15 Quand ils eurent déjeuné, Jésus dit à Simon-Pierre : " Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci ? " Il lui répondit : " Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. " Jésus lui dit : " Pais mes agneaux. " |
16 Il lui dit à nouveau, une deuxième fois : " Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? " - " Oui, Seigneur, lui dit-il, tu sais que je t'aime. " Jésus lui dit : " Pais mes brebis. " |
17 Il lui dit pour la troisième fois : " Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? " Pierre fut peiné de ce qu'il lui eût dit pour la troisième fois : " M'aimes-tu ? ", et il lui dit : " Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t'aime. " Jésus lui dit : " Pais mes brebis. |
18 En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais jeune, tu mettais toi-même ta ceinture, et tu allais où tu voulais ; quand tu auras vieilli, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudrais pas. " |
19 Il signifiait, en parlant ainsi, le genre de mort par lequel Pierre devait glorifier Dieu. Ayant dit cela, il lui dit : " Suis-moi. " |
20 Se retournant, Pierre aperçoit, marchant à leur suite, le disciple que Jésus aimait, celui-là même qui, durant le repas, s'était penché sur sa poitrine et avait dit : " Seigneur, qui est-ce qui te livre ? " |
21 Le voyant donc, Pierre dit à Jésus : " Seigneur, et lui ? " |
22 Jésus lui dit : " Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ? Toi, suis-moi. " |
23 Le bruit se répandit alors chez les frères que ce disciple ne mourrait pas. Or Jésus n'avait pas dit à Pierre : " Il ne mourra pas ", mais : " Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne. " |
24 C'est ce disciple qui témoigne de ces faits et qui les a écrits, et nous savons que son témoignage est véridique. |
25 Il y a encore bien d'autres choses qu'a faites Jésus. Si on les mettait par écrit une à une, je pense que le monde lui-même ne suffirait pas à contenir les livres qu'on en écrirait. |
L'un des thèmes favoris des prédicateurs chrétiens est l'histoire du triple reniement de Pierre et la question répétée trois fois par Jésus ressuscité: « M'aimes-tu? ». Les commentateurs attirent souvent l'attention sur les nuances de sens du mot « aimer », qui dans le texte grec est rendu par deux mots différents, en tirant parfois des nuances de l'usage grec des conclusions de grande portée. Pourtant de telles nuances ne pouvaient guère jouer un rôle aussi grand dans le dialogue de Jésus avec Pierre: car ils ne parlaient évidemment pas grec, mais très probablement araméen; or en araméen, contrairement au grec, de telles nuances sont absentes.
Mais la triple question et la triple réponse ont leur sens dans la tradition juive: un témoignage ou un serment répété trois fois est considéré comme définitivement confirmé. Apparemment, cette coutume est liée aux particularités du tempérament national: qui sait ce qui peut échapper à la langue dans le feu de l'émotion! Mais si un homme répète quelque chose trois fois, s'il répond trois fois de la même manière à la question qu'on lui pose, cela signifie que la réponse n'est plus donnée sous le coup de l'émotion, que celui qui répond pense réellement ce qu'il dit, et que sa réponse peut être tenue pour ferme et définitive.
Bien sûr, en répondant à Jésus, Pierre ne pouvait pas ne pas comprendre pourquoi le Maître lui posait trois fois la même question. Il ne pouvait évidemment pas ne pas se souvenir de son triple reniement de Jésus, même s'il n'en avait pas pleinement conscience à ce moment-là. Et tous deux comprenaient parfaitement que ce reniement n'avait tout de même pas été pleinement conscient, qu'il avait été involontaire, qu'il s'était produit dans une situation que Pierre lui-même ne comprenait pas jusqu'au bout, et qu'il n'avait été triple qu'extérieurement: en réalité, les trois fois, Pierre ne réfléchissait même pas au sens de la question, il écartait simplement les gens qui l'interrogeaient pour qu'ils ne l'empêchent pas de suivre ce qui arrivait à son Maître. Jésus, manifestement, veut de lui un triple serment, presque formel, d'amour à son égard. Et Pierre en éprouve amertume et douleur, comme un homme qui comprend qu'après ce qui s'est passé le Maître ne peut plus lui faire confiance comme auparavant.
Et Jésus explique aussitôt ses questions: un nouveau ministère important et responsable attend Pierre, qui s'achèvera comme s'est achevé le ministère terrestre de son Maître. La question n'était pas posée simplement ainsi: la réponse était nécessaire à Pierre lui-même. À l'homme dont le ministère apostolique a commencé par une apostasie involontaire et s'est achevé par la mort martyre d'un témoin fidèle.
15 Quand ils eurent déjeuné, Jésus dit à Simon-Pierre : " Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci ? " Il lui répondit : " Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. " Jésus lui dit : " Pais mes agneaux. " |
16 Il lui dit à nouveau, une deuxième fois : " Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? " - " Oui, Seigneur, lui dit-il, tu sais que je t'aime. " Jésus lui dit : " Pais mes brebis. " |
17 Il lui dit pour la troisième fois : " Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? " Pierre fut peiné de ce qu'il lui eût dit pour la troisième fois : " M'aimes-tu ? ", et il lui dit : " Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t'aime. " Jésus lui dit : " Pais mes brebis. |
18 En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais jeune, tu mettais toi-même ta ceinture, et tu allais où tu voulais ; quand tu auras vieilli, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudrais pas. " |
19 Il signifiait, en parlant ainsi, le genre de mort par lequel Pierre devait glorifier Dieu. Ayant dit cela, il lui dit : " Suis-moi. " |
20 Se retournant, Pierre aperçoit, marchant à leur suite, le disciple que Jésus aimait, celui-là même qui, durant le repas, s'était penché sur sa poitrine et avait dit : " Seigneur, qui est-ce qui te livre ? " |
21 Le voyant donc, Pierre dit à Jésus : " Seigneur, et lui ? " |
22 Jésus lui dit : " Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ? Toi, suis-moi. " |
23 Le bruit se répandit alors chez les frères que ce disciple ne mourrait pas. Or Jésus n'avait pas dit à Pierre : " Il ne mourra pas ", mais : " Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne. " |
24 C'est ce disciple qui témoigne de ces faits et qui les a écrits, et nous savons que son témoignage est véridique. |
25 Il y a encore bien d'autres choses qu'a faites Jésus. Si on les mettait par écrit une à une, je pense que le monde lui-même ne suffirait pas à contenir les livres qu'on en écrirait. |
Pierre et Jean. Ces deux-là n'avaient pas fui cette nuit-là à Gethsémani, comme tous les autres. Ce n'est pas par hasard que Jésus s'adresse d'abord à Pierre. Et peut-être même à lui seul. En tout cas, l'évangéliste ne dit pas un mot d'éventuelles questions posées par Jésus aux autres disciples lors de cette rencontre. Mais à Pierre, il demanda: m'aimes-tu? Et il répéta la question trois fois. Comme s'il ramenait Pierre là-bas, dans la cour du Temple, où il avait trois fois renié connaître Jésus. Lui seul. Pour le reste, si l'on s'en tient à ce que dit l'évangéliste, Il ne demanda rien à personne. Et cela se comprend: que demander à ceux qui avaient fui? Ce ne sont pas des hommes perdus, non. Au contraire: tout est encore devant eux. Ils n'ont pas encore commencé leur chemin.
Mais Pierre, lui, avait commencé. Il avait fait le premier pas en suivant Jésus dans la cour du grand prêtre. Alors qu'il n'espérait plus rien, comme tous les autres. C'est là le premier pas: reconnaître la valeur propre de la relation avec le Christ. Et le reniement de Pierre dans la cour du Temple, Jésus l'évalue depuis la hauteur de ce premier pas accompli par Pierre. C'est précisément là, dans cette cour, qu'il avait commencé à devenir Son véritable disciple. Et il a failli tomber. Il n'est pas devenu traître. Ce qui a tout réparé, c'est que Pierre s'est aussitôt ressaisi: le chant du coq a retenti comme un tocsin.
Mais la chute était proche, très proche. Et Jésus pose à Pierre la question: alors, m'aimes-tu plus que ceux-ci? Comment as-tu traversé ce moment dans la cour du Temple? As-tu cédé ou as-tu tenu bon? Tes relations avec Moi, profondément personnelles et indépendantes de tout, qu'en est-il? Sont-elles restées? Ou es-tu devenu comme tous Mes autres disciples, et dois-tu maintenant tout recommencer depuis le début, comme eux? Bien sûr, Jésus voit tout parfaitement Lui-même. «Seigneur, Tu sais tout, Tu sais que je T'aime.»
Lui, Jésus, le sait bien sûr. Mais Il a besoin que Pierre aussi se comprenne. Qu'il se dise à lui-même ce qu'il vient de Lui dire. Pour que cela devienne évident: lui, Pierre, a un pas d'avance sur les autres. Et s'il en est ainsi, alors: «Pais Mes brebis». Non parce qu'il est supérieur, mais parce qu'il est allé en avant. Il a osé dans sa relation avec le Maître ce que les autres n'ont pas osé. C'est ainsi que, dans l'Église du Christ, on devient de vrais pasteurs et présidents. Et Jean? Lui non plus n'avait pas fui alors... «Que t'importe? Toi, suis-Moi.» Tu as ton chemin, lui a le sien. Va par ton chemin. Suis-Moi. Ton frère passera par le sien. Nous nous retrouverons tous dans Mon Royaume.
15 Quand ils eurent déjeuné, Jésus dit à Simon-Pierre : " Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci ? " Il lui répondit : " Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. " Jésus lui dit : " Pais mes agneaux. " |
16 Il lui dit à nouveau, une deuxième fois : " Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? " - " Oui, Seigneur, lui dit-il, tu sais que je t'aime. " Jésus lui dit : " Pais mes brebis. " |
17 Il lui dit pour la troisième fois : " Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? " Pierre fut peiné de ce qu'il lui eût dit pour la troisième fois : " M'aimes-tu ? ", et il lui dit : " Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t'aime. " Jésus lui dit : " Pais mes brebis. |
18 En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais jeune, tu mettais toi-même ta ceinture, et tu allais où tu voulais ; quand tu auras vieilli, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudrais pas. " |
19 Il signifiait, en parlant ainsi, le genre de mort par lequel Pierre devait glorifier Dieu. Ayant dit cela, il lui dit : " Suis-moi. " |
20 Se retournant, Pierre aperçoit, marchant à leur suite, le disciple que Jésus aimait, celui-là même qui, durant le repas, s'était penché sur sa poitrine et avait dit : " Seigneur, qui est-ce qui te livre ? " |
21 Le voyant donc, Pierre dit à Jésus : " Seigneur, et lui ? " |
22 Jésus lui dit : " Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ? Toi, suis-moi. " |
23 Le bruit se répandit alors chez les frères que ce disciple ne mourrait pas. Or Jésus n'avait pas dit à Pierre : " Il ne mourra pas ", mais : " Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne. " |
24 C'est ce disciple qui témoigne de ces faits et qui les a écrits, et nous savons que son témoignage est véridique. |
25 Il y a encore bien d'autres choses qu'a faites Jésus. Si on les mettait par écrit une à une, je pense que le monde lui-même ne suffirait pas à contenir les livres qu'on en écrirait. |
La conversation du Christ avec Pierre au bord de la mer de Tibériade est un objet constant de discussion entre chrétiens d'Orient et d'Occident à propos de ce qu'on appelle le primat de Pierre et de ses successeurs. En réalité, cette dispute se résout intérieurement, et il n'y a pas lieu d'en discuter. Dans la pratique, autre chose est beaucoup plus important. Après le reniement de Pierre, après les rencontres du Christ ressuscité avec les apôtres, après que le Seigneur a dit aux femmes myrophores : « dites à Mes frères et à Pierre », appelant spécialement Pierre à devenir témoin de la résurrection, après tout cela survient un moment nouveau dans leurs relations. C'est le moment du pardon et de la guérison complète de Pierre. C'est le moment d'une nouvelle vocation de Pierre au chemin de la Croix. À partir de ce moment, le poids du reniement ne pèse plus en rien sur Pierre.
Que faut-il donc pour cela ? Que demande le Christ, sur quoi l'interroge-t-Il ? Pierre est-il prêt à être un exécutant zélé des commandements ? Non. Pierre est-il prêt aux exploits d'ascèse et de maîtrise de soi ? Non. Pierre est-il prêt à bâtir l'Église et à accomplir la mission confiée par le Christ ? Non, il en sera question plus loin dans ce dialogue. Le Seigneur ne demande qu'une seule chose : « M'aimes-tu ? » C'est important, parce que nos relations avec le Christ, comme le destin et la vie de chacun de nous, ne dépendent que de la réponse à cette question et de la manière dont nous incarnons cette réponse. Tout le reste n'est que détails.
15 Quand ils eurent déjeuné, Jésus dit à Simon-Pierre : " Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci ? " Il lui répondit : " Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. " Jésus lui dit : " Pais mes agneaux. " |
16 Il lui dit à nouveau, une deuxième fois : " Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? " - " Oui, Seigneur, lui dit-il, tu sais que je t'aime. " Jésus lui dit : " Pais mes brebis. " |
17 Il lui dit pour la troisième fois : " Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? " Pierre fut peiné de ce qu'il lui eût dit pour la troisième fois : " M'aimes-tu ? ", et il lui dit : " Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t'aime. " Jésus lui dit : " Pais mes brebis. |
18 En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais jeune, tu mettais toi-même ta ceinture, et tu allais où tu voulais ; quand tu auras vieilli, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudrais pas. " |
19 Il signifiait, en parlant ainsi, le genre de mort par lequel Pierre devait glorifier Dieu. Ayant dit cela, il lui dit : " Suis-moi. " |
Il semblerait que ce soit un repas ordinaire: les apôtres et leur Maître sont couchés à table. Nous voyons Jésus ressuscité et Pierre, qui l'a récemment trahi. Oui, la douleur de la perte et la joie de la Résurrection ont sans doute déjà « lavé » cet acte, mais il a tout de même été commis... Et devant nous se tient un homme qui gardera toute sa vie le souvenir de sa trahison: il existe une tradition selon laquelle Pierre pleurait chaque fois qu'il entendait le chant du coq, se souvenant de son péché.
Mais c'est précisément cela qui introduit dans les relations du Maître avec son disciple quelque chose de tout à fait particulier; c'est sans doute pour cette raison que Jésus donne à Pierre la possibilité de confesser trois fois son amour. Oui, c'est particulièrement douloureux à la lumière de ce qui s'est passé, mais c'est nécessaire pour Pierre lui-même et pour qu'il puisse, la plaie déjà guérie, aller annoncer l'Évangile au monde. Pierre n'a plus rien à perdre ni à cacher au Seigneur. C'est pourquoi ses paroles ne sont pas seulement une déclaration d'amour, mais quelque chose de plus: « Tu sais tout; tu sais que je t'aime » (Jn 21:17). Et qui, sinon Pierre, peut comprendre que Jésus sait tout? Cette compréhension lui donne des forces, malgré le chagrin causé par la question répétée trois fois, pour répondre au Seigneur en confessant son amour.
20 Se retournant, Pierre aperçoit, marchant à leur suite, le disciple que Jésus aimait, celui-là même qui, durant le repas, s'était penché sur sa poitrine et avait dit : " Seigneur, qui est-ce qui te livre ? " |
21 Le voyant donc, Pierre dit à Jésus : " Seigneur, et lui ? " |
22 Jésus lui dit : " Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ? Toi, suis-moi. " |
23 Le bruit se répandit alors chez les frères que ce disciple ne mourrait pas. Or Jésus n'avait pas dit à Pierre : " Il ne mourra pas ", mais : " Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne. " |
24 C'est ce disciple qui témoigne de ces faits et qui les a écrits, et nous savons que son témoignage est véridique. |
25 Il y a encore bien d'autres choses qu'a faites Jésus. Si on les mettait par écrit une à une, je pense que le monde lui-même ne suffirait pas à contenir les livres qu'on en écrirait. |
Il est intéressant que Pierre et Jean se trouvent liés d'une manière particulière à travers certains événements évangéliques. Dans le passage d'aujourd'hui, nous voyons le même Pierre direct, qui ne tarde pas à poser des questions et ne cache pas ses pensées. Il est tout à fait possible que tous les disciples aient eu envers Jean, le plus jeune, une attitude pleine de sollicitude. C'est ici qu'elle se manifeste, cette sollicitude, dans une question directe sur le destin ultérieur du « petit frère »: « Seigneur! et lui? » (Jn 21:21). Et alors revient en mémoire la question de Jean lui-même sur celui qui trahirait Jésus, car elle avait été posée à la demande de Pierre (voir Jn 13:23–25)…
Et qu'entendons-nous en réponse? « Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe? » (Jn 21:22). Le Seigneur donne une réponse, avec peut-être un léger reproche à la curiosité de Pierre. Et cette réponse, on essaie aussitôt de l'interpréter pour comprendre exactement ce que Jésus voulait dire.
Tel est notre problème, à nous les hommes: « je veux tout savoir » et tout comprendre, souvent sans même nous demander si cela nous concerne. Comme il est fréquent de rencontrer un intérêt accru pour les horoscopes, l'interprétation des rêves, les prédictions de l'avenir. D'ailleurs, le désir obstiné d'interpréter chaque parole du livre de l'Apocalypse relève de la même chose... Mais Jean lui-même souligne que Jésus n'a rien dit de plus que ces quelques paroles. Et il n'est pas toujours nécessaire de chercher à arracher le voile délicat de ce dont le temps n'est pas encore venu...
21 Le voyant donc, Pierre dit à Jésus : " Seigneur, et lui ? " |
22 Jésus lui dit : " Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ? Toi, suis-moi. " |
23 Le bruit se répandit alors chez les frères que ce disciple ne mourrait pas. Or Jésus n'avait pas dit à Pierre : " Il ne mourra pas ", mais : " Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne. " |
24 C'est ce disciple qui témoigne de ces faits et qui les a écrits, et nous savons que son témoignage est véridique. |
25 Il y a encore bien d'autres choses qu'a faites Jésus. Si on les mettait par écrit une à une, je pense que le monde lui-même ne suffirait pas à contenir les livres qu'on en écrirait. |
Arrive-t-il que quelqu'un ne remarque pas nos bonnes actions, nos gestes de bonté, notre esprit de sacrifice? Oui, en somme, assez souvent, si vraiment nous faisons ces bonnes actions. Et quelle réaction surgit d'abord? Le découragement, l'agacement, l'envie de dire qu'on ne fera plus rien. Nous perdons patience et, au mieux, nous sommes tristes.
On peut projeter la même chose sur nos relations avec Dieu. Assez souvent, nous attendons une confirmation de nos pensées ou de nos actes, une récompense pour le morceau de saucisson que nous n'avons pas mangé ou pour quelque autre «exploit» ascétique. Mais Dieu ne répond pas toujours immédiatement. Et nos réactions à Son silence ressemblent, en somme, au ressentiment devant le manque d'attention de nos proches.
Mais le Seigneur ne laisse rien passer inaperçu, Il voit le secret et le manifeste (voir Mt 6:4). De plus, Jésus dit des paroles admirables: le Seigneur, glorifié en quelqu'un, le glorifiera en Lui-même. Dieu a simplement Son propre regard sur notre temps humain, et Lui seul sait quand il faut encourager et quand il faut instruire, en donnant à l'homme la possibilité de tenir «sur ses propres jambes». Rien de ce qui est fait en Son nom ne sera oublié par le Seigneur, et Il accueillera celui qui l'a fait dans Son Royaume (voir Mt 25:31-40).
21 Le voyant donc, Pierre dit à Jésus : " Seigneur, et lui ? " |
22 Jésus lui dit : " Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ? Toi, suis-moi. " |
C'est peut-être là le trait unique de notre foi. Elle ne repose pas sur l'accomplissement de lois, ni sur un rite commun, même si elle inclut l'un et l'autre, mais surtout sur une communion profondément personnelle entre moi et le Seigneur. Le Seigneur et moi. Non pas quelqu'un d'autre, fût-il le meilleur ami et le meilleur frère dans la foi, mais seulement Lui et moi. Et, bien que le judaïsme soit une religion très normative, les racines de cette communion intime, insondablement profonde, remontent bien à l'Ancien Testament. Souvenons-nous: qu'est-ce que l'homme, pour que Tu te souviennes de lui, et le fils de l'homme, pour que Tu le visites? (Ps 8:5) L'image du Seigneur qui vient dire à l'homme quelque chose sur lui, sur la manière dont il doit vivre, est une révélation unique de la proximité de Dieu; elle est difficile et nécessaire. Difficile, car il faut apprendre à écouter; nécessaire, car sans cela il n'y a pas de vie. Dans le troisième Livre des Rois, il y a le récit de l'homme de Dieu (1 R 13:11-32). Quelle est la cause de la mort de l'homme de Dieu? Il périt pour avoir écouté le vieux prophète, qui lui voulait sincèrement du bien et le respectait au point de demander à être enseveli près de lui. Mais l'homme de Dieu s'est détourné de ce que le Seigneur lui avait dit personnellement, en regardant ce qui avait été dit à quelqu'un d'autre, fût-ce un prophète. Il faut faire grande confiance à ce que nous entendons non par l'oreille, mais par le cœur.
21 Le voyant donc, Pierre dit à Jésus : " Seigneur, et lui ? " |
22 Jésus lui dit : " Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ? Toi, suis-moi. " |
Ayant entendu parler de sa mort prochaine en martyr, Pierre interroge aussitôt le Christ au sujet de l'évangéliste Jean. Comme futur pasteur, soucieux de l'avenir de ceux qui lui sont confiés, le premier des apôtres s'inquiète du sort du jeune disciple. Mais dans ces paroles on peut voir non seulement du souci et de l'inquiétude, mais aussi une simple curiosité. Pierre veut regarder dans l'avenir, savoir si Jésus prédit à tous Ses disciples une mort violente. Et à cela le Seigneur lui répond assez vivement : « Que t'importe ? ». Et Il ajoute aussitôt : « Toi, suis-Moi ».
Parfois nous désirons beaucoup que s'ouvrent devant nous le chemin et le cœur de notre prochain, que nous soient révélées ces choses secrètes qui se passent entre lui et Dieu. Et ce n'est pas toujours la curiosité qui nous anime ; souvent, c'est notre inquiétude humaine et notre compassion. Mais le Christ appelle chacun à Le suivre, attendant de nous une confiance totale. Car nous ne pouvons suivre Jésus que si nous Lui apportons ceux qui sont dans notre cœur.
1 Après cela, Jésus se manifesta de nouveau aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade. Il se manifesta ainsi. |
2 Simon-Pierre, Thomas, appelé Didyme, Nathanaèl, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée et deux autres de ses disciples se trouvaient ensemble. |
3 Simon-Pierre leur dit : " Je m'en vais pêcher. " Ils lui dirent : " Nous venons nous aussi avec toi. " Ils sortirent, montèrent dans le bateau et, cette nuit-là, ils ne prirent rien. |
4 Or, le matin déjà venu, Jésus se tint sur le rivage; pourtant les disciples ne savaient pas que c'était Jésus. |
5 Jésus leur dit : " Les enfants, vous n'avez pas du poisson ? " Ils lui répondirent : " Non ! " |
6 Il leur dit : " Jetez le filet à droite du bateau et vous trouverez. " Ils le jetèrent donc et ils n'avaient plus la force de le tirer, tant il était plein de poissons. |
7 Le disciple que Jésus aimait dit alors à Pierre : " C'est le Seigneur ! " A ces mots : " C'est le Seigneur ! " Simon-Pierre mit son vêtement - car il était nu - et il se jeta à l'eau. |
8 Les autres disciples, qui n'étaient pas loin de la terre, mais à environ deux cents coudées, vinrent avec la barque, traînant le filet de poissons. |
9 Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise, avec du poisson dessus, et du pain. |
10 Jésus leur dit : " Apportez de ces poissons que vous venez de prendre. " |
11 Alors Simon-Pierre monta dans le bateau et tira à terre le filet, plein de gros poissons: cent cinquante trois; et quoiqu'il y en eût tant, le filet ne se déchira pas. |
12 Jésus leur dit : " Venez déjeuner. " Aucun des disciples n'osait lui demander : " Qui es-tu ? ", sachant que c'était le Seigneur. |
13 Jésus vient, il prend le pain et il le leur donne; et de même le poisson. |
14 Ce fut là la troisième fois que Jésus se manifesta aux disciples, une fois ressuscité d'entre les morts. |
15 Quand ils eurent déjeuné, Jésus dit à Simon-Pierre : " Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci ? " Il lui répondit : " Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. " Jésus lui dit : " Pais mes agneaux. " |
16 Il lui dit à nouveau, une deuxième fois : " Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? " - " Oui, Seigneur, lui dit-il, tu sais que je t'aime. " Jésus lui dit : " Pais mes brebis. " |
17 Il lui dit pour la troisième fois : " Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? " Pierre fut peiné de ce qu'il lui eût dit pour la troisième fois : " M'aimes-tu ? ", et il lui dit : " Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t'aime. " Jésus lui dit : " Pais mes brebis. |
18 En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais jeune, tu mettais toi-même ta ceinture, et tu allais où tu voulais ; quand tu auras vieilli, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudrais pas. " |
19 Il signifiait, en parlant ainsi, le genre de mort par lequel Pierre devait glorifier Dieu. Ayant dit cela, il lui dit : " Suis-moi. " |
20 Se retournant, Pierre aperçoit, marchant à leur suite, le disciple que Jésus aimait, celui-là même qui, durant le repas, s'était penché sur sa poitrine et avait dit : " Seigneur, qui est-ce qui te livre ? " |
21 Le voyant donc, Pierre dit à Jésus : " Seigneur, et lui ? " |
22 Jésus lui dit : " Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ? Toi, suis-moi. " |
23 Le bruit se répandit alors chez les frères que ce disciple ne mourrait pas. Or Jésus n'avait pas dit à Pierre : " Il ne mourra pas ", mais : " Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne. " |
24 C'est ce disciple qui témoigne de ces faits et qui les a écrits, et nous savons que son témoignage est véridique. |
25 Il y a encore bien d'autres choses qu'a faites Jésus. Si on les mettait par écrit une à une, je pense que le monde lui-même ne suffirait pas à contenir les livres qu'on en écrirait. |
Qu'est-ce qui a poussé le disciple bien-aimé à reconnaître Celui qui se tenait sur le rivage dans la brume du matin? Après la Résurrection, le Christ n'est lié ni à une apparence ni à un lieu précis; c'est pourquoi les disciples ne Le reconnaissent pas, comme Marie Madeleine ne L'a pas d'abord reconnu lorsqu'elle était venue au tombeau le matin. Quant à nous, nous ne savons même pas à quoi Il ressemblait, quel était son regard, sa voix — en cela nous ressemblons aux sept disciples pour qui l'Homme sur le rivage ne se distingue en rien des autres.
Mais pour le disciple «que Jésus aimait», c'est-à-dire celui qui Lui-même L'aimait plus que tous les autres, la combinaison d'un épisode familier (un jour, ils avaient déjà pêché avec Lui — voir Lc 5:4-9) et d'une intuition particulière, qui permet de reconnaître ceux qu'on aime, a rendu possible la reconnaissance du Maître. Or ce qui est possible à un disciple est possible aussi aux autres, et à nous, des milliers d'années plus tard.
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