13 Mais ses serviteurs s'approchèrent et s'adressèrent à lui en ces termes : "Mon père! Si le prophète t'avait prescrit quelque chose de difficile, ne l'aurais-tu pas fait? Combien plus, lorsqu'il te dit : "Baigne-toi et tu seras purifié."
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D’où naît chez l’homme la défiance envers Dieu ou envers l’homme de Dieu ? Sans doute les raisons peuvent-elles être nombreuses. Mais il en est une qui, semble-t-il, se rencontre plus souvent que les autres. Il s’agit de l’amour pour tout ce qui est inhabituel, extravagant, frappant l’imagination.
Il est peu vraisemblable que le Syrien venu auprès d’Élisée ne sût pas qui étaient les prophètes et ce que l’on pouvait attendre d’eux. Les prophètes, en ces temps-là, n’existaient pas seulement chez les Juifs ; ils étaient nombreux aussi dans le monde païen, où ils parlaient d’ordinaire au nom des dieux suprêmes de leurs panthéons, le plus souvent au nom du dieu solaire ou du dieu de l’orage. Et presque toujours ces prophètes montraient soit certains miracles, souvent de caractère pleinement magique, soit proposaient à ceux qui s’adressaient à eux de participer à des rites très extravagants même aux yeux de leurs contemporains, liés au service des dieux au nom et de la part desquels ils agissaient. Quant au Dieu des Juifs, Naaman avait entendu dire qu’Il était plus grand que tous les dieux des autres peuples, plus puissant et plus élevé qu’eux. Et sans doute attendait-il d’un prophète d’un tel Dieu quelque chose d’inhabituel, quelque chose qui, à ses yeux, devait correspondre à la grandeur du Dieu dont Élisée était le serviteur. Or Élisée lui propose seulement de se laver dans le Jourdain. Pour un Syrien de haut rang, une telle proposition ressemble à une moquerie : les fleuves ne manquent-ils donc pas en Syrie, et quels fleuves encore, sans commune mesure avec ce Jourdain qui, en été, dans son cours supérieur, ressemble plutôt à un ruisseau !
Mais ses serviteurs et assistants lui conseillent de ne pas se hâter : et si jamais ? Après tout, le prophète est un homme de Dieu ; ce qu’il dit mérite en tout cas d’être écouté. Et si tout cela n’était pas du tout une moquerie ? C’est là que se trouve l’essentiel. Et si jamais ? Si le Dieu de cet étrange prophète l’aidait quand même ? Si le prophète avait raison ?
Et Naaman se décide. Et il reçoit la guérison. Car il a tout de même fait confiance au Dieu d’Élisée, au Dieu d’Israël, même si ce ne fut pas tout de suite. Et une telle confiance ne reste jamais sans réponse.
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