20 car le Royaume de Dieu ne consiste pas en parole, mais en puissance. |
Quelle puissance l'apôtre a-t-il donc en vue lorsqu'il parle de la puissance du Royaume ? On pourrait répondre qu'il s'agit de la puissance de Dieu, et cette réponse ne serait pas fausse. Mais que recouvre-t-elle ? En effet, on parlait beaucoup de la puissance de Dieu avant même la venue du Christ dans le monde, et on la comprenait de différentes manières. Bien sûr, les croyants savaient déjà que la puissance de Dieu et ce que le monde païen entend par puissance étaient des réalités différentes. Mais cette différence n'était pas toujours clairement comprise. Il s'agissait avant tout du fait que Dieu peut intervenir à tout moment dans n'importe quelle situation et la changer d'une manière totalement inattendue pour l'observateur extérieur : ce qui semblait inébranlable s'effondre en un instant, tandis que ce qui était complètement impuissant et insignifiant acquiert soudain de la force et devient le facteur décisif.
Mais il s'agissait encore généralement des lois du monde non transfiguré, que Dieu utilise pour réaliser Ses desseins, souvent en dépit de ceux qui s'y opposent, en retournant les événements à Son avantage d'une manière tout à fait imprévisible. L'histoire de Joseph est peut-être la plus remarquable illustration d'un tel retournement : ses frères firent tout pour empêcher l'accomplissement du dessein de Dieu, tel qu'ils le comprenaient, mais tous leurs efforts, comme il apparut plus tard, ne firent qu'en rapprocher l'accomplissement.
Paul parle d'une autre situation, celle où le Royaume est déjà entré dans le monde et où témoignent déjà de lui des personnes qui ont l'expérience de la vie en lui et de la communion avec Celui qui a apporté le Royaume dans le monde. Il ne s'agit évidemment plus ici d'une puissance extérieure. Il faut remarquer qu'à l'époque du Second Temple, l'annonce de Dieu devint en un certain sens l'annonce de la parole : aussi bien la Parole de Dieu dans tous les sens de cette expression que la parole humaine sans laquelle il était impossible de raconter au monde sa propre expérience de la communion avec Dieu et de l'écoute de la Parole.
Telle était notamment la prédication des maîtres et des docteurs pharisiens avec lesquels le Sauveur polémiqua tant pendant Son ministère terrestre. C'était aussi un témoignage, mais un témoignage sur leur propre expérience, souvent subjective, de la communion avec Dieu. Le témoignage chrétien, au sens véritable du terme, est toujours objectif : il témoigne non de soi devant Dieu, mais du Christ et du Royaume. Un tel témoignage n'est possible que lorsque le témoin a déjà participé à la vie du Royaume, qu'il vit de cette vie et que sa puissance agit en lui. C'est manifestement de cette puissance que témoigne l'apôtre, voyant précisément en elle la manifestation du Royaume.
20 car le Royaume de Dieu ne consiste pas en parole, mais en puissance. |
Combien de paroles sont dites à propos du Royaume de Dieu. Certes, Jésus utilisait naturellement les mots, lorsqu’Il expliquait aux gens ce que s’est, mais la plus meilleure définition qu’Il ait donné est, probablement, lorsqu’Il dit qu’il {le royaume} est «au milieu de vous», quand Il se trouvait Lui-même au milieu d'eux. Dès lors, se sont des mots, des mots, des mots...
De très beaux mots. Mais le Royaume lui-même ne consiste pas en parole, ni dans son enseignement. La domination de Dieu est dans le cœur de l’homme, c’est une puissance vivante, efficace, transformant l'intérieur, remplissant l’homme de lumière, de joie, de justice, de paix, - et s’épanchant a l’entourage de cet homme, tout en transformant aussi cet entourage. Regardez, quels changements ont eu lieu dans les relations humaines pendant les derniers 2000 ans, quelles attitudes ont commencé de toute évidence à être considérées d’inadmissible (l'esclavage, différente sorte de discrimination), - derrière tout ceci se tient un principe spirituel: le Royaume de Dieu est dans le cœur des hommes. Certes, tout ceci n’est encore que le début de la transformation, nous sommes encore «des pithécanthropes spirituels», mais allons-y, essuyons-nous les yeux et nous verrons l'action de cette lumineuse puissance Divine et remercierons Dieu.
8 Déjà, vous êtes rassasiés ! déjà vous vous êtes enrichis ! sans nous, vous êtes devenus rois ! Ah ! que ne l’êtes-vous donc, rois, pour que nous partagions, nous aussi, votre royauté ! |
9 Car Dieu, ce me semble, nous a, nous les apôtres, exhibés au dernier rang, comme des condamnés à mort ; oui, nous avons été livrés en spectacle au monde, aux anges et aux hommes. |
10 Nous sommes fous, nous, à cause du Christ, mais vous, vous êtes prudents dans le Christ ; nous sommes faibles, mais vous, vous êtes forts ; vous êtes à l’honneur, mais nous dans le mépris. |
11 Jusqu’à l’heure présente, nous avons faim, nous avons soif, nous sommes nus, maltraités et errants ; |
12 nous nous épuisons à travailler de nos mains. On nous insulte et nous bénissons ; on nous persécute et nous l’endurons ; |
13 on nous calomnie et nous consolons. Nous sommes devenus comme l’ordure du monde, jusqu’à présent l’universel rebut. |
14 Ce n’est pas pour vous confondre que j’écris cela ; c’est pour vous avertir comme mes enfants bien-aimés. |
15 Auriez-vous en effet des milliers de pédagogues dans le Christ, que vous n’avez pas plusieurs pères ; car c’est moi qui, par l’Évangile, vous ai engendrés dans le Christ Jésus. |
16 Je vous en prie donc, montrez-vous mes imitateurs. |
17 C’est pour cela même que je vous ai envoyé Timothée, qui est mon enfant bien-aimé et fidèle dans le Seigneur ; il vous rappellera mes règles de conduite dans le Christ Jésus, telles que je les enseigne partout dans toutes les Églises. |
18 Dans la pensée que je ne viendrais pas chez vous, certains se sont gonflés d’orgueil. |
19 Mais je viendrai bientôt chez vous, s’il plaît au Seigneur, et je jugerai alors non des paroles de ces gonflés d’orgueil, mais de leur puissance ; |
20 car le Royaume de Dieu ne consiste pas en parole, mais en puissance. |
21 Que préférez-vous ? Que je vienne chez vous avec des verges, ou bien avec charité et en esprit de douceur ? |
Poursuivant son propos sur le Royaume, Paul revient au thème de la pauvreté et de la véritable sagesse. En opposant sa situation à celle de ceux qui occupaient des places en vue dans l'Église de Corinthe, l'apôtre rappelle de nouveau aux chrétiens de Corinthe ce qu'il leur avait déjà dit plus d'une fois, à eux comme à d'autres croyants : le Royaume n'est pas de ce monde, et il ne peut donc en aucune façon triompher dans notre monde encore non entièrement transfiguré avant sa transfiguration complète à la fin des temps (v. 8-14). Il ne s'agit pas du fait que Paul ne voulait pas voir les chrétiens de Corinthe tels qu'ils s'imaginaient être ; il s'agit du fait qu'avant le retour du Christ, on ne pouvait y parvenir qu'en renonçant à cette plénitude du Royaume qui, dans un monde pas encore transfiguré jusqu'au bout, est incompatible avec tout triomphe.
L'apôtre ne reproche rien à personne ; il rappelle seulement à l'Église de Corinthe certaines réalités fondamentales sans lesquelles il ne peut être question d'aucune vie dans le Royaume (v. 14). Et lorsqu'il avertit les chrétiens de Corinthe qu'il peut venir à eux non seulement avec amour, mais aussi avec réprimande (« avec le bâton », v. 21), le but de l'apôtre n'est nullement de faire honte à quelqu'un ou de le discréditer. Simplement, voyant ce qui se passe dans l'Église de Corinthe, Paul ne pouvait pas ne pas comprendre qu'il lui faudrait affronter de très graves problèmes spirituels, que beaucoup de responsables locaux de l'Église ne sont, au fond, pas du tout des témoins du Christ et du Royaume et conduisent leur communauté tout autre part qu'il ne faut. Il sait que ces responsables ont cessé d'être des témoins pour devenir simplement des enseignants, semblables à ceux qu'on pouvait alors trouver en grand nombre dans n'importe quelle école rabbinique ou philosophique. Et il sait que de tels enseignants, dont toute la force consiste dans une habile maîtrise de la parole, reculeront inévitablement devant la force véritable à laquelle ils ne pourront résister : la force du Royaume, manifestée par tout témoin authentique (v. 18-20).
1 Qu’on nous regarde donc comme des serviteurs du Christ et des intendants des mystères de Dieu. |
2 Or, ce qu’en fin de compte on demande à des intendants, c’est que chacun soit trouvé fidèle. |
3 Pour moi, il m’importe fort peu d’être jugé par vous ou par un tribunal humain. Bien plus, je ne me juge pas moi-même. |
4 Ma conscience, il est vrai, ne me reproche rien, mais je n’en suis pas justifié pour autant ; mon juge, c’est le Seigneur. |
5 Ainsi donc, ne portez pas de jugement prématuré. Laissez venir le Seigneur ; c’est lui qui éclairera les secrets des ténèbres et rendra manifestes les desseins des cœurs. Et alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui revient. |
6 En tout cela, frères, je me suis pris comme exemple avec Apollos à cause de vous, pour que vous appreniez, en nos personnes, à ne pas (le « ne pas » est écrit au-dessus du texte) vous enfler d’orgueil en prenant le parti de l’un contre l’autre. |
7 Qui donc en effet te distingue ? Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifier comme si tu ne l’avais pas reçu ? |
8 Déjà, vous êtes rassasiés ! déjà vous vous êtes enrichis ! sans nous, vous êtes devenus rois ! Ah ! que ne l’êtes-vous donc, rois, pour que nous partagions, nous aussi, votre royauté ! |
9 Car Dieu, ce me semble, nous a, nous les apôtres, exhibés au dernier rang, comme des condamnés à mort ; oui, nous avons été livrés en spectacle au monde, aux anges et aux hommes. |
10 Nous sommes fous, nous, à cause du Christ, mais vous, vous êtes prudents dans le Christ ; nous sommes faibles, mais vous, vous êtes forts ; vous êtes à l’honneur, mais nous dans le mépris. |
11 Jusqu’à l’heure présente, nous avons faim, nous avons soif, nous sommes nus, maltraités et errants ; |
12 nous nous épuisons à travailler de nos mains. On nous insulte et nous bénissons ; on nous persécute et nous l’endurons ; |
13 on nous calomnie et nous consolons. Nous sommes devenus comme l’ordure du monde, jusqu’à présent l’universel rebut. |
14 Ce n’est pas pour vous confondre que j’écris cela ; c’est pour vous avertir comme mes enfants bien-aimés. |
15 Auriez-vous en effet des milliers de pédagogues dans le Christ, que vous n’avez pas plusieurs pères ; car c’est moi qui, par l’Évangile, vous ai engendrés dans le Christ Jésus. |
16 Je vous en prie donc, montrez-vous mes imitateurs. |
17 C’est pour cela même que je vous ai envoyé Timothée, qui est mon enfant bien-aimé et fidèle dans le Seigneur ; il vous rappellera mes règles de conduite dans le Christ Jésus, telles que je les enseigne partout dans toutes les Églises. |
18 Dans la pensée que je ne viendrais pas chez vous, certains se sont gonflés d’orgueil. |
19 Mais je viendrai bientôt chez vous, s’il plaît au Seigneur, et je jugerai alors non des paroles de ces gonflés d’orgueil, mais de leur puissance ; |
20 car le Royaume de Dieu ne consiste pas en parole, mais en puissance. |
21 Que préférez-vous ? Que je vienne chez vous avec des verges, ou bien avec charité et en esprit de douceur ? |
Ce dont parle l’apôtre Paul est l’une des choses les plus difficiles et en même temps les plus nécessaires du christianisme. Du point de vue du monde, le chemin que le Seigneur Lui-même parcourt et auquel Il appelle Ses disciples est un chemin d’échec, un chemin d’humiliation. « Nous sommes devenus un spectacle pour le monde »—le texte grec emploie le mot θέατρον, théâtre, spectacle : ceux que l’on regarde avec dérision. Jésus, accueilli comme le Messie—frappé au fouet et crucifié sur le bois. Paul, le plus savant des Juifs—faible et toujours persécuté, constamment insulté par ses propres enfants. Pierre, chef de la nouvelle communauté religieuse—crucifié la tête en bas... Un tel chemin n’est-il pas folie ? La place du chrétien est dans cette compagnie. C’est difficile, parce que nous désirons tant les honneurs, la reconnaissance de nos mérites et, enfin, le bien-être. L’expérience de Paul est importante pour nous parce que, avec ses destinataires, nous pouvons voir Celui pour qui il accepte tout cela. Et alors, en réponse à notre consentement à devenir rebut et objet de risée pour le monde, nous entendrons les paroles du Créateur : « Tu comptes beaucoup à Mes yeux » (Is 43:4).
Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible. Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit. | ||
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||