51 « Nuques raides, oreilles et cœurs incirconcis, toujours vous résistez à l’Esprit Saint ! Tels furent vos pères, tels vous êtes ! |
52 Lequel des prophètes vos pères n’ont-ils point persécuté ? Ils ont tué ceux qui prédisaient la venue du Juste, celui-là même que maintenant vous venez de trahir et d’assassiner, |
53 vous qui avez reçu la Loi par le ministère des anges et ne l’avez pas observée. » |
54 À ces mots, leurs cœurs frémissaient de rage, et ils grinçaient des dents contre Étienne. |
55 Tout rempli de l’Esprit Saint, il fixa son regard vers le ciel ; il vit alors la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. |
56 « Ah ! dit-il, je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » |
57 Jetant alors de grands cris, ils se bouchèrent les oreilles et, comme un seul homme, se précipitèrent sur lui, |
58 le poussèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul. |
59 Et tandis qu’on le lapidait, Étienne faisait cette invocation : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. » |
60 Puis il fléchit les genoux et dit, dans un grand cri : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché. » Et en disant cela, il s’endormit. |
Aujourd’hui, nous avons devant nous la première mort parmi les chrétiens (si l’on ne compte pas Ananie et Saphire comme chrétiens — voir Ac 5:1–11). Et le premier chrétien mourant est déjà un martyr. Le monde continue de rejeter le Christ et Ses disciples. Et si les grands prêtres avaient craint de mettre à mort le Christ Lui-même de leur propre autorité, sans les Romains, parce qu’Il était trop aimé de beaucoup dans le peuple, après s’être débarrassés de Lui, ils ne font plus de cérémonies avec Ses disciples.
Le Sanhédrin, devant lequel paraît Étienne, entend une fois de plus des accusations ouvertes à son adresse : des accusations concernant la mort du Juste. Et ils en avaient déjà passablement assez ; ils l’avaient entendu de Pierre et de Jean au moins deux fois déjà (voir Ac 4:5–12», 5:27-32). Mais cette fois, ils n’ont pas tenu : ils ont été provoqués par le fait qu’Étienne leur a dit honnêtement ce qu’il ne savait pas seulement, mais voyait réellement. Lui, comme le Christ, témoignait au monde d’une réalité objective : le monde est dans le péché, mais Jésus a apporté le salut. Et le monde n’a pas besoin d’une telle vérité...
Quand le Christ disait : « S’ils M’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi », Il disait aussi : « Le serviteur n’est pas plus grand que son maître » (voir Jn 15:20). Étienne, homme rempli de « foi et de force », véritable disciple du Christ, dit avant sa mort presque les mêmes paroles que son Maître a dites sur la croix : il demande au Seigneur de pardonner à ses persécuteurs… Et l’Église, malgré tout, continue de grandir et de s’affermir, précisément parce qu’elle continue d’agir comme son Seigneur le lui a commandé et comme Lui-même a agi.
52 Lequel des prophètes vos pères n’ont-ils point persécuté ? Ils ont tué ceux qui prédisaient la venue du Juste, celui-là même que maintenant vous venez de trahir et d’assassiner, |
53 vous qui avez reçu la Loi par le ministère des anges et ne l’avez pas observée. » |
54 À ces mots, leurs cœurs frémissaient de rage, et ils grinçaient des dents contre Étienne. |
Étienne accuse, et les accusateurs ne tiennent plus et se jettent sur lui. Étienne n'a-t-il pas dépassé la mesure ? Peut-être aurait-il fallu prêcher plus doucement, sans blesser l'amour-propre de personne ? Avec un peu de chance, il serait resté sain et sauf, et aurait converti quelqu'un...
Mais une prédication « adoucie » serait devenue n'importe quoi, sauf un appel au salut, sauf une parole de vie et de mort. Le moment est venu où il faut une franchise extrême et la disposition à témoigner par le sang de la fidélité aux paroles et de la fidélité à la Parole. Étienne ne pouvait pas renoncer à ce dont il était sûr comme de la Vérité ; son témoignage des cieux ouverts et du Fils de l'homme debout à la droite de Dieu n'était pas une métaphore, on ne donne pas sa vie pour des métaphores.
Si, lors de l'exécution du Christ, on avait au moins respecté une imitation de justice, maintenant les accusateurs ne font même pas semblant d'observer la loi. Les formalités juridiques sont rejetées, et c'est un lynchage, un meurtre sans jugement. Ceux qui n'aiment pas les Romains, mais s'entendent parfaitement avec eux, violent volontiers l'interdiction romaine de prononcer des sentences de mort. D'ailleurs, Étienne fut tué sans même qu'une sentence soit prononcée, si bien que la lettre de l'interdiction ne fut pas violée.
Et ici nous voyons pour la première fois Saul, zélateur de la loi, guidé non par la loi mais par sa propre haine. Il lui reste encore à voir que ce n'est pas la haine qui est en réalité au-dessus de la loi...
54 À ces mots, leurs cœurs frémissaient de rage, et ils grinçaient des dents contre Étienne. |
55 Tout rempli de l’Esprit Saint, il fixa son regard vers le ciel ; il vit alors la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. |
56 « Ah ! dit-il, je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » |
57 Jetant alors de grands cris, ils se bouchèrent les oreilles et, comme un seul homme, se précipitèrent sur lui, |
58 le poussèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul. |
59 Et tandis qu’on le lapidait, Étienne faisait cette invocation : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. » |
Durant les trois premiers jours qui suivent Noël, nous nous rappelons trois manières différentes de confesser le Christ et de nous donner à Lui. Nous commençons par faire mémoire de saint Étienne. Il est l'exemple le plus clair de la manière dont nous devons nous conduire si nous voulons être conséquents dans notre choix et notre confiance en Dieu. Étienne était de ceux qui ont été fidèles en peu de chose, et c'est pourquoi beaucoup lui fut confié. Il travaillait, prêchait et témoignait du Christ par ses actes et ses miracles. Travailler pour Jésus, répondre de ce que l'on fait et des personnes qui nous sont confiées : tel est le premier et le plus simple chemin du disciple et du frère. Chacun reçoit sa propre part de travail sur ce chemin, et Étienne, qui a mené sa tâche jusqu'au bout, n'a pas reculé d'un seul pas et a donné sa vie pour Jésus, est pour nous tous un exemple et un soutien sur ce chemin.
54 À ces mots, leurs cœurs frémissaient de rage, et ils grinçaient des dents contre Étienne. |
55 Tout rempli de l’Esprit Saint, il fixa son regard vers le ciel ; il vit alors la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. |
56 « Ah ! dit-il, je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » |
57 Jetant alors de grands cris, ils se bouchèrent les oreilles et, comme un seul homme, se précipitèrent sur lui, |
58 le poussèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul. |
59 Et tandis qu’on le lapidait, Étienne faisait cette invocation : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. » |
Le premier jour après Noël, l'Église célèbre la fête de saint Étienne, le premier martyr. Ce n'est pas un hasard si sa fête est la première après Noël. Étienne fut le premier à suivre jusqu'au bout le chemin de Jésus, jusqu'à la mort. Le chemin du don total de soi, du complet oubli de soi. Et regardez ce qui se passe lorsqu'Étienne parle de sa vision. Ceux qui l'entourent se bouchent les oreilles. Il ne s'agit certainement pas simplement du désir pieux de fidèles fervents de préserver leurs oreilles de ce qu'ils considèrent comme un blasphème. Ils sentent dans les paroles d'Étienne une force inconnue. Ces paroles pourraient changer quelque chose dans leur cœur... alors ils se bouchent les oreilles et l'arrêtent, de la seule manière dont ils savent l'arrêter.
Pour nous, il est sans doute important de réfléchir à notre propre réaction à une parole qui nous est adressée. Ne nous arrive-t-il pas d'avoir très envie de nous boucher les oreilles ?
55 Tout rempli de l’Esprit Saint, il fixa son regard vers le ciel ; il vit alors la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. |
56 « Ah ! dit-il, je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » |
Que s'est-il vraiment passé ? Quelqu’un qui entre en extase, prononçant un long discours sur l'histoire d'Israël, a une vision et la raconte. Semblerait-il quoi de spécial, les visions ne sont-elles pas différentes ? Mais les conséquences sont plus tragiques : c’est notamment après ces mots de la vision qu’on se jette sur Étienne pour le tuer! Qu'a t-il dit d’horrible?
Étienne parle du chemin d'Israël, comme ce chemin mène à l’avènement du Messie - tout va bien; quand il accuse les leaders spirituels du peuple du meurtre du Juste, ils grincent les dents, mais il n’y a pas encore de crime ici. Et tout va à ce qu'il faudrait le relâcher. Mais Étienne est en ce moment même rempli du Saint Esprit, Qui non seulement lui ouvre une vision saisissante, mais l'incite aussi à en témoigner. Appeler Jésus Juste, ou même Messie n’est pas un crime, mais plutôt une expression d’opinion, alors que dire que tu Le vois dans les cieux à la droite du Père est soit la vérité, soit un blasphème. Le Saint Esprit n’approuve pas l'indécision du choix des membres du sanhédrin, tout comme Il ne consent pas et avec notre indécision, - Il met les gens et en cette époque là, et aujourd’hui devant la nécessité de donner une réponse concrète et univoque à la question : Qui est Jésus pour moi?
30 Ils lui dirent alors : « Quel signe fais-tu donc, pour qu’à sa vue nous te croyions ? Quelle œuvre accomplis-tu ? |
31 Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit :Il leur a donné à manger du pain venu du ciel. »
|
32 Jésus leur répondit :« En vérité, en vérité, je vous le dis, non, ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel ; mais c’est mon Père qui vous donne le pain qui vient du ciel, le vrai ; |
33 car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. » |
34 Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. » |
35 Jésus leur dit :« Moi, je suis le pain de vie. Qui vient à moi n’aura jamais faim ; qui croit en moi n’aura jamais soif. |
Dans la lecture évangélique d’aujourd’hui, nous pouvons voir un comportement naturel, propre à tous les hommes. La foule, qui a apaisé sa faim et écoute les paroles du Seigneur sur le pain de Dieu, « qui descend du ciel et donne la vie au monde », demande avec raison que ce pain ne finisse jamais. Et plus encore s’il s’agit de ce pain qui « donne la vie au monde » ! Comme cela ressemble à la rencontre de Jésus avec la Samaritaine (voir Jn 4,5-30). Cette femme, ayant entendu parler de l’eau qui étanche la soif de telle sorte qu’on n’aura jamais soif, demande à Jésus : « Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n’aie plus soif et que je ne vienne plus ici puiser ».
Comme nous, les hommes, nous nous ressemblons dans nos désirs ! Dès que nous entendons parler de quelque chose de merveilleux, nous avons envie de nous l’approprier, d’y avoir directement part, surtout lorsqu’il s’agit d’un avantage direct. Ainsi, en tout homme, on peut trouver cette soif du pain et de l’eau miraculeux qui donnent la vie. Et dans les deux cas, le Seigneur prononce des paroles étranges : Lui-même est le pain dans un cas et l’eau dans l’autre. C’est précisément par le caractère inattendu de ces paroles et par leur sens qu’on peut conduire l’homme à un autre niveau, plus profond.
30 Ils lui dirent alors : « Quel signe fais-tu donc, pour qu’à sa vue nous te croyions ? Quelle œuvre accomplis-tu ? |
31 Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit :Il leur a donné à manger du pain venu du ciel. »
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32 Jésus leur répondit :« En vérité, en vérité, je vous le dis, non, ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel ; mais c’est mon Père qui vous donne le pain qui vient du ciel, le vrai ; |
33 car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. » |
34 Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. » |
35 Jésus leur dit :« Moi, je suis le pain de vie. Qui vient à moi n’aura jamais faim ; qui croit en moi n’aura jamais soif. |
Un dialogue très intéressant se déroule dans la lecture évangélique d'aujourd'hui. Jésus dit que le véritable pain venu du ciel n'est pas la manne que Moïse donnait aux Juifs dans le désert, mais Lui-même, Jésus. Il est parfaitement évident qu'aucun de Ses auditeurs ne Le comprend. Il n'a pas encore été question du sacrement de l'Eucharistie. Jésus ne donne aucune explication précise sur la raison ni sur la manière dont Il est le pain. Il annonce simplement la vérité et donne aux hommes la possibilité d'entrer eux-mêmes en relation avec cette vérité. Il ne craint pas de ne pas être compris—bien que, de toute évidence, personne ne puisse alors Le comprendre. La parole de Jésus est simplement déposée dans le cœur, semée comme une graine. En son temps, elle portera du fruit. Cela est sans doute important pour nous : même si nous ne comprenons pas quelque chose dans l'Évangile, un jour Ses paroles nous deviendront compréhensibles. Même si notre interlocuteur ne comprend pas ce que nous disons de Dieu, s'il veut écouter, il vaut la peine de parler, en priant pour que Sa parole se révèle plus tard dans son cœur.
35 Jésus leur dit :« Moi, je suis le pain de vie. Qui vient à moi n’aura jamais faim ; qui croit en moi n’aura jamais soif. |
Jésus Lui-même et tout ce qui est lié à Lui étaient perçus différemment par des personnes différentes. Lui-même, pourtant, ne parlait toujours que d’une seule chose : de ce Royaume qu’Il avait apporté au monde. Il sait qu’Il n’a rien d’autre, et qu’aucune autre tâche ne se tient devant Lui, sinon rendre le Royaume accessible à quiconque le cherche. En Se nommant « pain de vie », Jésus veut communiquer à Ses auditeurs une pensée simple, mais qui ne peut en aucune manière entrer dans leur conscience : Il leur a apporté la plénitude de la vie. Non pas une vie temporelle, qui existe aujourd’hui et demain n’existe plus, mais la vie véritable, celle qui n’a pas de fin parce qu’elle n’a pas non plus de commencement, demeurant tout entière en Dieu et se révélant dans Son Royaume. Comme on le voit, ceux qui écoutent Jésus ne comprennent pas du tout comment une telle vie peut exister. Des manifestations séparées et concrètes de cette vie leur sont plus habituelles et plus compréhensibles.
Par exemple, la manne : là, tout est plus ou moins clair, Dieu a accompli un miracle par Sa puissance, et une certaine partie, assez petite en somme, de cette vie qui s’ouvre maintenant au monde dans sa plénitude s’est trouvée liée à cette manne. Jésus, Lui, ne parle pas d’une partie, mais du tout. Mais ici surgit un malentendu : au regard terrestre ordinaire, ce tout est inaccessible. Il lui est invisible. Avec la manne, c’est plus simple : il y a là quelque chose de visible pour chacun, et ce visible change ses propriétés de telle sorte que l’action de l’invisible devient absolument indubitable. Mais la plénitude de la vie du Royaume se trouve totalement inaccessible à la vue physique.
Il faut ici autre chose : la volonté. C’est précisément la volonté qui détermine la vie spirituelle et l’état spirituel de l’homme. Et c’est seulement par la volonté que l’on peut voir et vivre cette plénitude de la vie du Royaume dont parle Jésus. Mais c’est précisément à cela que Ses auditeurs se trouvent totalement non préparés. Ils veulent de l’extérieur. Ils veulent des signes, de préférence surnaturels, qui deviendraient des preuves que Jésus est réellement le Messie. Or du Messie, on attend avant tout des miracles, semblables au rassasiement de milliers de personnes avec deux pains. Des miracles qui changeraient leur vie, mais pas radicalement. Et qui, à coup sûr, ne les changeraient pas eux-mêmes.
C’est pourquoi ils n’ont pas besoin du Royaume. Car on n’entre pas si simplement dans le Royaume ; il faudra changer, et sérieusement. Ceux qui écoutent Jésus veulent entrer dans le Royaume du Messie sans rien changer radicalement en eux-mêmes. C’est pourquoi ils n’ont pas besoin de la plénitude de la vie. À quoi leur servirait-elle si, dans leur état présent, la plupart de ceux qui écoutent ne peuvent même pas la voir ? La manne vaut mieux ici. Mieux encore : le pain miraculeux, qui suffit à tous, et gratuitement. Mais ce n’est pas le Royaume que le Sauveur a apporté au monde. Car celui-là ne sauve pas. Et il ne donne pas la vraie vie.
1 Le grand prêtre demanda : « En est-il bien ainsi ? » |
2 Il répondit : « Frères et pères, écoutez. Le Dieu de la gloire apparut à notre père Abraham, encore en Mésopotamie avant de s’établir à Harân, |
3 et lui dit : Quitte ton pays et ta parenté, et va dans le pays que je te montrerai.
|
4 Il quitta alors le pays des Chaldéens pour s’établir à Harân. C’est de là, après la mort de son père, que Dieu le fit passer dans ce pays dans lequel vous-même habitez maintenant. |
5 Il ne lui donna aucune propriété dans ce pays, pas même de quoi poser le pied, mais il promit de lui en donner la possession, ainsi qu’à sa postérité après lui quoiqu’il n’eût pas d’enfant. |
6 Et Dieu lui déclara que sa postérité séjournerait en terre étrangère, qu’on la réduirait en servitude et qu’on la maltraiterait durant quatre cents ans. — |
7 Mais la nation dont ils auront été les esclaves, je la jugerai, moi, dit Dieu. Après quoi, ils s’en iront et me rendront leur culte en ce lieu même. |
8 Il lui donna ensuite l’alliance de la circoncision ; c’est ainsi qu’étant devenu père d’Isaac, Abraham le circoncit le huitième jour. Et Isaac fit de même pour Jacob, et Jacob pour les douze patriarches. |
9 « Les patriarches, jaloux de Joseph, le vendirent pour être emmené en Égypte. Mais Dieu était avec lui : |
10 il le tira de toutes ses tribulations et lui donna grâce et sagesse devant Pharaon, roi d’Égypte, qui l’établit gouverneur de l’Égypte et de toute sa maison.
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11 Survinrent alors dans toute l’Égypte et en Canaan famine et grande détresse ; nos pères ne trouvaient rien à manger. |
12 Apprenant qu’il y avait des vivres en Égypte, Jacob y envoya nos pères une première fois ; |
13 la deuxième fois, Joseph se fit reconnaître de ses frères, et son origine fut révélée à Pharaon. |
14 Joseph envoya chercher alors son père Jacob et toute sa parenté, qui comptait soixante-quinze personnes.
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15 Jacob descendit donc en Égypte, et il y mourut, ainsi que nos pères. |
16 Leurs corps furent transportés à Sichem et déposés dans le tombeau qu’Abraham avait acheté à prix d’argent aux fils d’Emmor, père de Sichem. |
17 « Comme approchait le temps où devait s’accomplir la promesse que Dieu avait faite solennellement à Abraham, le peuple s’accrut et se multiplia en Égypte, |
18 jusqu’à l’avènement d’un nouveau roi qui ne se souvint pas de Joseph.
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19 Usant d’astuce envers notre race, ce roi maltraita nos pères, jusqu’à leur faire exposer leurs nouveau-nés pour qu’ils ne puissent pas vivre.
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20 C’est à ce moment que naquit Moïse, qui était beau devant Dieu. Il fut nourri trois mois dans la maison de son père ; |
21 puis, comme il avait été exposé, la fille de Pharaon le recueillit et l’éleva comme son propre fils.
|
22 Ainsi Moïse fut-il instruit dans toute la sagesse des Égyptiens, et il était puissant en paroles et en œuvres. |
23 « Comme il atteignait la quarantaine, la pensée lui vint de visiter ses frères, les Israélites.
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24 Voyant maltraiter l’un d’eux, il prit sa défense et vengea l’opprimé en tuant l’Égyptien.
|
25 Ses frères, supposait-il, comprendraient que c’était Dieu qui, par sa main, leur apportait le salut ; mais ils ne le comprirent pas. |
26 Le lendemain, il parut au milieu d’eux comme ils se battaient, et il tentait de les remettre en paix. « Mes amis, leur dit-il, vous êtes frères : pourquoi vous maltraiter l’un l’autre ? » |
27 Alors celui qui maltraitait son compagnon le repoussa en disant : “Qui t’a établi chef et juge sur nous ?
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28 Voudrais-tu me tuer comme hier tu as tué l’Égyptien ?” |
29 À ces mots, Moïse s’enfuit et alla se réfugier au pays de Madian, où il eut deux fils. |
30 « Au bout de quarante ans, un ange lui apparut au désert du mont Sinaï, dans la flamme d’un buisson en feu.
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31 Moïse était étonné à la vue de cette apparition. Comme il s’avançait pour mieux voir, la voix du Seigneur se fit entendre :
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32 “Je suis le Dieu de tes pères, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.” Tout tremblant, Moïse n’osait regarder.
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33 Alors le Seigneur lui dit : “Ôte les sandales de tes pieds, car l’endroit où tu te tiens est une terre sainte.
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34 Oui, j’ai vu l’affliction de mon peuple en Égypte, j’ai entendu son gémissement et je suis descendu pour le délivrer. Viens donc, que je t’envoie en Égypte.” |
35 « Ce Moïse qu’ils avaient renié en disant : Qui t’a établi chef et juge ? Voici que Dieu le leur envoyait comme chef et rédempteur, par l’entremise de l’ange qui lui était apparu dans le buisson. |
36 C’est lui qui les fit sortir, en opérant prodiges et signes au pays d’Égypte, à la mer Rouge et au désert pendant quarante ans.
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37 C’est lui, Moïse, qui dit aux Israélites : Dieu vous suscitera d’entre vos frères un prophète comme moi. |
38 C’est lui qui, lors de l’assemblée au désert, était avec l’ange qui lui parlait sur le mont Sinaï, tout en restant avec nos pères, lui qui reçut les paroles de vie pour nous les donner. |
39 Voilà celui à qui nos pères refusèrent d’obéir. Bien plus, ils le repoussèrent et, retournant de cœur en Égypte, |
40 ils dirent à Aaron : « Fais-nous des dieux qui marchent devant nous ; car ce Moïse qui nous a fait sortir du pays d’Égypte, nous ne savons ce qui lui est arrivé.” |
41 Ils fabriquèrent un veau en ces jours-là et offrirent un sacrifice à l’idole, et ils célébraient joyeusement l’œuvre de leurs mains. |
42 Alors Dieu se détourna d’eux et les livra au culte de l’armée du ciel, ainsi qu’il est écrit au livre des Prophètes :M’avez-vous donc offert victimes et sacrifices, pendant quarante ans au désert, maison d’Israël ? |
43 Mais vous avez porté la tente de Moloch et l’étoile du dieu Rephân, les figures que vous aviez faites pour les adorer ; aussi vous déporterai-je par-delà Babylone. |
44 « Nos pères au désert avaient la Tente du Témoignage, ainsi que l’avait prescrit Celui qui parlait à Moïse, lui enjoignant de la faire suivant le modèle qu’il avait vu. |
45 Après l’avoir reçue, nos pères l’introduisirent, sous la conduite de Josué, dans le pays conquis sur les nations que Dieu chassa devant eux ; ainsi en fut-il jusqu’aux jours de David. |
46 Celui-ci trouva grâce devant Dieu et sollicita la faveur de trouver une résidence pour la maison de Jacob. |
47 Ce fut Salomon toutefois qui lui bâtit une maison.
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48 Mais le Très-Haut n’habite pas dans des demeures faites de main d’homme ; ainsi le dit le prophète : |
49 Le ciel est mon trône et la terre l’escabeau de mes pieds : quelle maison me bâtirez-vous, dit le Seigneur, et quel sera le lieu de mon repos ? |
50 N’est-ce pas ma main qui a fait tout cela ?
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51 « Nuques raides, oreilles et cœurs incirconcis, toujours vous résistez à l’Esprit Saint ! Tels furent vos pères, tels vous êtes ! |
52 Lequel des prophètes vos pères n’ont-ils point persécuté ? Ils ont tué ceux qui prédisaient la venue du Juste, celui-là même que maintenant vous venez de trahir et d’assassiner, |
53 vous qui avez reçu la Loi par le ministère des anges et ne l’avez pas observée. » |
54 À ces mots, leurs cœurs frémissaient de rage, et ils grinçaient des dents contre Étienne. |
55 Tout rempli de l’Esprit Saint, il fixa son regard vers le ciel ; il vit alors la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. |
56 « Ah ! dit-il, je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » |
57 Jetant alors de grands cris, ils se bouchèrent les oreilles et, comme un seul homme, se précipitèrent sur lui, |
58 le poussèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul. |
59 Et tandis qu’on le lapidait, Étienne faisait cette invocation : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. » |
Étienne rappelle à l'assemblée le chemin historique parcouru par le peuple conduit par Dieu, mais il insiste sur les épisodes où le peuple s'est révolté contre Sa volonté, a rejeté ou n'a pas compris les prophètes que le Seigneur envoyait. Les exemples auraient pu être plus nombreux, mais ceux qu'Étienne mentionne suffisaient pour conduire ses auditeurs tout près de cette pensée : la seule appartenance à la tradition n'assure pas mécaniquement que l'on suive la bonne voie et ne garantit pas l'accomplissement de la volonté de Dieu.
On peut apprendre beaucoup de choses par cœur, bien connaître les prescriptions rituelles et même se repérer avec aisance dans le texte de l'Écriture ; mais si le cœur reste fermé, on peut très facilement ne pas reconnaître Celui qu'on croyait attendre et sur qui l'on pensait avoir placé toute son espérance.
35 Jésus leur dit :« Moi, je suis le pain de vie. Qui vient à moi n’aura jamais faim ; qui croit en moi n’aura jamais soif. |
36 Mais je vous l’ai dit : vous me voyez et vous ne croyez pas. |
37 Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors ; |
38 car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. |
39 Or c’est la volonté de celui qui m’a envoyé que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour. |
Comment Jésus lui-même comprend-il les tâches qui se tiennent devant lui ? Ce qui frappe d'abord, c'est qu'il ne tente pas du tout de formuler lui-même des tâches. Il semblerait que Celui qui a accueilli en lui toute la plénitude de Dieu aurait pu être bien plus résolu, surtout si l'on considère la détermination avec laquelle des hommes ordinaires formulent parfois les buts et les tâches de leur service de Dieu. Mais Jésus, étant le Messie, voit le sens de son service messianique dans le fait de n'avoir aucun but à lui et de ne se donner aucune tâche propre. Il s'en remet entièrement à la volonté du Père, et il n'a pas d'oeuvres qui lui soient propres. Et le Père, comme on le voit, lui fixe une tâche principale à laquelle tout le reste est subordonné : sauver le plus grand nombre possible d'hommes. Il n'est pas question du Jugement, ni de la condamnation des uns ou de la justification des autres. Bien sûr, les péchés de l'homme font obstacle à son salut. Mais, comme on le voit, même les justes ne peuvent compter sur le salut sans l'aide du Messie envoyé par Dieu dans le monde.
Comme dans toute opération de sauvetage, seul le salut de tous et de chacun peut être considéré comme un plein succès. Mais, comme on le voit, il existe certains obstacles qui peuvent empêcher ce plein succès. Les péchés commis par l'homme sont sans doute l'un de ces obstacles. Il y en a peut-être d'autres, mais ils dépendent apparemment peu, ou pas du tout, de l'homme. En revanche, la mesure du péché qui complique l'opération de sauvetage dépend d'abord de l'homme. Et cela n'a rien d'étonnant : car le salut, comme on le voit, est lié à la possibilité d'entrer dans le Royaume, dont Jésus ouvre la porte.
Dans son état actuel, le monde est condamné, et seul peut être sauvé celui qui saura entrer dans le Royaume en devenant une part de celui-ci. Là, la question du péché et de la justice devient décisive, car tout péché devient inévitablement pour l'homme un obstacle sur le chemin du Royaume. Mais Jésus permet, avec le consentement du Père bien entendu, à chacun de tout recommencer, de repartir d'une page blanche, en faisant une nouvelle tentative pour commencer sa vie à nouveau. À une condition : cette tentative ne sera pas entreprise dans le monde déchu, mais dans le Royaume. Ainsi, libéré du pouvoir sans partage que le péché exerce sur l'homme déchu, chacun pourra essayer de commencer une vie nouvelle au plein sens du mot.
35 Jésus leur dit :« Moi, je suis le pain de vie. Qui vient à moi n’aura jamais faim ; qui croit en moi n’aura jamais soif. |
36 Mais je vous l’ai dit : vous me voyez et vous ne croyez pas. |
37 Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors ; |
38 car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. |
39 Or c’est la volonté de celui qui m’a envoyé que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour. |
« Celui qui vient à Moi, Je ne le chasserai pas dehors ». Pourquoi ces paroles donnent-elles l’espérance ? Parce que nous savons qui vient à Lui. Tôt ou tard, bien sûr, tous viendront, et cela en soi encourage déjà. Mais nous savons que, parmi les disciples, personne n’était vraiment digne de son Maître. Les plus proches ne comprenaient pas grand-chose jusqu’à la fin. Seules quelques personnes « du dehors » comprenaient que le Christ les dépassait incomparablement, et pourtant elles venaient humblement à Lui. Ainsi, par exemple, le père du jeune possédé dit à Jésus : « Je crois, Seigneur ! Viens au secours de mon incrédulité » (Mc 9,24). Ou encore le centurion : « Seigneur, je ne suis pas digne que Tu entres sous mon toit ; mais dis seulement une parole, et mon serviteur sera guéri » (Mt 8,8).
Et le Seigneur les accueillait réellement et répondait aux désirs et aux questions les plus secrets du cœur. Il ne se contente pas de ne pas chasser dehors ceux qui viennent. Il leur montre le chemin et marche Lui-même sur ce chemin. Il est le bon Pasteur, qui donne Sa vie pour les brebis (voir Jn 10,11). Il nous prend dans Ses bras et nous porte contre Sa poitrine (voir Is 40,11). Il nous conduira là où nous ne manquerons de rien (voir Ps 22,1). Il nous ressuscitera au dernier jour.
35 Jésus leur dit :« Moi, je suis le pain de vie. Qui vient à moi n’aura jamais faim ; qui croit en moi n’aura jamais soif. |
36 Mais je vous l’ai dit : vous me voyez et vous ne croyez pas. |
37 Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors ; |
38 car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. |
39 Or c’est la volonté de celui qui m’a envoyé que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour. |
Dans le bref passage d’aujourd’hui tiré du discours sur le Pain du Ciel, comme on appelle habituellement cette partie de l’Évangile de Jean, le Seigneur parle directement de Lui-même comme du Pain qui donne à l’homme une source inépuisable de vie. Si l’on y réfléchit, c’est une chose absolument saisissante. En effet, ici même, dans ce monde qui ressemble davantage à l’enfer qu’au paradis, s’ouvre pour l’homme la possibilité de vivre de Dieu et de se nourrir de Lui. Toutes nos questions sur le sens et le but de la vie, sur la souffrance et la mort, la joie et l’éternité trouvent leur réponse dans ces paroles du Christ.
Les dernières paroles du passage d’aujourd’hui nous donnent une espérance encore plus grande. Au cours de l’histoire, des théories de la prédestination sont apparues et sont devenues populaires plus d’une fois, selon lesquelles la vie n’est préparée qu’à quelques-uns, ou à beaucoup mais non à tous. C’est une idée terrible, car il en découle manifestement que Dieu a prédestiné certains d’entre nous à la perdition. « Serait-ce moi, Seigneur ? » dirent les disciples lors de la Cène. Et voici qu’aujourd’hui nous entendons cette révélation inestimable du Christ : « Or la volonté du Père qui M’a envoyé, c’est que Je ne perde rien de tout ce qu’Il M’a donné, mais que Je le ressuscite au dernier jour. » Voilà pour la prédestination... Le Tout-Puissant veut notre salut à tous, car Il a tout donné au Fils. Par conséquent, le seul qui puisse « prédestiner » la perdition ou le salut est l’homme lui-même. À chacun sont données la chance et la possibilité de recourir à l’aide du Christ et d’être sauvé. N’est-ce pas là une grande miséricorde ?
35 Jésus leur dit :« Moi, je suis le pain de vie. Qui vient à moi n’aura jamais faim ; qui croit en moi n’aura jamais soif. |
36 Mais je vous l’ai dit : vous me voyez et vous ne croyez pas. |
37 Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors ; |
38 car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. |
39 Or c’est la volonté de celui qui m’a envoyé que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour. |
40 Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. » |
Dans la lecture évangélique d'aujourd'hui, Jésus dit : « La volonté du Père qui m'a envoyé est que je ne perde rien de tout ce qu'Il m'a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour ». Ces paroles sont la réponse à une question classique, posée par des personnes étrangères à l'Église : « Et qu'arrivera-t-il à mon amie si elle est morte sans avoir été baptisée ? » La volonté du Père céleste est que personne ne périsse. Mais il y a une précision importante : « de tout ce qu'Il m'a donné ». Qu'est-ce donc que ce que le Père a donné à Jésus ? Ce sont ceux qui L'ont accueilli dans leur coeur, ceux qui croient en Lui.
Mais alors, cela signifie-t-il que tous les incroyants sont condamnés ? Il n'y a pas ici de réponse univoque, mais nous savons une chose : la rencontre avec Dieu se produit dans la profondeur même du coeur humain. Personne ne pourra jamais déterminer quelles sont en réalité les relations avec Dieu de telle personne concrète, personne sauf Dieu, qui voit les coeurs. Seul le Seigneur qui connaît les coeurs peut dire à quel point un homme était proche de Dieu. Or la volonté du Père est que personne ne périsse ; nous pouvons donc espérer qu'il peut Lui suffire de la plus petite étincelle de foi, de la plus petite ouverture, pour ressusciter l'homme au dernier jour.
27 Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, car c’est lui que le Père, Dieu, a marqué de son sceau. » |
28 Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » |
29 Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » |
30 Ils lui dirent alors : « Quel signe fais-tu donc, pour qu’à sa vue nous te croyions ? Quelle œuvre accomplis-tu ? |
31 Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit :Il leur a donné à manger du pain venu du ciel. »
|
32 Jésus leur répondit :« En vérité, en vérité, je vous le dis, non, ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel ; mais c’est mon Père qui vous donne le pain qui vient du ciel, le vrai ; |
33 car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. » |
Les auditeurs de Jésus ne Le comprennent pas toujours correctement : dans des mots familiers, depuis longtemps habituels, Il met souvent un sens tout à fait nouveau. Et souvent le sens nouveau qu'Il y met se révèle tout à fait inattendu, changeant ce qu'aujourd'hui nous appellerions le paradigme de la pensée.
Ainsi, on L'interroge sur les oeuvres de Dieu, en ayant en vue à peu près ce qu'aujourd'hui nous appellerions des obligations religieuses. On Lui pose une question sur les oeuvres de Dieu dans le sens où les maîtres de la Torah et les rabbins savants en parlaient souvent : pour observer la Torah jusqu'au bout, il faut accomplir les commandements et, en outre, faire encore ceci et cela. Mais Jésus parle de confiance, de relations avec Lui-même comme de l'oeuvre principale de Dieu. Et ce n'est pas étonnant : beaucoup de maîtres d'Israël eux-mêmes regardaient toutes les obligations religieuses comme un moyen d'établir et d'affermir les relations avec Dieu, considérant précisément cela comme l'oeuvre principale et unique de Dieu.
Et voici que maintenant est venu dans le monde Celui des relations avec qui dépend la possibilité non seulement d'établir des relations avec Dieu (cela était possible auparavant aussi), mais de participer à la vie du Royaume dans toute sa plénitude. Et on Lui demande quelles autres obligations religieuses il faut assumer afin que, lorsque le Messie viendra, on soit sûrement parmi ce reste qui L'accueillera.
Il en va de même pour le pain dont parle Jésus. Il leur parle de ce souffle de vie dont le Royaume est imprégné, et ils Lui répondent : eh bien, il y eut autrefois des temps où Dieu donnait à nos pères la manne dans le désert ; et Toi, que nous donneras-Tu ? Peux-Tu nous montrer quelque chose qui serait pour nous une preuve convaincante de Tes paroles ?
On voit que le problème principal ici est que ceux qui interrogent ne parviennent pas à voir l'essentiel pour lequel Jésus est venu dans le monde : le Royaume. C'est pourquoi ils L'interrogent sur beaucoup de choses qui n'ont pas de rapport direct avec le Royaume. Lui, encore et encore, tente de les ramener à l'essentiel : car le sens de Sa mission consiste précisément à faire participer à la vie du Royaume le plus grand nombre possible de personnes, afin que l'histoire du Royaume dans le monde ne s'achève pas avec Son ministère terrestre.
22 Le lendemain, la foule qui se tenait de l’autre côté de la mer vit qu’il n’y avait eu là qu’une barque et que Jésus n’était pas monté dans le bateau avec ses disciples, mais que seuls ses disciples s’en étaient allés. |
23 Cependant, de Tibériade des bateaux vinrent près du lieu où l’on avait mangé le pain. |
24 Quand donc la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples non plus, les gens s’embarquèrent et vinrent à Capharnaüm à la recherche de Jésus. |
25 L’ayant trouvé de l’autre côté de la mer, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? » |
26 Jésus leur répondit :« En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés. |
27 Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, car c’est lui que le Père, Dieu, a marqué de son sceau. » |
28 Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » |
29 Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » |
30 Ils lui dirent alors : « Quel signe fais-tu donc, pour qu’à sa vue nous te croyions ? Quelle œuvre accomplis-tu ? |
31 Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit :Il leur a donné à manger du pain venu du ciel. »
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32 Jésus leur répondit :« En vérité, en vérité, je vous le dis, non, ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel ; mais c’est mon Père qui vous donne le pain qui vient du ciel, le vrai ; |
33 car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. » |
34 Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. » |
35 Jésus leur dit :« Moi, je suis le pain de vie. Qui vient à moi n’aura jamais faim ; qui croit en moi n’aura jamais soif. |
36 Mais je vous l’ai dit : vous me voyez et vous ne croyez pas. |
37 Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors ; |
38 car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. |
39 Or c’est la volonté de celui qui m’a envoyé que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour. |
40 Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. » |
Les gens se sont précipités à la recherche du Christ parce qu'ils avaient mangé du pain et en voulaient davantage plutôt que des miracles. Mais beaucoup d'entre eux considèrent aussi les miracles moins comme des signes témoignant d'une vérité supérieure que comme des spectacles impressionnants. C'est pourquoi les paroles sur le pain de vie qui descend du ciel et qui, contrairement à la manne, ne rassasie pas seulement le corps restent incomprises.
Les auditeurs ont du mal à comprendre le Christ, mais Il continue de leur parler. S'il en est ainsi, pourquoi prêche-t-Il ? Ne sème-t-Il pas au vent ?
Non, pas au vent. Il sème pour l'avenir, et des jours viendront où ce qui a été semé commencera à germer dans ces mêmes cœurs qui semblent encore réfractaires. À l'éternelle question : « Que faire ? », le Christ donne une réponse inattendue que beaucoup ont encore du mal à concevoir : croire. Non pas parce qu'Il rejetterait les œuvres, mais parce qu'au milieu de notre agitation et de nos efforts pour mettre en pratique des projets artificiels conçus selon notre propre jugement, il est trop facile de perdre de vue s'il faut ou non construire ce que nous avons imaginé.
La foi, elle, donne un point de repère qui nous aide à agir.
1 Après cela, Jésus s’en alla de l’autre côté de la mer de Galilée ou de Tibériade. |
2 Une grande foule le suivait, à la vue des signes qu’il opérait sur les malades. |
3 Jésus gravit la montagne et là, il s’assit avec ses disciples. |
4 Or la Pâque, la fête des Juifs, était proche. |
5 Levant alors les yeux et voyant qu’une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : « D’où nous procurerons-nous des pains pour que mangent ces gens ? » |
6 Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car lui-même savait ce qu’il allait faire. |
7 Philippe lui répondit : « Deux cents deniers de pain ne suffisent pas pour que chacun en reçoive un petit morceau. » |
8 Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : |
9 « Il y a ici un enfant, qui a cinq pains d’orge et deux poissons ; mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ? » |
10 Jésus leur dit : « Faites s’étendre les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe en ce lieu. Ils s’étendirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. |
11 Alors Jésus prit les pains et, ayant rendu grâces, il les distribua aux convives, de même aussi pour les poissons, autant qu’ils en voulaient. |
12 Quand ils furent repus, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, afin que rien ne soit perdu. » |
13 Ils les rassemblèrent donc et remplirent douze couffins avec les morceaux des cinq pains d’orge restés en surplus à ceux qui avaient mangé. |
14 À la vue du signe qu’il venait de faire, les gens disaient : « C’est vraiment lui le prophète qui doit venir dans le monde. » |
15 Alors Jésus, sachant qu’ils allaient venir s’emparer de lui pour le faire roi, s’enfuit à nouveau dans la montagne, tout seul. |
16 Quand le soir fut venu, ses disciples descendirent à la mer, |
17 et, montant en bateau, ils se rendaient de l’autre côté de la mer, à Capharnaüm. Il faisait déjà nuit, Jésus n’était pas encore venu les rejoindre ; |
18 et la mer, comme soufflait un grand vent, se soulevait. |
19 Ils avaient ramé environ vingt-cinq ou trente stades, quand ils voient Jésus marcher sur la mer et s’approcher du bateau. Ils eurent peur. |
20 Mais il leur dit : « C’est moi. N’ayez pas peur. » |
21 Ils étaient disposés à le prendre dans le bateau, mais aussitôt le bateau toucha terre là où ils se rendaient. |
22 Le lendemain, la foule qui se tenait de l’autre côté de la mer vit qu’il n’y avait eu là qu’une barque et que Jésus n’était pas monté dans le bateau avec ses disciples, mais que seuls ses disciples s’en étaient allés. |
23 Cependant, de Tibériade des bateaux vinrent près du lieu où l’on avait mangé le pain. |
24 Quand donc la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples non plus, les gens s’embarquèrent et vinrent à Capharnaüm à la recherche de Jésus. |
25 L’ayant trouvé de l’autre côté de la mer, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? » |
26 Jésus leur répondit :« En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés. |
27 Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, car c’est lui que le Père, Dieu, a marqué de son sceau. » |
28 Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » |
29 Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » |
30 Ils lui dirent alors : « Quel signe fais-tu donc, pour qu’à sa vue nous te croyions ? Quelle œuvre accomplis-tu ? |
31 Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit :Il leur a donné à manger du pain venu du ciel. »
|
32 Jésus leur répondit :« En vérité, en vérité, je vous le dis, non, ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel ; mais c’est mon Père qui vous donne le pain qui vient du ciel, le vrai ; |
33 car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. » |
34 Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. » |
35 Jésus leur dit :« Moi, je suis le pain de vie. Qui vient à moi n’aura jamais faim ; qui croit en moi n’aura jamais soif. |
36 Mais je vous l’ai dit : vous me voyez et vous ne croyez pas. |
37 Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors ; |
38 car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. |
39 Or c’est la volonté de celui qui m’a envoyé que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour. |
40 Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. » |
41 Les Juifs alors se mirent à murmurer à son sujet, parce qu’il avait dit : « Moi, je suis le pain descendu du ciel. » |
N'est-il pas étrange que Celui qui vient des cieux se soucie de nourrir de pain les foules de Ses auditeurs et de Ses disciples? Est-ce pour cela qu'Il est venu? Pourtant, le miracle de la multiplication des pains pour cinq mille personnes est le seul miracle décrit par tous les évangélistes, et il est donc particulièrement important. C'est lui qui sert de point de départ à la conversation sur le vrai pain dont l'homme vit véritablement, le pain de vie.
Nous avons entendu depuis l'enfance que l'homme ne vit pas seulement de pain. Mais si nous essayons de comprendre ce qui compose notre régime spirituel, y trouverons-nous ce qui peut réellement rassasier le cœur, et non un substitut qui ne laisse qu'une gueule de bois et de la nausée?
Le Seigneur nous propose un tel pain. Ce n'est pas un enseignement, ni des commandements, ni la foi en Dieu: tout cela existait déjà chez les Juifs et existe dans beaucoup d'écoles spirituelles et de religions. Jésus parle du pain qui descend réellement des cieux et donne la vraie vie, la vie éternelle. Ce pain, c'est Lui-même.
1 Après cela, Jésus s’en alla de l’autre côté de la mer de Galilée ou de Tibériade. |
2 Une grande foule le suivait, à la vue des signes qu’il opérait sur les malades. |
3 Jésus gravit la montagne et là, il s’assit avec ses disciples. |
4 Or la Pâque, la fête des Juifs, était proche. |
5 Levant alors les yeux et voyant qu’une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : « D’où nous procurerons-nous des pains pour que mangent ces gens ? » |
6 Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car lui-même savait ce qu’il allait faire. |
7 Philippe lui répondit : « Deux cents deniers de pain ne suffisent pas pour que chacun en reçoive un petit morceau. » |
8 Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : |
9 « Il y a ici un enfant, qui a cinq pains d’orge et deux poissons ; mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ? » |
10 Jésus leur dit : « Faites s’étendre les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe en ce lieu. Ils s’étendirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. |
11 Alors Jésus prit les pains et, ayant rendu grâces, il les distribua aux convives, de même aussi pour les poissons, autant qu’ils en voulaient. |
12 Quand ils furent repus, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, afin que rien ne soit perdu. » |
13 Ils les rassemblèrent donc et remplirent douze couffins avec les morceaux des cinq pains d’orge restés en surplus à ceux qui avaient mangé. |
14 À la vue du signe qu’il venait de faire, les gens disaient : « C’est vraiment lui le prophète qui doit venir dans le monde. » |
15 Alors Jésus, sachant qu’ils allaient venir s’emparer de lui pour le faire roi, s’enfuit à nouveau dans la montagne, tout seul. |
16 Quand le soir fut venu, ses disciples descendirent à la mer, |
17 et, montant en bateau, ils se rendaient de l’autre côté de la mer, à Capharnaüm. Il faisait déjà nuit, Jésus n’était pas encore venu les rejoindre ; |
18 et la mer, comme soufflait un grand vent, se soulevait. |
19 Ils avaient ramé environ vingt-cinq ou trente stades, quand ils voient Jésus marcher sur la mer et s’approcher du bateau. Ils eurent peur. |
20 Mais il leur dit : « C’est moi. N’ayez pas peur. » |
21 Ils étaient disposés à le prendre dans le bateau, mais aussitôt le bateau toucha terre là où ils se rendaient. |
22 Le lendemain, la foule qui se tenait de l’autre côté de la mer vit qu’il n’y avait eu là qu’une barque et que Jésus n’était pas monté dans le bateau avec ses disciples, mais que seuls ses disciples s’en étaient allés. |
23 Cependant, de Tibériade des bateaux vinrent près du lieu où l’on avait mangé le pain. |
24 Quand donc la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples non plus, les gens s’embarquèrent et vinrent à Capharnaüm à la recherche de Jésus. |
25 L’ayant trouvé de l’autre côté de la mer, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? » |
26 Jésus leur répondit :« En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés. |
27 Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, car c’est lui que le Père, Dieu, a marqué de son sceau. » |
28 Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » |
29 Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » |
30 Ils lui dirent alors : « Quel signe fais-tu donc, pour qu’à sa vue nous te croyions ? Quelle œuvre accomplis-tu ? |
31 Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit :Il leur a donné à manger du pain venu du ciel. »
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32 Jésus leur répondit :« En vérité, en vérité, je vous le dis, non, ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel ; mais c’est mon Père qui vous donne le pain qui vient du ciel, le vrai ; |
33 car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. » |
34 Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. » |
35 Jésus leur dit :« Moi, je suis le pain de vie. Qui vient à moi n’aura jamais faim ; qui croit en moi n’aura jamais soif. |
36 Mais je vous l’ai dit : vous me voyez et vous ne croyez pas. |
37 Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors ; |
38 car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. |
39 Or c’est la volonté de celui qui m’a envoyé que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour. |
40 Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. » |
41 Les Juifs alors se mirent à murmurer à son sujet, parce qu’il avait dit : « Moi, je suis le pain descendu du ciel. » |
La lecture d'aujourd'hui nous permet de mieux comprendre ce que l'on appelle habituellement le « secret messianique » de Jésus. En parlant de lui, on entend le fait que Jésus lui-même, jusqu'aux derniers jours de son ministère terrestre, ne parlait presque pas directement de sa messianité, du moins pas ouvertement. Le récit de l'évangéliste nous ramène au miracle de la multiplication des pains (v. 1-14). La réaction à ce miracle fut manifestement une tentative de proclamer Jésus « roi », de faire de lui le chef d'un nouveau mouvement messianique (v. 15). Et ce n'est pas étonnant: selon les représentations généralement admises à cette époque, le Messie devait justement devenir roi, rétablir un État juif indépendant et y introduire des lois conformes à la Torah. Jésus, bien sûr, n'avait aucune intention de devenir le chef de quelque mouvement politico-religieux que ce soit.
Mais Jésus avait aussi une autre raison, plus importante, de cacher sa messianité. Il la dit lui-même directement à ceux qui étaient partis le chercher en Galilée: la plupart des hommes qui cherchaient à le rencontrer ne le faisaient pas parce qu'ils avaient soif du Royaume, mais parce qu'ils voulaient, en cas de besoin, toujours pouvoir recevoir gratuitement du pain (v. 26). Jésus, lui, leur parle de la vie éternelle et de l'essentiel sans lequel on ne peut y participer: la confiance en Celui que Dieu a envoyé dans le monde pour donner le Royaume aux hommes (v. 27-29).
Mais ils ne le comprennent pas. Ils lui demandent: où sont les preuves de la vérité de tes paroles (v. 30)? Et ils donnent aussitôt un exemple des preuves qui les convaincraient: la manne venue du ciel, comme au temps de Moïse dans le désert (v. 31). Jésus, de nouveau, leur dit que le Royaume est plus grand que n'importe quel miracle, et que le pain du Royaume est plus important que la manne (v. 32-33). Et de nouveau, ils ne le comprennent pas.
Ses auditeurs ne parviennent pas à saisir qu'avec la venue du Sauveur dans le monde une nouvelle époque a commencé, et que ce qui leur est arrivé sur la rive du lac de Génésareth n'était pas un miracle au sens où la manne en était un. Simplement, en étant avec Jésus, ils se sont trouvés dans le Royaume et ont vécu un certain temps selon ses lois; mais, manifestement, ils n'ont pas compris jusqu'au bout ce qui leur était arrivé. C'est pourquoi ils demandent du pain à Jésus et s'attendent à le recevoir comme autrefois leurs pères recevaient de Dieu la manne (v. 34). Et Jésus tente encore et encore de leur expliquer qu'il ne s'agit pas du pain, mais du Royaume et de cette plénitude de la vie divine qui y est donnée à chacun, de sorte que là aucune manne ne sera plus nécessaire.
Le miracle, c'est l'irruption du Royaume dans notre monde, la manifestation de ses lois là où, d'ordinaire, règnent des règles tout autres. Mais maintenant le Royaume entre dans le monde en le transformant, et le temps des miracles passe. Vient le temps du Royaume, ouvert à quiconque le cherche et veut y entrer.
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