1 L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur un trône grandiose et surélevé. Sa traîne emplissait le sanctuaire. |
2 Des séraphins se tenaient au-dessus de lui, ayant chacun six ailes, deux pour se couvrir la face, deux pour se couvrir les pieds, deux pour voler. |
3 Ils se criaient l’un à l’autre ces paroles :« Saint, saint, saint est Yahvé Sabaot, sa gloire emplit toute la terre. » |
4 Les montants des portes vibrèrent au bruit de ces cris et le Temple était plein de fumée. |
5 Alors je dis :« Malheur à moi, je suis perdu ! car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au sein d’un peuple aux lèvres impures, et mes yeux ont vu le Roi, Yahvé Sabaot. » |
6 L’un des séraphins vola vers moi, tenant dans sa main une braise qu’il avait prise avec des pinces sur l’autel. |
7 Il m’en toucha la bouche et dit :« Voici, ceci a touché tes lèvres, ta faute est effacée, ton péché est pardonné. » |
8 Alors j’entendis la voix du Seigneur qui disait :« Qui enverrai-je ? Qui ira pour nous ? »Et je dis : « Me voici, envoie-moi. » |
9 Il me dit :« Va, et tu diras à ce peuple : Écoutez, écoutez, et ne comprenez pas ; regardez, regardez, et ne discernez pas. |
10 Appesantis le cœur de ce peuple, rends-le dur d’oreille, englue-lui les yeux, de peur que ses yeux ne voient, que ses oreilles n’entendent, que son cœur ne comprenne, qu’il ne se convertisse et ne soit guéri. » |
11 Et je dis : « Jusques à quand, Seigneur ? »Il me répondit : « Jusqu’à ce que les villes soient détruites et dépeuplées, les maisons inhabitées ; que le sol soit dévasté, désolé ; |
12 que Yahvé en chasse les gens, et qu’une grande détresse règne au milieu du pays. |
3 fais donc ceci, mon fils, pour te tirer d’affaire, puisque tu es tombé aux mains de ton prochain : Va, prosterne-toi, importune ton prochain, |
4 n’accorde ni sommeil à tes yeux ni repos à tes paupières, |
5 dégage-toi, comme la gazelle du chasseur, ou comme l’oiseau de la main de l’oiseleur. |
6 Va voir la fourmi, paresseux ! Observe ses mœurs et deviens sage : |
7 elle qui n’a ni magistrat, ni surveillant ni chef, |
8 durant l’été elle assure sa provende et amasse, au temps de la moisson, sa nourriture. |
9 Jusques à quand, paresseux, resteras-tu couché ? Quand te lèveras-tu de ton sommeil ? |
10 Un peu dormir, un peu s’assoupir, un peu s’allonger les bras croisés, |
11 et, tel un rôdeur, viendra l’indigence, et la disette comme un pillard. |
12 Un vaurien, un homme inique, il va, la bouche torse, |
13 clignant de l’œil, traînant les pieds, faisant signe des doigts. |
14 La fourberie au cœur, méditant le mal en toute saison, il suscite des querelles. |
15 Aussi, soudain viendra sa ruine, à l’instant il sera brisé, sans remède. |
16 Il y a six choses que hait Yahvé, sept qui lui sont en abomination : |
17 des yeux hautains, une langue menteuse, des mains qui répandent le sang innocent, |
18 un cœur qui médite des projets coupables, des pieds empressés à courir au mal, |
19 un faux témoin qui profère des mensonges, le semeur de querelles entre frères. |
20 Garde, mon fils, le précepte de ton père, ne rejette pas l’enseignement de ta mère. |
Les prophéties d’Isaïe parlent sans cesse de ce que deviendra le monde sans Dieu. Ce que deviendra le monde où les hommes n’accueillent pas et ne reconnaissent pas Dieu. « Qui enverrai-Je ? et qui ira pour Nous ? » demande le Seigneur. Dans cette question s’exprime ce que le Seigneur veut voir en nous. Le fait que nous Lui sommes nécessaires. Le fait qu’Il envoie le prophète, un homme qu’Il a purifié du péché afin d’appeler les hommes à Lui.
Et dans les Proverbes, nous lisons la nécessité du travail. Du travail spirituel pour être délivré des péchés et des vices. Ainsi, dans la lecture de ce jour, se rejoignent deux des plus grands chemins de la relation de l’homme avec Dieu : l’appel constant au repentir et au travail spirituel. Au repentir devant Dieu et devant son prochain. Devant celui avec qui tu te disputes, celui que tu envies, celui au-dessus de qui tu t’élèves et que tu traites avec mépris.
Et tout le texte de la lecture d’aujourd’hui rappelle beaucoup la prière de saint Éphrem le Syrien, que nous lisons pendant le carême et qui sert à affermir notre compréhension des principaux vices du cœur humain, d’où découle le Jugement sur le monde.
1 L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur un trône grandiose et surélevé. Sa traîne emplissait le sanctuaire. |
2 Des séraphins se tenaient au-dessus de lui, ayant chacun six ailes, deux pour se couvrir la face, deux pour se couvrir les pieds, deux pour voler. |
3 Ils se criaient l’un à l’autre ces paroles :« Saint, saint, saint est Yahvé Sabaot, sa gloire emplit toute la terre. » |
4 Les montants des portes vibrèrent au bruit de ces cris et le Temple était plein de fumée. |
5 Alors je dis :« Malheur à moi, je suis perdu ! car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au sein d’un peuple aux lèvres impures, et mes yeux ont vu le Roi, Yahvé Sabaot. » |
6 L’un des séraphins vola vers moi, tenant dans sa main une braise qu’il avait prise avec des pinces sur l’autel. |
7 Il m’en toucha la bouche et dit :« Voici, ceci a touché tes lèvres, ta faute est effacée, ton péché est pardonné. » |
8 Alors j’entendis la voix du Seigneur qui disait :« Qui enverrai-je ? Qui ira pour nous ? »Et je dis : « Me voici, envoie-moi. » |
9 Il me dit :« Va, et tu diras à ce peuple : Écoutez, écoutez, et ne comprenez pas ; regardez, regardez, et ne discernez pas. |
10 Appesantis le cœur de ce peuple, rends-le dur d’oreille, englue-lui les yeux, de peur que ses yeux ne voient, que ses oreilles n’entendent, que son cœur ne comprenne, qu’il ne se convertisse et ne soit guéri. » |
11 Et je dis : « Jusques à quand, Seigneur ? »Il me répondit : « Jusqu’à ce que les villes soient détruites et dépeuplées, les maisons inhabitées ; que le sol soit dévasté, désolé ; |
12 que Yahvé en chasse les gens, et qu’une grande détresse règne au milieu du pays. |
Aujourd’hui, nous lisons l’un des passages les plus célèbres et les plus beaux du Livre du prophète Isaïe : sa vision dans le Temple de Jérusalem. Le prophète contemple le culte céleste, dans lequel des êtres incorporels glorifient éternellement la sainteté du Seigneur Sabaot. Cette louange angélique est l’opposé le plus radical et le plus complet du péché. La vie du ciel est centrée sur elle, car chacun de ceux qui voient le Seigneur voit toute Sa beauté. Glorifier cette beauté et cette sainteté rend ceux qui louent eux-mêmes participants de la vie divine. Ce n’est pas que Dieu oblige les anges à Le glorifier. Il n’a pas besoin de ce chant de louange. Sur terre, lorsque nous voyons quelque chose de véritablement beau, nous nous écrions : « Quelle merveille ! Comme c’est magnifique ! » Le chant des séraphins est précisément de cet ordre ; il naît de l’émerveillement et de l’étonnement devant les perfections divines.
Il est également digne d’émerveillement et d’étonnement que les séraphins disent que toute la terre est remplie de la gloire de Dieu. Cela nous concerne déjà directement, nous les hommes. De même que la vie du ciel se déroule dans la louange, la vie humaine peut elle aussi se dérouler dans la contemplation et l’émerveillement devant la gloire de Dieu dont toute la terre est remplie. C’est précisément ce que fait l’Église dans la liturgie.
1 L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur un trône grandiose et surélevé. Sa traîne emplissait le sanctuaire. |
2 Des séraphins se tenaient au-dessus de lui, ayant chacun six ailes, deux pour se couvrir la face, deux pour se couvrir les pieds, deux pour voler. |
3 Ils se criaient l’un à l’autre ces paroles :« Saint, saint, saint est Yahvé Sabaot, sa gloire emplit toute la terre. » |
4 Les montants des portes vibrèrent au bruit de ces cris et le Temple était plein de fumée. |
5 Alors je dis :« Malheur à moi, je suis perdu ! car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au sein d’un peuple aux lèvres impures, et mes yeux ont vu le Roi, Yahvé Sabaot. » |
6 L’un des séraphins vola vers moi, tenant dans sa main une braise qu’il avait prise avec des pinces sur l’autel. |
7 Il m’en toucha la bouche et dit :« Voici, ceci a touché tes lèvres, ta faute est effacée, ton péché est pardonné. » |
8 Alors j’entendis la voix du Seigneur qui disait :« Qui enverrai-je ? Qui ira pour nous ? »Et je dis : « Me voici, envoie-moi. » |
Pour une raison mystérieuse, le Seigneur a besoin d'envoyer quelqu'un. Nous voudrions toujours qu'Il agisse Lui-même, directement, partout et en toute chose. Mais il existe au moins deux raisons pour lesquelles Il ne le fait pas. La première est qu'Il est tout de même Dieu et non l'un de nous. Depuis l'incarnation du Fils de Dieu, nous l'oublions souvent, et il commence alors à nous sembler qu'Il est tout simplement obligé de venir sur terre et de prendre part à toutes nos affaires... Nous oublions que Son aide n'est pas un devoir, mais une immense miséricorde. La seconde raison est Son respect pour notre liberté. Il veut que nous entendions Sa voix non parce qu'il serait impossible de ne pas l'entendre, mais parce que nous avons choisi de l'écouter. Il nous laisse libres de nous boucher les oreilles, et c'est pourquoi Il envoie un homme.
Quant au prophète Isaïe, il ne demande même pas pourquoi Dieu doit envoyer quelqu'un. Il répond simplement et immédiatement à l'appel : « Si Tu as besoin d'envoyer quelqu'un, me voici, envoie-moi. »
3 Ils se criaient l’un à l’autre ces paroles :« Saint, saint, saint est Yahvé Sabaot, sa gloire emplit toute la terre. » |
Dans le Temple de Jérusalem, le prophète Isaïe contemple la liturgie céleste, où des êtres incorporels glorifient éternellement la sainteté du Seigneur Sabaoth. C’est précisément cette louange angélique qui est l’opposé maximal et complet du péché. La vie du ciel se concentre en elle parce que chacun de ceux qui voient le Seigneur voit toute Sa beauté. La glorification de cette beauté et de cette sainteté rend ceux qui louent participants de la vie divine. Ce n’est pas que Dieu oblige les anges à Le louer. Il n’a pas besoin de ce chant de louange. Sur la terre, quand nous voyons quelque chose de vraiment beau, nous nous écrions : « Quel miracle ! Que c’est magnifique ! ». Le chant des séraphins est exactement de cet ordre : il naît de l’admiration et de l’émerveillement devant les perfections divines.
Et il est encore digne d’admiration et d’émerveillement que les séraphins disent que toute la terre est pleine de la gloire de Dieu. Cela nous concerne déjà directement, nous les hommes. Comme la vie du ciel se déroule dans la louange, ainsi la vie de l’homme peut se dérouler dans la contemplation et l’admiration de la gloire de Dieu, dont toute la terre est pleine. Que le regard humain voie surtout le mal, voie l’imperfection du monde, son état blessé, voilà le résultat de notre propre péché. Notre cœur n’est pas orienté vers le fait de voir le bien et d’en rendre grâce, mais vers le fait de présenter des revendications. Nous pouvons nous libérer d’un tel regard, chercher les manifestations de la gloire de Dieu ; alors le monde resplendira de couleurs absolument étonnantes, dont nous ne soupçonnions même pas l’existence.
1 L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur un trône grandiose et surélevé. Sa traîne emplissait le sanctuaire. |
2 Des séraphins se tenaient au-dessus de lui, ayant chacun six ailes, deux pour se couvrir la face, deux pour se couvrir les pieds, deux pour voler. |
3 Ils se criaient l’un à l’autre ces paroles :« Saint, saint, saint est Yahvé Sabaot, sa gloire emplit toute la terre. » |
4 Les montants des portes vibrèrent au bruit de ces cris et le Temple était plein de fumée. |
5 Alors je dis :« Malheur à moi, je suis perdu ! car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au sein d’un peuple aux lèvres impures, et mes yeux ont vu le Roi, Yahvé Sabaot. » |
6 L’un des séraphins vola vers moi, tenant dans sa main une braise qu’il avait prise avec des pinces sur l’autel. |
7 Il m’en toucha la bouche et dit :« Voici, ceci a touché tes lèvres, ta faute est effacée, ton péché est pardonné. » |
8 Alors j’entendis la voix du Seigneur qui disait :« Qui enverrai-je ? Qui ira pour nous ? »Et je dis : « Me voici, envoie-moi. » |
9 Il me dit :« Va, et tu diras à ce peuple : Écoutez, écoutez, et ne comprenez pas ; regardez, regardez, et ne discernez pas. |
10 Appesantis le cœur de ce peuple, rends-le dur d’oreille, englue-lui les yeux, de peur que ses yeux ne voient, que ses oreilles n’entendent, que son cœur ne comprenne, qu’il ne se convertisse et ne soit guéri. » |
11 Et je dis : « Jusques à quand, Seigneur ? »Il me répondit : « Jusqu’à ce que les villes soient détruites et dépeuplées, les maisons inhabitées ; que le sol soit dévasté, désolé ; |
12 que Yahvé en chasse les gens, et qu’une grande détresse règne au milieu du pays. |
13 Et s’il en reste un dixième, de nouveau il sera dépouillé, comme le térébinthe et comme le chêne qui une fois émondés n’ont plus qu’un tronc ; leur tronc est une semence sainte. » |
Ce n’est sans doute pas par hasard que le Seigneur apparut au prophète l’année de la mort du roi. Les souverains terrestres peuvent changer, mais le Roi céleste demeure constamment.
Le charbon ardent avec lequel le séraphin toucha les lèvres d’Isaïe avait été pris par lui sur l’autel qui brûlait devant la face du Seigneur. Le ministère prophétique d’Isaïe devint une participation au sacrifice, de même que tout service véritable du Seigneur est sacrificiel. C’est précisément le charbon sacrificiel qui purifia le prophète et lui donna la possibilité d’oser se porter volontaire pour aller servir.
Mais ce que le prophète doit dire au peuple est lourd. Il doit parler du fait que les gens ont perdu la capacité d’entendre et de voir, si bien qu’il est inutile de s’adresser à eux avec des paroles de vérité et de sagesse. Mais s’il en est ainsi, pourquoi donc le prophète devrait-il sortir prêcher ?
Sans doute afin que les paroles s’inscrivent malgré tout au plus profond d’au moins une partie des auditeurs, afin qu’elles soient entendues au moins par quelques-uns. Et ces quelques-uns ne se trouveront-ils pas parmi ce reste qui, après toutes les calamités, donnera une nouvelle pousse ?
1 L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur un trône grandiose et surélevé. Sa traîne emplissait le sanctuaire. |
2 Des séraphins se tenaient au-dessus de lui, ayant chacun six ailes, deux pour se couvrir la face, deux pour se couvrir les pieds, deux pour voler. |
3 Ils se criaient l’un à l’autre ces paroles :« Saint, saint, saint est Yahvé Sabaot, sa gloire emplit toute la terre. » |
4 Les montants des portes vibrèrent au bruit de ces cris et le Temple était plein de fumée. |
5 Alors je dis :« Malheur à moi, je suis perdu ! car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au sein d’un peuple aux lèvres impures, et mes yeux ont vu le Roi, Yahvé Sabaot. » |
6 L’un des séraphins vola vers moi, tenant dans sa main une braise qu’il avait prise avec des pinces sur l’autel. |
7 Il m’en toucha la bouche et dit :« Voici, ceci a touché tes lèvres, ta faute est effacée, ton péché est pardonné. » |
8 Alors j’entendis la voix du Seigneur qui disait :« Qui enverrai-je ? Qui ira pour nous ? »Et je dis : « Me voici, envoie-moi. » |
9 Il me dit :« Va, et tu diras à ce peuple : Écoutez, écoutez, et ne comprenez pas ; regardez, regardez, et ne discernez pas. |
10 Appesantis le cœur de ce peuple, rends-le dur d’oreille, englue-lui les yeux, de peur que ses yeux ne voient, que ses oreilles n’entendent, que son cœur ne comprenne, qu’il ne se convertisse et ne soit guéri. » |
11 Et je dis : « Jusques à quand, Seigneur ? »Il me répondit : « Jusqu’à ce que les villes soient détruites et dépeuplées, les maisons inhabitées ; que le sol soit dévasté, désolé ; |
12 que Yahvé en chasse les gens, et qu’une grande détresse règne au milieu du pays. |
13 Et s’il en reste un dixième, de nouveau il sera dépouillé, comme le térébinthe et comme le chêne qui une fois émondés n’ont plus qu’un tronc ; leur tronc est une semence sainte. » |
Comment un homme ordinaire devient-il prophète ? Les prophètes eux-mêmes le racontent de manières très diverses, mais il y a toujours un moment où Dieu appelle l'homme et où celui-ci répond. Parfois, ce dialogue se poursuit. Regardez : Dieu envoie à Isaïe une vision dans le Temple. La réponse d'Isaïe est le repentir : « Malheur à moi ! Je suis perdu ! » Dieu lui accorde la purification et S'adresse de nouveau à lui : « Qui enverrai-je ? » Isaïe répond : « Me voici, envoie-moi. » Alors Dieu lui révèle la vérité qu'Isaïe doit annoncer au peuple. Tout ce qu'Isaïe dira ensuite développera ce qui est contenu sous une forme condensée dans les versets 9-13. Entendre la voix de Dieu et suivre le chemin qu'Il commande en entraînant les autres avec soi : tel est le ministère du prophète.
20 Garde, mon fils, le précepte de ton père, ne rejette pas l’enseignement de ta mère. |
21 Fixe-les constamment dans ton cœur, noue-les à ton cou. |
22 Dans tes démarches ils te guideront, dans ton repos ils te garderont, à ton réveil ils s’entretiendront avec toi. |
23 Car le précepte est une lampe, l’enseignement une lumière ; les exhortations de la discipline sont le chemin de la vie, |
24 pour te préserver de la femme mauvaise, de la langue doucereuse d’une étrangère. |
25 Ne convoite pas dans ton cœur sa beauté, ne te laisse pas prendre à ses œillades, |
26 car à la prostituée suffit un quignon de pain, mais la femme mariée en veut à une vie précieuse. |
27 Peut-on porter du feu dans son sein sans enflammer ses vêtements ? |
28 Peut-on marcher sur des charbons ardents sans se brûler les pieds ? |
29 Ainsi celui qui court après la femme de son prochain : qui s’y essaie ne s’en tirera pas indemne. |
30 On ne méprise pas le voleur qui vole pour s’emplir l’estomac quand il a faim ; |
31 pourtant, s’il est pris, il rendra au septuple, il donnera toutes les ressources de sa maison. |
32 Mais l’adultère est privé de sens, qui veut sa propre perte agit ainsi ! |
33 Il récolte coups et mépris, jamais ne s’effacera son opprobre. |
34 Car la jalousie excite la rage du mari, au jour de la vengeance il sera sans pitié, |
35 il n’aura égard à aucune compensation, il ne consentira à rien, même si tu multiplies les présents. |
« Mon fils, garde le commandement de ton père et ne rejette pas l’enseignement de ta mère... » Quand nous étions petits, nous pensions parfois : quand je serai grand, je n’aurai plus besoin d’obéir à maman et à papa, je serai adulte, je ferai ce que je veux, et je mangerai toute une montagne de bonbons d’un coup. Puis nous grandissons, et nous n’avons plus envie d’une montagne de bonbons, même un seul ne nous tente plus, mais nous avons envie d’autre chose. Et de nouveau il s’avère que ce n’est pas permis. Alors, où est-elle, cette liberté tant vantée ?..
Voici ce qu’écrit le célèbre penseur protestant du milieu du siècle dernier, Karl Barth : « on peut définir la liberté comme l’indépendance de l’homme à l’égard de toute contrainte intérieure ». En réalité, c’est l’inverse qui apparaît : ce n’est pas ce qui nous coupe de l’objet de notre désir qui nous prive de liberté, mais ce désir lui-même, qui naît en nous, qui devient la cause de notre souffrance et nous prive de la liberté bénie d’être nous-mêmes. Cela remet tout à sa place. Mais que faire tout de même de ces limitations extérieures sans fin, jusqu’à la limitation même de la durée de notre vie ? Okoudjava a dit un jour de manière remarquable : « Le monde entier est fait de limites, / Pour ne pas devenir fou de bonheur ». Ironique, drôle ? En réalité, très profond.
Voici ce qu’écrit Barth : « Le fait que des limites nous soient données ne témoigne pas de l’imperfection du monde ; les limites ne sont pas les chaînes d’un destin mauvais. Il nous est donné la liberté de connaître ce qu’il nous est permis de connaître, d’accomplir ce qu’il nous est permis d’accomplir. Dans cette liberté se trouvent la volonté de Dieu, la bénédiction de Dieu sur Sa création ». Mais pourquoi la volonté de Dieu serait-elle que nous souffrions de ne pas voir nos désirs réalisés ? Pour que nous ne devenions pas fous de bonheur. Les anciens Romains disaient déjà : « celui que Jupiter veut perdre, il lui ôte la raison ». Mais Dieu, Lui, ne veut absolument pas nous perdre.
« Depuis ma jeunesse, de nombreuses passions me combattent,
mais Toi-même prends ma défense et sauve-moi, mon Sauveur »
(Antienne, ton 4)
1 Mon fils, si tu t’es porté garant envers ton prochain, si tu as topé dans la main en faveur d’un étranger, |
2 si tu t’es lié par les paroles de ta bouche, si tu es pris aux paroles de ta bouche, |
3 fais donc ceci, mon fils, pour te tirer d’affaire, puisque tu es tombé aux mains de ton prochain : Va, prosterne-toi, importune ton prochain, |
4 n’accorde ni sommeil à tes yeux ni repos à tes paupières, |
5 dégage-toi, comme la gazelle du chasseur, ou comme l’oiseau de la main de l’oiseleur. |
6 Va voir la fourmi, paresseux ! Observe ses mœurs et deviens sage : |
7 elle qui n’a ni magistrat, ni surveillant ni chef, |
8 durant l’été elle assure sa provende et amasse, au temps de la moisson, sa nourriture. |
9 Jusques à quand, paresseux, resteras-tu couché ? Quand te lèveras-tu de ton sommeil ? |
10 Un peu dormir, un peu s’assoupir, un peu s’allonger les bras croisés, |
11 et, tel un rôdeur, viendra l’indigence, et la disette comme un pillard. |
12 Un vaurien, un homme inique, il va, la bouche torse, |
13 clignant de l’œil, traînant les pieds, faisant signe des doigts. |
14 La fourberie au cœur, méditant le mal en toute saison, il suscite des querelles. |
15 Aussi, soudain viendra sa ruine, à l’instant il sera brisé, sans remède. |
16 Il y a six choses que hait Yahvé, sept qui lui sont en abomination : |
17 des yeux hautains, une langue menteuse, des mains qui répandent le sang innocent, |
18 un cœur qui médite des projets coupables, des pieds empressés à courir au mal, |
19 un faux témoin qui profère des mensonges, le semeur de querelles entre frères. |
20 Garde, mon fils, le précepte de ton père, ne rejette pas l’enseignement de ta mère. |
21 Fixe-les constamment dans ton cœur, noue-les à ton cou. |
22 Dans tes démarches ils te guideront, dans ton repos ils te garderont, à ton réveil ils s’entretiendront avec toi. |
23 Car le précepte est une lampe, l’enseignement une lumière ; les exhortations de la discipline sont le chemin de la vie, |
24 pour te préserver de la femme mauvaise, de la langue doucereuse d’une étrangère. |
25 Ne convoite pas dans ton cœur sa beauté, ne te laisse pas prendre à ses œillades, |
26 car à la prostituée suffit un quignon de pain, mais la femme mariée en veut à une vie précieuse. |
27 Peut-on porter du feu dans son sein sans enflammer ses vêtements ? |
28 Peut-on marcher sur des charbons ardents sans se brûler les pieds ? |
29 Ainsi celui qui court après la femme de son prochain : qui s’y essaie ne s’en tirera pas indemne. |
30 On ne méprise pas le voleur qui vole pour s’emplir l’estomac quand il a faim ; |
31 pourtant, s’il est pris, il rendra au septuple, il donnera toutes les ressources de sa maison. |
32 Mais l’adultère est privé de sens, qui veut sa propre perte agit ainsi ! |
33 Il récolte coups et mépris, jamais ne s’effacera son opprobre. |
34 Car la jalousie excite la rage du mari, au jour de la vengeance il sera sans pitié, |
35 il n’aura égard à aucune compensation, il ne consentira à rien, même si tu multiplies les présents. |
Le conseil de ne pas se porter garant pour son prochain paraît étrange. Faut-il vraiment abandonner à son sort celui qui a besoin d’une caution, en ne se souciant que de ses propres intérêts ? Car, selon les paroles de Jésus fils de Sirach, « Un homme bon se porte garant pour son prochain, mais celui qui a perdu toute honte l’abandonne » (Si 29,17).
Il semble qu’il ne soit pas question ici d’une attitude indifférente envers celui qui est dans le besoin, mais de la nécessité de ne pas être naïf au point de laisser des escrocs abuser de notre confiance. Une telle confiance rend une personne dépendante de celui auquel elle s’est fiée. Or, on ne peut dépendre que de Dieu.
Celui qui se porte garant court souvent le risque d’être déçu par la personne pour laquelle il s’est engagé et consent donc à un sacrifice. Mais ce sacrifice ne doit être ni irréfléchi ni téméraire. Celui qui ne veut pas se libérer de liens qui l’asservissent est appelé paresseux ; il lui est conseillé de prendre exemple sur la fourmi, qui travaille sans contrainte. Les entomologistes contesteront peut-être l’exactitude de cette comparaison, mais il importe davantage de comprendre le sens de la métaphore : un appel au travail libre et volontaire. Ainsi, dès l’Antiquité, les sages comprenaient que la liberté d’agir est supérieure à la liberté de ne rien faire.
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