16 Yahvé ton Dieu t'ordonne aujourd'hui de pratiquer ces lois et coutumes; tu les garderas et tu les pratiqueras de tout ton cœur et de toute ton âme.
17 Tu as obtenu de Yahvé aujourd'hui cette déclaration, qu'il serait ton Dieu - mais à la condition que tu marches dans ses voies, que tu gardes ses lois, ses commandements et ses coutumes et que tu écoutes sa voix.
18 Et Yahvé a obtenu de toi aujourd'hui cette déclaration, que tu serais son peuple à lui, comme il te l'a dit - mais à la condition de garder tous ses commandements;
19 il t'élèverait alors au-dessus de toutes les nations qu'il a faites, en honneur, en renom et en gloire, et tu serais un peuple consacré à Yahvé ton Dieu, ainsi qu'il te l'a dit.
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Quel est le sens de l’alliance conclue par Dieu avec son peuple? Avant tout, l’alliance, comme toute autre union, est un contrat, et même un contrat qui oblige réciproquement. Cela peut paraître étrange: il en résulte en effet que Dieu se lie lui-même par certaines obligations envers l’homme!
Un Dieu lié paraît vraiment étrange. Mais il va à cela tout à fait volontairement. Il sait qu’autrement, sans prendre sur soi aucune obligation, on ne construit de relations avec personne. Il accepte de se limiter par des cadres compréhensibles pour l’homme, afin que l’homme accepte lui aussi de se limiter par des cadres acceptables pour Lui. La Torah, dont l’histoire commence au Sinaï le jour de la conclusion de l’alliance, est précisément ces cadres. En concluant une alliance avec son peuple, Dieu prend lui aussi sur lui, conformément à la Torah qu’il a donnée, des obligations tout à fait définies. Mais il y a aussi une différence: le Législateur se trouve ici être l’une des parties de l’alliance conclue conformément à la loi donnée par lui-même. S’il s’agissait d’hommes, du moins d’hommes déchus, une telle situation serait lourde de toutes sortes d’abus: il apparaît en effet que le garant du contrat est l’une de ses parties. Mais on peut se fier à Dieu à cet égard, comme d’ailleurs à tous les autres: on ne trouvera pas de garant plus sûr.
Quelles obligations Dieu prend-il donc sur lui? Il promet de placer son peuple au-dessus de tous les autres peuples et d’en faire un peuple sacré, sanctifié, «saint». On pourrait croire que c’est une fantaisie, un caprice: Dieu aurait décidé de se donner sur terre un favori qui vivrait selon des règles spécialement inventées pour lui, et Dieu lui accorderait en échange des privilèges particuliers.
Mais il ne s’agit évidemment pas du fait que Dieu aurait besoin de favoris. Il s’agit du fait qu’il a pour l’humanité un plan particulier, qui suppose l’accomplissement de tâches particulières, dont la principale est la venue du Messie et l’introduction dans notre monde non transfiguré du Royaume qui le transformera. Ici, on ne peut se passer d’un peuple particulier, sanctifié, auquel des règles particulières sont données non pas sans raison, mais pour qu’il puisse conserver le plus longtemps possible cet état de sanctification. L’élection, dans ce cas, ne signifie donc pas des droits particuliers, mais une responsabilité particulière: pour l’alliance conclue, pour la Torah donnée, puis plus tard pour le Messie et pour le Royaume qui entrera avec lui dans le monde.
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