14 Et le Verbe s’est fait chair et il a campé parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient du Père comme Unique-Engendré, plein de grâce et de vérité. |
Le mot grec «Logos», selon les contextes, signifie non seulement «parole», mais aussi «sens», «dessein», «connaissance», «raison» et même «chemin»... Ainsi l'incarnation de la Parole est à la fois la manifestation pour les hommes de la Raison divine, la révélation de son Dessein, la révélation du Chemin, la manifestation de la plénitude de la Communion, de la Participation, et tout cela dans l'unique personne divino-humaine de Jésus-Christ, qui a vécu dans ce monde, marché sur cette terre auprès des disciples qui l'ont «vu, entendu et touché» (cf. 1 Jn 1.1).
L'Évangile est toujours le témoignage rendu au Christ par ceux qui l'ont connu. Nous avons le droit de ne pas les croire, nous pouvons prendre leurs paroles sur la grâce, la vérité et la gloire pour un mensonge ou une erreur sincère, pour une métaphore poétique ou une exagération enthousiaste, et alors la Bonne Nouvelle ne nous atteindra pas, et nous n'obtiendrons ni le sens, ni la communion, ni le chemin. Mais croyons, faisons confiance aux témoins: tout cela est vrai, et le Christ EST VRAIMENT RESSUSCITÉ!
1 Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu. |
2 Il était au commencement auprès de Dieu. |
3 Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut. |
4 Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, |
5 et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie. |
6 Il y eut un homme envoyé de Dieu ; son nom était Jean. |
7 Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. |
8 Celui-là n’était pas la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière. |
9 Il était la lumière véritable, qui éclaire tout homme, venant dans le monde. |
10 Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. |
11 Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. |
12 Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, |
13 eux qui ne furent engendrés ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu. |
14 Et le Verbe s’est fait chair et il a campé parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient du Père comme Unique-Engendré, plein de grâce et de vérité. |
15 Jean lui rend témoignage et s’écrie : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi, le voilà passé devant moi, parce qu’avant moi il était. » |
16 Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce pour grâce. |
17 Car la Loi fut donnée par l’entremise de Moïse, la grâce et la vérité advinrent par l’entremise de Jésus Christ. |
18 Nul n’a jamais vu Dieu ; le Fils Unique-Engendré, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître. |
Que pouvons-nous savoir de Dieu ? Les paroles humaines peuvent-elles exprimer ce qui dépasse les paroles et la pensée ? Quels livres et quels sages enseignements peuvent décrire de manière adéquate le Dieu que personne n'a jamais vu ? Le premier et central message de l'Évangile selon Jean nous parle de la Parole par laquelle l'Inexprimable s'est exprimé lui-même jusqu'au bout, car cette Parole est de même nature que Dieu. Cette Parole n'a pas été écrite dans un livre : elle s'est faite chair, un être humain, l'un de nous. Moïse ne pouvait qu'entendre parler du caractère ineffable du Nom (Dieu lui disait en substance : « Je suis qui je suis ; aucun nom ne peut exprimer mon essence »), tandis que l'auteur de l'Évangile a vu un Homme qui pouvait dire : « Moi et le Père, nous sommes un » et « Qui m'a vu a vu le Père ». Désormais, on peut non seulement entendre parler de Dieu à travers la parole de la Loi, qui n'exprime sa volonté que de manière limitée : l'homme qui a écrit l'Évangile a vu Dieu, entendu ses propres paroles, senti la chaleur de son corps et est devenu son disciple. Il écrit pour témoigner de ce qu'il a vu, de la manière dont le Fils a révélé Celui que personne n'a jamais vu.
1 Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu. |
2 Il était au commencement auprès de Dieu. |
3 Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut. |
4 Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, |
5 et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie. |
6 Il y eut un homme envoyé de Dieu ; son nom était Jean. |
7 Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. |
8 Celui-là n’était pas la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière. |
9 Il était la lumière véritable, qui éclaire tout homme, venant dans le monde. |
10 Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. |
11 Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. |
12 Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, |
13 eux qui ne furent engendrés ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu. |
14 Et le Verbe s’est fait chair et il a campé parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient du Père comme Unique-Engendré, plein de grâce et de vérité. |
15 Jean lui rend témoignage et s’écrie : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi, le voilà passé devant moi, parce qu’avant moi il était. » |
16 Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce pour grâce. |
17 Car la Loi fut donnée par l’entremise de Moïse, la grâce et la vérité advinrent par l’entremise de Jésus Christ. |
18 Nul n’a jamais vu Dieu ; le Fils Unique-Engendré, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître. |
L’Évangile selon Jean, comme l’Ancien Testament, commence par un récit de la Création, donnant ainsi un ton qui nous aide non seulement à voir les jours de la vie terrestre du Christ dans leur contexte historique et culturel, mais aussi à comprendre leur rapport à l’éternité. La lumière apportée au monde par le Christ n’est pas seulement une métaphore de Son enseignement : c’est précisément la lumière par laquelle la Création a commencé. De même, le Verbe qui était au commencement n’était pas ce mot qui sert d’unité au langage. (Combien de fois l’expression « au commencement était le Verbe » est-elle employée en vain, détachée de son sens véritable !) Mais les paroles humaines ne peuvent sauver du péché et de la mort.
Le récit du Verbe qui a demeuré parmi les hommes s’entrelace avec celui d’un homme nommé Jean. Une fois encore, nous pouvons percevoir le lien mystérieux entre l’éternel et le temporel, car c’est seulement à leur rencontre que nous pouvons comprendre le sens de notre existence révélé par la Bible. Le Seigneur Lui-même, qui appartient à l’éternité, est entré dans le monde temporel et en a montré l’importance.
Le christianisme ne méprise pas le temporel au nom de l’éternel, mais le transforme en le faisant participer à l’éternel.
1 Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu. |
2 Il était au commencement auprès de Dieu. |
3 Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut. |
4 Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, |
5 et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie. |
6 Il y eut un homme envoyé de Dieu ; son nom était Jean. |
7 Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. |
8 Celui-là n’était pas la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière. |
9 Il était la lumière véritable, qui éclaire tout homme, venant dans le monde. |
10 Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. |
11 Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. |
12 Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, |
13 eux qui ne furent engendrés ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu. |
14 Et le Verbe s’est fait chair et il a campé parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient du Père comme Unique-Engendré, plein de grâce et de vérité. |
15 Jean lui rend témoignage et s’écrie : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi, le voilà passé devant moi, parce qu’avant moi il était. » |
16 Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce pour grâce. |
17 Car la Loi fut donnée par l’entremise de Moïse, la grâce et la vérité advinrent par l’entremise de Jésus Christ. |
18 Nul n’a jamais vu Dieu ; le Fils Unique-Engendré, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître. |
Chaque Évangile commence à sa manière. Les évangélistes synoptiques racontent généralement soit la Nativité, soit, comme Marc, directement le Baptême ; Jean, lui, commence par un magnifique hymne au Verbe qui est « au commencement » (v. 1–3). Certes, les livres de l'Ancien Testament parlent déjà beaucoup de la parole de Dieu : elle y est à la fois révélation (Gn 15,1.4) et instrument de Dieu dans le monde qu'Il a créé (Ps 147,18 ; 148,8). Mais le Verbe dont parle l'évangéliste est davantage qu'une révélation donnée à une personne particulière. Il est même davantage qu'un simple instrument de l'action divine. Il est originel ; Sa vie s'enracine dans les profondeurs de la Personne divine qui resteront à jamais cachées à toute créature de Dieu. Et voici qu'est venu le jour où le Verbe prééternel, portant en Lui la plénitude de Dieu, de Sa vie et de Sa lumière (v. 4–5), S'est contenu dans les limites de la nature humaine, afin que cette plénitude devienne accessible à quiconque voudrait y avoir part (v. 9). Alors a commencé dans le monde une ère nouvelle, celle du Royaume qui vient. Ce n'est pas un hasard si l'évangéliste compare le Verbe incarné à la Tente de la Rencontre (v. 14 ; au russe « a habité » correspond dans le texte grec un mot que l'on pourrait traduire littéralement par « a dressé la Tente ») : depuis Moïse, la Tente était le lieu de la présence de Dieu, dont la plénitude se trouve désormais liée à la personne de Celui en qui le Verbe S'incarne. Il ouvre la plénitude du Royaume et de la vie divine à ceux qui sont prêts à Le croire et à Le suivre, bien qu'ils semblent peu nombreux (v. 10–13). L'évangéliste appelle cette plénitude « grâce de grâce » (v. 16) : expression grecque par la langue, mais hébraïque par la forme, qui désigne la plénitude absolue de la grâce de Dieu, inaccessible à l'homme ordinaire. Et ce n'est évidemment pas un hasard s'il compare cette révélation nouvelle au don de la Torah, la Loi, à Moïse (v. 17). La Torah était non seulement révélation de la volonté divine, mais aussi une force réelle qui transformait l'homme de l'intérieur, s'il était prêt à suivre la loi donnée par Dieu. Pourtant, la Torah ne révélait Dieu que partiellement, tandis que le Fils faisait participer ceux qui Le suivaient à la plénitude divine, qu'il leur aurait été impossible de contempler autrement (v. 18). Et, avec la plénitude de Dieu, celle du Royaume s'ouvrait aussi à ceux qui suivaient Jésus.
1 Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu. |
2 Il était au commencement auprès de Dieu. |
3 Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut. |
4 Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, |
5 et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie. |
6 Il y eut un homme envoyé de Dieu ; son nom était Jean. |
7 Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. |
8 Celui-là n’était pas la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière. |
9 Il était la lumière véritable, qui éclaire tout homme, venant dans le monde. |
10 Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. |
11 Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. |
12 Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, |
13 eux qui ne furent engendrés ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu. |
14 Et le Verbe s’est fait chair et il a campé parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient du Père comme Unique-Engendré, plein de grâce et de vérité. |
15 Jean lui rend témoignage et s’écrie : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi, le voilà passé devant moi, parce qu’avant moi il était. » |
16 Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce pour grâce. |
17 Car la Loi fut donnée par l’entremise de Moïse, la grâce et la vérité advinrent par l’entremise de Jésus Christ. |
18 Nul n’a jamais vu Dieu ; le Fils Unique-Engendré, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître. |
Le remarquable hymne qui ouvre l'Évangile selon Jean nous entrouvre le mystère de la vie intérieure de Dieu. Car Dieu est une personne, en un certain sens comme chacun de nous. Seulement, et dans ce « seulement » réside la différence absolue entre Dieu et l'homme, contrairement à chacun de nous, Il est une Personne infinie. Conditionnée par rien, sinon par Sa propre volonté, et donc par Lui-même. Et par conséquent n'ayant besoin de personne. Et naturellement, n'étant tenue de rien communiquer à personne au sujet de Sa vie. Pourquoi Lui faut-il la création, pourquoi Lui faut-il nous tous : c'est Son énigme. Il faudrait être Lui pour connaître la réponse. Mais le fait demeure : Il a créé le monde et nous comme partie de ce monde. Et Il nous aime. Et Il nous entrouvre un tout petit peu, à peine, le mystère de Sa vie. Il s'avère que, comme nous, Il ne se connaît pas seulement Lui-même. Il se connaît encore continuellement.
Comment Il y parvient, c'est Son mystère. Nous, bien sûr, ne pourrions pas à la fois nous connaître en plénitude, nous connaître dans toute la profondeur, et en même temps demeurer dans un repos complet. Et encore hors de tous les espaces et de tous les temps existant dans le monde créé. Plus exactement, au-dessus d'eux. Comment cela Lui est possible, nous ne le saurons jamais. Mais c'est en cela que consiste la plénitude de Sa vie. Et cette plénitude, Il l'ouvre au monde. Il la projette dans le monde. Et Il fait tenir cette plénitude de Sa vie dans les limites de la nature humaine. Certes, pas telle que la nôtre. Mais tout de même humaine. Telle que notre humanité aurait pu être si la chute n'avait pas eu lieu.
Et pourtant c'est une nature créée. Créée par Lui. Mais dès le commencement, nous, les hommes, n'étions pas seulement une nature. Dès le commencement, nous avons reçu ce souffle de vie qui, à proprement parler, fait de nous des hommes. Or c'est Son souffle. Qui respire en nous. Sa présence en nous. Certes, non dans la plénitude propre à Sa propre vie. Mais tout de même Son souffle. Et sans la chute, nous aurions été tout autres, non pas grâce à quelque nature particulière qui nous aurait été retirée après la chute, mais grâce au fait que notre vie aurait été entièrement déterminée par ce souffle.
Et non pas au degré minimal où elle est déterminée par lui maintenant, quand ce souffle en nous est parfois à peine perceptible même pour nous-mêmes. Mais s'Il le veut, Sa présence dans l'homme peut devenir pleine. Telle qu'elle demeure en Lui-même. Et alors naîtra dans le monde l'Homme avec une majuscule. L'Homme en qui Dieu sera manifesté au monde en plénitude. Et par qui, dans la même plénitude, Sa vie s'ouvrira à chacun de nous. La vie que le Sauveur est venu nous donner. La vie en plénitude et en abondance.
1 Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu. |
2 Il était au commencement auprès de Dieu. |
3 Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut. |
4 Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, |
5 et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie. |
6 Il y eut un homme envoyé de Dieu ; son nom était Jean. |
7 Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. |
8 Celui-là n’était pas la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière. |
9 Il était la lumière véritable, qui éclaire tout homme, venant dans le monde. |
10 Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. |
11 Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. |
12 Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, |
13 eux qui ne furent engendrés ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu. |
14 Et le Verbe s’est fait chair et il a campé parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient du Père comme Unique-Engendré, plein de grâce et de vérité. |
15 Jean lui rend témoignage et s’écrie : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi, le voilà passé devant moi, parce qu’avant moi il était. » |
16 Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce pour grâce. |
17 Car la Loi fut donnée par l’entremise de Moïse, la grâce et la vérité advinrent par l’entremise de Jésus Christ. |
18 Nul n’a jamais vu Dieu ; le Fils Unique-Engendré, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître. |
Le mot grec « Logos », selon les contextes, signifie non seulement « parole », mais aussi « sens », « dessein », « connaissance », « raison » et même « chemin »... Alors l’incarnation du Verbe, c’est à la fois la manifestation aux hommes de la Raison divine, le dévoilement de Son Dessein, la révélation du Chemin, la manifestation de la plénitude de la Communion, et tout cela dans l’unique personne divino-humaine de Jésus-Christ, qui a vécu dans ce monde, qui a marché sur cette terre auprès des disciples qui L’ont « vu, entendu et touché » (cf. 1 Jn 1:1).
L’Évangile est toujours le témoignage rendu au Christ par ceux qui L’ont connu. Nous avons le droit de ne pas les croire, nous pouvons prendre leurs paroles sur la grâce, la vérité et la gloire pour un mensonge ou une erreur sincère, pour une métaphore poétique ou une exagération enthousiaste ; alors la Bonne Nouvelle ne nous atteindra pas, et nous ne trouverons ni sens, ni communion, ni chemin.
1 Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu. |
2 Il était au commencement auprès de Dieu. |
3 Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut. |
4 Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, |
5 et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie. |
6 Il y eut un homme envoyé de Dieu ; son nom était Jean. |
7 Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. |
8 Celui-là n’était pas la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière. |
9 Il était la lumière véritable, qui éclaire tout homme, venant dans le monde. |
10 Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. |
11 Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. |
12 Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, |
13 eux qui ne furent engendrés ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu. |
14 Et le Verbe s’est fait chair et il a campé parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient du Père comme Unique-Engendré, plein de grâce et de vérité. |
15 Jean lui rend témoignage et s’écrie : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi, le voilà passé devant moi, parce qu’avant moi il était. » |
16 Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce pour grâce. |
17 Car la Loi fut donnée par l’entremise de Moïse, la grâce et la vérité advinrent par l’entremise de Jésus Christ. |
18 Nul n’a jamais vu Dieu ; le Fils Unique-Engendré, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître. |
L'évangéliste Jean parle ici de l'essence de ce dont il est devenu témoin: la vie terrestre de Jésus Christ. En regardant en arrière, soixante ans après les événements décrits, il voit et nomme l'essentiel: le Logos prééternel, Celui en qui se trouve tout le sens de l'univers, tout le dessein sur la création, Celui qui est Dieu, s'est incarné, a abaissé sa vie jusqu'à la vie humaine et a habité sur la terre, en communion avec Jean et les autres contemporains. Ici, dans notre monde, est descendue la plénitude de la grâce et de la vérité; elle est devenue visible, audible, tangible, montrant à tous que la chair humaine peut contenir la présence de Dieu, peut être pure du péché, peut être élevée à la vie éternelle. Le mot même de « gloire », « gloire de Dieu », signifie la manifestation visible et connaissable du Dieu invisible et incompréhensible, non pas seulement un symbole, mais le fait de sa présence agissante. Et l'apôtre Jean témoigne de cette manifestation de Dieu lui-même dans la personne, l'hypostase selon la terminologie patristique, du Fils unique: Fils de Dieu et Fils de l'Homme, Jésus Christ.
Deux questions surgissent ici. La première: croyons-nous à ce témoignage? Ce n'est pas si facile: nous sommes habitués au fait que l'on nous prouve tout, nous contraignant ainsi à être d'accord; ici, il n'y a et ne peut y avoir aucune preuve, aucune contrainte. Il faut prendre sa propre décision, absolument libre...
Et la deuxième question: même si tout cela a eu lieu, cela a-t-il un rapport quelconque avec ma vie? Si l'on y réfléchit, tout cela nous révèle à quelle hauteur peut atteindre la vie humaine, combien elle peut être remplie de sens et de justice. Bien plus: s'il y a une présence de Dieu dans ce monde, on peut y entrer; et si Dieu a pu entrer dans un corps humain, il peut entrer aussi en nous. Ainsi, une union dans les deux sens entre notre vie et la vie de Dieu, la vie éternelle, est possible! C'est assez considérable, n'est-ce pas?
1 Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu. |
2 Il était au commencement auprès de Dieu. |
3 Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut. |
4 Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, |
5 et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie. |
6 Il y eut un homme envoyé de Dieu ; son nom était Jean. |
7 Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. |
8 Celui-là n’était pas la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière. |
9 Il était la lumière véritable, qui éclaire tout homme, venant dans le monde. |
10 Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. |
11 Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. |
12 Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, |
13 eux qui ne furent engendrés ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu. |
14 Et le Verbe s’est fait chair et il a campé parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient du Père comme Unique-Engendré, plein de grâce et de vérité. |
15 Jean lui rend témoignage et s’écrie : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi, le voilà passé devant moi, parce qu’avant moi il était. » |
16 Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce pour grâce. |
17 Car la Loi fut donnée par l’entremise de Moïse, la grâce et la vérité advinrent par l’entremise de Jésus Christ. |
Homélie catéchétique de notre père parmi les saints Jean Chrysostome, archevêque de Constantinople, pour le jour saint et lumineux de la glorieuse et salutaire Résurrection du Christ notre Dieu
Que toute personne pieuse et aimant Dieu jouisse de cette belle et lumineuse fête ; que tout serviteur avisé entre avec allégresse dans la joie de son Maître ; que quiconque s'est donné de la peine en jeûnant reçoive aujourd'hui le denier. Que celui qui a travaillé dès la première heure reçoive maintenant son juste dû ; que celui qui est venu après la troisième heure célèbre la fête avec reconnaissance ; que celui qui est arrivé après la sixième heure n'ait aucun doute, car il ne perd rien ; si quelqu'un a tardé jusqu'à la neuvième heure, qu'il s'approche sans hésiter ; si quelqu'un n'est arrivé qu'à la onzième heure, qu'il ne craigne pas à cause de sa lenteur. Car le Maître, généreux avec ardeur (littéralement : généreux par ambition), accueille le dernier comme le premier ; Il donne le repos à celui [qui est venu à] la onzième heure comme à celui qui a travaillé dès la première ; Il fait miséricorde au dernier et prend soin du premier ; Il donne à l'un et comble l'autre de dons. Il accepte les œuvres et accueille les intentions ; Il honore les actions et approuve les aspirations.
Entrez donc tous dans la joie de notre Seigneur ; premiers et seconds, recevez votre récompense ; riches et pauvres, réjouissez-vous ensemble ; vous qui pratiquez l'abstinence et vous qui êtes négligents, honorez ce jour ; vous qui avez jeûné et vous qui n'avez pas jeûné, réjouissez-vous aujourd'hui. La table est surabondante : régalez-vous tous. Le veau est gras : que personne ne reparte affamé. Que tous jouissent du festin de la foi, que tous profitent des richesses de la bonté. Que personne ne pleure sa pauvreté, car le Royaume commun à tous est apparu ; que personne ne se lamente sur ses fautes, car le pardon a resplendi du tombeau ; que personne ne craigne la mort, car la mort du Sauveur nous a libérés : Celui qu'elle retenait l'a éteinte.
Celui qui est descendu aux enfers les a pillés (littéralement : Il a dépouillé de son armure l'ennemi vaincu) ; Il les a remplis d'amertume lorsqu'ils ont goûté Sa chair. Isaïe, qui le voyait à l'avance, s'est écrié : « Les enfers furent remplis d'amertume à Ton arrivée » (Is 14:9, selon la Septante ; la traduction synodale russe donne : « Les enfers souterrains se sont mis en mouvement à cause de toi »). Ils furent remplis d'amertume, car ils se sont effondrés ; remplis d'amertume, car ils furent outragés (littéralement : tournés en dérision) ; remplis d'amertume, car ils furent mis à mort ; remplis d'amertume, car ils furent renversés ; remplis d'amertume, car ils furent enchaînés. Ils ont reçu un corps et ont été enveloppés par Dieu ; ils ont reçu la terre et ont rencontré le Ciel ; ils ont reçu le visible et sont tombés sous le pouvoir de l'Invisible.
Mort, où est ton aiguillon ? Enfers, où est votre victoire ? Le Christ est ressuscité, et vous êtes renversés ; le Christ est ressuscité, et les démons sont tombés ; le Christ est ressuscité, et les anges se réjouissent ; le Christ est ressuscité, et la vie règne (littéralement : habite dans son propre domaine) ; le Christ est ressuscité, et il n'y a plus un seul mort dans les tombeaux, car le Christ, relevé d'entre les morts, est devenu le premier-né de ceux qui sont morts. À Lui la gloire et la puissance pour les siècles des siècles. Amen.
1 Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu. |
2 Il était au commencement auprès de Dieu. |
3 Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut. |
4 Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, |
5 et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie. |
6 Il y eut un homme envoyé de Dieu ; son nom était Jean. |
7 Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. |
8 Celui-là n’était pas la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière. |
9 Il était la lumière véritable, qui éclaire tout homme, venant dans le monde. |
10 Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. |
11 Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. |
12 Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, |
13 eux qui ne furent engendrés ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu. |
14 Et le Verbe s’est fait chair et il a campé parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient du Père comme Unique-Engendré, plein de grâce et de vérité. |
15 Jean lui rend témoignage et s’écrie : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi, le voilà passé devant moi, parce qu’avant moi il était. » |
16 Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce pour grâce. |
17 Car la Loi fut donnée par l’entremise de Moïse, la grâce et la vérité advinrent par l’entremise de Jésus Christ. |
Le poème évangélique sur le Verbe qui était au commencement est devenu plus d’une fois l’objet de toutes sortes de réflexions théologiques, souvent très abstraites. Pourtant, lui-même n’est nullement une abstraction théologique. Au contraire, comme aucun autre texte biblique, il témoigne de la concrétude de Dieu.
Bien sûr, la Bible est loin de représenter Dieu comme une force impersonnelle ou une énergie sans visage. Tout entière, elle nous parle de la volonté et de la providence de Celui qui a créé le monde. Mais le mystère de la personne de Dieu, le mystère de Sa vie intérieure, demeure un mystère. Comment est-Il? Comment Se connaît-Il, et que sait-Il de Lui-même?
Répondre exactement à ces questions est bien sûr impossible: il n’appartient pas à l’homme de pénétrer les mystères de la personne divine. Mais le poème sur le Verbe entrouvre pour nous ce mystère. Qu’est-ce qu’une parole? Pour nous, elle témoigne d’une pleine prise de conscience de la réalité: ce qui est nommé par la parole est pensé et compris, sinon jusqu’au bout, du moins jusqu’à la limite au-delà de laquelle nous ne sommes pas encore capables de pénétrer.
Pour Dieu, dans Son rapport au monde, la parole est un moyen, un instrument que Dieu utilise pour réaliser Ses plans et Ses desseins. Et qu’est-ce que Son Verbe pour Lui-même? Il existe aussi longtemps que Dieu Lui-même: cela signifie qu’Il est éternel, qu’Il est Lui-même Dieu. Il révèle quelque chose: quoi? À qui? Révèle-t-Il Dieu à Dieu?
Peut-être: car Dieu Se connaît, et dans Son éternité il ne peut y avoir d’abord celui qui connaît, puis celui qui est connu; ici tout est ensemble et tout est d’un coup. Dieu, qui Se connaît, demeure de toute éternité et pour toujours à la fois connaissant et connu. Et cette vie intérieure du Créateur, ce mystère de Sa connaissance de Soi par l’incarnation du Verbe, se trouve d’une manière mystérieuse liée à Son Royaume: le Verbe s’incarne dans la personne du Christ, et le Christ apporte au monde le Royaume lié à la plénitude du Verbe qui était au commencement.
La vie du Royaume et notre salut se trouvent ainsi liés à la profondeur même de la personne de Dieu, à cette profondeur où il n’y a et ne peut y avoir rien d’accidentel. Cela signifie que nous-mêmes, pour Dieu, ne sommes ni accidentels ni secondaires; nous Lui sommes absolument importants, comme Il est Lui-même absolument important pour Lui-même. C’est là notre joie et notre espérance.
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