Bible-Centre

La réflexion principale pour le 13 août 2022

En lisant ces paroles de Paul, on en vient spontanément à la conclusion de la relativité des normes culturelles et quotidiennes, même dans l'Antiquité. Pour un Romain, les cheveux longs et la barbe étaient réellement soit une bouffonnerie, soit un signe de barbarie.

Pour un Grec, au contraire, tout était inverse, de même d'ailleurs que pour un Juif, ce qu'était Paul lui-même : imaginer un Juif sans barbe à cette époque était pratiquement impossible, à moins qu'il ne cherche à s'assimiler entièrement et même à ressembler extérieurement à un Romain. Et les cheveux longs, du point de vue d'un Grec ou d'un Juif, pouvaient souvent orner un homme : la coupe courte romaine traditionnelle n'était populaire ni chez les uns ni chez les autres. Quant à entendre d'un Juif qu'il est honteux pour un homme de prier la tête couverte, c'est une ironie franchement paradoxale.

Manifestement, Paul fait ici principalement appel aux moeurs et coutumes romaines, bien que prier la tête découverte soit une coutume grecque : les Romains, comme les Juifs, se couvraient la tête d'un voile spécial pendant la prière. Il reste seulement à deviner pourquoi, dans l'Église de Corinthe, qui n'était nullement italienne, les normes culturelles romaines se sont trouvées si répandues que Paul juge possible de s'y référer principalement. Mais il y a aussi, dans les raisonnements de l'apôtre, quelque chose qui dépasse le cadre des conventions culturelles et quotidiennes. Ainsi, ses paroles selon lesquelles la tête de l'homme est le Christ, la tête de la femme est l'homme, et la tête du Christ est Dieu, dépassent évidemment le cadre d'une tradition culturelle concrète ou d'un mode de vie particulier. Paul construit une sorte de hiérarchie des relations entre les hommes, entre les hommes et le Christ, et entre le Christ et Dieu.

En même temps, il se réfère à la Torah, au récit de la création de l'homme, où il est dit de la femme qu'elle a été « prise de l'homme ». Cependant, la Torah, parlant de la création de l'homme, ne suppose pas entre l'homme et la femme des rapports de commandement et de subordination au sens que ces rapports ont pris dans le monde déchu. Dans le monde qui n'était pas encore corrompu par le mal, de tels rapports rappelaient ceux qui sont propres au Royaume : là, le principal est celui qui est prêt le premier à assumer le service et la responsabilité qui y est liée.

Et dans une communauté composée d'hommes et de femmes, Paul, apparemment, confie la responsabilité principale des relations avec le Christ précisément aux hommes, qui répondent devant Lui d'eux-mêmes et de leurs soeurs. Bien sûr, une telle responsabilité n'exclut nullement pour la femme la possibilité d'une pleine communion avec Dieu et avec le Christ ; il ne saurait par définition être question, dans le christianisme, d'une « médiation » des relations avec Dieu. Mais lorsqu'il s'agit de la vie commune et des décisions correspondantes, la responsabilité en revient d'abord aux hommes, ce dont l'apôtre appelle à se souvenir.

RÉFLEXIONS

 

Revenant au thème des relations entre les habitants du Royaume, Paul aborde... 

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