24 « Le disciple n’est pas au-dessus du maître, ni le serviteur au-dessus de son patron. |
25 Il suffit pour le disciple qu’il devienne comme son maître, et le serviteur comme son patron. Du moment qu’ils ont traité de Béelzéboul le maître de maison, que ne diront-ils pas de sa maisonnée ! |
26 « N’allez donc pas les craindre ! Rien, en effet, n’est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu. |
27 Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le au grand jour ; et ce que vous entendez dans le creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. |
28 « Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt Celui qui peut perdre dans la géhenne à la fois l’âme et le corps. |
29 Ne vend-on pas deux passereaux pour un as ? Et pas un d’entre eux ne tombera au sol à l’insu de votre Père ! |
30 Et vous donc ! vos cheveux même sont tous comptés ! |
31 Soyez donc sans crainte ; vous valez mieux, vous, qu’une multitude de passereaux. |
32 « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est dans les cieux ; |
33 mais celui qui m’aura renié devant les hommes, à mon tour je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux. |
34 « N’allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. |
35 Car je suis venu opposer l’homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère : |
36 on aura pour ennemis les gens de sa famille. |
37 « Qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi. |
38 Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n’est pas digne de moi. |
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
40 « Qui vous accueille m’accueille, et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. |
41 « Qui accueille un prophète au nom d’un prophète recevra une récompense de prophète, et qui accueille un juste au nom d’un juste recevra une récompense de juste. |
42 « Quiconque donnera à boire à l’un de ces petits rien qu’un verre d’eau fraîche, au nom d’un disciple, en vérité je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense. » |
Vivre sur la terre fait déjà peur, et si l'on applique à soi-même les paroles du Christ adressées aux apôtres, on se sent vraiment mal à l'aise. Voilà pourquoi, dans cet enseignement, les mots « n'ayez pas peur » reviennent si souvent et avec tant de sérieux. La peur est l'une des expériences les plus fortes de l'homme, ce qui signifie qu'on ne peut la surmonter que par quelque chose d'encore plus fort. Le Seigneur indique à ses disciples ces « remèdes puissants » : ce sont la confiance et, aussi étrange que cela paraisse, la crainte.
La confiance dont il est question n'est pas seulement la foi que « Dieu aidera toujours », mais une certitude très profonde, fondamentale, que tout est entre ses mains, depuis les petits oiseaux vendus au marché pour quelques pièces de cuivre jusqu'à chaque vie et chaque mort humaines. Et le second remède est la crainte de Dieu : non la peur du châtiment, ni même la peur du péché, mais précisément la « crainte » devant Dieu, la vénération et l'émerveillement qui rendent Dieu pour nous infiniment plus réel et plus important que toutes les autres peurs.
24 « Le disciple n’est pas au-dessus du maître, ni le serviteur au-dessus de son patron. |
25 Il suffit pour le disciple qu’il devienne comme son maître, et le serviteur comme son patron. Du moment qu’ils ont traité de Béelzéboul le maître de maison, que ne diront-ils pas de sa maisonnée ! |
26 « N’allez donc pas les craindre ! Rien, en effet, n’est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu. |
27 Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le au grand jour ; et ce que vous entendez dans le creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. |
28 « Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt Celui qui peut perdre dans la géhenne à la fois l’âme et le corps. |
29 Ne vend-on pas deux passereaux pour un as ? Et pas un d’entre eux ne tombera au sol à l’insu de votre Père ! |
30 Et vous donc ! vos cheveux même sont tous comptés ! |
31 Soyez donc sans crainte ; vous valez mieux, vous, qu’une multitude de passereaux. |
32 « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est dans les cieux ; |
33 mais celui qui m’aura renié devant les hommes, à mon tour je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux. |
Au début, les paroles selon lesquelles le disciple ne peut pas devenir supérieur au maître peuvent paraître limiter ses possibilités. Mais si l'on tient compte du fait que devenir comme le maître est déjà beaucoup, et que tout le monde n'est pas capable de l'égaler, alors nous pouvons y voir un appel à grandir. Et s'il s'agit d'être disciple du Christ, l'appel à devenir comme le Maître nous révèle son attitude particulière envers ceux qui le suivent. Car il s'agit du niveau élevé auquel le Christ entend élever l'humanité déchue: il veut nous diviniser.
Et même dans les paroles sévères qui avertissent que le Christ reniera celui qui l'aura renié, on peut voir à quelle hauteur l'homme est placé par lui. En effet, il s'agit ici de relations qui font presque penser à une égalité...
Il serait évidemment d'une énorme insolence de se fonder là-dessus pour oublier la révérence devant sa grandeur et introduire de la familiarité dans les relations avec lui. Ce n'est pas pour cela qu'il est devenu l'un des hommes, pour que nous introduisions dans la vie spirituelle « l'humain, trop humain », c'est-à-dire, selon les mots d'un auteur, « toujours quelque chose d'animal ». Mais ce qui nous rapproche de Dieu est un don qui impose une responsabilité.
24 « Le disciple n’est pas au-dessus du maître, ni le serviteur au-dessus de son patron. |
25 Il suffit pour le disciple qu’il devienne comme son maître, et le serviteur comme son patron. Du moment qu’ils ont traité de Béelzéboul le maître de maison, que ne diront-ils pas de sa maisonnée ! |
26 « N’allez donc pas les craindre ! Rien, en effet, n’est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu. |
27 Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le au grand jour ; et ce que vous entendez dans le creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. |
28 « Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt Celui qui peut perdre dans la géhenne à la fois l’âme et le corps. |
29 Ne vend-on pas deux passereaux pour un as ? Et pas un d’entre eux ne tombera au sol à l’insu de votre Père ! |
30 Et vous donc ! vos cheveux même sont tous comptés ! |
31 Soyez donc sans crainte ; vous valez mieux, vous, qu’une multitude de passereaux. |
32 « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est dans les cieux ; |
33 mais celui qui m’aura renié devant les hommes, à mon tour je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux. |
Bien souvent, lorsque Dieu s'adresse aux hommes, Il commence par les mots « N'ayez pas peur ! » Et maintenant Jésus encourage Ses disciples de la même manière. Ils devront prêcher « sur les toits » et rendre témoignage à leur Maître. Est-ce effrayant ? Oui ! Mais la peur s'en va lorsque vient l'amour, car « il n'y a pas de crainte dans l'amour » (1 Jn 4,18). Aimez le Père, qui prend tellement soin de vous, et tout deviendra possible.
26 « N’allez donc pas les craindre ! Rien, en effet, n’est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu. |
Les hommes ont peur de l'inconnu, du caché. À quelque chose de connu, on peut essayer de se préparer à l'avance ; au moins comprend-on ce qu'il faut en attendre. Un danger secret est toujours soudain et imprévisible ; il est impossible de « mettre de la paille dessous » et d'adoucir d'une manière quelconque les conséquences indésirables. Et c'est naturel. Seulement, ce caractère naturel ne signifie pas que ce soit juste devant Dieu ; il vient de la nature humaine déformée par la chute, de l'habitude de vivre dans la défiance et, par conséquent, dans la peur. La peur est l'état fondamental de l'âme humaine déchue, et l'homme a peur non seulement des dangers réels, mais aussi des dangers imaginaires. Or les dangers imaginaires sont toujours plus effrayants, parce qu'ils sont inévitablement « secrets », puisque seules les réalités peuvent être connues.
Ce n'est pas par hasard que Dieu, presque à chaque contact avec les hommes, dit : « Ne craignez pas ». Il nous appelle à la confiance, car dans la confiance il n'y a pas de peur. En effet, ce qu'il y a de plus incompréhensible pour l'homme, c'est Dieu Lui-même ; s'il faut craindre quelqu'un, c'est Lui seul, et non certaines de Ses créatures et leurs « complots secrets ». Mais dans le Christ, Dieu se révèle comme l'amour véritable ; il faut donc, même Lui, non pas Le craindre, mais L'aimer, et chercher la rencontre avec révérence et tremblement.
32 « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est dans les cieux ; |
33 mais celui qui m’aura renié devant les hommes, à mon tour je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux. |
34 « N’allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. |
35 Car je suis venu opposer l’homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère : |
36 on aura pour ennemis les gens de sa famille. |
« ...Même les cheveux de votre tête sont tous comptés... » Qu'est-ce que cela signifie? Personne ne meurt sans la volonté du Père, mais cela signifie-t-il que ceux qui meurent meurent selon sa volonté? C'est une question très difficile, et tout près d'ici s'ouvre l'abîme de l'incrédulité. Mais on peut l'éviter si l'on se fie à son cœur et à la Parole de Dieu.
Le prêtre Georges Tchistiakov écrit dans son étude « Le martyre comme phénomène »:
« Supporter le 11 septembre, les explosions presque quotidiennes en Israël et d'autres horreurs. Ou bien se comporte-t-il comme le fait parfois un maître sévère? Non, cela aussi est impossible! Si Dieu est impitoyable, alors, en effet, la femme de Job a raison lorsqu'elle lui conseille de maudire Dieu et de mourir. Comment ne pas se souvenir ici de Voltaire. "Comment Dieu a-t-il pu créer ce terrible cloaque de malheurs et de crimes? On suppose, dit Voltaire, que Dieu est puissant, juste et bon; or nous voyons de tous côtés la folie, l'injustice et la méchanceté. C'est pourquoi les hommes préfèrent la négation de Dieu au fait de le maudire". Pourtant Voltaire lui-même croyait en Dieu, bien qu'il ait dit préférer croire en un Dieu non tout-puissant, limité dans ses possibilités, mais bon. <...>
Cependant, malgré tout, et d'abord malgré l'évidence, nous sentons d'une certaine manière la présence de Dieu dans le monde. <...> Nous la sentons précisément, sans le savoir, et nous comprenons non par l'intelligence mais par le cœur que le Seigneur partage avec nous chacun de nos malheurs dans toute sa plénitude. Il est avec nous là où cela va mal. Et c'est l'essentiel. Descendant avec nous comme en enfer, dans les profondeurs de notre malheur et de notre désespoir, il nous fait aussi sortir de ces profondeurs, en nous donnant sagesse et patience. C'est ainsi que cela est représenté sur l'icône pascale "La Descente du Sauveur aux enfers"... »
32 « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est dans les cieux ; |
33 mais celui qui m’aura renié devant les hommes, à mon tour je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux. |
34 « N’allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. |
35 Car je suis venu opposer l’homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère : |
36 on aura pour ennemis les gens de sa famille. |
Comment faut-il comprendre cela ? Nous sommes parfaitement en droit de le demander. Non pas la paix, mais le glaive ? Et alors, que devient « Je vous laisse la paix, Je vous donne Ma paix » (Jn 14:27) ? Ou « Va en paix » (Lc 7:50 ; Lc 8:48) ? Ou « La paix soit avec vous » (Jn 20:26) ? Le Christ n'a-t-Il pas apporté la paix ? N'a-t-Il pas promis de donner le repos à tous ceux qui peinent sous le poids du fardeau ? Dieu ne devrait-Il pas donner la paix ?
Premièrement, Dieu ne doit rien à personne. Comme le dit l'apôtre Paul, « il ne s'agit donc pas de l'homme qui veut ou qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde » (Rm 9:16). Oui, Ses paroles peuvent se contredire, mais seulement à première vue. Après tout, Dieu sait tout de même un peu mieux que nous ce qu'Il dit et comment toutes Ses paroles peuvent composer un seul tableau. La question se pose : comment peut-Il apporter à la fois « la paix » et « non la paix » ? Très simplement. Remarquons qu'Il donne et promet la paix non pas au monde entier, mais précisément à ceux avec qui Il entretient une relation : Ses disciples, la femme guérie... Pour eux, la communion avec le Christ apporte réellement la paix. Mais qu'en est-il des autres ? Du monde qui les entoure ?
Imaginons qu'un adulte offre un bonbon à un enfant. L'enfant est heureux, mais son bonheur ne suscite chez les autres enfants que jalousie et ressentiment : lui en a reçu un, et moi non. L'autre enfant peut alors soit se replier sur son offense, soit exiger le même bonbon, au lieu de le demander calmement et poliment, sans faire valoir un prétendu droit, à celui qui donne et qui, sans doute, a des bonbons pour tous. Il en va de même avec Dieu. Avec Lui, le procédé « tu me donnes ceci, je te donne cela » ne fonctionne pas ; un autre principe est à l'œuvre : « afin que le dessein d'élection de Dieu demeure, non à cause des œuvres, mais par Celui qui appelle » (Rm 9:11-12). Dieu est libre de donner la paix et Il veut la paix pour tous, mais tous, loin de là, ne viennent pas à Lui chercher la paix et la Lui demander. De là vient le glaive : ceux qui ne cherchent pas à comprendre Dieu se retranchent eux-mêmes de Ses dons.
32 « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est dans les cieux ; |
33 mais celui qui m’aura renié devant les hommes, à mon tour je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux. |
34 « N’allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. |
35 Car je suis venu opposer l’homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère : |
36 on aura pour ennemis les gens de sa famille. |
Comment comprendre les paroles de Jésus sur les gens de la maison qui deviennent des ennemis ? On peut, bien sûr, y voir l'indication d'un conflit familial assez ordinaire, lorsque des personnes vivant sous le même toit divergent tellement dans leurs opinions et leur vision du monde qu'elles deviennent des ennemis idéologiques. Mais il n'y aurait là rien de particulier ni d'inhabituel ; cela est arrivé en tout temps et pour les raisons les plus diverses. Or les paroles de Jésus, quant à elles, ne prennent manifestement leur sens que dans le contexte de tout ce qu'Il a dit du Royaume. Et ici, il ne s'agit plus de divergences de vision du monde ou d'idées, mais de quelque chose de bien plus sérieux.
À quoi, en effet, peut-on s'attendre si l'on essaie de réunir sous un même toit la vie selon les lois du Royaume et la vie selon les lois de ce monde ? Évidemment, à rien d'autre qu'à un conflit, et à un conflit pratiquement insoluble. Lorsqu'il s'agit de divergences d'idées ou de vision du monde, on peut encore chercher la possibilité de compromis, de concessions mutuelles et, en fin de compte, d'acceptation mutuelle. Mais le Royaume et le monde gisant dans le mal ne sont en aucune manière compatibles, et ici aucun autre lien ni aucune autre relation ne peuvent sauver la situation, même les liens du sang.
Bien plus : ce sont précisément les liens du sang qui peuvent devenir dans ce cas le principal problème, car ils sont sans doute le plus fort des liens naturels possibles lorsqu'il s'agit des relations entre les hommes. Mais leur nature demeure partie du monde non transfiguré ; sous sa forme non transfigurée, elle ne rapproche nullement du Royaume les personnes qu'elle unit, mais au contraire, elle les en éloigne.
De manière paradoxale, un conflit ouvert, et même une rupture, peut dans ce cas se révéler spirituellement plus utile qu'une situation de paix ambiguë, pleine de non-dits et lourde de conflits quotidiens qui traînent. Et ce n'est que lorsque tous ceux qui vivent sous le même toit auront fait du Royaume leur objectif principal que la situation pourra changer radicalement et que les liens de parenté pourront devenir une partie des relations du Royaume. Mais ces liens ne seront plus fondés sur la parenté du sang, mais sur la parenté spirituelle.
32 « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est dans les cieux ; |
33 mais celui qui m’aura renié devant les hommes, à mon tour je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux. |
Dans le passage de l'Évangile selon Matthieu que nous lisons aujourd'hui, le Seigneur dit deux choses importantes pour notre compréhension de la sainteté. Premièrement, le disciple du Christ est celui pour qui le Seigneur Lui-même et la confession de Son nom comptent plus que tout dans la vie ; celui qui est prêt à tout perdre, jusqu'à son âme, c'est-à-dire sa vie, pour le Christ. Ni les œuvres, ni les accomplissements spirituels ou autres, rien ne fait d'un être humain un disciple du Christ—sinon la concentration de toute sa vie autour d'un seul centre, de « l'unique nécessaire » : le Christ.
Les derniers versets du chapitre 10 ne sont pas moins importants : le Seigneur dit en quoi s'exprime la sainteté de Ses disciples. C'est la capacité d'accueillir les autres et de leur faire du bien. L'ampleur des bienfaits n'a absolument aucune importance—même si tu ne peux rien faire d'autre que donner une coupe d'eau fraîche à celui qui a soif, tu ne perdras pas ta récompense. La sainteté des disciples du Christ s'exprime précisément dans leur attitude envers les autres ; tout le reste est hors sujet.
37 « Qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi. |
38 Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n’est pas digne de moi. |
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
40 « Qui vous accueille m’accueille, et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. |
41 « Qui accueille un prophète au nom d’un prophète recevra une récompense de prophète, et qui accueille un juste au nom d’un juste recevra une récompense de juste. |
42 « Quiconque donnera à boire à l’un de ces petits rien qu’un verre d’eau fraîche, au nom d’un disciple, en vérité je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense. » |
Bien sûr, dans la lecture évangélique d'aujourd'hui, ce sont surtout les paroles du Christ disant que celui qui aime les siens plus que Dieu n'est pas digne de Dieu qui retiennent l'attention. Premièrement, elles concernent tous sans exception; deuxièmement, on a aussitôt envie de se vérifier à leur lumière. En outre, ces paroles provoquent souvent en nous une protestation assez résolue, parce que nous sommes habitués à considérer la maison comme une forteresse et les proches parents comme le seul entourage sûr et fiable. Et les paroles du Christ nous privent de cette sécurité illusoire et nous appellent à être ouverts au monde. C'est difficile, et c'est pourquoi cela ne plaît pas à l'homme.
Mais il est important de considérer les paroles du Seigneur sur la parenté dans le contexte de tout le passage évangélique, plus précisément de toute la seconde moitié du chapitre 10. Le Seigneur appelle les disciples à confesser sans crainte leur foi devant les hommes. Ensuite, il dit que, dans les relations propres à ce monde dans son état déchu, la foi des disciples rencontrera inévitablement une résistance. Cela concerne les relations non seulement avec les autorités, mais avec les hommes en général; et c'est justement cette résistance qui explique en grande partie pourquoi le chemin de la suite du Christ est un chemin de croix. Et cette parole du Christ se termine par l'appel adressé aux disciples à construire leurs relations avec les hommes non selon les mesures de ce monde, mais à s'accueillir les uns les autres à cause de Dieu.
37 « Qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi. |
38 Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n’est pas digne de moi. |
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
40 « Qui vous accueille m’accueille, et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. |
41 « Qui accueille un prophète au nom d’un prophète recevra une récompense de prophète, et qui accueille un juste au nom d’un juste recevra une récompense de juste. |
42 « Quiconque donnera à boire à l’un de ces petits rien qu’un verre d’eau fraîche, au nom d’un disciple, en vérité je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense. » |
« Et quiconque donnera seulement un verre d'eau froide à l'un de ces petits... » Seulement un verre d'eau froide... Ce sont des paroles très importantes. Le bien n'a pas de mesure. « Car Dieu ne donne pas l'Esprit avec mesure » (Jn 3:34). Il nous est amer de voir combien le bien que nous faisons est sans commune mesure avec l'ardeur de notre cœur, avec notre soif d'embrasser le monde entier de notre amour et de rendre chacun heureux. Si nous en souffrons trop, il me semble que cette souffrance nous est procurée par l'orgueil, qui en a poussé certains à des crimes terribles dans une situation semblable. Et voici devant nous seulement un verre d'eau froide...
Donner, ou plus exactement donner chaque fois à boire à celui qui a soif, peut avoir pour Dieu une valeur non moindre que tous les traités théologiques apologétiques écrits au cours des 2000 dernières années pris ensemble. Car le bien n'a pas de mesure. Seul le mal en a une.
37 « Qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi. |
Il ressort palpablement de ces mots qu’il ne faut pas aimer qui que ce soit plus que Dieu. Cela Veut-il dire que nous devons aimer Dieu plus que les Hommes ? Non pas du tout! Cela veut tout simplement dire que nous devons arrêter d’apercevoir l’amour comme quelque chose dont on puisse en parler en termes de « plus– moins ». Qui j’aime réellement le plus : ma mère, ma femme ou ma fille? Question absurde, je les aime tous mais différemment. Voici une autre question : Qui est ce que le Père céleste aime plus - Son Fils Unique ou moi ? Son Fils ? Mais comment il L’a alors envoyé à la souffrance et a la mort pour mon salut.
Tant que nous utiliserons la logique « plus-moins », nous comprendrons l’amour comme une émotion, un sentiment qui peut en effet être fort ou faible. Cependant l’amour n’est pas une émotion, mais plutôt une relation interpersonnelle, et c’est pourquoi toutes ces relations diffèrent et sont incomparables entre elles ; Comme «doux » et « verdoyant ». Lorsque nous abdiquons cette logique de comparaison, nous nous rapprochons de la manière dont Dieu aime ; nous possédons Sa méthode d’aimer au fond de notre amour pour qui que ce soit. Et alors l’amour pour Dieu et l’amour pour son prochain s’avèrent deux faces d’une seule et même médaille.
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
Peut-on considérer la vie humaine comme une valeur absolue? Cette question découle de la phrase que nous venons de lire, si nous tenons compte du fait que, dans la bouche de Jésus, le mot «âme» ne désigne pas une composante immatérielle de notre personnalité, mais au contraire une vie pleinement corporelle.
Combien souvent nous pensons que la vie en elle-même est le plus grand bien, et que la mort est une perte irréparable et terrible. Par peur de la mort, nous sommes prêts à tout pour préserver notre vie. Et, une fois encore, Jésus renverse toutes nos représentations: seule a de la valeur une vie remplie d'amour et de don de soi; une telle vie, même interrompue par la mort, ne cesse pas.
34 « N’allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. |
35 Car je suis venu opposer l’homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère : |
36 on aura pour ennemis les gens de sa famille. |
37 « Qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi. |
38 Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n’est pas digne de moi. |
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
40 « Qui vous accueille m’accueille, et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. |
41 « Qui accueille un prophète au nom d’un prophète recevra une récompense de prophète, et qui accueille un juste au nom d’un juste recevra une récompense de juste. |
42 « Quiconque donnera à boire à l’un de ces petits rien qu’un verre d’eau fraîche, au nom d’un disciple, en vérité je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense. » |
1 Et il advint, quand Jésus eut achevé de donner ces consignes à ses douze disciples, qu’il partit de là pour enseigner et prêcher dans leurs villes. |
Les paroles de Jésus sont très difficiles pour nous. Nous aimerions que ce soit plus simple... Tout est-il vraiment si radical? Ses manières d'ordonner le monde sont-elles réellement incompatibles avec les nôtres, et le suivre exige-t-il nécessairement que nous renoncions à ce qui nous paraît juste? Sur le chemin de l'unité, devons-nous vraiment passer par les divisions; sur le chemin de l'amour, par l'hostilité; sur le chemin de la gloire, par la croix; sur le chemin de la vraie vie, par la mort?
34 « N’allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. |
35 Car je suis venu opposer l’homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère : |
36 on aura pour ennemis les gens de sa famille. |
37 « Qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi. |
38 Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n’est pas digne de moi. |
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
40 « Qui vous accueille m’accueille, et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. |
41 « Qui accueille un prophète au nom d’un prophète recevra une récompense de prophète, et qui accueille un juste au nom d’un juste recevra une récompense de juste. |
42 « Quiconque donnera à boire à l’un de ces petits rien qu’un verre d’eau fraîche, au nom d’un disciple, en vérité je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense. » |
1 Et il advint, quand Jésus eut achevé de donner ces consignes à ses douze disciples, qu’il partit de là pour enseigner et prêcher dans leurs villes. |
Ce n’est pas la paix, mais l’épée que le Christ apporte au milieu des hommes. Pendant des siècles, beaucoup ont tenté de justifier par ces paroles leur propre esprit belliqueux. Il est vrai qu’en même temps ces pseudo-guerriers ne voulaient pas remarquer que le mot épée n’est pas ici synonyme du mot guerre. (Car le Christ n’a pas dit : « ce n’est pas la paix que J’ai apportée, mais la guerre ».) N’oublions pas que l’épée (dans la traduction slavonne, le couteau) n’est pas seulement un instrument de meurtre, mais aussi un outil qui coupe. Par cette épée sont coupés les liens entre des proches si, sur les questions spirituelles les plus importantes, ils ne peuvent ni trouver un accord ni parvenir à la tolérance religieuse. Mais le choix qui tranche les anciens liens est souvent inévitable lorsque ces liens anciens ne tirent pas seulement vers d’anciennes connaissances et relations familiales, mais vers les péchés d’autrefois.
Il ne s’ensuit pas que les chrétiens doivent commencer une hostilité. Non, nous sommes appelés à porter l’amour dans le monde qui nous entoure. Mais telle est la réalité : il n’est pas toujours facile, pour ceux qui nous entourent, de comprendre ceux à qui la foi a ouvert une autre vie. C’est pourquoi la rupture survient souvent sans être à l’initiative des chrétiens.
Beaucoup de ceux qui lisent l’Évangile ont du mal à recevoir les paroles selon lesquelles celui qui aime ses proches plus que le Christ n’est pas digne de Lui. On croit y voir du despotisme, la négation de tous les liens humains naturels... Heureusement, nous avons affaire ici à ce paradoxe de l’Évangile qui nous révèle la profondeur de l’amour du Christ pour nous. Car notre amour « naturel » pour ceux qui nous sont chers est, reconnaissons-le, imparfait. Mais en plaçant le Christ au centre de notre cœur, nous pouvons recevoir de Lui les ressources d’un amour si fort pour nos proches que nous ne pourrions jamais le leur offrir en les mettant à la première place.
37 « Qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi. |
38 Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n’est pas digne de moi. |
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
40 « Qui vous accueille m’accueille, et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. |
41 « Qui accueille un prophète au nom d’un prophète recevra une récompense de prophète, et qui accueille un juste au nom d’un juste recevra une récompense de juste. |
42 « Quiconque donnera à boire à l’un de ces petits rien qu’un verre d’eau fraîche, au nom d’un disciple, en vérité je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense. » |
1 Et il advint, quand Jésus eut achevé de donner ces consignes à ses douze disciples, qu’il partit de là pour enseigner et prêcher dans leurs villes. |
Parfois les paroles de Jésus paraissent trop dures. Que veut-il dire, en effet, lorsqu'il dit qu'on ne peut aimer son père ou sa mère plus que lui? Puis vient l'explication: celui qui veut garder sa vie, son « âme », la perdra, et celui qui la donne à cause du Christ la gardera.
À première vue, on peut croire qu'il s'agit d'une sorte d'au-delà, du paradis qui attend les martyrs. Mais en réalité il s'agit ici encore du Royaume. Du Royaume qui n'est pas quelque part « dans les cieux » ni plus tard, mais ici et maintenant. Et il ne s'agit pas d'une autre vie, qui attendrait les fidèles dans une autre dimension, mais de cette vie même à laquelle chaque chrétien peut et doit, s'il est réellement chrétien, participer déjà ici et maintenant.
Mais pour que la participation à la vie du Royaume devienne possible, il faut renoncer à sa vie. Non parce qu'elle est une vie, mais parce qu'elle est la sienne. Et sienne non au sens où elle est unique et irrépétable, donnée par Dieu à moi et à personne d'autre, de sorte que personne d'autre que moi ne pourra en répondre devant Dieu; mais au sens où elle n'appartient qu'à moi seul, cette vie dans laquelle je ne laisserai entrer personne et que je ne partagerai avec personne, craignant de perdre ne serait-ce qu'une petite parcelle de ma vie si précieuse. Un tel désir de retenir sa vie séparée de tout le reste du monde de Dieu et du Royaume finit inévitablement par se retourner en catastrophe: toutes les tentatives de préserver le peu qui nous reste, dans le monde déchu, de la plénitude de la vie autrefois donnée par Dieu se terminent par la perte même de ce peu. Ce n'est qu'en renonçant à une telle auto-isolation spirituelle et, pour parler la langue des philosophes modernes, existentielle, que nous pouvons recevoir cette plénitude de la vie du Royaume que le Sauveur nous a préparée.
Mais alors il faudra renoncer au petit pour l'infini, à la limitation pour la plénitude. Et pas seulement en ce qui concerne sa propre vie, mais aussi en ce qui concerne les relations avec les autres, même les plus proches. Car les relations avec eux doivent elles aussi cesser d'être une partie de notre petit monde isolé pour devenir une partie du Royaume. Alors il n'y aura plus ces pertes irréversibles auxquelles ce petit monde nous condamne. Car la vie du Royaume est, selon la parole du Sauveur, une « vie en abondance ». Elle est donnée à chacun de ceux qui entrent dans le Royaume. Et celui qui y entre y apporte toutes les relations qui le lient à ses proches. Des relations qui deviennent elles aussi une partie du Royaume.
23 « Si l’on vous pourchasse dans telle ville, fuyez dans telle autre, et si l’on vous pourchasse dans celle-là, fuyez dans une troisième ; en vérité je vous le dis, vous n’achèverez pas le tour des villes d’Israël avant que ne vienne le Fils de l’homme. |
24 « Le disciple n’est pas au-dessus du maître, ni le serviteur au-dessus de son patron. |
25 Il suffit pour le disciple qu’il devienne comme son maître, et le serviteur comme son patron. Du moment qu’ils ont traité de Béelzéboul le maître de maison, que ne diront-ils pas de sa maisonnée ! |
26 « N’allez donc pas les craindre ! Rien, en effet, n’est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu. |
27 Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le au grand jour ; et ce que vous entendez dans le creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. |
28 « Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt Celui qui peut perdre dans la géhenne à la fois l’âme et le corps. |
29 Ne vend-on pas deux passereaux pour un as ? Et pas un d’entre eux ne tombera au sol à l’insu de votre Père ! |
30 Et vous donc ! vos cheveux même sont tous comptés ! |
31 Soyez donc sans crainte ; vous valez mieux, vous, qu’une multitude de passereaux. |
En parlant du témoignage et de l’attitude de l’entourage envers le témoin, Jésus compare cette attitude à celle que l’on adopte envers les gens de la maison d’un homme accusé de tous les péchés. Il dit que le serviteur n’est pas au-dessus du maître. Le Sauveur veut ainsi souligner sans cesse que les persécutions contre Ses disciples ne sont pas un accident mais une conséquence normale, que le monde ne Le rejette pas parce qu’il n’aurait pas compris ou vu quelque chose, mais parce que, plongé dans le mal, il n’a besoin ni du Christ ni du Royaume. Les témoins n’ont donc aucune raison de cacher quoi que ce soit, de laisser certaines choses sous silence ou de se dissimuler. Ce dont ils parlent n’est pas inacceptable parce que ce serait trop compliqué ou trop difficile. S’il en était ainsi, on pourrait réellement atténuer la situation en dissimulant au cours du témoignage ce qui provoque le plus fort rejet ou la plus grande répulsion. Mais, en l’occurrence, c’est l’essence même du christianisme, la personne même du Messie et l’image du Royaume qui suscitent le rejet. Dès lors, tenter d’« alléger » ou de « simplifier » le témoignage afin de le rendre plus acceptable au monde plongé dans le mal revient en fait à le déformer ou à y renoncer entièrement, en le remplaçant par autre chose, par exemple par la prédication d’une nouvelle religion ou d’une nouvelle morale. Cela s’est malheureusement produit plus d’une fois dans l’histoire de diverses Églises, mais il faut reconnaître qu’une telle prédication n’a pas de rapport direct avec ce dont parle Jésus. Pour prêcher sans se cacher, il faut toutefois établir correctement, dès le départ, ses priorités spirituelles et vitales. Il faut dès le départ accueillir et vivre la réalité du Royaume et de sa vie comme la seule réalité déterminante pour soi, comme quelque chose pour quoi l’on ne regrette pas d’abandonner le semblant de vie que le monde déchu nous permet d’avoir. Être prêt à se séparer de ce semblant pour la vraie vie, la vie du Royaume dans toute sa plénitude, est la condition nécessaire d’un témoignage ouvert. Il ne s’agit pas seulement du fait que les persécutions contre les témoins se terminent parfois par leur martyre, mais aussi de ce que, sans l’expérience de cette vie en plénitude, la vie du Royaume, il est impossible de témoigner du Royaume ; et même si cela est possible, ce témoignage ne sera pas complet. Jésus appelle Ses disciples et Ses fidèles à vivre cette vie pleine du Royaume, sans peur et sans regarder en arrière.
23 « Si l’on vous pourchasse dans telle ville, fuyez dans telle autre, et si l’on vous pourchasse dans celle-là, fuyez dans une troisième ; en vérité je vous le dis, vous n’achèverez pas le tour des villes d’Israël avant que ne vienne le Fils de l’homme. |
24 « Le disciple n’est pas au-dessus du maître, ni le serviteur au-dessus de son patron. |
25 Il suffit pour le disciple qu’il devienne comme son maître, et le serviteur comme son patron. Du moment qu’ils ont traité de Béelzéboul le maître de maison, que ne diront-ils pas de sa maisonnée ! |
26 « N’allez donc pas les craindre ! Rien, en effet, n’est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu. |
27 Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le au grand jour ; et ce que vous entendez dans le creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. |
28 « Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt Celui qui peut perdre dans la géhenne à la fois l’âme et le corps. |
29 Ne vend-on pas deux passereaux pour un as ? Et pas un d’entre eux ne tombera au sol à l’insu de votre Père ! |
30 Et vous donc ! vos cheveux même sont tous comptés ! |
31 Soyez donc sans crainte ; vous valez mieux, vous, qu’une multitude de passereaux. |
En ces jours, pendant le jeûne consacré à la mémoire des saints apôtres, il est tout naturel de lire par petits passages le chapitre 10 de l'Évangile selon Matthieu, où le Seigneur envoie les disciples prêcher et leur donne des instructions. Mais ce jeûne lui-même, comme les paroles que le Christ adresse aux disciples, est important pour tous les chrétiens, parce que ce qui a été dit aux apôtres concerne nécessairement, d'une manière ou d'une autre, tous les membres de l'Église.
Dans le passage que nous lisons aujourd'hui, le Seigneur appelle Ses disciples à devenir comme le Maître, en disant que cela leur suffit. Mais cela vaut aussi pour nous tous, disciples de Ses disciples. Et le Christ dit aux disciples que l'hostilité du monde déchu est une sorte de pierre de touche : si les disciples suivent le Maître, eux aussi rencontreront cette résistance. Mais, comme le disait un saint contemporain, si tu sens une résistance, c'est que tu avances.
Mais l'homme est créé pour être avec les autres hommes. C'est pourquoi il est pénible pour notre cœur de vivre cette résistance ; c'est pourquoi nous nous unissons si facilement en foules, même pour quelque bassesse, pourvu que nous nous sentions comme un poisson dans un banc, nageant avec tous les autres. Et la résistance du monde fait naître en nous des doutes sur la justesse du chemin choisi. C'est pourquoi le Christ dit aux disciples que la Vérité qui leur a été révélée finira par devenir manifeste, et qu'il ne faut craindre qu'une chose : la trahir. Il est important pour nous d'entendre cela, car la résistance du monde ne devient pas plus faible pour les disciples du Christ, même si elle change de formes.
23 « Si l’on vous pourchasse dans telle ville, fuyez dans telle autre, et si l’on vous pourchasse dans celle-là, fuyez dans une troisième ; en vérité je vous le dis, vous n’achèverez pas le tour des villes d’Israël avant que ne vienne le Fils de l’homme. |
24 « Le disciple n’est pas au-dessus du maître, ni le serviteur au-dessus de son patron. |
25 Il suffit pour le disciple qu’il devienne comme son maître, et le serviteur comme son patron. Du moment qu’ils ont traité de Béelzéboul le maître de maison, que ne diront-ils pas de sa maisonnée ! |
26 « N’allez donc pas les craindre ! Rien, en effet, n’est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu. |
27 Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le au grand jour ; et ce que vous entendez dans le creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. |
28 « Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt Celui qui peut perdre dans la géhenne à la fois l’âme et le corps. |
29 Ne vend-on pas deux passereaux pour un as ? Et pas un d’entre eux ne tombera au sol à l’insu de votre Père ! |
30 Et vous donc ! vos cheveux même sont tous comptés ! |
31 Soyez donc sans crainte ; vous valez mieux, vous, qu’une multitude de passereaux. |
Les paroles du Christ, qui annoncent les persécutions proches et encouragent les croyants, peuvent à première vue rappeler la manière dont on « conditionne » les adeptes dans les sectes totalitaires: « Nous seuls avons raison, et tous les autres sont stupides. C'est pourquoi on nous frappera, mais nous tiendrons bon, parce que nous avons raison, et nous recevrons pour cela une récompense. Et nous ne pouvons pas avoir tort, parce que cela ne peut jamais arriver ». Ou quelque chose du même genre...
Cependant, il y a une différence essentielle entre ce que dit Jésus et ce que peuvent dire les hommes. Elle se cache précisément dans Celui qui parle, puisque chez le Christ seul une vérité authentique se tient derrière les paroles. Seul Dieu lui-même peut réellement promettre quoi que ce soit, parce que seules ses promesses sont irrévocables.
Même si notre récompense est invisible, notre patience en est d'autant plus précieuse, car « ce que l'on voit, pourquoi l'espérer encore? » (Rm 8:24). Et si le Christ dit que rien ne nous arrivera sans la volonté de notre Père, nous pouvons être sûrs qu'il en est ainsi. Car chacun le comprend sans doute, et beaucoup d'entre nous le savent par leur propre expérience: Dieu prend réellement soin de nous. Même si nous marchons dans la rue et qu'aucune brique ne nous tombe dessus, il y a toutes les raisons d'y voir un don de Dieu...
16 Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups ; montrez-vous donc prudents comme les serpents et candides comme les colombes. |
17 « Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux sanhédrins et vous flagelleront dans leurs synagogues ; |
18 vous serez traduits devant des gouverneurs et des rois, à cause de moi, pour rendre témoignage en face d’eux et des païens. |
19 Mais, lorsqu’on vous livrera, ne cherchez pas avec inquiétude comment parler ou que dire : ce que vous aurez à dire vous sera donné sur le moment, |
20 car ce n’est pas vous qui parlerez, mais l’Esprit de votre Père qui parlera en vous. |
21 « Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mourir. |
22 Et vous serez haïs de tous à cause de mon nom, mais celui qui aura tenu bon jusqu’au bout, celui-là sera sauvé. |
23 « Si l’on vous pourchasse dans telle ville, fuyez dans telle autre, et si l’on vous pourchasse dans celle-là, fuyez dans une troisième ; en vérité je vous le dis, vous n’achèverez pas le tour des villes d’Israël avant que ne vienne le Fils de l’homme. |
24 « Le disciple n’est pas au-dessus du maître, ni le serviteur au-dessus de son patron. |
25 Il suffit pour le disciple qu’il devienne comme son maître, et le serviteur comme son patron. Du moment qu’ils ont traité de Béelzéboul le maître de maison, que ne diront-ils pas de sa maisonnée ! |
26 « N’allez donc pas les craindre ! Rien, en effet, n’est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu. |
27 Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le au grand jour ; et ce que vous entendez dans le creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. |
28 « Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt Celui qui peut perdre dans la géhenne à la fois l’âme et le corps. |
29 Ne vend-on pas deux passereaux pour un as ? Et pas un d’entre eux ne tombera au sol à l’insu de votre Père ! |
30 Et vous donc ! vos cheveux même sont tous comptés ! |
31 Soyez donc sans crainte ; vous valez mieux, vous, qu’une multitude de passereaux. |
32 « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est dans les cieux ; |
33 mais celui qui m’aura renié devant les hommes, à mon tour je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux. |
34 « N’allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. |
35 Car je suis venu opposer l’homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère : |
36 on aura pour ennemis les gens de sa famille. |
37 « Qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi. |
38 Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n’est pas digne de moi. |
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
40 « Qui vous accueille m’accueille, et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. |
41 « Qui accueille un prophète au nom d’un prophète recevra une récompense de prophète, et qui accueille un juste au nom d’un juste recevra une récompense de juste. |
42 « Quiconque donnera à boire à l’un de ces petits rien qu’un verre d’eau fraîche, au nom d’un disciple, en vérité je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense. » |
Aujourd'hui le Seigneur parle à ses disciples des détresses et des épreuves à venir. Ce qui les attend : la trahison, le rejet, l'exil, le martyre. À quoi donc les appelle-t-Il (et nous appelle-t-Il) en cette heure difficile ? Dans de telles situations, le monde a besoin de l'intervention de Dieu Lui-même, et Jésus appelle Ses disciples à devenir les instruments de cette intervention. Que par eux les rois et les puissants entendent la parole du salut, que par eux ceux qui souffrent reçoivent consolation et encouragement. Eux-mêmes ne manqueront de rien — le Père céleste Lui-même prendra soin d'eux. Il leur faut seulement apprendre à Lui faire confiance. Alors leur lien avec le Ciel deviendra plus solide que tous les liens terrestres ; Dieu sera pour eux une réalité plus grande que la famille, les biens, que la vie elle-même.
Face aux épreuves, le Seigneur nous appelle à nous remettre entièrement à Sa volonté et à devenir Sa présence guérissante sur la terre.
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