26 Le sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, du nom de Nazareth, |
27 à une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David; et le nom de la vierge était Marie. |
28 Il entra et lui dit : " Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. " |
29 À cette parole elle fut toute troublée, et elle se demandait ce que signifiait cette salutation. |
30 Et l'ange lui dit : " Sois sans crainte, Marie ; car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. |
31 Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus. |
32 Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père; |
33 il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n'aura pas de fin. " |
34 Mais Marie dit à l'ange : " Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d'homme ? " |
35 L'ange lui répondit : " L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c'est pourquoi l'être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. |
36 Et voici qu'Élisabeth, ta parente, vient, elle aussi, de concevoir un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois, elle qu'on appelait la stérile; |
37 car rien n'est impossible à Dieu. " |
38 Marie dit alors : " Je suis la servante du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole ! " Et l'ange la quitta. |
39 En ces jours-là, Marie partit et se rendit en hâte vers la région montagneuse, dans une ville de Juda. |
40 Elle entra chez Zacharie et salua Élisabeth. |
41 Et il advint, dès qu'Élisabeth eut entendu la salutation de Marie, que l'enfant tressaillit dans son sein et Élisabeth fut remplie d'Esprit Saint. |
42 Alors elle poussa un grand cri et dit : " Bénie es-tu entre les femmes, et béni le fruit de ton sein ! |
43 Et comment m'est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur? |
44 Car, vois-tu, dès l'instant où ta salutation a frappé mes oreilles, l'enfant a tressailli d'allégresse en mon sein. |
45 Oui, bienheureuse celle qui a cru en l'accomplissement de qui lui a été dit de la part du Seigneur ! " |
46 Marie dit alors : " Mon âme exalte le Seigneur, |
47 et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur, |
48 parce qu'il a jeté les yeux sur l'abaissement de sa servante. Oui, désormais toutes les générations me diront bienheureuse, |
49 car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses. Saint est son nom, |
50 et sa miséricorde s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent. |
51 Il a déployé la force de son bras, il a dispersé les hommes au cœur superbe. |
52 Il a renversé les potentats de leurs trônes et élevé les humbles, |
53 Il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides. |
54 Il est venu en aide à Israël, son serviteur, se souvenant de sa miséricorde, |
55 - selon qu'il l'avait annoncé à nos pères - en faveur d'Abraham et de sa postérité à jamais ! " |
56 Marie demeura avec elle environ trois mois, puis elle s'en retourna chez elle. |
La lecture d'aujourd'hui est consacrée à un événement que décrivent deux évangélistes: Matthieu (Mt 1:18-23) et Luc (v. 26-38). Luc a vraisemblablement utilisé dans son Évangile les témoignages de la Vierge Marie elle-même, à la différence de Matthieu, qui s'appuyait sur le récit de Joseph. En outre, dans l'exposé de Luc, le récit de l'Annonciation est joint au récit de la visite de la Vierge Marie à Élisabeth (v. 39-56). Par une telle composition, l'évangéliste met pour ainsi dire en parallèle et en relation deux événements: la naissance de Jean le Baptiste et la Nativité du Christ.
À première vue, un tel rapprochement peut paraître assez conventionnel: la naissance même d'un prophète tel que Jean reste incomparable, par son importance, avec la naissance du Messie-Christ. Et pourtant cette comparaison a son sens. Car chaque miracle n'est rien d'autre que l'intervention de Dieu dans la nature et dans l'histoire, intervention qui change le cours des processus naturels et sociaux, sans toutefois l'interrompre complètement. De ce point de vue, la Nativité du Christ aussi pourrait être tenue pour un miracle ordinaire, si seulement le mot « ordinaire » convenait ici. Car même la naissance du Messie-Christ et l'entrée du Royaume dans le monde ne sont pas quelque chose d'absolument extérieur à ce monde; autrement, le Christ n'aurait pas eu besoin de naître, et l'Incarnation de Dieu aurait perdu tout sens.
Le Royaume est étonnant précisément parce qu'il inclut notre monde, au lieu de le détruire. Peut-être est-ce pourquoi l'Incarnation de Dieu était absolument nécessaire: en se contenant lui-même dans les limites de la nature humaine, limitée par définition, Dieu entre dans le monde non pas de l'extérieur, mais de l'intérieur; désormais, sa grandeur ne l'empêche pas de devenir entièrement, jusqu'au bout, une partie du monde qu'il a lui-même créé. Apparemment, dans le monde déchu, on ne pouvait pas agir autrement; on ne pouvait le redresser que de l'intérieur, et Dieu se décide à ce pas par amour pour les hommes.
Mais auparavant déjà, il n'abandonnait pas l'humanité, et avant tout son peuple. Chaque miracle, chaque théophanie était un pas à la rencontre du monde et de l'homme. C'est pourquoi Luc met très justement en relation la naissance de Jean et celle de Jésus: tous les miracles « ordinaires » ne prennent leur sens que dans le miracle principal, la naissance du Messie et la manifestation du Royaume.
26 Le sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, du nom de Nazareth, |
27 à une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David; et le nom de la vierge était Marie. |
28 Il entra et lui dit : " Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. " |
29 À cette parole elle fut toute troublée, et elle se demandait ce que signifiait cette salutation. |
30 Et l'ange lui dit : " Sois sans crainte, Marie ; car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. |
31 Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus. |
32 Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père; |
33 il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n'aura pas de fin. " |
34 Mais Marie dit à l'ange : " Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d'homme ? " |
35 L'ange lui répondit : " L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c'est pourquoi l'être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. |
36 Et voici qu'Élisabeth, ta parente, vient, elle aussi, de concevoir un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois, elle qu'on appelait la stérile; |
37 car rien n'est impossible à Dieu. " |
38 Marie dit alors : " Je suis la servante du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole ! " Et l'ange la quitta. |
Que cette conversation de Marie avec l'archange Gabriel compte beaucoup pour nous. Quelques répliques seulement, et pourtant c'est en elles que se décide le destin du monde ; d'elles dépend notre vie. Et au fondement de cet entretien se trouve une confiance sans limites. La confiance de Dieu envers nous, envers l'homme en général et envers Marie personnellement. Le salut de l'humanité, le salut de toute l'humanité, est entre les mains d'une seule personne. Le Dieu tout-puissant, qui a fait sortir Israël du pays d'Égypte, qui a donné de la nourriture à tout un peuple dans le désert, qui a châtié Sodome et Gomorrhe pour leurs péchés, se remet entre les mains d'une fragile jeune fille.
Et, d'autre part, nous voyons la confiance de Marie envers Dieu. D'abord Elle est troublée par la salutation de l'archange, et qui ne se serait pas effrayé à Sa place ? Mais Dieu, par la bouche de Gabriel, est prêt à répondre à Ses questions, et Elle n'a pas peur de les poser.
Nous appelons souvent la Mère de Dieu la Nouvelle Ève, et en effet l'entretien de l'Annonciation est comme le miroir de cette conversation que Dieu mène avec Adam et Ève (Gn 3:9–13). Plus exactement, qu'Il essaie de mener, car ni Adam ni Ève ne répondent directement à Ses questions, et à chaque parole de Lui ils commencent à avoir de plus en plus peur. La toute première conséquence de leur péché est la perte de la confiance en Dieu... Marie agit tout autrement : Elle ne se cache pas de Dieu, et reçoit de Lui les réponses à Ses questions. Et, en se remettant entre les mains de Dieu, Elle nous donne un exemple d'humilité et de confiance.
De confiance même lorsque ce que Dieu nous propose est effrayant et inconnu. De confiance dans la promesse de la Vie éternelle même lorsqu'il semble qu'après la mort il n'y ait rien. Et Dieu n'attend pas de nous une compréhension de notre destinée qui serait au-dessus de nos forces ; Il nous propose seulement de consentir à ce qu'Il nous propose ici et maintenant.
37 car rien n'est impossible à Dieu. " |
38 Marie dit alors : " Je suis la servante du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole ! " Et l'ange la quitta. |
Ces mots sont dits à un moment bien particulier – l’Annonciation, lorsque l’Ange demande à la Vierge Marie d’être la Mère du Fils de l’Homme. C’est précisément ici que la Vierge Marie prononce ces mots: « je suis la servante du seigneur, qu’il m’advienne selon ta parole », devenus le «tournant» des relations avec Dieu. La perplexité de la Vierge Marie sur la manière dont cela devrait se produire se résout par l’instruction de la toute-puissante parole de Dieu, et la vierge Marie s’appuie sur cette parole.
Par la parole Dieu créa le monde, par la parole Il le maintient. Cette parole est omnipotente…jusqu'à ce qu’elle ne se croise avec la volonté humaine. La puissance de Dieu c’est la puissance d’amour, répugnant la force, l’amour qui peut sembler impuissante, lorsque Dieu s’adresse aux gens siècle après siècle, adresse aux hommes Sa parole, n’utilisant pas la force. Mais l’histoire biblique montre que sa parole est puissante : l’humanité parcourt son chemin, changeant d’alliance en alliance, de prophétie en prophétie sous l’influence de la parole de Dieu. Dieu Lui-même vient enfin dans le monde non comme une puissance, et aussi non comme impuissance, mais comme la Parole dans la chair.
Comme il est important que nous acceptions cette Puissante Parole de Dieu, et que nous ayons espoir en Elle! Jésus nait et grandi dans notre cœur, comme dans le ventre de la Vierge nazaréenne, lorsque l’amour de Dieu et notre foi se rencontrent.
37 car rien n'est impossible à Dieu. " |
38 Marie dit alors : " Je suis la servante du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole ! " Et l'ange la quitta. |
Ces paroles sont prononcées en un moment tout à fait particulier, celui de l'Annonciation, lorsque l'Ange appelle la Vierge Marie à devenir la Mère du Fils de l'homme. C'est ici même que la Vierge Marie prononce les paroles qui ont marqué un tournant dans les relations entre Dieu et l'homme: «Voici la servante du Seigneur; qu'il me soit fait selon ta parole». Son trouble sur la manière dont cela peut arriver reçoit pour réponse la toute-puissance de la Parole divine, et c'est sur cette Parole qu'elle s'appuie.
Dieu crée le monde par la parole, Dieu le soutient par la parole. Cette parole est toute-puissante... jusqu'au moment où elle rencontre la volonté humaine. La force de Dieu est la force de l'amour qui renonce à la force, de l'amour qui peut paraître impuissance lorsque Dieu, siècle après siècle, adresse encore et encore sa parole aux hommes au lieu d'employer la force. Mais l'histoire biblique montre que cette parole n'est pas impuissante: l'humanité parcourt un chemin, changeant d'alliance en alliance, de prophétie en prophétie, sous l'action de la parole de Dieu. Et enfin Dieu lui-même vient dans ce monde comme Verbe fait chair, non comme force, mais pas non plus dans l'impuissance.
Comme il est important que nous consentions à cette «non-impuissance» de la Parole de Dieu, que nous mettions notre espérance en elle! Alors se produit la rencontre de l'amour de Dieu et de notre foi; alors le Christ naît et grandit dans notre cœur comme dans le sein de la Vierge de Nazareth.
38 Marie dit alors : " Je suis la servante du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole ! " Et l'ange la quitta. |
Comme l'a dit un homme sage : « Si l'Ange ne s'était pas éloigné de la Vierge Marie, saint Joseph serait resté sans soupe ». Cette règle régit aussi notre vie, lui donnant l'équilibre nécessaire entre le spirituel et le terrestre. On ne peut pas rester toute sa vie en présence des anges. Dieu nous révèle Lui-même dans l'éternité, mais cette éternité fait irruption dans notre monde pour des secondes, des minutes, peut-être des heures. Puis nous revenons à notre « soupe », et le problème principal devient de garder ce qui a été révélé.
Garder les paroles dans son coeur, comme le faisait la Vierge Marie, n'est pas chose simple. La prière quotidienne, la lecture quotidienne de l'Écriture, la vie ecclésiale, tout cela demande des efforts particuliers lorsqu'il n'y a ni anges ni illuminations mystiques, lorsqu'il n'y a que la « soupe ». Mais c'est justement une telle vie, lorsque la Parole n'est pas étouffée par les épines, lorsque le quotidien n'absorbe pas ce qui a été déposé dans le coeur, qui permet de porter du fruit cent fois plus que ce qui a été semé (Mt 13.1-23).
38 Marie dit alors : " Je suis la servante du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole ! " Et l'ange la quitta. |
Qu’est ce qu’une personne peut faire toute seule? Qu’est ce qu’une jeune fille habitant un hameau quelque part à la périphérie de l’empire romain et déjà fiancée à son futur mari peut bien faire? Sa vie paraissait-il était déjà définie : l’ordinaire, le train de la vie quotidienne… Mais surgit un appel dans cet ordinaire, et la fille accepte de tout son cœur cet appel et devient la Mère de Dieu. Toute l’histoire du monde se brise en ce moment et se transforme en histoire du salut de ce monde. Alors qu’est ce qu’une personne peut faire toute seule ? Et si cette personne n’est pas seule, mais avec Dieu?
38 Marie dit alors : " Je suis la servante du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole ! " Et l'ange la quitta. |
Comme a dit un sage: «Si l’Ange n’avait pas quitté la Vierge Marie, Saint Joseph serait resté sans sa soupe». Cette règle régularise aussi notre vie, en lui donnant l’équilibre nécessaire entre le spirituel et le matériel. On ne peut pas rester tout le temps en présence des anges ; Dieu S’ouvre à nous dans l’éternité, mais cette éternité entre dans notre vie pour quelques secondes, quelques minutes et peut être quelques heures; et après nous revenons à notre « soupe », le problème principale revient alors à garder ce qui était restée ouverte. Accepter la parole et l’enregistrer dans le cœur comme l’a fait la Vierge Marie n’est pas du tout quelque chose de facile. La prière quotidienne, la lecture quotidienne des Saintes Ecritures, une vie chrétienne sont des choses demandant des efforts particuliers, lorsqu’il n’y a ni anges, ni inspirations mystiques, et qu’au contraire on a seulement la «soupe». C’est évidemment une telle vie, si la Parole n’est pas étouffée par les épines et ce qui est dans le cœur étouffé par la vie quotidienne, qui permet d’apporter des fruits cent fois plus que ce qui avait été semé (Mt 13 :1-23).
39 En ces jours-là, Marie partit et se rendit en hâte vers la région montagneuse, dans une ville de Juda. |
40 Elle entra chez Zacharie et salua Élisabeth. |
41 Et il advint, dès qu'Élisabeth eut entendu la salutation de Marie, que l'enfant tressaillit dans son sein et Élisabeth fut remplie d'Esprit Saint. |
42 Alors elle poussa un grand cri et dit : " Bénie es-tu entre les femmes, et béni le fruit de ton sein ! |
43 Et comment m'est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur? |
44 Car, vois-tu, dès l'instant où ta salutation a frappé mes oreilles, l'enfant a tressailli d'allégresse en mon sein. |
45 Oui, bienheureuse celle qui a cru en l'accomplissement de qui lui a été dit de la part du Seigneur ! " |
46 Marie dit alors : " Mon âme exalte le Seigneur, |
47 et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur, |
48 parce qu'il a jeté les yeux sur l'abaissement de sa servante. Oui, désormais toutes les générations me diront bienheureuse, |
49 car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses. Saint est son nom, |
50 et sa miséricorde s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent. |
51 Il a déployé la force de son bras, il a dispersé les hommes au cœur superbe. |
52 Il a renversé les potentats de leurs trônes et élevé les humbles, |
53 Il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides. |
54 Il est venu en aide à Israël, son serviteur, se souvenant de sa miséricorde, |
55 - selon qu'il l'avait annoncé à nos pères - en faveur d'Abraham et de sa postérité à jamais ! " |
56 Marie demeura avec elle environ trois mois, puis elle s'en retourna chez elle. |
Il n'est pas difficile de comprendre pourquoi Marie se rendit chez Élisabeth. Ce qui lui avait été révélé reposa sur elle comme un fardeau d'une très grande responsabilité et suscita donc le besoin d'en parler avec une personne proche, d'autant plus qu'il avait été annoncé à Marie, au sujet d'Élisabeth, qu'elle aussi avait été choisie par Dieu. On peut aussi comprendre que le fils d'Élisabeth, déjà dans le sein maternel, ait pu posséder une intuition prophétique et qu'il ait donc réagi au Fils de Marie présent dans son sein, même si cela ne rentre pas dans la conscience ordinaire.
Mais voici devant nous la prière inspirée qui jaillit du coeur de Marie. Elle résonne comme un psaume, et ce n'est pas un hasard si, depuis de nombreux siècles déjà, elle est un cantique solennel. Marie remercie le Seigneur de lui avoir accordé de participer au triomphe de sa gloire, et nous voyons que ce qui doit seulement encore arriver, elle le vit prophétiquement comme déjà en train de se produire. Mais cela, si l'on y pense, est logique: ayant reçu l'Esprit Saint, Marie reçut aussi ses dons, et l'un d'eux est le don de prophétie.
39 En ces jours-là, Marie partit et se rendit en hâte vers la région montagneuse, dans une ville de Juda. |
40 Elle entra chez Zacharie et salua Élisabeth. |
41 Et il advint, dès qu'Élisabeth eut entendu la salutation de Marie, que l'enfant tressaillit dans son sein et Élisabeth fut remplie d'Esprit Saint. |
42 Alors elle poussa un grand cri et dit : " Bénie es-tu entre les femmes, et béni le fruit de ton sein ! |
43 Et comment m'est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur? |
44 Car, vois-tu, dès l'instant où ta salutation a frappé mes oreilles, l'enfant a tressailli d'allégresse en mon sein. |
45 Oui, bienheureuse celle qui a cru en l'accomplissement de qui lui a été dit de la part du Seigneur ! " |
46 Marie dit alors : " Mon âme exalte le Seigneur, |
47 et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur, |
48 parce qu'il a jeté les yeux sur l'abaissement de sa servante. Oui, désormais toutes les générations me diront bienheureuse, |
Dans la lecture d’aujourd’hui, nous lisons l’une des premières rencontres évangéliques entre l’homme et le Saint-Esprit. La première de ces rencontres fut sans aucun doute celle d’une jeune fille nommée Marie, qui eut pour résultat qu’elle devint la Mère de tous les hommes (voir Lc 1:26-35). C’est précisément grâce à la rencontre de l’esprit de Marie, de son « oui », avec l’Esprit Saint, que la venue de notre Seigneur dans ce monde, son incarnation, est devenue possible.
Et ensuite ? On pourrait penser : que doit faire une femme enceinte ? Quoi qu’elle ait dû faire selon les conceptions de ce temps-là ou du nôtre, Marie se leva et « partit en hâte vers la région montagneuse, dans une ville de Juda » (Lc 1:39). Elle se hâta vers sa parente, dont l’ange lui avait annoncé la situation. Et quelle logique étonnante : le Seigneur avait informé Marie de la grossesse d’Élisabeth, et celle-ci prend aussitôt la décision d’aller l’aider (voir Lc 1:36). Car si l’ange l’a mentionné, c’était bien pour une raison...
Marie arrive, et Élisabeth est remplie du Saint-Esprit. Et avec sa mère, l’enfant Jean est lui aussi rempli de l’Esprit. Ainsi, nous voyons que Marie partage, apporte l’Esprit à ceux qui en ont besoin. Déjà par la Mère de Dieu s’accomplit cette règle : il faut partager le don de Dieu, et non le garder caché sous son manteau.
39 En ces jours-là, Marie partit et se rendit en hâte vers la région montagneuse, dans une ville de Juda. |
40 Elle entra chez Zacharie et salua Élisabeth. |
41 Et il advint, dès qu'Élisabeth eut entendu la salutation de Marie, que l'enfant tressaillit dans son sein et Élisabeth fut remplie d'Esprit Saint. |
42 Alors elle poussa un grand cri et dit : " Bénie es-tu entre les femmes, et béni le fruit de ton sein ! |
43 Et comment m'est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur? |
44 Car, vois-tu, dès l'instant où ta salutation a frappé mes oreilles, l'enfant a tressailli d'allégresse en mon sein. |
45 Oui, bienheureuse celle qui a cru en l'accomplissement de qui lui a été dit de la part du Seigneur ! " |
De même que l'enfant tressaillit dans le sein d'Élisabeth, tout en nous se réjouit à la pensée de Marie, Mère de notre Seigneur. La fête de Sa Dormition est l'une des fêtes les plus lumineuses, sans ombre de tristesse. Parce qu'elle est un exemple de la manière dont l'homme meurt sans quitter le monde, devenant son bouclier de prière. En demeurant dans un lien de prière avec les vivants. Car Marie est toujours avec nous lorsque nous La prions.
Il existe une légende selon laquelle, avant la mort de la Mère de Dieu, avant Sa Dormition, l'ange Gabriel Lui apparut comme aux jours de l'Annonciation et Lui apporta des fleurs blanches et parfumées, des fleurs rappelant l'éclat du ciel, la vie éternelle. Peut-être n'est-ce qu'une légende, mais en elle parle l'esprit humain dans tout son amour pour la sainteté de Marie, Sa pureté, toute Son image, pour Elle-même.
45 Oui, bienheureuse celle qui a cru en l'accomplissement de qui lui a été dit de la part du Seigneur ! " |
Élisabeth dit: Marie, celle qui a cru, est déjà bienheureuse, c'est-à-dire heureuse, parce que ce qui lui a été promis s'accomplira nécessairement. Chez nous, d'ordinaire, tout se passe autrement. Supposons donc que mon chef m'ait promis d'augmenter mon salaire: il est peu probable que je me sente heureux avant de l'avoir reçu! Et si, pendant que j'attends cette joie, quelqu'un commence à me féliciter, je toucherai du bois et je cracherai trois fois par-dessus mon épaule gauche...
Et Marie? « Mon âme magnifie le Seigneur! » Elle est réellement heureuse. Voilà ce que le Christ apporte dans ce monde. Il n'est pas encore né, quelques jours seulement ont passé depuis sa conception, mais tous ceux qui apprennent quelque chose de lui sont remplis de joie et de louange.
Pourquoi donc n'entrons-nous pas dans cette joie, ou pourquoi la perdons-nous si facilement? Car nous, à la différence d'Élisabeth et de Marie, savons déjà tout ce qu'il a accompli, et lui-même est constamment avec nous. Peut-être ne peut-on tout simplement pas nous appeler « ceux qui ont cru »?
45 Oui, bienheureuse celle qui a cru en l'accomplissement de qui lui a été dit de la part du Seigneur ! " |
Regardez ce qui se passe avec Elizabeth : Marie (qui a cru) est déjà bénie, c'est-à-dire heureuse, car ce qui lui était promis va se réaliser. Mais ça se passe différemment avec nous. Supposons que le patron décide d’augmenter notre salaire, il est douteux que nous nous sentirons heureux sans avoir reçu cette augmentation ! Et nous croiserons les doigts et frapperons les pieds par terre si on commençait à nous féliciter avant que nous ayons reçu ce que nous attendons… Mais que fait Marie? Elle est vraiment heureuse: «Mon âme exalte le Seigneur ». Voici ce qu’apporte Jésus dans ce monde – le bonheur; Il n’est même pas encore né, son embryon n’est que de quelques jours, mais sont remplis de joies et de louanges tous ceux qui Le connaissent. Pourquoi n’avons-nous pas cette joie, et pourquoi nous la perdons si facilement quand nous l’avons? Peut être qu’on ne devrait pas tout simplement nous appeler « croyants »? Car, contrairement à Elizabeth et Marie, nous savons déjà tout ce qu’Il a accompli, en plus Il est constamment avec nous.
46 Marie dit alors : " Mon âme exalte le Seigneur, |
47 et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur, |
48 parce qu'il a jeté les yeux sur l'abaissement de sa servante. Oui, désormais toutes les générations me diront bienheureuse, |
49 car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses. Saint est son nom, |
50 et sa miséricorde s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent. |
51 Il a déployé la force de son bras, il a dispersé les hommes au cœur superbe. |
52 Il a renversé les potentats de leurs trônes et élevé les humbles, |
53 Il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides. |
54 Il est venu en aide à Israël, son serviteur, se souvenant de sa miséricorde, |
55 - selon qu'il l'avait annoncé à nos pères - en faveur d'Abraham et de sa postérité à jamais ! " |
Il n’est pas si facile de trouver dans les quatre Évangiles les paroles de la Mère de Dieu ; ces épisodes se comptent sur les doigts. Et même lorsqu’Elle parle, les évangélistes rapportent en général seulement une brève réplique. Mais pourtant, nous sentons tout le temps Sa présence silencieuse et paisible ; Elle accompagne constamment Son Fils jusqu’à la Croix même et demeure avec Lui jusqu’à la fin. Si l’on y réfléchit, Elle est précisément cette personne qui, depuis l’Annonciation et pour toujours, est auprès de Dieu. C’est là la fidélité de Marie, par laquelle Elle rend à Dieu toute l’humanité égarée. C’est cette fidélité jusqu’au bout comme restitution de la « dette » d’Adam et Ève.
Mais l’humilité de la Mère de Dieu est également très importante. Même lorsqu’Elle veut parler de Sa propre joie, Elle parle surtout de Dieu, non seulement en signe de reconnaissance, mais simplement parce qu’Elle ne se voit pas Elle-même dans cette joie. Parce qu’Elle est tout entière tournée vers Dieu. Elle ne se glorifie pas tant du fait que « désormais toutes les générations La diront bienheureuse », mais Elle se réjouit de ce que la promesse du Seigneur est vraie. De ce que Dieu ne garde pas jusqu’au bout Sa colère contre les hommes, de ce que Son amour pour nous est plus fort que Sa colère.
Et Marie elle-même est le témoignage vivant de cette miséricorde et manifeste ce à quoi nous sommes tous appelés : la fidélité à Dieu jusqu’au bout, l’humilité et l’orientation vers Dieu à chaque instant de la vie.
25 " Voilà donc, disait-elle, ce qu'a fait pour moi le Seigneur, au temps où il lui a plu d'enlever mon opprobre parmi les hommes ! " |
26 Le sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, du nom de Nazareth, |
27 à une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David; et le nom de la vierge était Marie. |
28 Il entra et lui dit : " Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. " |
29 À cette parole elle fut toute troublée, et elle se demandait ce que signifiait cette salutation. |
30 Et l'ange lui dit : " Sois sans crainte, Marie ; car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. |
31 Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus. |
32 Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père; |
33 il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n'aura pas de fin. " |
34 Mais Marie dit à l'ange : " Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d'homme ? " |
35 L'ange lui répondit : " L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c'est pourquoi l'être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. |
36 Et voici qu'Élisabeth, ta parente, vient, elle aussi, de concevoir un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois, elle qu'on appelait la stérile; |
37 car rien n'est impossible à Dieu. " |
38 Marie dit alors : " Je suis la servante du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole ! " Et l'ange la quitta. |
39 En ces jours-là, Marie partit et se rendit en hâte vers la région montagneuse, dans une ville de Juda. |
40 Elle entra chez Zacharie et salua Élisabeth. |
41 Et il advint, dès qu'Élisabeth eut entendu la salutation de Marie, que l'enfant tressaillit dans son sein et Élisabeth fut remplie d'Esprit Saint. |
42 Alors elle poussa un grand cri et dit : " Bénie es-tu entre les femmes, et béni le fruit de ton sein ! |
43 Et comment m'est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur? |
44 Car, vois-tu, dès l'instant où ta salutation a frappé mes oreilles, l'enfant a tressailli d'allégresse en mon sein. |
45 Oui, bienheureuse celle qui a cru en l'accomplissement de qui lui a été dit de la part du Seigneur ! " |
46 Marie dit alors : " Mon âme exalte le Seigneur, |
47 et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur, |
48 parce qu'il a jeté les yeux sur l'abaissement de sa servante. Oui, désormais toutes les générations me diront bienheureuse, |
49 car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses. Saint est son nom, |
50 et sa miséricorde s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent. |
51 Il a déployé la force de son bras, il a dispersé les hommes au cœur superbe. |
52 Il a renversé les potentats de leurs trônes et élevé les humbles, |
53 Il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides. |
54 Il est venu en aide à Israël, son serviteur, se souvenant de sa miséricorde, |
55 - selon qu'il l'avait annoncé à nos pères - en faveur d'Abraham et de sa postérité à jamais ! " |
56 Marie demeura avec elle environ trois mois, puis elle s'en retourna chez elle. |
En poursuivant son récit, l'évangéliste revient encore et encore au thème principal de son livre : la nouvelle, joyeuse Bonne Nouvelle annoncée à tous les hommes. Après Zacharie, c'est Marie, de la ville de Nazareth, qui entend cette nouvelle.
D'un côté, elle continue la lignée des justes et des prophètes bibliques (comparez sa prière avec le cantique d'Anne, la mère de Samuel, en 1 Règnes, chap. 2), en prenant conscience, dans l'obéissance à Dieu, de son infinie supériorité et de son étonnante proximité. D'un autre côté, elle est « bénie entre les femmes », c'est-à-dire la plus bénie, celle qui a reçu toute la plénitude de l'amour, celle qui a été jugée digne de la plus grande miséricorde de Dieu.
Dans le langage biblique solennel de l'évangéliste, les mots que l'on rencontre ici le plus souvent sont « bénédiction » et « grâce », c'est-à-dire la bonne Parole et la miséricorde que Dieu donne aux hommes. Il est visible que ces mots, dans ce cas, décrivent le mieux la Bonne Nouvelle évangélique, reçue pour la première fois il y a deux mille ans par la Mère du Seigneur Jésus.
24 Quelque temps après, sa femme Élisabeth conçut, et elle se tenait cachée cinq mois durant. |
25 " Voilà donc, disait-elle, ce qu'a fait pour moi le Seigneur, au temps où il lui a plu d'enlever mon opprobre parmi les hommes ! " |
26 Le sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, du nom de Nazareth, |
27 à une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David; et le nom de la vierge était Marie. |
28 Il entra et lui dit : " Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. " |
29 À cette parole elle fut toute troublée, et elle se demandait ce que signifiait cette salutation. |
30 Et l'ange lui dit : " Sois sans crainte, Marie ; car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. |
31 Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus. |
32 Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père; |
33 il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n'aura pas de fin. " |
34 Mais Marie dit à l'ange : " Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d'homme ? " |
35 L'ange lui répondit : " L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c'est pourquoi l'être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. |
36 Et voici qu'Élisabeth, ta parente, vient, elle aussi, de concevoir un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois, elle qu'on appelait la stérile; |
37 car rien n'est impossible à Dieu. " |
38 Marie dit alors : " Je suis la servante du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole ! " Et l'ange la quitta. |
Aujourd'hui nous célébrons le commencement, le point de départ de notre salut. Apparue au plus tard au Ve siècle, cette fête s'appelait d'abord le Jour de l'Incarnation; son nom actuel est apparu plus tard, pas avant le VIIe siècle. Cet ancien nom exprime pour nous à la fois le sens principal de la fête et la principale Personne «agissante». Nous exultons aujourd'hui parce que le Dieu tout-puissant a voulu s'incarner pour nous sauver, et qu'il a accompli cette volonté. Et nous exultons aujourd'hui au sujet de Celle qui l'a accueilli dans son sein, sa Mère. Nous ne célébrons pas l'anniversaire d'un événement, car nous ne savons pas exactement quand il s'est produit: la date a été fixée de manière tout à fait conventionnelle, simplement neuf mois exactement avant Noël. Mais nous exultons au sujet de l'Incarnation comme d'un fait accompli. Annoncée jadis par les prophètes, elle est devenue un événement de l'histoire réelle, et grâce à cela tout a reçu part à l'éternité. Citons les paroles de deux grands saints sur cet événement (traduites du grec).
Voici ce que dit saint Jean Damascène: «Que les cieux se réjouissent et que la terre soit dans l'allégresse: car Celui qui est coéternel au Père, sans commencement avec lui et partageant son trône, dans sa bonté et sa miséricorde amie des hommes, s'est anéanti lui-même, selon le bon plaisir et le dessein du Père; et il a habité dans un sein virginal, purifié d'avance par l'Esprit. Ô merveille! Dieu parmi les hommes, l'Incontenable dans un sein, l'Éternel dans le temps: combien glorieux sont la conception sans semence, l'anéantissement ineffable et un tel mystère! Dieu s'abaisse, s'incarne et se forme lorsque l'ange annonce à la Toute-Pure la conception: Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi, lui qui possède la grande miséricorde».
Et voici les paroles de saint André de Crète: «Aujourd'hui, joie de l'Annonciation, fête virginale; la terre et le ciel s'unissent, Adam est renouvelé, Ève est libérée de sa tristesse première, et la demeure de notre nature, divinisée par Celui qui a pris notre condition, devient le temple de Dieu. Ô mystère! Incompréhensible est son abaissement! Ineffable est le mode de sa conception! L'ange sert le miracle; le sein virginal reçoit le Fils; l'Esprit Saint est envoyé; le Père d'en haut donne son bon plaisir, la réconciliation de tous s'accomplit par sa volonté! En Christ, sauvés par le Christ, crions avec Gabriel à la Vierge: Réjouis-toi, Comblée de grâce; par toi est venu le Seigneur, notre salut, le Christ notre Dieu, qui a pris notre nature et nous a élevés vers lui; prie-le pour le salut de nos âmes».
24 Quelque temps après, sa femme Élisabeth conçut, et elle se tenait cachée cinq mois durant. |
25 " Voilà donc, disait-elle, ce qu'a fait pour moi le Seigneur, au temps où il lui a plu d'enlever mon opprobre parmi les hommes ! " |
26 Le sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, du nom de Nazareth, |
27 à une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David; et le nom de la vierge était Marie. |
28 Il entra et lui dit : " Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. " |
29 À cette parole elle fut toute troublée, et elle se demandait ce que signifiait cette salutation. |
30 Et l'ange lui dit : " Sois sans crainte, Marie ; car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. |
31 Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus. |
32 Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père; |
33 il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n'aura pas de fin. " |
34 Mais Marie dit à l'ange : " Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d'homme ? " |
35 L'ange lui répondit : " L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c'est pourquoi l'être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. |
36 Et voici qu'Élisabeth, ta parente, vient, elle aussi, de concevoir un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois, elle qu'on appelait la stérile; |
37 car rien n'est impossible à Dieu. " |
38 Marie dit alors : " Je suis la servante du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole ! " Et l'ange la quitta. |
L'apparition de l'ange à la Vierge Marie, l'Annonciation, qu'est-ce que c'est ? Une révélation semblable à beaucoup d'autres décrites dans la Bible ? Oui, bien sûr, il s'agit sans aucun doute précisément d'une révélation qui, par son fond et par sa forme, ressemble à beaucoup d'autres. Une révélation unique où il est question de la naissance du Messie ? Oui, sans aucun doute : le contenu principal de la révélation se réduit bien à la bonne nouvelle de Sa naissance. Mais il n'y a pas seulement tout cela : il y a ici quelque chose de plus.
Un indice de ce plus grand mystère se reflète d'ailleurs dans le nom traditionnel même de l'événement : l'Annonciation, c'est la même chose que l'Évangile, la bonne nouvelle. Où donc commence l'Évangile, la bonne nouvelle, l'Annonciation ? Dans les anciennes prophéties sur la venue du Messie ? Oui, bien sûr, mais là ce n'est encore que la préhistoire. Dans la promesse que l'ange annonce à la Vierge Marie ? Sans aucun doute : il Lui annonce l'accomplissement des anciennes prophéties. Mais l'avenir reste l'avenir, il est encore devant nous, et le passé reste le passé, il est déjà derrière nous. Or la bonne nouvelle est toujours au présent ; autrement, elle n'existe pas.
Qu'y a-t-il donc au présent ? « L'Esprit Saint viendra sur Toi, et la puissance du Très-Haut Te couvrira de son ombre ». Plus précisément, selon le sens du texte grec, ce n'est pas « viendra » et « couvrira », mais « descend » et « couvre » : les formes grecques permettent de traduire au présent autant qu'au passé. Voilà ce qui est vraiment la bonne nouvelle. Car la bonne nouvelle inclut toujours celui à qui elle s'adresse. Elle l'inclut dans le processus qui suppose sa réalité, la possibilité de son accomplissement en plénitude, là et au moment où cet accomplissement est prévu par la providence de Dieu.
Or la providence de Dieu, lorsqu'elle se révèle à l'homme, ne reste jamais pour lui seulement dans l'avenir ; elle se révèle toujours à celui à qui elle se révèle comme un présent éternel, dont sa propre vie devient une partie. Il en fut ainsi pour la Vierge Marie : la bonne nouvelle a fait d'Elle-même une partie de la providence de Dieu. Bien sûr, avec Son consentement : « voici la servante du Seigneur ». Sans un tel consentement, l'homme ne devient pas une partie de la providence de Dieu. La Vierge Marie a consenti, et Elle est devenue Celle qu'Elle est devenue. La Mère du Messie.
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