne et se vend à cet étranger, à cet hôte, ou au descendant de la famille d'un résident, |
48 il jouira d'un droit de rachat, vente faite, et l'un de ses frères pourra le racheter. |
49 Pourront le racheter son oncle paternel, le fils de son oncle ou l'un des membres de sa famille; ou, s'il en a les moyens, il pourra se racheter lui-même. |
50 En accord avec celui qui l'a acquis, il fera le compte des années comprises entre l'année de la vente et l'année jubilaire; le montant du prix de vente sera évalué en fonction des années, en comptant ses journées comme celles d'un salarié. |
51 S'il reste encore beaucoup d'années à courir, c'est en fonction de leur nombre qu'il remboursera comme valeur de son rachat une partie de son prix de vente. |
52 S'il ne reste que peu d'années à courir jusqu'au jubilé, c'est en fonction de leur nombre qu'il calculera ce qu'il remboursera pour son rachat, |
53 comme s'il était salarié à l'année. On ne le traitera pas arbitrairement sous tes yeux. |
54 S'il n'a été racheté d'aucune de ces manières, c'est en l'année jubilaire qu'il s'en ira, lui et ses enfants avec lui. |
55 Car c'est de moi que les Israélites sont les serviteurs ; ce sont mes serviteurs que j'ai fait sortir du pays d'Égypte. Je suis Yahvé votre Dieu. |
Dans la Bible, il n'y a pas de morale abstraite. Les règles et les lois morales que Dieu propose aux hommes ont un fondement très solide et concret dans la compréhension de qui est Dieu et de ce qu'est l'homme. La législation de l'Ancien Testament est fondée non seulement sur les intérêts économiques et sociaux de tels ou tels hommes, mais aussi sur les relations du peuple avec son Dieu. Nous avons devant nous des exemples de cette dépendance dans les dispositions sur la vente de la terre, sur la possession d'esclaves, sur le prêt d'argent à intérêt et sur d'autres règles commerciales et économiques.
On ne peut pas traiter un membre de son peuple comme un esclave, parce qu'il n'appartient pas à toi, mais à Dieu. On ne peut pas aliéner ou revendre la terre, parce que Dieu l'a donnée à son peuple. La terre doit revenir à son propriétaire, et les dettes doivent être remises l'année jubilaire, parce que les hommes n'ont pas de « propriété », mais un don de Dieu dont ils doivent disposer avec miséricorde envers leurs frères.
Il nous faut comprendre que seules de telles prémisses peuvent servir de fondement à la création de véritables lois agréables à Dieu, de relations sociales, d'une économie et d'une politique. Car tout cela, l'État, l'économie, l'activité productive, n'existe que pour l'homme, et l'homme pour Dieu.
25 Si ton frère tombe dans la gêne et doit vendre de son patrimoine, son plus proche parent viendra chez lui exercer ses droits familiaux sur ce que vend son frère. |
26 Celui qui n'a personne pour exercer ce droit pourra, lorsqu'il aura trouvé de quoi faire le rachat, |
27 calculer les années que devrait durer l'aliénation, restituer à l'acheteur le montant pour le temps encore à courir, et rentrer dans son patrimoine. |
28 S'il ne trouve pas de quoi opérer cette restitution, le fonds vendu restera à l'acquéreur jusqu'à l'année jubilaire. C'est au jubilé que celui-ci en sortira pour rentrer dans son propre patrimoine. |
29 Si quelqu'un vend une maison d'habitation dans une ville enclose d'une muraille, il aura droit de rachat jusqu'à l'expiration de l'année qui suit la vente; son droit de rachat est limité à l'année |
30 et, si le rachat n'a pas été fait à l'expiration de l'année, cette maison en ville close sera la propriété de l'acquéreur et de ses descendants à l'exclusion de tout autre droit: il n'aura pas à en sortir au jubilé. |
31 Mais les maisons des villages non enclos de murailles seront considérées comme sises à la campagne, elles comporteront droit de rachat et l'acquéreur en devra sortir au jubilé. |
32 Quant aux villes des lévites, aux maisons des villes que ceux-ci possèdent, elles comportent à leur profit un droit de rachat perpétuel. |
33 Et si c'est un lévite qui subit l'effet du droit de rachat, il quittera au jubilé le bien vendu pour retourner à sa maison, à la ville où il a un titre de propriété. Les maisons des villes des lévites sont en effet leur propriété au milieu des Israélites, |
34 et les champs de culture dépendant de ces villes ne pourront pas être vendus, car c'est leur propriété pour toujours. |
35 Si ton frère qui vit avec toi tombe dans la gêne et s'avère défaillant dans ses rapports avec toi, tu le soutiendras à titre d'étranger ou d'hôte et il vivra avec toi. |
36 Ne lui prends ni travail ni intérêts, mais aie la crainte de ton Dieu et que ton frère vive avec toi. |
37 Tu ne lui donneras pas d'argent pour en tirer du profit ni de la nourriture pour en percevoir des intérêts: |
38 je suis Yahvé votre Dieu qui vous ai fait sortir du pays d'Égypte pour vous donner le pays de Canaan, pour être votre Dieu. |
39 Si ton frère tombe dans la gêne alors qu'il est en rapports avec toi et s'il se vend à toi, tu ne lui imposeras pas un travail d'esclave; |
40 il sera pour toi comme un salarié ou un hôte et travaillera avec toi jusqu'à l'année jubilaire. |
41 Alors il te quittera, lui et ses enfants, et il retournera dans son clan, il rentrera dans la propriété de ses pères. |
42 Ils sont en effet mes serviteurs, eux que j'ai fait sortir du pays d'Égypte, et ils ne doivent pas se vendre comme un esclave se vend. |
43 Tu n'exerceras pas sur lui un pouvoir de contrainte mais tu auras la crainte de ton Dieu. |
44 Les serviteurs et servantes que tu auras viendront des nations qui vous entourent; c'est d'elles que vous pourrez acquérir serviteurs et servantes. |
45 De plus vous en pourrez acquérir parmi les enfants des hôtes qui résident chez vous ainsi que de leurs familles qui vivent avec vous et qu'ils ont engendrées sur votre sol: ils seront votre propriété |
46 et vous les laisserez en héritage à vos fils après vous pour qu'ils les possèdent à titre de propriété perpétuelle. Vous les aurez pour esclaves, mais sur vos frères, les Israélites, nul n'exercera un pouvoir de contrainte. |
47 Si l'étranger ou celui qui est ton hôte atteint une certaine aisance alors que ton frère, dans ses rapports avec lui, tombe dans la gêne et se vend à cet étranger, à cet hôte, ou au descendant de la famille d'un résident, |
48 il jouira d'un droit de rachat, vente faite, et l'un de ses frères pourra le racheter. |
49 Pourront le racheter son oncle paternel, le fils de son oncle ou l'un des membres de sa famille; ou, s'il en a les moyens, il pourra se racheter lui-même. |
50 En accord avec celui qui l'a acquis, il fera le compte des années comprises entre l'année de la vente et l'année jubilaire; le montant du prix de vente sera évalué en fonction des années, en comptant ses journées comme celles d'un salarié. |
51 S'il reste encore beaucoup d'années à courir, c'est en fonction de leur nombre qu'il remboursera comme valeur de son rachat une partie de son prix de vente. |
52 S'il ne reste que peu d'années à courir jusqu'au jubilé, c'est en fonction de leur nombre qu'il calculera ce qu'il remboursera pour son rachat, |
53 comme s'il était salarié à l'année. On ne le traitera pas arbitrairement sous tes yeux. |
54 S'il n'a été racheté d'aucune de ces manières, c'est en l'année jubilaire qu'il s'en ira, lui et ses enfants avec lui. |
55 Car c'est de moi que les Israélites sont les serviteurs ; ce sont mes serviteurs que j'ai fait sortir du pays d'Égypte. Je suis Yahvé votre Dieu. |
L'année jubilaire, selon les prescriptions du Livre du Lévitique, devait être une année particulière. Cette année-là, il était prescrit de rendre aux anciens propriétaires la terre achetée chez eux, celle qui était héréditaire et appartenait à l'homme comme sa part communautaire. En effet, toute la terre chez les Juifs, à l'exception des biens immobiliers urbains, était communautaire. Il en allait autrement des terrains dans les villes, ou plus exactement dans les localités que le Pentateuque appelle habituellement villes: il s'agissait là précisément de la propriété privée de personnes concrètes, qui leur appartenait comme à des individus. Quant aux terres agricoles, champs ou pâturages, elles appartenaient à toute la communauté dans son ensemble: d'abord à la communauté clanique, puis, après que les communautés territoriales eurent commencé à remplacer les communautés de clan, à la communauté territoriale.
Le territoire communautaire était divisé en lots attribués aux membres concrets de cette communauté. Ce sont ces lots qui sont visés par les prescriptions concernant l'année jubilaire: lors de l'année jubilaire, ils devaient être rendus au propriétaire initial, à celui à qui ils appartenaient au moment du partage de la terre communautaire. Ainsi, dans la société juive de la période préétatique, et peut-être en partie plus tard, se maintenait une stabilité sociale et patrimoniale.
En outre, pendant l'année jubilaire, il était prescrit de remettre les dettes et de libérer ceux qui étaient tombés en esclavage pour dettes, même si l'esclave n'avait pas encore travaillé assez pour rembourser sa dette. Quant à la propriété privée non liée aux terres communautaires, la règle du retour pendant l'année jubilaire ne s'y appliquait pas: une telle propriété appartenait entièrement à son maître, qui en disposait exclusivement à sa guise. La distinction entre propriété communautaire et propriété privée était, bien sûr, conditionnée historiquement et liée au processus même d'installation des Juifs dans les territoires conquis par eux en Palestine.
Mais il y avait aussi autre chose: le rapport à la terre comme à un don de Dieu. C'est Dieu, en effet, qui a donné au peuple la terre sur laquelle il vivait, et qui l'a Lui-même répartie entre les tribus. Par conséquent, la terre devait rester chez ceux à qui Dieu l'avait attribuée; autrement Sa volonté aurait été violée, et les hommes à qui Il l'avait destinée seraient restés sans leur terre. Un tel état de choses aurait complètement déformé le dessein de Dieu sur le peuple et sur la terre, ce qu'il ne fallait en aucun cas permettre: c'est pourquoi apparaît dans le Pentateuque la loi sur l'année jubilaire.
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