4 Ils partirent de Hor-la-Montagne par la route de la mer de Suph, pour contourner le pays d'Édom. En chemin, le peuple perdit patience.
5 Il parla contre Dieu et contre Moïse : " Pourquoi nous avez-vous fait monter d'Égypte pour mourir en ce désert ? Car il n'y a ni pain ni eau ; nous sommes excédés de cette nourriture de famine. "
6 Dieu envoya alors contre le peuple les serpents brûlants, dont la morsure fit périr beaucoup de monde en Israël.
7 Le peuple vint dire à Moïse : " Nous avons péché en parlant contre Yahvé et contre toi. Intercède auprès de Yahvé pour qu'il éloigne de nous ces serpents. " Moïse intercéda pour le peuple
8 et Yahvé lui répondit : " Façonne-toi un Brûlant que tu placeras sur un étendard. Quiconque aura été mordu et le regardera restera en vie. "
9 Moïse façonna donc un serpent d'airain qu'il plaça sur l'étendard, et si un homme était mordu par quelque serpent, il regardait le serpent d'airain et restait en vie.
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L'histoire du serpent de bronze est l'une des plus énigmatiques du Pentateuque. Le principe «le semblable guérit le semblable» agit ici d'une manière tout à fait mystérieuse. Les biblistes ont proposé bien des explications ingénieuses de cet événement, mais aucune ne peut être considérée comme exhaustive. Cependant le dessein de Dieu dans ce cas est assez transparent. Chaque cas de murmure et de mécontentement mentionné dans le Pentateuque s'explique en fin de compte par le fait que Dieu et Sa force ne sont pas une évidence pour l'immense majorité du peuple. Ce qui est évident pour eux, c'est autre chose: le désert sans eau et sans fin, la faim qui les menace, eux et leurs troupeaux, les nomades agressifs qui peuplent les oasis du Sinaï et de Transjordanie. Et ces «serpents brûlants» qui, selon le témoignage du récit biblique, mordaient les Hébreux dans le désert et les tuaient, étaient l'un de ces dangers, évidents et terribles dans leur inéluctabilité.
Les miracles de Dieu, eux, étaient beaucoup moins visibles dans le désert. Quand il le fallait, la mer s'ouvrait. Quand c'était nécessaire, l'eau jaillissait d'un rocher qui semblait absolument sec. Quand le peuple mourait de soif, l'eau amère d'un torrent du désert devenait pure et bonne. Et chaque fois, si on le voulait, on pouvait tout expliquer par des causes naturelles, par un heureux concours de circonstances ou par quelque autre chose relevant du domaine de «ce monde-ci». Dieu n'est pas envahissant; Il ne veut pas «prouver» à l'homme Son existence par des miracles. Dans un tel contexte, l'histoire du serpent de bronze peut paraître une exception à la règle. Mais ce n'est qu'une impression de premier abord.
En réalité, Dieu tente seulement de transmettre à Son peuple une vérité simple, mais très difficile à assimiler: l'apparence et l'essence de tel ou tel phénomène sont des choses différentes; derrière une même apparence peuvent se cacher des choses opposées par leur essence, opposées autant que la vie et la mort. Le serpent en lui-même ne peut ni tuer ni donner la vie. Tout dépend de la force qui se tient derrière le serpent. Si derrière lui se tient la force de Dieu, le serpent cessera d'être mortel et deviendra vivifiant.
Il en va de même pour tout autre miracle: un phénomène devient miraculeux non pas lorsqu'il viole toutes les lois de l'univers (une telle violation n'a jamais été pour Dieu une fin en soi), mais lorsqu'une force de Dieu se cache derrière lui et se manifeste à travers lui. Et non pas parce que Dieu est plus fort que tous et peut Se soumettre n'importe quelle autre force, mais parce qu'un tel phénomène devient une partie du plan de Dieu et une partie de Son grand monde. Et donc, en perspective, il peut devenir aussi une partie de Son Royaume.
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