11 C’est lui encore qui « a donné » aux uns d’être apôtres, à d’autres d’être prophètes, ou encore évangélistes, ou bien pasteurs et docteurs, |
12 organisant ainsi les saints pour l’œuvre du ministère, en vue de la construction du Corps du Christ, |
13 au terme de laquelle nous devons parvenir, tous ensemble, à ne faire plus qu’un dans la foi et la connaissance du Fils de Dieu, et à constituer cet Homme parfait, dans la force de l’âge, qui réalise la plénitude du Christ. |
Pour l'apôtre, tout ministère ecclésial consiste avant tout à édifier le Corps du Christ. L'appartenance à l'Église ne signifie pas appartenir à une structure, ni même à une communauté ecclésiale particulière, ou du moins pas une appartenance formelle. Elle signifie d'abord être intégré à la relation entre le Père et le Fils qui fait naître le Royaume et l'ouvre à quiconque le cherche. À toutes les époques, ceux qui cherchaient Dieu ont tenté de nouer avec lui une relation vivante par les moyens les plus divers. Ils y parvenaient parfois, mais le plus souvent non. Désormais, après la venue du Christ, c'est avec lui qu'il faut établir une relation avec Dieu - du moins si nous sommes chrétiens.
C'est de ce point de vue que Paul invite ses frères d'Éphèse à considérer tout ce qu'ils font comme chrétiens et membres de l'Église. Il ne s'agit évidemment ni de discipline formelle, ni de faire approuver chaque action ou ministère par de prétendus « frères aînés dirigeants ». Il s'agit de savoir si celui qui exerce un ministère est conscient de sa relation directe avec le Christ. Les œuvres bonnes et utiles sont nombreuses. La seule question est de savoir si le Christ nous a, à nous précisément, donné la grâce pour l'œuvre qui nous occupe à cet instant. Aujourd'hui, nous sommes sans doute plus habitués à voir la grâce comme une sorte d'énergie spirituelle par laquelle Dieu nous fortifie en Jésus Christ et nous donne la force d'accomplir toutes les bonnes œuvres qui nous viennent à l'esprit et que nous jugeons bonnes - ou simplement de mener une vie pieuse, ce qui est également une bonne chose.
Paul relie la grâce à une mission précise donnée par le Christ dans le processus spirituel d'édification du Royaume, de formation et d'affermissement de sa relation avec le Père. Il en va ainsi de tous les dons du Christ, et la grâce est accordée à la mesure du don afin de donner la force de le mettre en œuvre et de déployer les possibilités offertes par le Christ. L'appartenance à l'Église signifie que la vie et l'activité du chrétien prennent directement part à l'édification du Royaume, au développement et à l'affermissement de la relation entre le Père et le Fils. Mais la personne elle-même, en entrant dans cette relation et en y participant, change aussi : elle est transformée et devient habitante du Royaume. C'est ainsi que l'Église devient le Corps du Christ, plein d'amour et de vie.
11 C’est lui encore qui « a donné » aux uns d’être apôtres, à d’autres d’être prophètes, ou encore évangélistes, ou bien pasteurs et docteurs, |
12 organisant ainsi les saints pour l’œuvre du ministère, en vue de la construction du Corps du Christ, |
13 au terme de laquelle nous devons parvenir, tous ensemble, à ne faire plus qu’un dans la foi et la connaissance du Fils de Dieu, et à constituer cet Homme parfait, dans la force de l’âge, qui réalise la plénitude du Christ. |
L'apôtre Paul nous dit aujourd'hui que le but de l'enseignement dans l'Église est que nous parvenions tous « à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état de l'homme parfait, à la mesure de la stature du Christ dans Sa plénitude ». Nous pensons parfois que la connaissance du Christ est réservée à quelques élus, aux enseignants, aux moines... En réalité, l'Église existe précisément afin que le Seigneur Se révèle à nous. Il Se révèle dans les sacrements, dans Sa parole, dans l'enseignement de l'Église et dans la communion fraternelle. Le Seigneur donne Ses dons afin que chacun en bénéficie—non seulement celui à qui le don est accordé, mais aussi tous ceux qui l'entourent. Et chacun de nous est appelé à rechercher la connaissance du Seigneur, sachant que, même si je n'ai pas le don de comprendre ou d'enseigner, quelqu'un dans l'Église possède ce don, et qu'il a été donné aussi pour moi.
7 Cependant chacun de nous a reçu sa part de la faveur divine selon que le Christ a mesuré ses dons. |
8 C’est pourquoi l’on dit :Montant dans les hauteurs il a emmené des captifs, il a donné des dons aux hommes. |
9 « Il est monté », qu’est-ce à dire, sinon qu’il est aussi descendu, dans les régions inférieures de la terre ? |
10 Et celui qui est descendu, c’est le même qui est aussi monté au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses. |
11 C’est lui encore qui « a donné » aux uns d’être apôtres, à d’autres d’être prophètes, ou encore évangélistes, ou bien pasteurs et docteurs, |
12 organisant ainsi les saints pour l’œuvre du ministère, en vue de la construction du Corps du Christ, |
13 au terme de laquelle nous devons parvenir, tous ensemble, à ne faire plus qu’un dans la foi et la connaissance du Fils de Dieu, et à constituer cet Homme parfait, dans la force de l’âge, qui réalise la plénitude du Christ. |
Lorsque l’on regarde le passage parallèle du Psautier que cite l’apôtre Paul, on voit qu’il existe une différence légère mais essentielle. L’épître dit : « C’est pourquoi il est dit : Étant monté en haut, il a emmené des captifs, et il a fait des dons aux hommes. » Mais le Psautier dit : « Tu es monté dans les hauteurs, tu as emmené des captifs, tu as reçu des dons parmi les hommes, même parmi les rebelles, afin que le Seigneur Dieu y demeure. » Que signifie « emmener des captifs » ? Ceux qui étaient captifs de Satan, Il en a fait Ses propres captifs ; en quelque sorte, Il les a rachetés pour leur rendre ensuite la liberté. Mais les expressions « a fait des dons » et « a reçu des dons » sont un peu plus difficiles. Il faut préciser que cette différence ne se trouve pas seulement dans la traduction russe, mais aussi, par exemple, dans la Vulgate. L’apôtre introduit donc consciemment un sens nouveau. En réalité, il s’agit de quelque chose de très important. Le don. Les dons apportés à l’enfant Jésus sont précisément ce qui unit ces deux formulations apparemment divergentes : des dons à Celui qui S’est offert Lui-même en don. Il reçoit des dons et fait un don, le plus grand de tous. Comme il est merveilleux que cette réciprocité apparaisse soudain dans ce qui semblait n’être qu’une simple variante, presque une erreur. Les saints Dons. « Ce sacrifice non sanglant », « le sacrifice de louange », qui est « la miséricorde de paix ». Soudain, nous nous confondons au point qu’il devient impossible de distinguer ce que le Christ me donne de ce que je Lui donne. O. Henry a écrit une nouvelle intitulée « Les Cadeaux des Mages », sur deux amoureux très pauvres qui désirent ardemment s’offrir un cadeau de Noël, mais n’ont pas d’argent. En secret, elle coupe ses beaux cheveux, les vend et lui achète une chaîne pour sa montre, tandis que lui vend sa montre et lui achète un peigne pour les cheveux. Du point de vue matériel, tout cela paraît si absurde et si malheureux ; pourtant, en réalité, c’est bien cela, le bonheur. Voilà les dons que nous apportons les uns aux autres et à Dieu chaque jour de notre vie. Que tout se passe maladroitement. Nous donnons ce que nous avons de plus précieux.
1 Je vous exhorte donc, moi le prisonnier dans le Seigneur, à mener une vie digne de l’appel que vous avez reçu : |
2 en toute humilité, douceur et patience, supportez-vous les uns les autres avec charité ; |
3 appliquez-vous à conserver l’unité de l’Esprit par ce lien qu’est la paix. |
4 Il n’y a qu’un Corps et qu’un Esprit, comme il n’y a qu’une espérance au terme de l’appel que vous avez reçu ; |
5 un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême ; |
6 un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, par tous et en tous. |
7 Cependant chacun de nous a reçu sa part de la faveur divine selon que le Christ a mesuré ses dons. |
8 C’est pourquoi l’on dit :Montant dans les hauteurs il a emmené des captifs, il a donné des dons aux hommes. |
9 « Il est monté », qu’est-ce à dire, sinon qu’il est aussi descendu, dans les régions inférieures de la terre ? |
10 Et celui qui est descendu, c’est le même qui est aussi monté au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses. |
11 C’est lui encore qui « a donné » aux uns d’être apôtres, à d’autres d’être prophètes, ou encore évangélistes, ou bien pasteurs et docteurs, |
12 organisant ainsi les saints pour l’œuvre du ministère, en vue de la construction du Corps du Christ, |
13 au terme de laquelle nous devons parvenir, tous ensemble, à ne faire plus qu’un dans la foi et la connaissance du Fils de Dieu, et à constituer cet Homme parfait, dans la force de l’âge, qui réalise la plénitude du Christ. |
14 Ainsi nous ne serons plus des enfants, nous ne nous laisserons plus ballotter et emporter à tout vent de la doctrine, au gré de l’imposture des hommes et de leur astuce à fourvoyer dans l’erreur. |
15 Mais, vivant selon la vérité et dans la charité, nous grandirons de toutes manières vers Celui qui est la Tête, le Christ, |
16 dont le Corps tout entier reçoit concorde et cohésion par toutes sortes de jointures qui le nourrissent et l’actionnent selon le rôle de chaque partie, opérant ainsi sa croissance et se construisant lui-même, dans la charité. |
L’apôtre Paul dit qu’à chacun de nous « la grâce a été donnée selon la mesure du don du Christ ». Quelle est donc cette mesure ? La mesure du don du Christ ? La mesure de Son don, c’est Sa vie livrée pour nous ! Son don, c’est Lui-même. Ainsi, la mesure du don est sans limites. Autrement dit, la grâce accordée à chacun de nous est elle aussi sans limites. À chacun. Nous aimons nous décharger de notre responsabilité en disant que nous n’avons pas de dons particuliers, que nous sommes des gens modestes... Mais le Seigneur a déjà donné à chacun tout, la grâce sans mesure ! Et pour chacun de nous, ce don n’est pas seulement un cadeau, mais aussi une responsabilité.
1 Je vous exhorte donc, moi le prisonnier dans le Seigneur, à mener une vie digne de l’appel que vous avez reçu : |
2 en toute humilité, douceur et patience, supportez-vous les uns les autres avec charité ; |
3 appliquez-vous à conserver l’unité de l’Esprit par ce lien qu’est la paix. |
4 Il n’y a qu’un Corps et qu’un Esprit, comme il n’y a qu’une espérance au terme de l’appel que vous avez reçu ; |
5 un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême ; |
6 un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, par tous et en tous. |
7 Cependant chacun de nous a reçu sa part de la faveur divine selon que le Christ a mesuré ses dons. |
8 C’est pourquoi l’on dit :Montant dans les hauteurs il a emmené des captifs, il a donné des dons aux hommes. |
9 « Il est monté », qu’est-ce à dire, sinon qu’il est aussi descendu, dans les régions inférieures de la terre ? |
10 Et celui qui est descendu, c’est le même qui est aussi monté au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses. |
11 C’est lui encore qui « a donné » aux uns d’être apôtres, à d’autres d’être prophètes, ou encore évangélistes, ou bien pasteurs et docteurs, |
12 organisant ainsi les saints pour l’œuvre du ministère, en vue de la construction du Corps du Christ, |
13 au terme de laquelle nous devons parvenir, tous ensemble, à ne faire plus qu’un dans la foi et la connaissance du Fils de Dieu, et à constituer cet Homme parfait, dans la force de l’âge, qui réalise la plénitude du Christ. |
14 Ainsi nous ne serons plus des enfants, nous ne nous laisserons plus ballotter et emporter à tout vent de la doctrine, au gré de l’imposture des hommes et de leur astuce à fourvoyer dans l’erreur. |
15 Mais, vivant selon la vérité et dans la charité, nous grandirons de toutes manières vers Celui qui est la Tête, le Christ, |
16 dont le Corps tout entier reçoit concorde et cohésion par toutes sortes de jointures qui le nourrissent et l’actionnent selon le rôle de chaque partie, opérant ainsi sa croissance et se construisant lui-même, dans la charité. |
En parlant de l'unité de la communauté ecclésiale, Paul a manifestement en vue non pas simplement une unité organisationnelle ou doctrinale. L'unité de la communauté ecclésiale est pour lui, avant tout, le signe d'une vie spirituelle normale et pleine chez les chrétiens qui en font partie. L'apôtre comprend parfaitement que l'unité n'est pas une fin en soi, ni même un moyen de résoudre telle ou telle tâche qui se pose à l'Église. L'unité de la communauté est la conséquence naturelle de relations normales entre chrétiens comme habitants du Royaume. Si Dieu est réellement non seulement «au-dessus de tous», mais aussi «en tous» et «à travers tous» (v. 6), alors l'unité de «tous» va de soi; d'autres relations entre des personnes qui vivent dans le Royaume et respirent avec Dieu d'un même souffle sont tout simplement impossibles.
Mais l'homme, qui n'est pas encore transfiguré jusqu'au bout, peut facilement perdre le Royaume en cédant à sa propre condition pécheresse; c'est pourquoi Paul appelle les chrétiens d'Éphèse à garder l'unité (v. 1-6): dans sa bouche, cet appel sonne comme un appel à ne pas oublier le Royaume et la vie spirituelle. Et Paul juge les ministères ecclésiaux selon qu'ils rapprochent ou non les serviteurs de la plénitude de la vie dans le Royaume. Pour lui, la notion même de grâce est inséparable du service: elle est donnée au chrétien pour le service et comme une part indissociable des relations qui l'unissent au Ressuscité (v. 7-10). Et, pour Paul, le service est lui aussi inséparable de la vie spirituelle du serviteur. Si l'Église était une organisation religieuse ordinaire, tout serait plus simple: on préparerait simplement les futurs serviteurs comme on se prépare, dans notre monde encore non transfiguré, à tout travail qui exige des connaissances et des compétences particulières; puis, après cette préparation, ils partiraient vers leurs ministères comme de jeunes spécialistes vont travailler après leurs études.
Mais dans le Royaume tout est différent: ici, il est impossible d'apprendre quelque chose ou de s'y préparer sans s'enraciner dans la vie du Royaume et sans transformer sa propre nature, de sorte qu'il faut apprendre le service au cours même de ce service. La vie du Royaume est si intégrale qu'on ne peut la séparer du service au sens étroit et concret du mot, et personne n'y est prêt, avant tout parce qu'on ne peut apprendre à vivre dans le Royaume qu'en y entrant. Et l'on ne peut apprendre les ministères du Royaume qu'en vivant en lui. La vie dans le Royaume devient elle-même service, et le service devient une part de la vie du Royaume. Ce n'est pas un hasard si Paul voit le sens principal de tous les ministères ecclésiaux dans l'édification du corps du Christ, et la tâche principale des serviteurs dans l'atteinte de cette plénitude de vie spirituelle que, dans notre langage habituel, on peut appeler la majorité spirituelle: l'homme devient alors assez mûr à tous égards pour qu'on puisse déjà lui confier n'importe quelle affaire, comme on la confie à un adulte responsable (v. 11-16). L'Église est la communauté des habitants du Royaume, et lui seul peut être le moyen, le but et le sens de tout ministère ecclésial.
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