13 Vous en effet, mes frères, vous avez été appelés à la liberté; seulement, que cette liberté ne se tourne pas en prétexte pour la chair; mais par la charité mettez-vous au service les uns des autres. |
La liberté – l’un des mots clés de notre monde. Les gens ont soif de liberté, les gens détestent la liberté. Les gens meurent et tuent à cause de la liberté. Seulement, les idées sur ce que c'est que la liberté, sont très différentes. L'apôtre Paul offre son approche à cette notion. Pour lui, à la différence de plusieurs, l'essentiel n’est pas de quoi nous nous libérons, mais pour quoi. Si le but consiste à élargir les possibilités de «satisfaire à ses besoins», alors ce n’est pas la liberté, mais la suite de l'esclavage au péché. La sortie de l'esclavage est le refus de l'égoïsme, le service de l’autre. Ainsi la liberté est la réalisation et l'élargissement de la possibilité d’aimer, tout comme Dieu nous aime.
13 Vous en effet, mes frères, vous avez été appelés à la liberté; seulement, que cette liberté ne se tourne pas en prétexte pour la chair; mais par la charité mettez-vous au service les uns des autres. |
14 Car une seule formule contient toute la Loi en sa plénitude : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. |
Pour Paul, l'expression « vie spirituelle » a un sens très concret. Dès le commencement, l'homme a été destiné par Dieu à la vie spirituelle. Et le gage de cette destination fut ce « souffle de vie » que Dieu « insuffla » à l'homme lors de la création. Pour le reste, l'homme est une nature comme toute autre; sa physiologie et son psychisme ne diffèrent pas, en principe, de ceux des animaux supérieurs, par exemple des primates. Mais le « souffle de vie » change tout: car il n'est rien d'autre que la présence de Dieu ouverte à l'homme.
Et par le Christ, quelque chose de bien plus grand encore peut être ouvert à l'homme: le Royaume et son souffle, qui peut s'unir au « souffle de vie ». Tout cela est la vie spirituelle au sens propre du terme, l'action en l'homme du souffle de Dieu et du souffle du Royaume. Mais la mesure dans laquelle le « souffle de vie » déterminera la vie humaine, et la mesure dans laquelle le souffle du Royaume y sera présent, dépendent de l'homme lui-même. Selon le dessein de Dieu, tout cela devait dominer dans la vie de l'homme, en déterminer la qualité, la qualité de ce courant d'existence que la Bible appelle « âme ». Mais après la chute, la situation a changé: dans le courant de la vie humaine, la nature a pris le dessus sur l'esprit.
Et la tâche principale de tous ceux qui ont cherché la vie spirituelle après la chute est devenue le retour à cet état où le souffle de Dieu déterminerait de nouveau le cours de la vie humaine. Pour le chrétien, il ne doit déjà plus être question seulement du « souffle de vie » de Dieu, mais aussi du souffle du Royaume dont vit tout chrétien, si bien sûr il n'est pas chrétien seulement de nom. C'est précisément à atteindre ce but que sert la Torah, avant tout, bien entendu, comme Torah intérieure, comme impératif spirituel et moral qui détermine la vie de l'homme de l'intérieur, et non comme système de prescriptions qui la règle de l'extérieur.
Le même impératif pousse l'homme à construire ses relations avec Dieu et avec ses proches: des relations d'amour, les seules compatibles avec une véritable vie spirituelle. Alors le péché devient tout simplement impensable; il ne peut avoir de place dans la vie de l'homme si celle-ci est déterminée par le souffle du Royaume. Alors aucune prescription religieuse, aucune règle extérieure ne lui est plus nécessaire. Autrement, elles n'aideront quand même pas: car l'observation même des prescriptions les plus justes ne change rien en soi si l'homme ne change pas intérieurement. C'est ce que l'apôtre rappelle à ses lecteurs.
13 Vous en effet, mes frères, vous avez été appelés à la liberté; seulement, que cette liberté ne se tourne pas en prétexte pour la chair; mais par la charité mettez-vous au service les uns des autres. |
14 Car une seule formule contient toute la Loi en sa plénitude : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. |
15 Mais si vous vous mordez et vous vous dévorez les uns les autres, prenez garde que vous allez vous entre-détruire. |
16 Or je dis: laissez-vous mener par l'Esprit et vous ne risquerez pas de satisfaire la convoitise charnelle. |
17 Car la chair convoite contre l'esprit, et l'esprit contre la chair; il y a entre eux antagonisme, si bien que vous ne faites pas ce que vous voudriez. |
18 Mais si l'Esprit vous anime, vous n'êtes pas sous la Loi. |
19 Or on sait bien tout ce que produit la chair: fornication, impureté, débauche, |
20 idolâtrie, magie, haines, discorde, jalousie, emportements, disputes, dissensions, scissions, |
21 sentiments d'envie, orgies, ripailles et choses semblables - et je vous préviens, comme je l'ai déjà fait, que ceux qui commettent ces fautes-là n'hériteront pas du Royaume de Dieu. |
22 - Mais le fruit de l'Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, |
23 douceur, maîtrise de soi: contre de telles choses il n'y a pas de loi. |
24 Or ceux qui appartiennent au Christ Jésus ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises. |
25 Puisque l'Esprit est notre vie, que l'Esprit nous fasse agir. |
26 Ne cherchons pas la vaine gloire, en nous provoquant les uns les autres, en nous enviant mutuellement. |
Poursuivant le thème de la Torah, Paul écrit aux chrétiens de Galatie que le refus de la circoncision ne signifie nullement le refus de la Torah. Il leur rappelle une sentence rabbinique connue, que le Sauveur Lui-même a citée plus d'une fois: aime ton prochain comme toi-même, et tu peux considérer que tu as accompli la Torah (v. 14). La liberté dans notre monde, qui n'est pas encore transfiguré, n'est qu'une potentialité; on peut l'employer pour le bien comme pour le mal. Dans le Royaume, en revanche, la liberté n'est pas seulement une possibilité, mais son accomplissement, cette incarnation de l'amour qu'est toute relation dans le Royaume, pourvu qu'elle appartienne réellement au Royaume. Ce n'est pas un hasard si l'apôtre parle de l'amour comme du seul usage juste de la liberté et, pour les chrétiens, du seul usage possible (v. 13). Il appelle les chrétiens de Galatie à la chose la plus simple et, en même temps, la plus difficile: à la vie dans le Royaume, à marcher selon l'Esprit (v. 16-17).
L'apôtre rappelle à l'Église de Galatie ce qu'il a dit plus d'une fois à d'autres Églises: dans l'amour se trouve toute la plénitude de la Torah. Car c'est précisément l'amour qui constitue le fondement du Royaume, cette substance dont tout y est imprégné, y compris toutes les relations qui lient ses habitants à Dieu et les uns aux autres. La Torah cesse déjà d'être une clôture protégeant du péché; sa fonction de garde cesse d'être actuelle dans le Royaume. En revanche, une autre fonction apparaît, presque inactive dans notre monde qui n'est pas encore pleinement transfiguré: elle devient la forme qui permet à l'amour imprégnant le Royaume de recevoir forme et qualité. Paul n'énumère pas par hasard avec tant de détail les oeuvres de l'esprit comme les oeuvres de la chair, en les opposant les unes aux autres (v. 19-28). Il veut rappeler à ses lecteurs que le système des relations humaines forme un milieu tout à fait déterminé, qui peut se former soit selon les lois de notre monde encore non transfiguré, soit selon les lois du Royaume. Et il appelle les chrétiens de Galatie à faire de la formation d'un milieu vivant selon les lois du Royaume leur tâche principale. Car c'est bien cela, et non les jeux religieux, qui est une oeuvre véritablement spirituelle, une oeuvre digne des habitants du Royaume.
11 Quant à moi, frères, si je prêche encore la circoncision, pourquoi suis-je encore persécuté? C'en est donc fini du scandale de la croix! |
12 Qu'ils aillent jusqu'à la mutilation, ceux qui bouleversent vos âmes ! |
13 Vous en effet, mes frères, vous avez été appelés à la liberté; seulement, que cette liberté ne se tourne pas en prétexte pour la chair; mais par la charité mettez-vous au service les uns des autres. |
14 Car une seule formule contient toute la Loi en sa plénitude : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. |
15 Mais si vous vous mordez et vous vous dévorez les uns les autres, prenez garde que vous allez vous entre-détruire. |
16 Or je dis: laissez-vous mener par l'Esprit et vous ne risquerez pas de satisfaire la convoitise charnelle. |
17 Car la chair convoite contre l'esprit, et l'esprit contre la chair; il y a entre eux antagonisme, si bien que vous ne faites pas ce que vous voudriez. |
18 Mais si l'Esprit vous anime, vous n'êtes pas sous la Loi. |
19 Or on sait bien tout ce que produit la chair: fornication, impureté, débauche, |
20 idolâtrie, magie, haines, discorde, jalousie, emportements, disputes, dissensions, scissions, |
21 sentiments d'envie, orgies, ripailles et choses semblables - et je vous préviens, comme je l'ai déjà fait, que ceux qui commettent ces fautes-là n'hériteront pas du Royaume de Dieu. |
Nous pensons d'ordinaire que la liberté est quelque chose que l'on peut donner à l'homme. On peut lui permettre d'être libre de telle ou telle exigence de la loi, des obligations de se comporter ou de penser d'une certaine manière. On peut permettre à l'homme d'être tel qu'il est. On peut lui donner la liberté d'agir à sa manière. Cependant, à en juger par les paroles de l'apôtre Paul lues aujourd'hui, c'est là une conception humaine qui confond la liberté avec la permissivité.
« C'est à la liberté que vous avez été appelés, frères », dit l'apôtre. Par conséquent, pour lui, la liberté est un exploit spirituel auquel le Tout-Puissant nous appelle. Et cette liberté signifie avant tout la primauté de l'esprit sur la chair. L'apôtre dit que l'esclavage de l'homme, l'état opposé à la liberté, consiste en son incapacité à résister aux convoitises de la chair. L'un des moyens de résister à cet esclavage est la loi, mais elle non plus ne donne pas à l'homme la liberté ; elle nous oblige seulement à résister au principe bas qui nous asservit.
Mais, poursuit l'apôtre, si vous êtes conduits par l'Esprit, vous n'êtes pas sous la loi. Une simple chaîne logique nous conduit ainsi à l'idée que l'essence de la liberté consiste à être conduits par l'Esprit. C'est la seule chose qui nous assure toujours la possibilité d'un choix moral responsable. Il ne s'agit pas ici de la permission de faire un tel choix, mais de l'existence d'une réelle alternative. Si tu n'es pas conduit par l'Esprit de Dieu, tu n'es pas en mesure de choisir la vérité, et tes chemins, même pavés de bonnes intentions, mènent néanmoins à la perdition.
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