Pourquoi l'évangéliste Marc, en consignant pour les Romains le contenu des prédications de l'apôtre Pierre, rapporte-t-il cette conversation du Christ avec les pharisiens ? Et pourquoi Pierre...
Pourquoi l'évangéliste Marc, en consignant pour les Romains le contenu des prédications de l'apôtre Pierre, rapporte-t-il cette conversation du Christ avec les pharisiens ? Et pourquoi Pierre en parlait-il ? Il est évident que le sujet de la discussion n'est pas propre aux seuls pharisiens, mais appartient à la conscience religieuse de l'humanité dans son ensemble.
Le fait est que, dans toute spiritualité, outre la révélation de Dieu (qui peut justement manquer, par exemple, dans certains cultes cannibales et orgiastiques), il existe un élément humain. Premièrement, en fait partie ce que nous n'avons pas entendu, ou que nous n'avons pas été capables de comprendre, dans la Révélation, et que nous complétons donc par nos propres idées. Or le Tout-Puissant a dit que ses voies ne sont pas nos voies, et que ses pensées ne sont pas nos pensées. La mesquine vengeance que l'on attribue souvent à la Divinité peut en servir d'exemple. Deuxièmement, dans toute spiritualité, y compris biblique, vétérotestamentaire et néotestamentaire, il y a ce que Dieu détermine pour nous aider à croître, selon la parole de l'apôtre, jusqu'à la mesure de la pleine stature du Christ. Cela comprend divers moyens de vie spirituelle, ainsi qu'une part notable de rites.
Or l'homme a tendance à diviniser ces composantes humaines de la religion. C'est pourquoi les paroles du Christ « Personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres... » dans la lecture évangélique d'aujourd'hui ne sont pas tant un reproche adressé aux pharisiens qu'un avertissement pour nous, lorsque nous n'avons pas le courage d'adorer en esprit et en vérité.
Si l'on écoute attentivement les paroles du Christ, on comprend que le vin nouveau de la Nouvelle Alliance se distingue fondamentalement du vin ancien de l'Ancienne Alliance : la forme d'adoration des disciples du Christ est déterminée par le fait que toute la plénitude de la Divinité nous a été manifestée corporellement.
Si l'on utilise un exemple contemporain, on peut dire ceci. L'homme qui verse du vin nouveau dans de vieilles outres, à qui le comparerons-nous ? Il ressemble à un conducteur qui regarde attentivement le compteur de vitesse, les jauges d'essence et de température, et écoute le moteur. Mais la route, il ne la regarde pas...