13 Arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Jésus posa à ses disciples cette question : " Au dire des gens, qu'est le Fils de l'homme ? " |
14 Ils dirent : " Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres encore, Jérémie ou quelqu'un des prophètes. " - |
15 " Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? " |
16 Simon-Pierre répondit : " Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. " |
17 En réponse, Jésus lui dit : " Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t'est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux. |
18 Eh bien! moi je te dis: Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l'Hadès ne tiendront pas contre elle. |
19 Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié. " |
Pierre se distingue des autres disciples du Christ non seulement par son âge et par les traits de caractère d'un chef. Mais tout cela ne suffit pas pour la promesse saisissante que Jésus lui donne (Mt 16:18). Peut-être la qualité la plus importante de Pierre, qui fait de lui le deuxième personnage de l'Évangile par son importance, est-elle le fait qu'il réagit immédiatement et activement à chaque situation nouvelle dans sa relation avec le Christ. Il réfléchit à peine, se trompe souvent, mais il n'est pas passif: il fait des efforts. C'est Pierre qui essaie de marcher sur les eaux, et c'est lui qui, le premier des disciples, accomplit des miracles de guérison et de résurrection.
Bien sûr, il existe d'autres chemins de sainteté, mais le Christ place la sainteté de Pierre au fondement de la sainteté de l'Église.
13 Arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Jésus posa à ses disciples cette question : " Au dire des gens, qu'est le Fils de l'homme ? " |
14 Ils dirent : " Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres encore, Jérémie ou quelqu'un des prophètes. " - |
15 " Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? " |
16 Simon-Pierre répondit : " Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. " |
17 En réponse, Jésus lui dit : " Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t'est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux. |
18 Eh bien! moi je te dis: Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l'Hadès ne tiendront pas contre elle. |
19 Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié. " |
La confession de Pierre est l’un des épisodes évangéliques clés. Non seulement parce qu’ici Pierre reconnaît pour la première fois en Jésus le Messie, mais aussi parce qu’au moment même de cette reconnaissance il devient le chef de la communauté apostolique. Tout est logique : celui qui, le premier, a reconnu dans le Messie le Messie devient le chef. Et pourtant il y a ici encore autre chose, qui ne se réduit plus à une confession comme formule verbale.
Il y a précisément une reconnaissance, une rencontre, une prise de conscience. Ce n’est pas par hasard que la conversation commence par la question du Sauveur sur ce que les gens pensent de Lui. La réponse donne tout l’ensemble des clichés traditionnels de ce temps : Jean le Baptiste ressuscité d’entre les morts, Élie descendu des cieux, l’un des anciens prophètes que Dieu aurait ressuscité pour témoigner de la vérité. Mais pas le Messie : sur ce point, tout le chemin terrestre du Sauveur réfutait les idées courantes de la religiosité populaire traditionnelle.
En restant dans le cadre de ces représentations, il était absolument impossible de Le prendre pour le Messie. Pour reconnaître en Lui précisément le Messie, il fallait simplement Le regarder, face à face, sans aucun « point de vue » fixé d’avance, sans se retourner vers toutes les opinions, tous les modèles et tous les concepts traditionnels. Il fallait la pureté d’une perception immédiate, lorsque celui qui, ou ce qui, se trouve devant toi est perçu directement, par un seul acte volontaire et entier, sans réflexion, sans regard vers tout le « bagage » accumulé au cours d’une longue vie.
C’était une révélation, un moment de vérité, familier à quiconque a cherché sérieusement la vérité. Pour voir ainsi l’homme qui se tenait devant soi, il fallait se trouver dans une autre réalité. Plus exactement, dans la plénitude de la réalité : car le Royaume n’est rien d’autre que la plénitude de la réalité du grand monde de Dieu, ouverte à l’homme autant qu’il peut la recevoir.
Dans une telle plénitude, et seulement en elle, on peut voir dans le Messie le Messie. Il ne s’agit pas ici de la confession de la divino-humanité du Christ, comme on le pense parfois ; il n’y a ici aucune affirmation de concepts théologiques, il y a simplement la Rencontre. C’était la rencontre avec le Christ dans toute la plénitude de Sa personne, donc dans la plénitude divino-humaine, mais il n’y avait pas ici cette réflexion théologique qui engendre les formulations doctrinales.
Une telle expérience fait de l’homme un disciple du Messie, en l’associant à la vie du Royaume, et c’est pourquoi Pierre devient le chef de la communauté apostolique. Bien sûr, non pas de manière héréditaire : une telle expérience ne peut être transmise à personne ; on peut seulement en témoigner, et chacun doit la vivre lui-même s’il veut devenir le successeur de l’apôtre Pierre non par statut, mais par l’esprit. De même que chaque chrétien doit la vivre, s’il veut devenir chrétien non seulement en paroles, mais en actes, devenir disciple du Messie et habitant du Royaume.
15 " Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? " |
16 Simon-Pierre répondit : " Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. " |
Il est difficile de prendre la responsabilité de son choix. Il est difficile d'exprimer une opinion déterminée, difficile de prendre une décision, car tu portes la responsabilité de toutes ses conséquences et de tous ses fruits. Et si ce choix, cette décision, relève du domaine religieux ou moral, il faut en répondre par toute sa vie. Et il est difficile de prendre des décisions en général: l'homme peut-il savoir quoi que ce soit avec certitude?
C'est pourquoi le moment où l'apôtre Pierre, en son propre nom ou au nom des Douze, se décide à prononcer les paroles: « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », est si important. Par cette confession, Pierre reçoit le Seigneur Jésus comme Sauveur. Tout ce qui suit, le témoignage, la prédication, le poids de la nuit de Gethsémani et le don de la Pentecôte, est fondé sur cette décision de Pierre, sur son acte personnel et sa confession. Devenant le fondement de l'Église, il participe sinon à la nature divine, car la Cène est encore loin, du moins à l'autorité divine du Christ.
Pierre lui-même semble avoir profondément vécu ce moment. Dans son épître, écrite vers l'an 63, lorsqu'il parle de l'essence de la foi et de la vie, il mentionne précisément la disposition à « rendre compte de l'espérance » (1 P 3:15). À proprement parler, l'apostolat des Douze consiste d'abord dans leur confession, et seulement ensuite dans la prédication sur toute la face de la terre. Et cela vaut pleinement pour tous leurs disciples.
15 " Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? " |
16 Simon-Pierre répondit : " Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. " |
Il est difficile d’assumer la responsabilité de son choix, d’émettre une opinion bien définie, de prendre une décision ; car nous sommes responsables des conséquences et des fruits qui en résultent. Alors assumer la responsabilité sera toute la vie, si ce choix, cette décision sont liés aux domaines religieux et moral. Mais la décision est généralement difficile à prendre parce que l’Homme ne peut pas connaitre quelque chose avec certitude.
Raison pour laquelle le moment donc Pierre se décide de prononcer ces paroles en son nom ou au nom des douze est très important : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». Grace à cette confession, Pierre accepte Jésus comme le Sauveur. Ultérieurement, le témoignage, le sermon, le poids de la nuit des oliviers et le don pentecôtiste est basé sur cette décision de Pierre, sur son acte et sur sa pénitence. Devenant le fondement de l’Eglise, il s’initie si ce n’est pas par la nature divine (la cène est encore loin), alors c’est par le pouvoir divin de Jésus.
Pierre a lui aussi été profondément éprouvé par ce moment. Parlant de la foi et de la vie dans l’épître écrite il y a 63 ans, il mentionne la disposition de « rendre compte de l’espérance » (1 épître de Pierre 3:15). L’apostolicité des apôtres consiste en premier lieu de leurs pénitences et seulement après de leurs sermons sur toute la surface de la terre. Et ceci concerne tous leurs élèves.
15 " Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? " |
Qui dites vous qu’est Jésus de Nazareth ? On ne peut pas passer outre cette question. Qui es Tu, pour qui Te prends-Tu ? Le Fils de l’homme, qui est ce ? Qui suis-Je pour vous ? - c’est l’une des plus importantes questions dans l’Evangile. On amena à Jésus un possédé et Il le guéri, la foule se mit à se demander : N’est ce pas jésus, le fils de David ? N’est ce pas celui qui doit sauver le monde ? Et pourquoi dit – Il : je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée ? Ta réponse à la question qui est Jésus est ton épée, pénétrante jusqu’au fond de toi, « jusqu’ à la disjonction des organes et du cerveau ». Nous ne pouvons pas donner « une réponse de Normand » à cette question.
Le pharaon endurci ainsi son cœur lorsque Dieu a travers Moise lui dit : laisse mon peuple partir. Il est écrit dans le livre d’Exode : « … J’endurcirai le cœur du pharaon » (Ex 4 :21). Il serait naïf de croire que Dieu force le pharaon à refuser Sa proposition par une action créatrice particulière. C’est seulement le diable qui agit ainsi, s’emparant de la volonté de l’Homme. Mais étant devant un dilemme, le pharaon ne peut pas rester évasivement courtois : soit c’est Dieu qui a envoyé Moise et alors il doit obtempérer, soit il n’y a qu’un seul dieu vivant en Egypte c'est-à-dire lui le pharaon.
Les pharisiens tout comme le roi sont devant un choix à faire: soit cet Homme est le sauveur du monde, soit Il ne l’est pas. Il n y a pas lieu ici a une sensible conduite politique correcte ; cette question capitale de la vie transforme au juste notre cœur hésitant et sans volonté, et lui donne une propriété opposée. Mais dépendant de notre réponse, cette propriété sera soit une vigueur de la foi vivante, soit une âpreté, une atrocité comme chez le pharaon et les pharisiens.
C’est notamment cela que constate Jésus lorsqu’Il dit : qui n’est pas pour moi, est contre moi, et celui qui ne moissonne pas avec moi, disperse. Ce genre de questionnement de nos jours nous semble outrageusement rigoriste ; nous préférerions nous écarter d’une réponse directe ; mais rien d’autre que cette réponse à l’appel de Jésus ne pourrait rentre notre cœur inflexible et la vie authentique. Et c’est pourquoi cette question est un cadeau de la part de Dieu pour nous.
18 Eh bien! moi je te dis: Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l'Hadès ne tiendront pas contre elle. |
Sur quoi l'Église est-elle fondée ? Quelles qualités font de Simon, fils de Jonas, Pierre, la pierre posée au fondement de l'Église ? Une foi ardente ? Une résolution sans retour ? Un charisme de chef ? Peut-être... Toutes ces qualités se trouvent chez Pierre. Mais il semble qu'autre chose soit plus important. Jésus prononce ces paroles non pas immédiatement après que Pierre L'a appelé Christ, Fils du Dieu vivant ; d'abord Jésus dit que Pierre n'est pas parvenu à cette confession par ses propres forces humaines, mais par une révélation du Père.
Ainsi Jésus met au premier plan l'ouverture de Pierre à Dieu. C'est réellement le cas : Pierre est étonnamment ouvert ; il ne comprend pas toujours tout correctement ni immédiatement, il se hâte parfois, se trompe parfois, manifeste parfois de la faiblesse, mais il est ouvert, actif et hardi. Et telle devient l'Église des temps apostoliques : elle est sans cesse instruite par l'Esprit Saint, elle ne s'enferme pas entre quatre murs, portant sans crainte le témoignage du Christ au monde entier. L'invulnérabilité de l'Église face aux forces du mal, le fait que « les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle », s'explique précisément par son ouverture à Dieu, par l'accueil de la force de Dieu, de la force de l'Esprit Saint, qui chasse tout mal.
18 Eh bien! moi je te dis: Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l'Hadès ne tiendront pas contre elle. |
Sur quoi l’Église est-elle fondée ? Quelles qualités font Simon, fils de Jonas être Pierre, cette pierre posée au fondement de l’Église ? Est-ce une foi ardente ? Est-ce une résolution sans réserve ? Ou alors est ce le charisme du leadership ? Peut être que Pierre possède toutes ces qualités. Mais une autre chose est plus importante ; Jésus ne dit pas ces paroles subitement après que Pierre l’ait appelé Christ, Fils du Dieu vivant ; Jésus a d’abord dit que Pierre n’est pas venu à cette confession par ses propres forces mais par la révélation du Père qui est dans les cieux. Donc Jésus met en premier lieu la disponibilité, l’ouverture de Pierre à Dieu. Et c’est effectivement comme cela ; Pierre est formidablement ouvert, même s’il ne fait pas toujours tout comme il le faut et ne comprend pas aussitôt ; parfois il s’empresse, fait des bévues et fait preuve de faiblesse, mais il reste ouvert, actif et audacieux. L’Eglise des temps apostoliques en ait ainsi : elle est constamment inspirée par le Saint Esprit, elle ne se referme pas sur elle-même et apporte sans crainte la Bonne Nouvelle partout dans le monde. L’invulnérabilité de l’Église pour les forces des ténèbres est due au fait que « les portes de l’enfer ne peuvent pas la {l’Église} surmonter », et ceci s’explique par l’ouverture de l’Église à Dieu, par son acceptation de l’autorité de Dieu, acceptation du pouvoir du Saint Esprit qui chasse tout mal et mauvais esprit.
13 Arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Jésus posa à ses disciples cette question : " Au dire des gens, qu'est le Fils de l'homme ? " |
14 Ils dirent : " Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres encore, Jérémie ou quelqu'un des prophètes. " - |
15 " Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? " |
16 Simon-Pierre répondit : " Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. " |
17 En réponse, Jésus lui dit : " Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t'est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux. |
18 Eh bien! moi je te dis: Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l'Hadès ne tiendront pas contre elle. |
19 Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié. " |
20 Alors il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu'il était le Christ. |
Pour qui les gens prennent-ils Jésus ? Cette question se pose encore à chacun de nous, et les réponses que l’on entend sont diverses.
D’abord, Il interroge les disciples sur les opinions qui circulent dans le peuple. Les opinions rapportées par les disciples diffèrent, au fond, par le nom mentionné, mais elles se ramènent toutes à voir en Jésus un grand prophète. Et cette opinion, à vrai dire, n’a pas disparu, car le maximum que les gens puissent conclure, en regardant de loin, c’est qu’Il est prophète. À notre époque, on ajouterait d’autres définitions, par exemple « grand maître », etc. Mais, jusqu’à un certain moment, toutes ces définitions relèvent de l’information abstraite.
Puis Il demande aux disciples leur opinion personnelle, et cette question nous est adressée à tous. Ici cesse la théorie nue, et vient l’heure du choix. De celui que je reconnais être le Christ dépend la manière dont je vais vivre.
C’est pourquoi la confession de Pierre ne fut pas seulement sa reconnaissance personnelle de Jésus comme Christ, Fils de Dieu. Par sa bouche, tous les apôtres ont confessé le Christ, et à cette confession se joignent les disciples de tous les temps et de tous les peuples. Ce ne sont pas la chair et le sang qui l’ont révélé à Pierre : cela signifie que ce ne sont ni les réflexions ni les traditions humaines, mais le Père céleste. Les réflexions humaines peuvent mener jusqu’au seuil de la vérité, mais c’est le Seigneur Lui-même qui nous aide, mystérieusement et imperceptiblement pour la perception ordinaire, à franchir ce seuil.
13 Arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Jésus posa à ses disciples cette question : " Au dire des gens, qu'est le Fils de l'homme ? " |
14 Ils dirent : " Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres encore, Jérémie ou quelqu'un des prophètes. " - |
15 " Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? " |
16 Simon-Pierre répondit : " Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. " |
17 En réponse, Jésus lui dit : " Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t'est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux. |
18 Eh bien! moi je te dis: Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l'Hadès ne tiendront pas contre elle. |
19 Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié. " |
20 Alors il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu'il était le Christ. |
21 À dater de ce jour, Jésus commença de montrer à ses disciples qu'il lui fallait s'en aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter. |
22 Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner en disant : " Dieu t'en préserve, Seigneur ! Non, cela ne t'arrivera point ! " |
23 Mais lui, se retournant, dit à Pierre : " Passe derrière moi, Satan ! tu me fais obstacle, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! " |
Le passage du livre des Nombres raconte la méfiance humaine, la manière dont cette foule sortie d'Égypte ne voit pas, derrière ses problèmes, la présence de Celui qui peut résoudre tous ses problèmes.
Comme l'opinion de la foule est contagieuse ! Même Moïse, semble-t-il, tombe sous son influence et, perdant confiance, frappe deux fois le rocher de son bâton au lieu d'en faire sortir l'eau par la PAROLE. Cette petite hésitation de celui « à qui il a été beaucoup donné » conduit pour lui à l'impossibilité d'entrer dans la terre promise tant désirée.
Le passage de l'Évangile apparaît comme une sorte de réponse à cette histoire. Jésus, après avoir entendu les opinions diverses sur Lui qui viennent de la foule, demande aux disciples : « Et vous, qui dites-vous que Je suis ? » Il les aide ainsi à surmonter cette pression de la foule. Et Il reçoit la réponse inspirée de Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ».
13 Arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Jésus posa à ses disciples cette question : " Au dire des gens, qu'est le Fils de l'homme ? " |
14 Ils dirent : " Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres encore, Jérémie ou quelqu'un des prophètes. " - |
15 " Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? " |
16 Simon-Pierre répondit : " Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. " |
17 En réponse, Jésus lui dit : " Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t'est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux. |
18 Eh bien! moi je te dis: Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l'Hadès ne tiendront pas contre elle. |
19 Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié. " |
20 Alors il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu'il était le Christ. |
21 À dater de ce jour, Jésus commença de montrer à ses disciples qu'il lui fallait s'en aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter. |
22 Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner en disant : " Dieu t'en préserve, Seigneur ! Non, cela ne t'arrivera point ! " |
23 Mais lui, se retournant, dit à Pierre : " Passe derrière moi, Satan ! tu me fais obstacle, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! " |
24 Alors Jésus dit à ses disciples : " Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. |
25 Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera. |
26 Que servira-t-il donc à l'homme de gagner le monde entier, s'il ruine sa propre vie? Ou que pourra donner l'homme en échange de sa propre vie? |
27 " C'est qu'en effet le Fils de l'homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon sa conduite. |
28 En vérité je vous le dis : il en est d'ici présents qui ne goûteront pas la mort avant d'avoir vu le Fils de l'homme venant avec son Royaume. |
Les apôtres ne comprennent pas immédiatement Jésus. Pierre, en L'appelant Christ, c'est-à-dire Oint, Roi d'Israël, ne peut contenir Ses prédictions concernant Sa propre mort à Jérusalem.
Et nous, comprenons-nous ce que signifie être chrétiens ? Car pour nous, le christianisme est le plus souvent associé à une certaine forme de vie spirituelle, à une vision particulière du monde, à un comportement particulier, à des règles de vie particulières. Notre « salut de l'âme » ne contraste-t-il pas avec les paroles sur ceux qui « veulent sauver leur âme (leur vie) » ? Il ne parle pas de règles, ni de vision du monde, ni de « valeurs chrétiennes ». Il parle de la croix, du port de la croix, comme du signe du chrétien.
Si cela nous est difficile à comprendre et à contenir, nous ne devons pas désespérer : les apôtres non plus ne le pouvaient pas. L'important est seulement d'avancer sur le chemin de cette prise de conscience. Et pour avancer, il faut connaître le but.
1 Les Pharisiens et les Sadducéens s'approchèrent alors et lui demandèrent, pour le mettre à l'épreuve, de leur faire voir un signe venant du ciel. |
2 Il leur répondit : " Au crépuscule vous dites : Il va faire beau temps, car le ciel est rouge feu ; |
3 et à l'aurore: Mauvais temps aujourd'hui, car le ciel est d'un rouge sombre. Ainsi, le visage du ciel, vous savez l'interpréter, et pour les signes des temps vous n'en êtes pas capables! |
4 Génération mauvaise et adultère ! elle réclame un signe, et de signe, il ne lui sera donné que le signe de Jonas. " Et les laissant, il s'en alla. |
5 Comme ils passaient sur l'autre rive, les disciples avaient oublié de prendre des pains. |
6 Or Jésus leur dit : " Ouvrez l'œil et méfiez-vous du levain des Pharisiens et des Sadducéens ! " |
7 Et eux de faire en eux-mêmes cette réflexion : " C'est que nous n'avons pas pris de pains. " |
8 Le sachant, Jésus dit : " Gens de peu de foi, pourquoi faire en vous-mêmes cette réflexion, que vous n'avez pas de pains ? |
9 Vous ne comprenez pas encore? Vous ne vous rappelez pas les cinq pains pour les cinq mille hommes, et le nombre de couffins que vous en avez retirés? |
10 ni les sept pains pour les quatre mille hommes, et le nombre de corbeilles que vous en avez retirées? |
11 Comment ne comprenez-vous pas que ma parole ne visait pas des pains ? Méfiez-vous, dis-je, du levain des Pharisiens et des Sadducéens ! " |
12 Alors ils comprirent qu'il avait dit de se méfier, non du levain dont on fait le pain, mais de l'enseignement des Pharisiens et des Sadducéens. |
13 Arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Jésus posa à ses disciples cette question : " Au dire des gens, qu'est le Fils de l'homme ? " |
14 Ils dirent : " Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres encore, Jérémie ou quelqu'un des prophètes. " - |
15 " Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? " |
16 Simon-Pierre répondit : " Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. " |
17 En réponse, Jésus lui dit : " Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t'est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux. |
18 Eh bien! moi je te dis: Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l'Hadès ne tiendront pas contre elle. |
19 Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié. " |
20 Alors il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu'il était le Christ. |
21 À dater de ce jour, Jésus commença de montrer à ses disciples qu'il lui fallait s'en aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter. |
22 Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner en disant : " Dieu t'en préserve, Seigneur ! Non, cela ne t'arrivera point ! " |
23 Mais lui, se retournant, dit à Pierre : " Passe derrière moi, Satan ! tu me fais obstacle, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! " |
24 Alors Jésus dit à ses disciples : " Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. |
25 Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera. |
26 Que servira-t-il donc à l'homme de gagner le monde entier, s'il ruine sa propre vie? Ou que pourra donner l'homme en échange de sa propre vie? |
27 " C'est qu'en effet le Fils de l'homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon sa conduite. |
28 En vérité je vous le dis : il en est d'ici présents qui ne goûteront pas la mort avant d'avoir vu le Fils de l'homme venant avec son Royaume. |
La lecture d'aujourd'hui nous raconte la confession de Pierre (v. 13-20), précédée des conversations de Jésus avec les pharisiens au sujet des signes (« prodiges », v. 1-4) et avec les disciples au sujet du « levain des pharisiens et des sadducéens » (v. 5-12). Elle s'achève par la description du dialogue de Pierre avec Jésus, au cours duquel Jésus parle de Son disciple avec assez de rudesse (v. 21-28).
Manifestement, l'événement central ici est précisément la confession de Pierre, qui reconnaît en Jésus le Messie-Christ promis par Dieu, tandis que le peuple Le tenait pour un prophète (v. 14-16). Alors Jésus, confirmant la conclusion de Pierre, dit qu'il n'a pu le comprendre que grâce à une révélation venant de Dieu (v. 17).
Il semblerait que les disciples de Jésus n'étaient pas les seuls à attendre le Messie : aux temps évangéliques, les attentes messianiques étaient très vives dans le peuple juif. Mais justement, Jésus ressemblait moins que tout au Messie qu'attendaient le peuple et les rabbins savants. Le peuple attendait un Messie-roi qui libérerait la Judée du pouvoir de Rome ; les rabbins savants et les théologiens scribes voulaient voir un Messie qui correspondrait à leurs théories théologiques. Ce n'est pas par hasard que les pharisiens et les sadducéens demandent à Jésus de leur montrer l'un de ces signes messianiques par lesquels, selon leurs propres conceptions, on pouvait seulement reconnaître le Messie. Et Jésus refuse, non parce que, bien sûr, cela Lui aurait été difficile, mais parce qu'Il ne voulait « s'inscrire » dans aucun concept théologique et n'avait pas l'intention de « correspondre » aux représentations de qui que ce soit. Accepter un tel Messie, ne correspondant à aucune norme ni opinion communément admise, en qui la majorité était prête à voir plutôt un impie et un transgresseur de la Torah qu'un Messie, n'était réellement possible que par révélation.
Peu après cela, le temps vint pour Pierre et les autres disciples d'apprendre la croix et la Résurrection (v. 21), et il apparut alors que cette connaissance était insupportable pour l'homme. Accepter un Messie persécuté et souffrant était encore possible, d'autant que l'image du Messie souffrant était bien connue de tout Juif croyant par le livre d'Isaïe, mais se résigner à Sa défaite complète se révéla absolument impensable ; or la mort sur la croix était perçue par Pierre et les autres apôtres seulement comme une défaite. Quant à la réalité de la résurrection en général et de la Résurrection du Christ en particulier, elle n'était pour eux qu'une perspective lointaine, si bien que, même lorsqu'Il ressuscita, ils ne purent pas encore longtemps y croire jusqu'au bout.
Il n'est pas étonnant que Pierre ne puisse se résigner à l'idée de la nécessité de la mort du Maître (v. 22). Mais Jésus demeure ici aussi inflexible : on ne peut pas s'arrêter à mi-chemin, on ne peut pas accepter le Messie sans accepter Son chemin. L'homme qui agit ainsi se transforme de disciple en adversaire (v. 23). Il n'y a qu'un seul chemin vers le Royaume (v. 24-27), et l'on ne peut y parvenir qu'en le parcourant jusqu'au bout.
Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible. Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit. | ||
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||