La lecture d'aujourd'hui est entièrement consacrée au thème de l'Alliance. Le lecteur moderne remarque d'abord habituellement les phénomènes naturels qui accompagnaient la théophanie au Sinaï, le jour de la conclusion de l'Alliance (v. 9, 17-19). Derrière ces témoignages bibliques, il n'est pas difficile de voir une réalité historique : au Sinaï, on a découvert des traces d'un ancien volcanisme, et les anciens associaient partout des phénomènes naturels comme les tremblements de terre et les éruptions volcaniques à la manifestation de la présence ou de l'action de puissances supérieures.
Mais l'essentiel ici est autre : le contenu et le sens de l'Alliance dont Dieu parle à Moïse (v. 4-6). Les mots sur le « royaume de prêtres » ne sont pas toujours compréhensibles pour le lecteur moderne ; cependant le contexte néotestamentaire, où les chrétiens et l'Église dans son ensemble sont généralement appelés « saints », éclaire beaucoup de choses. Il serait d'ailleurs plus exact, sans doute, de parler ici non de sainteté au sens moderne du mot, qui suppose souvent la perfection et même l'absence de péché, mais de sainteté précisément dans son sens biblique traditionnel, c'est-à-dire de consécration, de cette qualité nouvelle que reçoit la vie de l'homme qui a réellement touché à la présence de Dieu, laquelle accompagna le peuple juif tout au long de son chemin historique et se manifesta ensuite avec tant d'éclat dans l'Église du Christ.
Le contact avec elle change réellement l'homme. Après une telle rencontre, il devient autre, acquérant cette qualité nouvelle que transmet la notion biblique de « consacré » ou de « sacré ». Et cette qualité nouvelle acquise par l'homme lui permet d'avoir des relations plus profondes avec Dieu. Sans elle, on n'entre pas dans le Royaume de Dieu ; c'est pourquoi l'Église, comme partie du Royaume, comme Corps du Christ, contient en elle la plénitude de la sainteté. On pourrait dire que, dans une certaine mesure, la nature même de l'homme change, devenant plus apte à la communion avec Dieu.
Bien sûr, de tels changements ne sont pas irréversibles ; bien plus, ils dépendent entièrement des relations de l'homme avec Dieu, dont ils sont une partie intégrante, et si ces relations se rompent, cette qualité nouvelle disparaît aussi. Mais Dieu voudrait que Ses relations avec Son peuple soient aussi stables et solides que possible, qu'elles soient telles que l'Alliance les suppose, et Il est prêt à tout faire pour atteindre le but fixé. Cependant, l'atteindre dépend non seulement de Dieu, mais aussi de l'homme.
