7 Yahvé est bon; il est une citadelle au jour de la détresse. Il connaît ceux qui se confient en lui, |
Que veut dire le prophète lorsqu'il affirme que Dieu est un bon refuge au jour de la détresse? Le plus simple, bien sûr, serait d'interpréter ses paroles en ce sens que le sentiment religieux, l'espérance en Dieu, aide dans les jours difficiles ceux qui possèdent une telle espérance. Il est difficile de contester cela; mais est-ce de cette espérance que parle Nahum? Car alors, au fond, il serait plus juste de parler non de Dieu comme d'un refuge sûr, mais du sentiment religieux comme d'un appui sûr, qui peut réellement être utile au jour de la détresse et l'a été pour beaucoup.
Or le prophète parle de la bonté de Dieu, qui devient un refuge au jour de l'affliction, et le texte hébreu correspondant peut aussi être interprété ainsi. Et la bonté de Dieu n'appartient pas seulement à Dieu: il l'a aussi déposée dans le monde qu'il a créé, lequel, au commencement, avant la chute, était, selon la parole de la Bible, « très bon » ou « très bien », le texte hébreu correspondant employant le même mot que Nahum emploie dans sa prédication. Une partie de cette bonté, inséparable de la plénitude du monde de Dieu, plénitude détruite par la chute, se trouve dans les hommes qui cherchent le salut auprès de Dieu. Le mot hébreu correspondant, rendu dans la traduction synodale par « ceux qui espèrent », signifie proprement « ceux qui cherchent un refuge » ou « ceux qui cherchent le salut ». En effet, quiconque cherche auprès de Dieu le salut ou un refuge est manifestement prêt à se confier à lui de tout son cœur, à s'appuyer entièrement sur lui; et une telle disposition établit entre Dieu et l'homme des relations profondes et solides, relations qui appartiennent moins au monde déchu qu'au Royaume.
Bien sûr, avant la venue du Christ dans le monde, il était encore trop tôt pour parler de la proximité du Royaume. Mais le monde avait été conçu dès l'origine par Dieu comme son Royaume. Il a cessé de l'être à la suite de la chute, qui fut un événement non pas tant naturel ou historique que spirituel, tous les phénomènes naturels et historiques liés à la chute n'en étant que la conséquence. Pourtant celui dont les relations avec Dieu se rétablissaient autant que possible pour le monde déchu participait à cette plénitude du monde de Dieu qui, pour le Créateur, demeurait toujours une réalité. Et une telle plénitude pouvait vraiment devenir un refuge authentique, même dans les jours les plus lourds.
7 Yahvé est bon; il est une citadelle au jour de la détresse. Il connaît ceux qui se confient en lui, |
Que veut dire le prophète, en disant que Dieu est un bon refuge au jour du désastre? Il aurait bien sûr été plus facile d’interpréter ses mots dans ce sens que le sentiment religieux, l'espoir en Dieu aident aux jours difficiles ceux, qui ont un tel espoir. Il est difficile de discuter avec cela; mais est-ce d’un tel espoir que parle Nahum? En effet, au fond, il serait alors plus juste de parler non pas de Dieu, comme un refuge sûr, mais du sentiment religieux, comme un support sûr, qui au jour du désastre peut vraiment être utile et a été utile à plusieurs. Et le prophète entre autre parle de la bonté de Dieu, qui devient refuge au jour de la détresse (le texte correspondant juif peut aussi être interprété ainsi). Et en effet, la bonté de Dieu n’appartient pas seulement à Dieu. Il l'a mis et dans le monde créé par Lui, qui au départ, avant la chute, était, selon la parole de la Bible, «tout à fait bien» (ou «tout à fait bon»; dans le texte correspondant juif on utilise le même mot, que utilise Nahum dans son sermon).
Et une partie de cette bonté, inséparable de la plénitude du monde de Dieu, plénitude détruite par la chute, s’avèrent des gens cherchant le salut chez Dieu (le mot correspondant juif transmis dans la traduction Bible de Jérusalem comme «espérant», signifie au fait «chercheurs de refuge» ou «chercheurs de salut»). En effet: chacun, cherchant chez Dieu le salut ou le refuge, évidemment, est prêt à Lui faire confiance de tout son coeur, compter sur Lui entièrement. Et une telle volonté établit entre Dieu et l’homme des relations profondes et solides, des relations propres pas autant au monde déchu, qu'au Royaume.
Certes, il était encore tôt de parler de la proximité du Royaume avant l'arrivée au monde du Christ. Mais en effet, le monde était initialement conçu par Dieu, comme Son Royaume. Il a cessé d'y être en conséquence de la chute, qui était un fait pas autant naturel ou historique, que spirituel (tous les phénomènes naturels et historiques liés avec la chute sont seulement une conséquence). Mais celui, dont la relation avec Dieu se rétablissait autant que possible pour le monde déchu, se joignait à cette plénitude du monde de Dieu, qui pour Dieu restait toujours une réalité. Et une telle plénitude pouvait vraiment devenir un vrai refuge. Même dans les jours les plus difficiles.
1 Oracle sur Ninive. Livre de la vision de Nahum, d'Elqosh. |
2 C'est un Dieu jaloux et vengeur que Yahvé! Il se venge, Yahvé, il est riche en colère! Il se venge, Yahvé, de ses adversaires, il garde rancune à ses ennemis. |
3 Yahvé est lent à la colère, mais grand par sa puissance. L'impunité, jamais il ne l'accorde, Yahvé. Dans l'ouragan, dans la tempête il fait sa route, les nuées sont la poussière que soulèvent ses pas. |
4 Il menace la mer, il la met à sec, il fait tarir tous les fleuves. ... flétris sont Bashân et le Carmel, flétrie la verdure du Liban! |
5 Les montagnes tremblent à cause de lui, les collines chancellent, la terre s'effondre devant lui, le monde et tous ceux qui l'habitent. |
6 Son courroux! qui pourrait le soutenir? Qui se tiendrait devant son ardente colère? Sa fureur se déverse comme le feu et les rochers se brisent devant lui. |
7 Yahvé est bon; il est une citadelle au jour de la détresse. Il connaît ceux qui se confient en lui, |
8 même quand survient l'inondation. Il réduira à néant ceux qui se dressent contre lui, il poursuivra ses ennemis jusque dans les ténèbres. |
9 Que méditez-vous sur Yahvé? C'est lui qui réduit à néant; l'oppression ne se lèvera pas deux fois. |
10 Comme un fourré d'épines enchevêtrées ils seront dévorés, comme la paille sèche, entièrement. |
11 C'est de toi qu'est sorti celui qui médite contre Yahvé, l'homme aux desseins de Bélial. |
12 Ainsi parle Yahvé. Si intacts, si nombreux soient-ils, ils seront fauchés et ils passeront. Si je t'ai humiliée, je ne t'humilierai plus désormais. |
13 Et maintenant, je vais briser son joug qui pèse sur toi, rompre tes chaînes. |
14 Pour toi, voici l'ordre de Yahvé : Il n'y aura plus de race qui porte ton nom; du temple de tes dieux j'enlèverai images sculptées et coulées; je dévasterai ta tombe car tu es maudit. |
On ne peut manquer de remarquer l'assurance du prophète Nahum que le tribunal suprême est juste. La justice du Seigneur se manifeste aussi bien dans sa bonté envers ceux qui espèrent en lui que dans le châtiment qu'il envoie pour le mal. Ce sont les deux faces de la justice, et sans l'une ou l'autre elle ne peut pas se réaliser sur la terre. Mais le mal existe en parasitant des personnes vivantes; c'est pourquoi il est impossible de le vaincre dans le monde terrestre sans faire souffrir ses victimes, devenues porteuses du mal.
Les reproches de Nahum à l'adresse de l'Assyrie pourraient paraître seulement comme l'une des manifestations de l'hostilité nationale, mais un tel regard serait superficiel. Derrière les dénonciations d'un ennemi terrestre concret, il n'est pas difficile de voir une compréhension plus profonde du sens des événements qui se déroulent devant le regard du prophète. Car l'Assyrie contemporaine de Nahum représente une incarnation réelle du mal: ce n'est pas simplement un État hostile, mais un empire païen agressif, qui ne cherche pas seulement à conquérir les royaumes voisins, mais qui, par son mode de vie même, lance un défi au Dieu d'Israël. Sa disparition est davantage qu'une simple défaite militaire: c'est la fin logique de prétentions impies.
Mais voici que retentissent soudain des paroles sur les pas du messager de bonne nouvelle qui annonce la paix, et nous voyons que la défaite de l'ennemi n'est pas une fin en soi pour le prophète. Ce n'est pas de cela qu'il se réjouit, mais de la possibilité qui vient enfin de commencer une vie normale et pacifique.
Telles furent sans doute les espérances de paix en 1945. La paix, alors non plus, ne s'installa pas une fois pour toutes: l'intervalle entre la défaite de l'ancien ennemi et l'apparition de nouveaux dangers fut bref. Mais, en nous tournant vers cette époque encore récente à l'échelle de l'histoire, nous pouvons mieux sentir ce que ressentaient Nahum et ses contemporains aux jours de l'effondrement de l'Assyrie.
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